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🖋 Autoportrait de travailleur social ‱ Romane Glotain, Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e et prĂ©sidente de l’association "Le Jardin des Maux’passants en Loire-Altantique. Elle promeut les jardins thĂ©rapeutiques.

«  J’aime Ă©normĂ©ment la nature , le vĂ©gĂ©tal, les jardins, mais aussi la comprĂ©hension de l’Humain, le social, l’Ă©ducatif, j’ai donc dĂ©cidĂ© d’allier les deux, trĂšs complĂ©mentaires. Accompagner le vivant par le vivant !  »



Quel mot associez-vous spontanĂ©ment au travail social ?

AdaptabilitĂ©. Les travailleurs sociaux, quel que soit le domaine, doivent ĂȘtre en capacitĂ© de s’adapter selon leur rĂŽle au sein d’une association, structure et aussi selon leur public. Rester soi est la clĂ© mais il faut nĂ©cessairement pouvoir adapter ses Ă©motions, son comportement, sa communication, ses savoirs-ĂȘtre et ses savoir-faire vis-Ă -vis des situations diverses que les mĂ©tiers du travail social offrent. Pour les meilleures comme les pires !


Pour quelles raisons avez-vous choisi votre mĂ©tier ?

Pour la passion du vivant ! J’aimais Ă©normĂ©ment la nature, le vĂ©gĂ©tal, les jardins mais aussi la comprĂ©hension de l’Humain, le social, l’éducatif, j’ai donc dĂ©cidĂ© d’allier les deux, trĂšs complĂ©mentaires. Accompagner le vivant par le vivant ! J’ai pris connaissance en 2012 du concept des Jardins thĂ©rapeutiques, un outil permettant d’accompagner les patients, rĂ©sidents porteurs de handicap, enfants, personnes ĂągĂ©es dans leur prĂ©vention, maintien ou amĂ©lioration de leur maladie/difficultĂ©s. Ça a Ă©tĂ© le dĂ©clic, depuis, dans mes diffĂ©rents postes, j’ai essayĂ© d’allier jardin et accompagnement social.
Je rajouterai que lorsqu’on s’engage dans le travail social, on ne doit pas le faire parce que l’on est soi-mĂȘme vulnĂ©rable. Beaucoup s’y orientent pour se soigner eux-mĂȘmes. Accompagner les plus vulnĂ©rables pour soigner sa vulnĂ©rabilitĂ© n’est pas la solution je pense ; on choisit ce mĂ©tier par Ă©vidence, parce qu’un attrait fort vous y pousse !


Quelle formation avez-vous suivie ?

De base, je ne me suis pas dirigĂ©e vers les Ă©tudes du social, j’aimais les gens depuis toute petite, mais la nature et les jardins ont Ă©tĂ© ma deuxiĂšme passion ! J’ai donc voulu allier les deux filiĂšres.
Je me suis dirigĂ©e dans un premier temps vers un BAC technologique en Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant, tournĂ© vers l’amĂ©nagement du paysage, je voulais ĂȘtre paysagiste Ă  l’époque. Et puis, j’ai intĂ©grĂ© Ă  cĂŽtĂ© des cours une association d’élĂšves dans laquelle j’Ă©tais bĂ©nĂ©vole avec un groupe pour animer des ateliers de jardinage au sein d’un jardin thĂ©rapeutique amĂ©nagĂ© sur le terrain du lycĂ©e destinĂ© Ă  des personnes ĂągĂ©es atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ce fĂ»t le dĂ©clic ; les bienfaits moteurs, psychologiques et sociaux que le jardin pouvait apporter aux personnes Ă©taient incroyables ! Juste de s’extraire de la maison de retraite qui apporte un quotidien mĂ©dicalisĂ© cyclique Ă©tait dĂ©jĂ  un bĂ©nĂ©fice, puis travailler la motricitĂ© des mains lors des plantations, retrouver les saisons en observant les caractĂ©ristiques du jardin au moment mĂȘme (chute des feuilles, soleil, chaleur etc.), on travaillait beaucoup sur le sensoriel... ça m’a passionnĂ©e ! C’est Ă  ce moment que je suis rentrĂ©e dans le monde des jardins thĂ©rapeutiques et de ce qu’on appelle l’hortithĂ©rapie (mĂ©diation vĂ©gĂ©tale). Par la suite, j’ai poursuivi avec un BTS en Production horticole pour en savoir davantage sur le vĂ©gĂ©tal, j’ai par la mĂȘme occasion Ă©tĂ© laurĂ©ate d’un concours sur les jardins thĂ©rapeutiques, ce qui m’a donnĂ© l’envie de persĂ©vĂ©rer dans le milieu inexistant toutefois Ă  l’époque. La formation dans le social me manquait donc aprĂšs ce BTS et un Service civique d’un an en foyer de vie auprĂšs d’adultes en situation de handicap mental, j’ai intĂ©grĂ© une licence professionnelle dans l’animation et l’éducation auprĂšs de publics en situation de vulnĂ©rabilitĂ© durant laquelle j’ai pu amĂ©nager et animer un jardin thĂ©rapeutique auprĂšs d’enfants en situation de handicap moteur lors de mon stage de licence. Aujourd’hui, je suis Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e et bientĂŽt Ă©ducatrice technique spĂ©cialisĂ©e en espaces verts/horticulture en institut mĂ©dico-Ă©ducatif (IME) auprĂšs de jeunes prĂ©sentant une dĂ©ficience intellectuelle lĂ©gĂšre. Je travaille Ă  cĂŽtĂ© sur mon association, d’avantage axĂ©e sur la promotion, le dĂ©veloppement et la reconnaissance des jardins thĂ©rapeutiques auprĂšs de divers publics en situation de vulnĂ©rabilitĂ© en plus de travailler sur divers projets avec la FĂ©dĂ©ration française jardins nature et santĂ© qui Ɠuvre Ă  mutualiser les pratiques de cette mĂ©diation, Ă  les faire connaĂźtre et reconnaĂźtre.


Quel est votre meilleur souvenir professionnel ?

Avoir pu jardiner avec un jeune atteint de schizophrĂ©nie qui Ă©tait une autre personne au jardin : curieux, attentif, aidant avec les autres. Ça permettait aussi aux autres rĂ©sidents de le voir sous un autre Ɠil que celui qui pique des crises d’anxiĂ©tĂ© tous les matins Ă  l’aube ;)


Le pire ?

Je n’ai pas de « pire » souvenir professionnel
 Il y a eu plusieurs situations difficiles avec des jeunes qui peuvent avoir des comportements Ă  vous faire sortir de vos gonds ! Le plus dur est de prendre sur soi et de rĂ©flĂ©chir trĂšs vite Ă  la posture Ă  avoir.


Quel est votre livre de chevet ?

J’aime beaucoup Des Jardins et des Hommes, de Gilles ClĂ©ment, Michael Lonsdale, Jean-Marie Pelt et Patrick Scheyder (Ed. Bayard, 2016), mais aussi Jardins thĂ©rapeutiques et hortithĂ©rapie , de JĂ©rĂŽme Pellissier (Ed. Dunod, 2017) qui explique comment concevoir un jardin pour ses patients, rĂ©sidents et l’utiliser comme vrai support d’accompagnement dans les soins ou l’éducation.


Liens :

Facebook : Le Jardin des Maux’passants

Instagram : Le Jardin des Maux’passants (@lejardindesmauxpassants) ‱ Photos et vidĂ©os Instagram

Youtube

Linkedin Romane Glotain

Blog CartographiĂ© Polarsteps : Les Maux Passants prennent la poudre d’escampette

Komoot, Ă©tapes du Tour de France

Blog "Le bonheur est dans le jardin"



Retrouvez les précédents autoportraits

🖋 Murielle A., Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e en centre d’hĂ©bergement et de rĂ©insertion sociale (CHRS)

🖋 Thierry Trontin, co-gĂ©rant de la SCOP Voyageurs-Éducateurs et d’un lieu de vie et d’accueil

🖋 Laurence, rĂ©fĂ©rente de parcours du Programme de rĂ©ussite Ă©ducative

🖋 Romain Dutter, ex-coordinateur culturel au centre pĂ©nitentiaire de Fresnes

🖋 Yazid Kherfi, mĂ©diateur tout terrain

🖋 Claude, assistante de service social en polyvalence de secteur

🖋 Patrick Norynberg, formateur consultant en politique publique, cofondateur et prĂ©sident de la RĂ©gie de quartier du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis)

🖋 Émilie Philippe, Ă©ducatrice de jeunes enfants, membre du collectif Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne depuis sa crĂ©ation en 2009.

🖋 Florent GuĂ©guen, directeur de la FĂ©dĂ©ration des acteurs de la solidaritĂ© (FAS)

🖋 LĂ©a Turchi, assistante de service social, coordinatrice Ă  la mission interface au Samusocial de Paris

🖋 Sadek Deghima, chef de service d’un club de prĂ©vention spĂ©cialisĂ©e

🖋 Lucile Bourgain, monitrice-Ă©ducatrice

🖋 Tristan Montaclair-Le Foulgoc, Ă©ducateur de jeunes enfants qui travaille avec des adolescents

🖋 Cristel Choffel, conseillĂšre technique de service social

🖋 Driss Blal, Ă©ducateur spĂ©cialisĂ©, chef de projet au cƓur d’un dispositif mis en place par un collectif d’habitants originaires du quartier populaire oĂč il a grandi Tarbes (Hautes-PyrĂ©nĂ©es)

🖋 Laure, assistante de service social en service spĂ©cialisĂ© « Familles »

🖋 Vince, l’éduc spĂ©cial, agitateur spĂ©cialisĂ©, dessinateur, chroniqueur, auteur, et accessoirement chef de service Ă©ducatif...

🖋 Julie (1), 33 ans, cheffe de service dans une structure accompagnant des mineurs isolĂ©s Ă©trangers

🖋 Carlos Lopez, Ă©ducateur Ă  la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) depuis 1999

🖋 Charline Olivier, intervenante sociale en gendarmerie

🖋 Antonio ArgĂŒelles BalletbĂł, Ă©ducateur dans un centre rĂ©sidentiel d’action Ă©ducative (1) des Filles de la CharitĂ©, Fondation sociale Ă  Barcelone (Espagne)

🖋 Sylvie Kowalczuk assistante de service social en polyvalence, formatrice occasionnelle, auteur

🖋 FrĂ©dĂ©ric Maignan, formateur indĂ©pendant en travail social

🖋 Émilie Mocellin, Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e indĂ©pendante

🖋 Vivien Laplane, Ă©ducateur spĂ©cialisĂ©, auteur, confĂ©rencier, bloggeur, et accessoirement sourd appareillĂ© oralisant

🖋 Sophie Gaillard, secrĂ©taire mĂ©dico-sociale dans deux services d’éducation et de soins spĂ©cialisĂ©s Ă  domicile (Sessad) en rĂ©gion PACA

🖋 Jean-Marie Vauchez, Ă©ducateur spĂ©cialisĂ© et formateur, membre du Haut conseil du travail social (HCTS)

🖋 Ingrid Romane, Ă©ducatrice en maison d’enfants Ă  caractĂšre social dans le var

🖋 Xavier Bouchereau, chef de service en protection de l’enfance et consultant indĂ©pendant

🖋 StĂ©phanie Liatard, travailleuse sociale au QuĂ©bec, Canada

🖋 JĂ©rĂŽme Beaury, directeur-adjoint auprĂšs de la Direction de l’enfance et de la famille du Calvados, en charge de l’Aide sociale Ă  l’enfance et auteur


Vous ĂȘtes tentĂ©s par l’exercice d’autoportrait de travailleur social ? Vous souhaitez partager votre expĂ©rience ? N’hĂ©sitez Ă  nous contacter Ă  l’adresse suivante : katia.rouff@lien-social.com