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14 avril 2020

★ INITIATIVES - En direct de nos amis belges - n°1


Le site www.yapaka.be a mis en ligne toute une série de vidéos très concrètes et très utiles pour aider à gérer la pandémie.

Des spécialistes reconnu(e)s du secteur de l’enfance et de la protection de l’enfance, de l’action sociale apportent leur vision sur les moins mauvaises postures à adopter : toute la semaine Lien Social, vous fera découvrir sa sélection.

Une mine de ressources pour les parents-enfants confinés : comment ne pas péter les plombs ? Des jeux, des coloriages, des activités par tranches d’âges ( pour enfants de 0 à 5 ans, pour enfants de 6 à 12 ans, pour les ados, pour toute la famille !)

Vidéos de Daniel COUM, psychologue clinicien tournées par téléconférence le 2 avril 2020
1. Crise sanitaire et sentiment d’impuissance du professionnel : quelques pistes pour aller de l’avant avec les familles
2. En contexte de confinement, comment contenir son propre débordement face à un enfant/adolescent débordé ?
3. Le confinement, une mesure de protection qui bouleverse le rôle habituel de la famille
4. Parler avec l’enfant (et non à l’enfant), une piste éducative précieuse en contexte de confinement
5. Etre parent en contexte de confinement : concilier tous les rôles est une gageure
6. En contexte de confinement, comment penser l’alliance éducative parents-enseignants autour de l’enfant ?

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LIEN SOCIAL n°1271 et 1270 en accès gratuit


11 avril 2020

★ INITIATIVES - Les personnes handicapées masquent les soignants

APF France handicap engage son réseau du secteur adapté et protégé dans la fabrication de masques homologués. Une contribution du monde du handicap au service de la protection et de la santé des Français.
Face à la crise sanitaire que traverse la France, APF Entreprises, le réseau du secteur adapté et protégé de l’association APF France handicap, s’engage dans une nouvelle forme de mobilisation en intégrant le projet « Résilience », une initiative du Haut-commissariat à l’Inclusion dans l’emploi et à l’engagement des entreprises.
Objectif ? Confectionner et conditionner des masques homologués à destination des services publics et du secteur médico-social. Une dizaine d’établissements APF Entreprises ont d’ores et déjà rejoint cette nouvelle filière inclusive.
Le projet « Résilience » est une mobilisation d’ampleur nationale portée initialement par un groupement d’une vingtaine d’entreprises du textile afin de fabriquer des masques sur le territoire français, dans les meilleurs délais et à un coût raisonnable. Au total, ce sont près de deux millions de masques qui pourront ainsi être fabriqués. Le secteur inclusif forme le noyau dur de ce projet. « C’est tout naturellement que notre réseau national y contribue », explique Serge Widawski, directeur national d’APF Entreprises. Il ajoute « C’est le sens du programme " fabrication de masques " que nous venons de démarrer. Nous avons mobilisé un nombre important de nos ressources et de nos établissements dans de nombreuses régions.  » La dizaine d’entreprises adaptées d’APF Entreprises sollicitées dans le cadre du projet Résilience devrait être en capacité de fabriquer, dans un premier temps, 80 000 masques par semaine avec environ une cinquantaine de collaborateurs en poste sur onze lignes de productions. Une production destinée aux acteurs médico-sociaux et aux services publics, durement touchés par le manque de masques.


LIEN SOCIAL n°1270 en accès libre


11 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – Protection de l’enfance


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Communiqué du 6 avril 2020 adressé à Madame la ministre, garde des Sceaux, et Monsieur le secrétaire d’État en charge de la protection de l’enfance,

Nos organisations tiennent à vous alerter sur la situation des enfants en cette période de confinement. Alors qu’ils sont particulièrement vulnérables et qu’une attention particulière devrait leur être accordée, ils sont en réalité les grands oubliés.
Au risque de leur faire encourir de graves dangers.
En cette période de crise, nous constatons que les rôles et places de chacun des acteurs, tant en protection de l’enfance qu’en matière pénale sont brouillés, tant et si bien que ces missions pourtant essentielles ne sont plus assurées au mieux des intérêts des enfants et des adolescents.
Les ordonnances prises dans le domaine de la justice, en matière civile comme pénale, ne nous semblent pas de nature à résoudre les difficultés, mais au contraire à les aggraver.

S’agissant de la protection de l’enfance vous avez, Monsieur le secrétaire d’État, adressé une lettre le 21 mars dernier aux présidents des conseils départementaux dans laquelle vous avez listé les activités vous semblant devoir être intégrées dans les plans de continuation d’activité des départements : cellule de recueil des informations préoccupantes, interventions de protection de l’enfance à domicile, permanence éducative téléphonique à destination des assistants familiaux, prise en charge au-delà des 18 ans pour éviter toute remise à la rue de jeunes majeurs non autonomes et adaptation des missions de la PMI.
Vous y avez également mentionné la priorité qui devait être donnée à la mise à l’abri des mineurs isolés étrangers, quand bien même les conditions d’évaluation de leur minorité seraient perturbées, la mise à l’abri devant dès lors être systématique.
Toutes ces préconisations, que nous rejoignons, avaient pour but, selon vos propres termes, de rappeler que « les enfants en danger et les enfants protégés doivent faire l’objet d’une vigilance encore plus forte afin que l’urgence sanitaire à laquelle nous sommes confrontés ne conduise pas à aggraver leur situation ».

Et pourtant …
Nous constatons que les situations sont très disparates selon les départements et dans nombre d’entre eux ces priorités ne sont pas assurées.
Les services de prévention et de protection de l’enfance, que ce soit dans le cadre administratif ou judiciaire, fonctionnent essentiellement par téléphone.
Alors même que ce seul contact par téléphone apparaît insuffisant, il est en outre mis à mal la plupart du temps, par l’absence de matériel professionnel mis à disposition des équipes.
La crise sanitaire conduisant également de nombreux foyers à solliciter des mainlevées de mesures, voire les contraignant à fermer, certains enfants reviennent à domicile dans des conditions mal préparées et sans aucun accompagnement éducatif effectif, ou bien sont brutalement réorientés vers d’autres structures.
L’accès aux soins est mis à mal et les services de la protection maternelle infantile ne paraissent pas partout en état de fonctionner.
En cette période où l’école ne peut que difficilement jouer son rôle habituel de détection des situations de danger, nous nous inquiétons particulièrement des capacités collectives, à les détecter et donc à apporter une protection effective aux enfants concernés.
Enfin, la situation des mineurs isolés étrangers demeure la plus préoccupante, ces derniers ne sachant vers qui se tourner pour être mis à l’abri, beaucoup sont à la rue. Une décision de la CEDH a d’ailleurs été nécessaire pour enjoindre un département à prendre un mineur en charge.

Si nous avons pu espérer que l’ordonnance n° 2020-304 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables aux juridictions de l’ordre judiciaire statuant en matière non pénale apporterait quelques gardes-fous en matière d’assistance éducative, il n’en est rien.

L’ordonnance donne la possibilité aux juges des enfants de prononcer des non-lieux à assistance éducative sans audience et sans recueil des observations des parties. Ainsi, des mineurs isolés étrangers risquent fortement de se voir refuser le bénéfice de mesures d’assistance éducative sans avoir eu l’occasion d’être défendus et de faire valoir leurs observations.

Par ailleurs, nous ne pouvons que déplorer que cette ordonnance oublie l’enfant comme sujet de droit.
Il n’est à nul endroit prévu le recueil de ses observations ou son audition alors-même que l’enfant discernant est partie à la procédure et que son droit à être entendu est un principe consacré par la Convention internationale des droits de l’enfant.
Pourtant, les décisions qui pourront être prises par les juges des enfants, sans contradictoire réel, et pour de trop longues durées, seront lourdes de conséquences : prolongation des mesures d’assistance éducative de plein droit jusqu’à un mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire, (sans que l’on sache s’il sera levé le 24 mai prochain) ; renouvellements de mesures pouvant aller jusqu’à neuf mois pour les placements, un an pour les mesures de milieu ouvert, sur le fondement d’un rapport éducatif, dont il n’est en nul endroit prévu les modalités effectives de communication aux parties, ou d’accès au dossier.
Par ailleurs, le recueil de l’avis écrit d’un seul parent, sans prise en compte de l’avis de l’enfant dans les mêmes conditions, vient à l’encontre de l’ exercice de l’autorité parentale conjointe, qui pourtant est et doit rester la règle, à l’exception de situations particulièrement graves (telles les violences avérées d’un parent) .
L’état d’urgence sanitaire ne justifie pas une telle disproportion dans l’atteinte aux droits des
parties.

Concernant la prise en charge de la délinquance des enfants et des adolescents, nous faisons malheureusement des constats tout aussi pessimistes.
En effet, la grande majorité des professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse n’ont pas les moyens matériels et techniques permettant un accompagnement à distance, dans le respect des mesures sanitaires, et le maintien d’un lien effectif et suivi avec les enfants et les adolescents, pour lesquels l’entretien uniquement téléphonique s’avère parfois totalement inadapté.
En détention, la situation apparaît dramatique et force est de constater l’insuffisance des moyens de protection pour éviter une propagation du virus - les gestes « barrière » étant très difficiles à respecter - , une promiscuité en promenade, des activités quasi à l’arrêt et une privation complète des contacts avec les familles, ce qui rend l’enfermement d’autant plus insupportable.
Si des structures de type foyers ou centres fermés ont vu leurs effectifs diminuer pour des solutions alternatives, pour autant, les lieux d’incarcération des mineurs sont encore trop pleins, comme en témoignent les chiffres de la région Île de France, où les établissements accueillant des mineurs étaient à saturation jusqu’il y a quelques jours et ne se vident que très lentement.

Les mineurs isolés étrangers sont particulièrement touchés par cette situation carcérale lourde, subissant parfois des transferts d’établissement intempestifs et obtenant peu de mises en liberté, faute de solutions alternatives adaptées en cette période de crise sanitaire.

L’ordonnance du n° 2020-303 du 25 mars 2020 portant adaptation de règles de procédure pénale accroît ces difficultés, en permettant notamment une prolongation de droit de la détention provisoire pour les plus de 16 ans encourant plus de sept ans d’emprisonnement.
Nous déplorons que cette ordonnance n’ait pas davantage fait primer l’éducatif, ni garanti la spécificité et la moindre sévérité pour les enfants par rapport aux majeurs. Il est à notre sens très préoccupant et peu compréhensible que pour plusieurs dispositions (prolongation de garde à vue qui peut intervenir sans présentation devant le magistrat compétent, prorogation automatique de la détention provisoire), certains mineurs puissent se voir appliquer les mêmes règles que les majeurs, règles pourtant particulièrement dérogatoires aux droits de la défense et aux libertés. Il est à noter d’ailleurs que toutes les mesures plutôt favorables portant sur les remises de peine concernent en réalité peu de mineurs, qui restent à 80 % placés sous le régime de la détention provisoire.
Par ailleurs, les seules règles spécifiquement prévues pour les mineurs, à savoir la prolongation automatique des mesures de placement (pour 4 mois), et des mesures éducatives (pour
7 mois) sans débat, ne garantissent pas le respect des droits particulièrement en ce que les placements en centre éducatif fermé n’ont pas été explicitement exclus et que ces durées sont excessives. Nous nous interrogeons ici aussi sur la notion de rapport éducatif au regard de l’absence de matériel professionnel d’une grande partie des personnels de la PJJ sus-mentionnée.

Au regard de l’ensemble de ces éléments, Madame la ministre, Monsieur le secrétaire d’État, nos organisations espèrent que de nouvelles mesures, que ce soit sur un plan matériel ou juridique, pourront être rapidement prises pour garantir la protection des enfants et des adolescents durant cette crise sanitaire.
Nous appelons également à en tirer d’ores et déjà des enseignements pour l’avenir, cette crise étant venue confirmer et mettre au jour, le délabrement général des services de prévention, de protection de l’enfance et de la protection judiciaire de la jeunesse sur lequel nous vous avions plusieurs fois alertés.
Si les places en foyer n’étaient pas aussi difficiles à trouver et suffisamment diversifiées en temps normal, si les moyens humains, matériels et techniques de tous les acteurs étaient suffisants, peut-être aurions-nous pu éviter une telle imprévisibilité.
Aussi, nous espérons que cela sera le chantier prioritaire de l’après-état d’urgence sanitaire, plutôt qu’une réforme non consensuelle du droit pénal des mineurs, notamment en redéployant les moyens substantiels actuellement dévolus aux lieux privatifs de liberté vers les services de prévention, de la protection de l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse et les tribunaux pour enfants.

En vous remerciant de l’attention portée à ce courrier, nous vous assurons, Madame la ministre, Monsieur le secrétaire d’État, de notre plus haute considération.

Signataires : Avocats conseil d’entreprise (ACE), Barreau de Paris, Confédération générale du travail (CGT), Conférence des bâtonniers, Conseil national des barreaux (CNB), Convention nationale des associations de protection de l’Enfant (CNAPE), Fédération des conseils de parents d’élèves Paris (FCPE75), Fédération nationale des unions de jeunes avocats (FNUJA), Fédération SUD SANTE SOCIAUX, Fédération syndicale unitaire (FSU), Ligue des droits de l’homme (LDH), Observatoire international des prisons Section Française (OIP-SF), Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire (SNEPAP-FSU), Syndicat national des personnels de l’éducation et du social – PJJ (SNPES-PJJ/FSU), Syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP-FSU), la FSU territoriale (SNUTER-FSU), Solidaires Justice, Union syndicale Solidaires.


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10 avril 2020

★ INITIATIVES - Les CONFICLOWNS !

Clownenroute propose des ateliers, des stages clown-théâtre à des personnes issues d’établissements du secteur social et/ou médico-social. Cette pratique artistique les autorise à se révéler, se cacher, se surprendre. L’association crée des espaces de rencontres entre les personnes issues d’établissements scolaires, d’écoles de travailleurs sociaux … et du secteur spécialisé. En temps de confinement… elle s’adapte grâce à WhatsApp.

Mi-mars, on lève le nez un instant de notre train-train qui n’est jamais quotidien. On s’attend à ce ralenti étant donné la situation en France depuis quelques semaines : TCHCHCHCHCH ! Ça freine, les wagons tiennent, la locomotive s’arrête quelques minutes pour reprendre son souffle. Et oui ! « Que personne ne sorte du wagon », crie le chef de gare ! Nous sommes alors confinés. Ce n’est pas le Président de la république qui s’exprime mais le directeur de « Clownenroute ». Il vient nous signifier que le convoi ne s’arrête pas, l’association et tous les militants peuvent rester dans le train et réfléchir ensemble de chez eux, de leur compartiment, la fenêtre fermée, PRENDRE L’AIR autrement et maintenir la connexion entre les wagons et les passagers.

Mise en graine du CONFICLOWN
L’équipe des cheminots de Clownenroute, stagiaires / services civiques / salariés, mécanos, aiguilleurs, contrôleurs, conducteurs … crée le cahier de bord qui sera remis à chaque voyageur. Extrait : « L’idée est d’assurer une continuité du lien entre chaque personne qui gravite autour de Clownenroute, pour maintenir une forme d’ouverture sur la société, la vie de la / votre cité ».
« Ce confinement peut nous inviter à prendre le temps de regarder les choses différemment, de se regarder autrement, de faire un pas de coté comme votre clown ».
Trois personnes recentreront, réguleront les échanges WhatsApp si besoin… entre la recette de cuisine, les témoignages des professionnels, des habitants des institutions ou autre et l’angoisse, la peur que chacun peut nommer.
Le 20 mars TCHOUTCHOU ! le train Clownenroute repart à la conquête de nouvelles voies. Oyez, oyez voyageuses, voyageurs ; que ce soit un orteil, un talon, un seul pied ou les deux, l’engagement de chacun est extrêmement précieux. Nombreux sont les voyageurs qui affluent avec leurs valises, une véritable foir’fouille humaine : Professionnels du secteur social, médico-social, habitants d’institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP), d’établissement et service d’aide par le travail (ESAT), d’institut médico-éducatif (IME), parents, étudiants, militants forment un sacré tohu-bohu. À ce jour soixante personnes dont six travailleurs sociaux représentant six compagnies de clowns (soixante-dix personnes) enflamment la Toile.
Les voyageurs postent, publient leurs recettes de cuisine, leurs talents de dessinateur, de jardinier, de photographe. Ils partagent des films, des solos clowns, leurs états d’âmes, leurs cœurs battants, leurs rires, cris, chants. Nous téléphonons à ceux qui n’ont qui n’ont pas accès à WhatsApp pour cueillir leurs voix, mots, peurs et les offrir à la Toile ; gagner ce lien qui nous lie et relie.
Convaincus de la nécessité des rituels pour favoriser l’expression via le clown, nous en créons pour ce voyage. Chaque jour nous avons « Corum 18 de Topi », témoignage de ce clown et de son aventure sur la planète Coronavirus. Des pelotes de fil rouge se déroulent : une histoire est contée par enregistrement, chacun s’il le souhaite peut venir ajouter ces péripéties virtuellement en s’enregistrant à son tour. C’est l’histoire de TchinTchin, un petit grain de poussière parti à l’aventure. Pour cette trouvaille, une dessinatrice est venue illustrer ce conte en image. Nous avons aussi le journal de Clownenroute que l’équipe publie tous les vendredis. Et chaque semaine le témoignage de deux professionnels et de deux personnes issues d’institutions spécialisées.
Sous le masque de la différence, des corps tordus, des hésitations angoissantes, des rires, de cet imaginaire étrange et si porteur, les passagers accèdent à des désirs, à la poésie, à toutes les surprises que révèlent la vie, à s’accorder avec ses voisins voisines avec comme support un mot, un soupir, un cri qui fait naitre le désir de rencontre de l’autre, les autres avec simplicité.
Habituellement les personnes planquées derrière leurs nez rouge laissent vivre leur clown, planquées derrière nos écrans a priori les personnes osent prendre l’air autrement et se donner peut-être un autre AIR de soi…
Les témoignages des professionnels ouvrent des voies et des réflexions d’autres airs possibles.
Dans le contexte actuel, par obligation, l’institution desserre son étreinte et semble permettre aux jeunes, aux adultes accompagnés d’inventer des ressources encore inimaginées.
Peut-être idem pour les professionnels, ceux-ci semblent trouver une autre proximité dans cette distance ? Un lâcher prise d’une prise en charge car peut-être moins l’institution sur le dos ?
Bien évidemment ne soyons pas dupes, les travailleurs sociaux interviewés sur notre Toile, leurs questionnements, leurs engagements ne sont peut-être pas révélateurs de l’ensemble de notre profession... Mais ça peut cheminer...
Idem pour toutes les personnes (qui peuvent accéder à WhatsApp) ne soyons pas dupes aussi. Vous vous autorisez à parler de vos passions, de vos craintes, vos blagues ; vous êtes actrices, acteurs de ce réseau et pour vous aussi cet engagement à penser par vous-même peut cheminer auprès d’autres personnes.
Continuons à cheminer et pour cela charbonnons ensemble.

Tchou tchou.
Suzanne Guiho et Guilhem Julien

clownenroute.com


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10 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Qui se soucie des enfants ?

Par RR, Educateur Spécialisé en CDEF.

Les décisions politiques annoncées il y a trois semaines, au nom de la santé, sont inédites et entravent notre bien-être à tous : privation de la liberté de circuler librement, limitation des interactions sociales, suspension de l’école… Car oui, nous n’éduquons plus la jeunesse, elle ne s’ouvre plus au monde. La scolarité se fait à domicile, au mieux. Pourtant, malgré les efforts des parents, les enfants n’ont pas les mêmes bénéfices qu’à l’école : professionnels spécialisés et pédagogues qui enseignent, socialisation avec les pairs, ouverture sur le monde par la diversité de personnes qui entourent les enfants.

Alors, qu’en est-il des enfants placés ? Sans surprise, c’est pire pour eux. Déjà fragilisés par un parcours de vie douloureux, ils peuvent pour certains se retrouver désormais confinés avec leurs parents, pour ceux dont c’était le projet à moyen terme. Très peu de suivi pour ces jeunes, aucune assurance que les difficultés qu’ont rencontrées les parents par le passé ne se réitèrent pas, en particulier dans un contexte difficile comme celui du confinement 24 heures sur 24 avec l’ensemble de la famille.

Pour les jeunes qui restent en foyer, ce n’est pas non plus la panacée. Ils se retrouvent confinés avec d’autres jeunes placés, chacun ayant ses fragilités et ses difficultés, dans un lieu où le vivre ensemble, toute la journée, est vite insupportable. Car c’est de cela dont il est question. Il est difficile pour chacun d’entre nous de vivre le confinement, source d’angoisses, qui isole, nous fait tourner en rond, et bien plus. Imaginons ce que ces jeunes vivent. Ils sont les uns avec les autres, systématiquement, doivent supporter toutes les expressions de mal-être des autres, tout en se débattant avec leurs propres angoisses. Si, pour chacun de nous, nous sommes malgré tout un peu en contact avec nos proches ou nos amis, les jeunes placés sont eux pour la plupart privés de lien avec l’extérieur, si ce n’est avec les professionnels qui se relaient pour les accompagner au mieux. Pas d’accès au soutien familial, ni au milieu ordinaire, ni à la scolarité. Et tous sont dans la même situation, entre eux.

Le résultat, au quotidien, est visible. En trois semaines, les jeunes semblent plus renfermés sur eux-mêmes, les conflits sont fréquents, des fugues inévitables, et la scolarité est compliquée.
Comment faire, en effet ? Nous sommes éducateurs, avec un groupe de jeunes qui n’est absolument pas du même niveau scolaire. Faire de l’individuel, c’est notre métier. Mais il nous faut du temps pour cela. Jamais, nous ne pouvons faire ce que les écoles font. Car la première des choses est de donner envie aux jeunes. Envie de travailler, même s’ils ne sont pas à l’école mais dans leur foyer, même s’ils ne voient pas leurs professeurs, même si nous ne sommes pas capables de les aider dans toutes les matières, même si l’année scolaire est finie.
On fait, on bidouille avec les mails reçus des professeurs et collègues de structures. Heureusement qu’ils sont là pour que les jeunes se sentent moins abandonnés. Car oui, les jeunes au CDEF se sentent isolés. Les seuls liens qu’ils ont sont avec nous ou les professeurs par mail, voire leurs référents ASE quand ils ont de la chance d’avoir un professionnel consciencieux qui appelle régulièrement. Le psychologue de l’établissement lui, « travaille à distance », mais est en fait aux abonnés absents, lorsque les jeunes ont le plus besoin de lui.
Enfin, le COVID-19. Il y a deux semaines, il y a eu de forts soupçons qu’un jeune l’ait contracté. Aucune certitude, pas de test pour les jeunes de la protection de l’enfance. Pas de masque non plus. Alors, on l’isole comme on peut, autant qu’on peut. Mais il est avec les autres jeunes, avec les professionnels au foyer. L’isolement est difficile pour ces jeunes qui ont un fort besoin de lien. Est-ce bien humain de laisser seul dans sa chambre un jeune pendant 14 jours ?
Du coup, on tempère, on n’applique pas une quarantaine stricte, d’ailleurs, dans notre structure, ce n’est pas réalisable. Alors maintenant, on se questionne. Les autres enfants risquent de contracter le COVID-19, nous aussi. Nous allons le ramener chez nous ?
Nous travaillons pour des jeunes qui sont placés « pour leur sécurité », on est en droit de se questionner sur leur sécurité réelle, qu’ils soient renvoyés chez eux, sans soutien, ou au foyer.

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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10 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – Surpopulation carcérale, covid-19 et confinement : un cocktail explosif.



Les associations de la FARAPEJ s’inquiètent du confinement dans le confinement.
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La pandémie de Covid-19 que connaît notre pays touche de plein fouet nos prisons. S’ajoutant à la surpopulation carcérale chronique, elle rend la vie des personnes détenues encore plus difficile : celles-ci vivent une situation de confinement exceptionnel dans le confinement qui est leur condition habituelle.

Les visiteurs de prison n’ont plus accès aux parloirs. Les activités socio-culturelles et d’enseignement, le sport en salle, les cultes et la formation professionnelle sont suspendus. L’accès au travail, d’abord conditionné à l’application de précautions sanitaires, est maintenant interrompu. Après avoir été fortement limitées, les visites aux parloirs, parloirs familiaux et unités de vie familiale ont été, elles aussi, suspendues.

La tension provoquée par les mesures de confinement au sein des établissements et le sous-effectif des personnels pénitentiaires occasionné par la pandémie rendent plus difficile, en retour, la vie quotidienne des personnes détenues. Les uns et les autres, personnes incarcérées et membres du personnel, doivent gérer l’anxiété d’un confinement collectif dans un espace réduit et, dans beaucoup de cas, surpeuplé.

Toutes les associations, membres de la FARAPEJ, expriment leur solidarité à ceux qui souffrent de cette situation, les personnes détenues et leurs proches, comme les personnels pénitentiaires et leurs familles.

La FARAPEJ reconnaît des mesures prises par le gouvernement en faveur des personnes détenues : un abondement à leur compte téléphonique afin de maintenir les liens familiaux, la gratuité de la télévision afin d’atténuer l’effet de la suppression des activités, ainsi qu’un accroissement de l’aide aux plus démunis afin de pallier l’impossibilité de travailler.

La FARAPEJ s’associe aux organisations qui demandent des mesures d’urgence pour réduire significativement la population carcérale, au-delà de la recommandation faite aux juges de différer la mise en application de courtes peines d’emprisonnement. Elle approuve les mesures qui sont prises pour faire sortir de prison des personnes condamnées à de courtes peines ou en fin de peine.

La situation d’entassement dans les prisons, avec, dans les maisons d’arrêt, un nombre important de détenus dormant sur des matelas au sol, additionné au stress de l’épidémie et au manque cruel d’activité est génératrice de tensions pouvant facilement virer à la violence.

La FARAPEJ et les associations du réseau signataires demandent, pendant la période de confinement :

● Que des savons, masques, gants, produits désinfectants soient rendu disponibles dans les cellules où règne la plus grande promiscuité.

● Que des parloirs-vidéo soient organisés pour les personnes détenues avec de jeunes enfants, en utilisant des outils micro-informatiques ou les installations vidéo habituellement utilisées pour la communication avec des magistrats.

● Qu’une attention particulière soit accordée à la prise en charge effective des personnes libérées de prison et à leur orientation vers des structures capables de les assister dans le contexte du confinement.

● Qu’une vigilance particulière soit accordée aux personnes détenues malades et en particulier aux conditions et lieux de leur hospitalisation.

● Que des rendez-vous téléphoniques soient organisés entre les personnes détenues et leur visiteur de prison.

● Que soit généralisée la pratique déjà mises en œuvre dans plusieurs établissements : les visiteurs de prison et autres intervenants extérieurs peuvent adresser des courriels aux personnes détenues qu’ils visitent ; ces courriels sont adressés à l’établissement pénitentiaire qui en fait une copie à l’attention de la personne détenue.

● Que, s’agissant des personnes en cours d’instruction dont le courrier est lu par le juge, la procédure de lecture et de réexpédition à l’établissement concerné soit accélérée.

● Que l’acquisition d’enveloppes, de papier et de timbres soit rendue gratuite pour les personnes détenues.

● Que les familles et les proches des personnes détenues malades et des personnes décédées du Covid-19 soient informés de la façon la plus humaine possible.

Si la crise que nous traversons est préoccupante pour la société civile, elle l’est bien plus encore dans nos prisons où la surpopulation carcérale et les conditions inhumaines et dégradantes relevées dans l’arrêt récent de la CEDH aggravent considérablement le risque sanitaire de cette population dont l’État a la responsabilité. C’est pourquoi, nous souhaitons vivement que les mesures prises aujourd’hui dans le but de réduire aujourd’hui la surpopulation carcérale se prolongent au-delà de la crise et aboutissent enfin à la mise en place d’une incarcération respectueuse de la dignité humaine.


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10 avril 2020

✖ TRIBUNE - Mauvais présage

Olivier Véran vient d’annoncer sa décision retenir les premières mesures du plan de mobilisation nationale contre l’isolement proposé par Jérôme Guedj. Cette décision est prometteuse ! Voyons plutôt : « renforcement, d’ici la fin de cette semaine, du numéro vert national d’écoute de la Croix Rouge avec une attention spécifique pour les personnes âgées, fragiles et isolées  », « engagez-vous dans la vie associative et le bénévolat », « mobilisation des voisins avec le kit Voisins solidaires »
Imaginons les premières demandes reçues :
« Bonjour, je viens de subir une grave opération. J’ai demandé à rester hospitalisée, mais j’ai été renvoyée chez moi. Je suis âgée de 78 ans. Je suis très fatiguée. Je n’ai pas de réponses pour une aide à domicile. Comment dois-je faire ? »
« Je dispose d’une petite retraite et je ne peux pas payer les repas à domicile. Aidez-moi, s’il vous plaît »
« Je dois m’occuper de mon mari atteint d’une maladie d’Alzheimer. Cela fait des mois que j’attends une aide à domicile. On me dit que je suis sur liste d’attente »
« Je vous téléphone de mon EHPAD, car je n’en peux plus : cela fait trois heures que j’appelle avec mon alarme. Je baigne dans mes excréments. Personne ne vient. Il y a une seule aide- soignante pour 60 résidents. Et je paie 2500 € par mois »
L’Etat social doit réduire drastiquement ses dépenses, paraît-il. Mais, il vient de budgéter 45 milliards d’aide pour les entreprises et les salariés. Le bon signe aurait été d’annoncer la revalorisation massive des salaires des personnels assurant tant l’aide à domicile qu’en EHPAD et l’augmentation du nombre de soignants par personne accueillie. Mais non, la priorité se résume à faire appel au bénévolat. Sera-t-il encore moins question dans l’après COVID-19 de financer l’action sociale qui sera une fois de plus (et encore plus) sacrifiée sur l’autel du marché et du retour à la compétitivité de nos entreprises ? On nous dit que l’essentiel est de sauver notre économie. Mais, ce qui se profile de plus en plus, c’est de la sauver sur le dos des plus fragiles et des plus précaires.

Jacques Trémintin


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9 avril 2020

★ INITIATIVES - "Confinés mais pas Isolés" avec Avenir des Cités

Les éducateurs spécialisés d’Avenir des Cités s’adaptent à la situation de confinement et assurent une présence éducative sur les réseaux sociaux en télétravail. Ils proposent des animations à distance pour tenter de garder le lien avec les jeunes.
Un espace d’évasion, d’échange, d’écoute pour qu’ils s’expriment. Un espace qui permet aussi aux éducateurs de les rassurer et les conseiller.
...
Photo
Cécilia et Sarah 2 participantes
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Un exemple ?
L’Atelier cuisine avec aux fourneaux, Nicolas Dubois, éducateur spécialisé.
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Au menu ?
Un fondant au chocolat

Chaque jeune a préparé chez lui les ingrédients nécessaires pour le réaliser :
200 g Chocolat noir
150 g de sucre
150 g de beurre
50 g de farine
3 œufs
Un rendez vous avec les jeunes sur Facebook et c’est parti ...


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9 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – Associations et avocats demandent des mesures contraignantes pour assurer la protection des MNA

Communiqué du 6 avril 2020

36 Associations et syndicats s’associent à 88 avocats d’enfants et adressent une lettre ouverte au Premier Ministre pour l’alerter sur la situation dramatique de nombreux mineurs isolés qui, malgré les mesures prises par le gouvernement, continuent à être laissés sans protection.

Les obstacles à l’accès à une protection effective pour les mineurs isolés existaient avant la crise sanitaire, ils perdurent aujourd’hui. Les quelques mesures prises ces derniers jours et les recommandations adressées aux conseils départementaux ne suffisent pas à préserver tous les enfants de la rue lors des différentes étapes de leur parcours. Les nombreux exemples cités dans la lettre démontrent que :

  • certains départements continuent de leur refuser l’accueil provisoire d’urgence lorsqu’ils se présentent pour demander une protection, en violation de la loi.
  • d’autres mettent fin à leur prise en charge après avoir remis en cause leur minorité.
  • des ordonnances de placements provisoires prises par les juges des enfants ne sont pas exécutées.
  • les enfants et adolescents dont la minorité a été contestée avant la crise doivent survivre dans la rue, des campements ou des squats et sont exposés à tous les dangers.

L’épidémie de Covid-19 renforce immanquablement les risques rencontrés par ces jeunes dont l’état de santé est déjà fragilisé : impossibilité de respecter les mesures de confinement, accès insuffisants à l’alimentation, à l’hygiène et à l’eau, carences d’informations adaptées sur les gestes barrières et les précautions à prendre, difficultés d’accès aux soins.

Les conditions indignes dans lesquelles ils vivent les fragilisent face au Covid-19. La crise sanitaire les prive, en grande partie, du soutien que leur fournissaient les associations et les permanences juridiques, elle rend impossible l’accès à certains services administratifs et à de nombreux tribunaux pour enfants. Rien n’est prévu pour les jeunes qui présentent une forme non aggravée du Covid-19 et doivent faire l’objet d’un suivi médical et d’un confinement individuel, les centres dits « de desserrement » étant réservés aux majeurs.

Des solutions existent pourtant afin d’imposer aux départements le respect de leurs obligations en matière d’accueil provisoire et pour garantir la protection effective des enfants et adolescents dont ils ne reconnaissent pas la minorité. Nous sommes conscients de la difficulté qu’il y a à organiser la réponse publique, en cette période de crise qui touche l’ensemble des secteurs sociaux. Certaines mesures en faveur des personnes vulnérables ont d’ores et déjà pu être prises. Elles restent cependant quasi inexistantes pour les mineurs et jeunes majeurs isolés.

Nous proposons dans cette lettre ouverte une série de mesures immédiates à prendre afin qu’aucun enfant, que ce soit durant l’état d’urgence sanitaire ou une fois cet état levé, n’ait à dormir dans la rue ou dans des lieux indignes et dangereux. Les enfants isolés ne doivent pas être oubliés.

Signataires :
Associations et syndicats :
Amnesty International France, Association d’Accès aux Droits des Jeunes et d’Accompagnement vers la Majorité (AADJAM), Avocats pour la Défense des Droits des Etrangers (ADDE), Association des Avocats de Toulouse pour la Défense des Etrangers (ADE), Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers (ADMIE), Association Nationale des Assistants de Service Social (ANAS), la CASA, CGT-PJJ, Convention Nationale des Associations de Protection de l’Enfant (CNAPE), Cimade, Défense des Enfants International (DEI-France), Droits d’Urgence, Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS), FASTI, Fédération Education Recherche Culture-CGT (FERC-CGT), Fédération des Etablissement Hospitaliers et d’Aide à la Personne Privés non-lucratifs (FEHAP), Fédération d’Entraide Protestante (FEP), GISTI, Hors la Rue, Ligue des Droits de l’Homme, Médecins du Monde (MDM), Médecins sans Frontières (MSF), les Midis du MIE, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Paris d’Exil, Réseau Education Sans Frontières (RESF), Secours Catholique – Caritas France (SCCF) Soul Food, Syndicat des Avocats de France (SAF), Syndicat National des Personnels de l’Education et du Social-PJJ (SNPES-PJJ), Thémis, Timmy, UNICEF-France, UNIOPSS, Union Syndicale Solidaires, Utopia 56.

Avocats et barreaux :
Barreau du Val de Marne, ATTIAS Dominique – Paris, DELANOE DAOUD Catherine – Paris, ROTH Isabelle – Paris, DUVERNEY PRET Mélanie – Paris, DAOUD Emmanuel – Paris, DESAILLY Delphine – Paris, GOUDJIL Yamina- Paris, SFAOUI Johanne- Paris, MULS-BRUGNON Nathalie – Paris, ROUANET Pierre – Paris, MENEGON Sophie – Paris, DELBECQUE Eric – Paris, GOTTSCHECK Laurence – Paris, DANVEL Claudine – Paris, LADOUX Benjamin – Paris, PARTOUCHE KOHANA Stéphanie –Paris, ALBERTINI Jean-Etienne – Paris, MANELPHE Mélanie – Paris, JEANNOT Brigitte – Nancy, BOULY Hélène – Versailles, JULIÉ Antoine – Paris, MARECHAL Delphine – Paris, BILBILLE DAUVOIS Laurence – Paris, BRUEZIERE Émilie – Paris, DEWAELE Emilie - Lille, Présidente d’InfoMie, BATTINI Anne – Paris, VIBOUREL Anne-Caroline – Lyon, DREAU Nathalie – Paris, Plaçais Anne Carole – Paris, CHAUMETTE Yann – Nantes, SITRUK Diane – Paris, VI VAN Maëlle – Paris, PESCHANSKI Flora-Paris, CLANET DIT LAMANIT Isabelle- Hauts-de-Seine, de BLIC Blandine – Versailles, de SEZE Jean – Paris, BITTON Josine - Seine-Saint-Denis, LE ROY Amandine – Nantes, MESA Sylvia – Paris, Brigitte BERTIN – Besançon, LAFOND Christelle – Paris, HERIDA Saliha – Paris, LASSAILLY Delphine –Paris, LINO Maya - Seine Saint Denis, TOULOUM Nadia-Paris, BENITEZ Ambre - Val de Marne, BUTTIN Marlène – Paris, POUSSIN Pascale – Paris, SAIDI-COTTIER Noémie – Paris, BOULAY Véronique – Paris, DJIDERT Marie-Leïla – Paris, LENDRES Frédérique – Paris, MACAREZ Léa – Paris, LAMY Stéphanie - Val de Marne, BUCHBINDER Karine - Val de Marne, SCALBERT Sarah – Paris, FIRMIN Adeline – Lyon, MICHEL-BÉCHET Lucas – Paris, DRAVIGNY Amandine – Besançon, LANGLOIS Justine - Seine Saint Denis, BEAUVAIS-MUTZIG Laura-Paris, RODRIGUES Sonia – Nancy, GUGENHEIM Isabelle, DE SAN LORENZO Alexandra – Paris, DUMONT SAINT PRIEST Louise – Paris, FONDA Camille – Paris, SAFAR GAUTHIER Marlène –Paris, POCHARD Sophie – Lyon, MASSOU DIT LABAQUERE – Pau, RUDLOFF Séverine – Strasbourg, TADJINE Karima – Paris, MAIRE Julie – Paris, MERAL Pierre- Aurillac, SINGH Charlotte – Paris, DUJARDIN Claire – Toulouse, GORKIEWIEZ Hélène – Paris, TOURNILLON Olivier, Val-de-Marne, LEFORT Anaïs, Seine-Saint-Denis, LASSALLE Anne, Seine-Saint-Denis, NAKACHE Pascal, Toulouse, JAY Mathilde , Toulouse, GHENIM Meriem , Seine Saint Denis, FOZING Jean – Paris, BAZIN Judith – Montpellier, SORRIAUX Jonathan – Compiègne, LEVI-CYFERMAN – Nancy, KHOURY-CARDOSO Sara – Toulouse, KORN Pascale – Paris.


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9 avril 2020

✖ TRIBUNE - Le festival nantais T’CAP annulé, son esprit reste

Par Olivier Raballand du collectif T’CAP

Ce 4 avril 2020 est marqué par le symbole d’un événement annoncé qui n’a pas lieu : le festival T’Cap. Son principe ? Mettre en valeur les projets des acteurs du réseau autour du handicap. Celui-ci devient une ressource, un objet de rencontre et d’échange.
Nous - l’équipe du Collectif T’Cap - vous avions promis une belle journée sous le signe de la convivialité, de la diversité et du mieux vivre ensemble…
Nous vous attendions de pied ferme en présence des associations, collectivités et services de l’État membres du réseau !
À présent il fait 19° et le vent est /sud-est souffle doucement, idéal sous les nefs exposées à la domination des vents d’ouest. Les conditions climatiques étaient bien réunies, mais de réunion ça sera la seule…
Ce foutu Covid-19 qui a choisi de s’inviter en ce monde pourrait bien symboliser la manière dont nous étions rendus à le faire tourner…
Il se répand partout sur notre planète, la mondialisation et sa soi-disant régulation naturelle sonne un peu faux.
Il touche les plus vulnérables d’entre nous et bizarrement ce sont toujours les mêmes.
Il met à mal nos politiques publiques, certaines, un jour, s’étaient posé cette question : « La santé doit-elle être rentable ? », elle semblait également y avoir insidieusement répondu.
Il éprouve les modes de gouvernance de nos différents pays en mettant en exergue leurs dysfonctionnements : la manière de communiquer vers leur peuple, la tyrannie d’un pouvoir dissimulant la vérité, la technicité et la science comme La solution, la limite des réponses sanitaires du Tout privatisé… chaque peuple s’y retrouvera un peu, plus ou moins.
Le festival T’Cap avait comme slogan vaste, ambitieux et improbable : « Changer le monde  » et c’est pourtant ce qui se vivait à chaque édition tous les deux ans depuis 2008.
Momentanément, le monde change et pas vraiment comme nous le rêvions…
Certains en viennent se poser la question de la hiérarchie des vies au regard de moyens limités pour faire face à l’épidémie.
Sans surprise, dans ces temps incertains, les plus vulnérables partent les plus vite, et l’on pense de manière plus ou moins lointaine à cette théorie de Monsieur Charles Darwin…
Je forme l’espoir que l’on puisse s’interroger dans cette sortie de crise sanitaire sur des termes comme : « bien commun » , « intérêt général », « utilité sociale  ». Ces mots ne sont pas issus d’un groupuscule de personnes un peu « bisounours » mais forment une réalité de vie en société.
Je forme le vœu que l’expression «  État providence » se transforme dans les esprits non pas en argent public gaspillé, mais plutôt en conditions minimales pour assurer une solidarité nationale qui ne peut être conditionnée aux ressources financières de chacun.
À l’heure où ceux qui ont le plus d’argent négocient les masques de protection sur ces tarmacs transformés en drôles de marchés, je me dis qu’on est encore loin, très loin de tirer les conséquences de ce qui nous arrive !
Alors j’ai continué une activité entreprise depuis le début du confinement : fendre des bûches…


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