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23 juin 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Confinement chauffant (3)

Par JS, chef de service éducatif.

(résumé des épisodes précédents : lors des premières semaines deux éducateurs de ce foyer d’accueil d’urgence pour adolescent(e)s ont vécu 24h/24h avec un même groupe de gosses (presque) stable, pendant près de 20 jours puisque l’un d’entre eux était symptomatique. L’éducateur jette l’éponge.)

Ça insécurise gravement son binôme, ce qui est logique. Elle ne veut plus faire des tranches de travail de 48h sans son collègue et elle veut rentrer chez elle le soir. J’aurais fait pareil. Je cherche encore plus. J’appelle les remplaçants habituels de notre service et là, ça match ! Je n’y croyais pas. Les personnes répondent présentes et je me retrouve avec six éducateurs prêts à se relayer 24h/24h.

Relance. Maintenant, il faut mettre sur pied un planning (deux éducateurs en permanence le jour et la nuit), prendre le rythme du fonctionnement, continuer ce qui a été impulsé, se protéger encore plus tout en étant dans la relation. La bonne distance articulée à la bonne proximité ! Je passe des heures devant mon ordinateur, au téléphone, j’envoie les demandes de contrats au siège. Les éducateurs se relaient par tranche de 12, 24 et 48h. L’association suit. Les éducateurs assurent. Notre volontaire se rétablit tranquillement et papa-radiateur se pose quelques jours chez lui, entre insomnies et sommeil abyssal.
Un matin, il prend le volant de sa voiture pas très fiable (normal avec la paie d’un éducateur), y met son vélo au cas où elle tombe en rade et vogue rejoindre sa famille en Bretagne. Il y arrive sans encombre. Chapeau le funambule et merci !
Un autre travail s’organise. Je dois aussi trouver d’autres repères. Créer du lien à distance avec des personnes que je connais moins. La situation me semble difficilement tenable. Le télétravail est un piège aliénant. D’autant que je bricole depuis le début avec mon vieux PC. Il n’y a pas de début, pas de fin. C’est terrible, le rêve du néolibéralisme !
Une infirmière-puéricultrice d’une Protection Maternelle et Infantile du quartier s’est portée volontaire pour venir soutenir les éducateurs.
- Bienvenue ! Mais quelles sont vos intentions ?
On devient méfiant à force.
- Ne vous inquiétez pas, je sais que vos tutelles m’instrumentalisent pour savoir comment ça se passe chez vous mais je ne suis pas dupe et je vous le dis.
Le courant passe. Elle nous donne un sacré coup de main pour le renouvellement du traitement de cheval de notre jeune convalescent. D’ailleurs, il doit être testé en prévision d’une hospitalisation. Sa pathologie récidive. Le verdict tombe. Partiellement positif, c’est nouveau ! Il a ou a eu le virus, on ne sait pas trop. On nous rassure presque, le jeune se questionne, personne ne veut lui dire puisque c’est incertain.
- Il faut que tu refasses un test car les résultats de celui que tu as passé ne sont pas nets ! Et vous, gardez bien en place votre protocole sanitaire et ça ira.
- Oui, merci. C’est rassurant.

Son hospitalisation est différée et il repassera deux autres tests pour que le dernier soit enfin entièrement négatif.
- Et les éducateurs ? Ils peuvent être testés ?
- Ils ont des symptômes ?
- Non.
- Alors ça ne sert à rien.
- Et le jeune qui a eu des symptômes au début du confinement, il peut ?
- Non, c’est trop tard maintenant.
- Ah, ok ! Merci quand même.

Certaines positions sont difficiles à comprendre pour ne pas dire révoltantes. L’euphémisme fait partie de nos stratégies d’écriture, j’avais oublié. Et on continue à vivre et à travailler dans l’incertitude organisée. Protection de l’enfance oblige. Je reviendrai à la charge plus tard, ce n’est pas grave. Enfin si, mais on est habitué !
Je n’ai plus de symptômes, il est temps d’aller au front surtout que deux jeunes ont été accueillis. Ça fume et transgresse grave. La connexion Internet tombe en rade dans le service. En période de confinement, ça craint. D’autant qu’on est complétement dépendant à ce télélien ! Allo le siège, ça répond toujours. Notre informaticien confiné assure et notre directrice générale garantit la livraison en direct de la nouvelle box, la classe ! Une semaine pour remettre en route la connexion. Encore une chose de réglée mais qui nous a pris un temps fou pour trouver la solution.
La moindre chose devient vite chronophage en cette période : trouver les infos manquantes, comprendre le fonctionnement de telle machine, les mots de passe, le numéro de téléphone de telle ou telle société. Elle est où la clé du bureau ? et ainsi de suite chaque jour…
Avant mon retour, on élabore de nouvelles règles, on structure le temps pour limiter le désœuvrement des gamins mais aussi de l’équipe. On met en place des téléréunions éducatrice, psychologue, chef de service. Je vois en direct un gamin monter dans les tours pour une cigarette. Le confinement pèse sur tout le monde ! Je soutiens toujours à distance notre éducatrice bretonnante qui éprouve la relation transférentielle et voit son cadre de référence vaciller. Ça gite sacrément mais ça tient malgré la dureté du travail ! Y a du talent, de l’abnégation et beaucoup de pudeur ! Bravo l’artiste ! Il faut prendre soin d’elle. Elle porte beaucoup sur ses épaules et se rend compte qu’elle avait choisi l’urgence pour se protéger de la relation.
Manque de chance, on ne la fait pas à l’envers au Corona. Encore un paradoxe ! Ce virus est un destructeur de lien social et elle se retrouve au cœur du métier grâce, à cause de lui. Tous les paradoxes ne sont pas à résoudre, je suis d’accord.

Retour. Je prends ma voiture pour revenir de mon confinement normand. Sur la route, personne. Ça sent la fin du monde version the walking dead bucolique.
Au péage, un policier ne comprend pas pourquoi je rentre. Pour travailler, monsieur le policier, comme le demande notre président : «  confinez-vous, mais travaillez ». C’est le « en même temps » macronien. Là, impossible de résoudre ce paradoxe injonctif. Le policier continue :
- oui mais on est dimanche, monsieur.
- C’est pour prendre mon travail demain matin, monsieur le policier.
- Oui, mais on est dimanche, monsieur.

Bon, je me sens obligé de sortir l’artillerie lourde. J’étais en arrêt maladie et confiné en Normandie.
- Très bien monsieur, circulez !

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

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22 juin 2020

★ INITIATIVES - Retour sur terre ou … à la terre ?

On ne pourra pas dire que la Prévention spécialisée ne mène pas à tout … même au jardinage.
Ringard de proposer aux ados de planter des plants de tomates, de potiron ou de citrouille ? Et pourquoi pas après tout, si le monde d’après portait sur un retour à la nature, à la protection de l’environnement. Des carrés potagers partagés ont été installés par la municipalité au sein d’un espace de Sallaumines. L’occasion d’en faire un lieu d’échanges, de convivialité, de mixité sociale et de créativité... un bon prétexte pour rompre l’anonymat, favoriser les rencontres et nouer des liens entre les habitants du quartier quel que soit leur âge, leur culture et leur milieu social.
Le club de Prévention Avenir des Cités a décidé d’investir ce lieu et d’y anime des ateliers jardinage avec les jeunes qu’il accompagne.
Pour en faire profiter tout le monde, il a publié deux tutos sympas. Y’a plus qu’à essayer !


22 juin 2020

🎥 Film - Benni

Les cinémas rouvrent leurs portes. Les films fauchés par le confinement retrouvent le grand écran. C’est le cas de Benni, film allemand de Nora Fingscheidt. Il devait sortir le 18 mars, il sera à l’affiche ce 22 juin.

Un visage d’ange aux cheveux blonds dissimule celle qui « explose le système ». Benni, petite fille de 9 ans, pousse à bout toutes les institutions allemandes de protection de l’enfance. Passée de foyer en foyer, elle multiplie les accès de violences, les passages à l’acte, les mises en danger de soi et des autres, hurle sa colère et cache mal, lorsqu’elle se calme, sa détresse derrière son sourire adouci.

Pour faire ce film - dont le titre original, « system sprenger, exploseur de système » pose bien la problématique - la réalisatrice Nora Fingscheidt s’est immergée pendant plusieurs semaines dans diverses institutions de la protection de l’enfance allemande : foyer, accueil d’urgence, service de pédopsychiatrie pour « cerner les enjeux de l’accompagnement social ».

Les 400 coups de François Truffaut ou Mummy de Xavier Dolan l’ont inspirée pour donner à voir cet enfant en rupture, en rejet total du monde des adultes.
Tous se révèlent incapables – même les professionnels - de construire un cadre suffisamment sécurisant ou de se pencher sur la douloureuse relation de la fillette avec sa mère en grande détresse. Le départ de la petite fille pendant trois semaines en forêt avec un auxiliaire de vie scolaire qui semble, un temps, seul capable d’entrer en relation avec elle, questionne : séjour de rupture bénéfique ou mesure éducative risquée ?

De quoi nourrir des échanges entre travailleurs sociaux. En Allemagne, ce film indépendant avait enregistré avant la crise sanitaire 600 000 entrées, rare pour un pays moins cinéphile que la France. « Ce succès est en partie dû aux travailleurs sociaux », avance la réalisatrice « parce qu’il ouvre le débat sur ce qui pourrait améliorer la prise en charge des enfants en souffrance ».


22 juin 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Zone rouge, Mai 2020. Quelques heures avant le déconfinement.

Par JS, chef de service éducatif.

Précision : « Ce texte est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière » (1) ou presque.

États d’âme d’un chef de service éducatif, mais pas que...

Contexte. J’occupe les fonctions de chef de service éducatif dans un service d’accueil d’urgence pour adolescents en rupture familial, fugueurs, en errance. Les jeunes sont adressés par l’ASE (2), mais ils peuvent également se présenter spontanément à notre service pour demander une mise à l’abri. En général, ils restent peu de temps, puisqu’ils sont orientés vers d’autres structures assez rapidement (foyers, familles d’accueil, lieux de vie) ou retournent parfois dans leur famille après un travail de médiation.
Malheureusement, beaucoup d’entre eux fuguent. Au-delà de leurs problématiques individuelles, ce passage à l’acte récurrent interroge fortement l’organisation des dispositifs de la protection de l’enfance. Autant dire, que ce que nous traversons actuellement intensifie ces interrogations.
Je souhaite donc apporter ici le témoignage de mon vécu auprès des éducateurs et des jeunes accueillis depuis le début de la crise sanitaire. Ce témoignage servira de base à une réflexion sur le sens même de notre travail mis à mal par la logique gestionnaire et qui, dans le contexte actuel, voit ce malaise s’accélérer et s’amplifier. Cela n’est pas sans rappeler ce qu’écrivaient Michel Lemay et Maurice Capul sur la fonction éducative de révélateur des malaises individuels et sociaux : « L’éducateur ne tarde pas à reconnaitre, au fil des années, que bien des manifestations problématiques, soit prennent leurs sources dans une déstructuration du tissu social, soit sont profondément aggravées par les conditions de vie. Il lui semble alors presque scandaleux de vouloir réadapter le sujet à une microculture qui sécrète le désordre » (3). Il me semble qu’au bout de ces années, nous arrivons aujourd’hui au paroxysme de ce scandale.

Position. Le service dans lequel je travaille, accueille depuis le confinement un petit groupe d’adolescents. Le conseil d’administration de notre association a décidé de diviser par deux notre capacité d’accueil maximale en raison de l’absence d’éducateurs titulaires et afin de limiter la propagation du virus. L’objectif était également de maintenir ce petit groupe plus à même de supporter le confinement, en privilégiant un noyau d’éducateurs volontaires et en limitant de fait, le recours à une multiplication d’intervenants différents.
Il s’agissait de réussir à articuler la clinique éducative en privilégiant la permanence de mêmes adultes avec les exigences sanitaires. Lors des premières semaines, deux éducateurs ont vécu 24h/24h avec un même groupe de gosses (presque) stable, pendant près de 20 jours puisque l’un d’entre eux était symptomatique. Chapeau les collègues !
Nos missions venaient donc d’être considérablement bouleversées. Ce n’étaient pas sans nous poser des questions bien que cela nous rassurait considérablement de pouvoir stabiliser un groupe. Quid cependant des gamins qui auront besoin d’être mis immédiatement à l’abri ? D’autant que nous nous doutions que le confinement allait faire exploser pas mal de familles déjà fragiles. Ainsi, nous entrions dans un paradoxe, tout au moins au niveau de la réflexion dans un premier temps, comment accueillir en urgence en période de confinement ?
De mon côté, je me suis retrouvé également en quarantaine après avoir développé des symptômes suite à l’accueil d’une gamine malade juste avant le confinement. Normal, les cadres, ça se planque ! La jeune, elle a été orientée dans un foyer le lendemain qui, parait-il, aurait fermé quelques jours après. Nos chères tutelles nous ont imposé cet accueil, sans autre aide que la nôtre ! Courage, tenons !
- Et les masques ?
- Vous en aviez prévu avant la razzia sur votre budget. Tant mieux parce nous n’avons pas la capacité de vous en fournir !

- Très bien, on y va alors. Mais il nous en faudra d’autres rapidement.
Effondrement. Lors de cette semaine précédant le confinement, une gamine agressée et un gamin agresseur se sont retrouvés accueillis au service. La fille l’a reconnu le premier soir de son accueil après avoir subi des violences sexuelles dans une cave. Le lendemain :
- Allo monsieur le chef de l’ASE, on réoriente le gamin, on garde la gamine et on fait un signalement. Pas question de les garder ensemble.
- Non, monsieur le chef de service, vous gardez le gamin puisqu’il a été en contact avec l’autre gamine contaminée.
- Hors de question, monsieur le chef de l’ASE. Les deux sont à protéger, c’est sûr ! Mais nous, on garde la gamine.
Dialogue de sourd.
- Pas possible, monsieur le chef de service, c’est une question de santé publique qui prime sur l’agression sexuelle.
Fracture. Ça, il faut l’encaisser ! Je reprends mon souffle et repart à la charge pour ne rien lâcher.
- Monsieur le chef de l’ASE, vous nous avez orientés hier un autre gamin qui a été en contact avec la victime et qui soi-disant revenait du sud de la France. En réalité, il revenait de Milan. Il trouvait que ça commençait à craindre là-bas. Vous étiez au courant ?
Fin de discussion. On garde la gamine.

Broyage. La protection de l’enfance est au bout du compte devenu un concept abstrait. Elle se réduit à héberger le tout-venant, puisqu’elle n’a pas les moyens de faire autrement. Et la volonté ? Le gamin a été réorienté mais il est revenu nous demander un masque, puisque monsieur le chef de l’ASE ne voulait pas le laisser rentrer dans ses locaux sans cet équipement. La gamine et notre fugueur de grand chemin ont fugué de notre service le jour même, dans la soirée. Insupportable ! « Les services placeurs sont des machines à broyer, mêmes les meilleures volontés » (4). Merci Éric Jacquot de nous le rappeler. Et nous finalement ? On n’est pas mieux ? Comment continuer ? Les gamins sont dans la nature. La Brigade de protection des mineurs est prévenue et donc ? Bah, nous, on se confine, les personnes se protègent mais c’est un peu tard ! L’ASE disparait, plus personne au téléphone et notre service sera par la suite estampillé Covid-19 !

(1) Jorge Volpi, La fin de la folie, 2003, Plon.
(2) Aide Sociale à l’Enfance.
(3) Miche Lemay, Maurice Capul, De l’éducation spécialisé, 2ème édition, 2002, Erès.
(4) Revue Lien Social, TERRAIN - Journal de bord - Brèves de comptoirs éducatifs non confinées, 21 avril 2020.

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19 juin 2020

🎥 Film - Filles de joie

Il devait sortir le 18 mars dernier. Filles de joie, de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich, sera finalement sur les écrans ce 22 juin, premier jour de réouverture des cinémas.

Trois femmes traversent chaque jour la frontière belge pour se prostituer, façon d’échapper à l’austérité française et aux petits boulots sous-payés. Leur corps en arme de survie. Objet ou arme ? Ce film, en posant le corps des femmes comme central, questionne les rapports femme-homme. Corps magnifié, corps fatigué, violenté, instrumentalisé, la caméra s’attarde, les illumine ou les éclaire crûment.

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© Versus production : Les Films du Poisson

Borderlines, entre force de vie et noirceur extrême, ces trois femmes, superbement incarnées par Sara Forestier, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne, mènent une double vie, passant du bordel belge – où la scénariste Anne Paulicevich s’est immergée pendant neuf mois – à leur quotidien de mères, d’épouses, de filles. « Je voulais depuis longtemps écrire sur l’héroïsme des femmes », livre la scènariste. Simulations d’orgasme, expériences sexuelles, fous rires, entre deux clients, les femmes entre elles se lâchent, forgent leur sororité, puissant bouclier contre la laideur du monde qui les entoure. « Oui, il y a de la joie en elles ! », assure le réalisateur Frédéric Fonteyne. La dureté du film pourrait nous en faire douter.

En retournant le stigmate qui voudrait les figer en victimes, elles font de leur corps - objet des hommes, réifié par leur désir sexuel, soumis par leur semblant de puissance masculine - une arme puissante. Les hommes n’ont pas le beau rôle, violents, bêtement mâles ou tristement éteints ; ils glissent au fil du film de sexe fort à sexe faible.


19 juin 2020

★ INITIATIVES - Collectif Confiné Solidaire

À l’origine, le batteur de Michael Jones, décide de lancer une suite d’accords sur ses réseaux sociaux et sa chaîne Youtube. Les artistes et musiciens du monde entier, débutants ou amateurs, sont invités à lui transmettre une vidéo dans laquelle ils sont chargés de composer sur le morceau de base. Pierre-Etienne Michelin s’occupe alors du montage et du mixage.

Depuis le 21 mars dernier, ce projet participatif qui a pris pour nom « Collectif Confiné Solidaire » a ainsi proposé cinq clips musicaux. Solidaire, parce que l’ensemble des droits d’auteurs et des bénéfices sont versés à des associations caritatives.

Collectif Confiné Solidaire – Le Clan des Confinés – Clip n°1 :

Collectif Confiné Solidaire – Le Clan des Confinés – Clip n°2 « Respire Encore »

Collectif Confiné Solidaire – Le Clan des Confinés – Clip n°3 « L’Été 2020 »

Collectif Confiné Solidaire – Le Clan des Confinés – Clip n°4 « Ça fait longtemps déjà »

Collectif Confiné Solidaire – Un Toit, Ça Ira… – Clip n°5 : « Un toit ça ira » :

Le “Collectif Confiné” souhaite désormais s’inscrire sur le long terme.

Pierre-Étienne Michelin a effectué un nouveau partenariat avec l’association “Enfants du Désert”, qui aide principalement les enfants du sud du Maroc à entrevoir un avenir meilleur. En agissant pour l’accès à l’éducation. Le Youtubeur français “Amixem” qui en est le parrain sera aussi celui de ce nouveau clip. Et la magie devrait encore opérer…

La sixième vidéo s’intitulera “Écris-Moisera publiée le 21 juin prochain


18 juin 2020

★ INITIATIVES - Evaluer les effets de la Covid sur les enfants

Un ensemble de chercheurs (1) lancent une grande recherche nationale sur la manière dont les enfants et les adolescents âgés de 9 à 16 ans ont vécu le confinement jusqu’au 11 mai et comment celui-ci a pu avoir des conséquences sur leur bien-être. Ilo s’agit d’évaluer leur état émotionnel et de résilience, ainsi qu’un éventuel Trouble de Stress Post Traumatique au cas où un proche a été hospitalisé des suites du Covid-19.
Nous analyserons pour cela leurs réponses au questionnaire ainsi que leurs dessins.
Les chercheurs lancent deux questionnaires à remplir en ligne : celui destiné aux parents prend moins de cinq minutes et celui proposé aux enfants moins de trente minutes. Le questionnaire porte sur la composition de votre foyer, votre environnement durant le confinement, ainsi que le ressenti de votre enfant durant cette période et sur l’impact du confinement sur le comportement et l’état d’esprit de votre enfant.
Toutes les réponses sont confidentielles et sont utilisées uniquement pour la recherche en santé publique. Elles ne sont nominatives et mettent en œuvre des procédures d’anonymisation prévenant tout risque de réidentification des parents (ou représentants légaux) et des enfants. Il ne sera pas possible pour les parents ou représentants légaux d’exercer leurs droits d’opposition au traitement des données ainsi transmises, ni d’exercer leurs droits d’accès, de rectification, d’effacement à ces données ou de limitation de leur traitement.

(1) hôpital Avicenne de Bobigny, Université Sorbonne Paris Nord, Santé Publique France, INSERM, Université de Tours, CN2R, EHESS, CNRS avec le soutien du Fonds FHF
https://www.psychotrauma.fr/confeado/repondant/


18 juin 2020

■ ACTU - Proches aidants • Epuisement post confinement

Les aidants craquent. Le collectif inter associatif des aidants familiaux, en collaboration avec l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) publie aujourd’hui une enquête sur les effets du confinement. Et ses constats sont alarmants : Si 67% de ces aidants étaient accompagnés avant le confinement, ce pourcentage tombe à 48% pendant le confinement laissant 52% des proches seuls avec leur parent âgé, handicapé ou malade.

Principale raison de cette solitude : la fermeture et la réduction du service intervenant. Certaines familles ont refusé l’intervention de professionnels : « Nous n’avions pas droit aux masques depuis le début du confinement », explique la mère d’une jeune adulte atteint d’une maladie neuro-évolutive. Mais 79% des aidants se sont retrouvés malgré eux dans un isolement contraint avec une intensification du soutien qu’ils apportaient déjà : « Le confinement a fait de moi : une femme de ménage, une infirmière, une secrétaire administrative, une éducatrice spécialisée et un punching-ball pour mon fils ! », explose une mère d’un enfant de moins de 20 ans atteint de troubles du spectre autistique.

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Enquête CIAAF/IRES-18juin2020

Résultat : au sortir de cette période, la plupart se disent à bout. « Aider ne devrait pas rimer avec épuiser, nous sommes totalement abandonnés, mon fils est un sans solution d’accompagnement, d’hébergement… Nous faisons tout le boulot de l’Etat sans salaire, je touche 1,50 euros par jour, c’est vulgaire… C’est inadmissible ! », s’emporte le père d’une jeune adulte porteur d’une déficience intellectuelle. Ils sont 89,3% des répondants, en grande majorité des femmes, à estimer que leurs problématiques ne sont pas bien prises en compte dans les politiques publiques. Un constat qui rejoint l’étude publiée en mai par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) qui relève que huit aidants d’une personne âgée sur dix indiquaient ne pas se sentir suffisamment aidés et considérés par les pouvoirs publics. Et cela bien avant le confinement.

Pas sûr que le lancement ce mois de juin d’un numéro vert (0800 360 360) pour les personnes en situation de handicap et les aidants dans le cadre de la crise sanitaire suffise à répondre aux besoins. Promettant simplicité, agilité, rapidité, proximité pour trouver des solutions d’accompagnement et des réponses aux besoins de répit, il devrait fonctionner dès le 22 juin dans la moitié des départements et d’ici l’été sur tout le territoire, en s’appuyant sur des équipes locales en lien avec les maisons départementales des personnes handicapées.

« Je suis épuisée moralement et physiquement, je sais que je ne sortirai pas indemne de cette période », avoue la mère d’un adulte ayant un polyhandicap. Parmi les répondants de l’enquête, plus de 38% cherchent depuis le déconfinement un séjour de vacances adaptées pour leur proche, 34% un accompagnement dans leurs démarches administratives, 35% un accueil temporaire avec hébergement, 40% des services adaptés ou un accompagnement professionnel à domicile. Enfin, près de 35% évoquent le besoin d’une écoute et d’un soutien moral.

Mais l’absence d’offre adaptée ou inaccessible vu le manque de place, l’importance du reste à charge financier, la lourdeur des démarches administratives sont citées comme des freins majeurs pour accéder à ces solutions. L’annulation de nombreux séjours adaptés suite à la publication des consignes sanitaires trop difficiles à mettre en place complique un peu plus la situation. Le collectif handicaps s’alarme de ces annulations en masse. Il appelle à un assouplissement des consignes pour permettre aux personnes en situation de handicap de partir en vacances et à leurs proches de souffler.
Le collectif inter associatif des aidants familiaux demande, entre autres, le versement d’une aide financière pour les aidants et la mise en place de séjours de répit.


17 juin 2020

★ INITIATIVES - L’intervention à domicile en période d’épidémie virale

Afin d’éviter d’être contaminés ou de contaminer à leur tour, Handéo met à la disposition des 250 000 aides à domicile mais également des personnes qu’elles accompagnent, un guide de "premiers secours" pour faciliter l’appropriation des gestes barrières et l’utilisation des équipements de protection individuelle dans un contexte d’urgence sanitaire. Un ensemble de conseils pratiques, pédagogiques et accessibles en vue de s’approprier les bons gestes face au virus. La présentation des recommandations décrites dans le guide s’appuie également sur des infographies.

VOIR LE GUIDE


17 juin 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Les travailleurs sociaux, plus que jamais indispensables face à la crise sociale qui s’annonce. Aidons les à défendre leurs professions !

Par Plume, assistante de service social en Centre d’hébergement.

Des enfants sélectionnés, triés par ordre de priorité
Pour retourner dans une école « confinée »
Où chaque action doit être pensée
Pour respecter les « gestes de sécurité »
Tandis que leurs camarades restent chez eux, calfeutrés.
A part Mr Blanquer,
Qui croit réellement que, dans cette pédagogie, il y a continuité ?

Des enfants ayant fait l’objet d’un placement,
N’ayant pas pu recevoir de visites de leurs parents
Pendant toute la durée du confinement
=Quelles conséquences sur le lien d’attachement ?
Les autres, restés au domicile parental,
Privés des visites des professionnels de l’enfance
Restés seuls, au domicile conjugal,
Confrontés à une explosion des violences
=Est-ce cela, la « protection de l’enfance » ?

Des enfants handicapés et leurs parents,
Après deux mois ensemble, confinés
En raison de la fermeture de leur établissement
Poussés à l’usure
Attendant le relais des professionnels
Qui ne peuvent leur proposer qu’un appui ponctuel
« Hors les murs »
Dans l’attente d’une « prochaine réouverture »...
Les poussera-t-on jusqu’à la rupture ?

Des jeunes qui voient l’année se terminer
Et leur diplôme, soudain bradé,
A coups de bricolages savamment orchestrés
= Car qui prétendra que ceux-ci auront une valeur ?
De qualification, il ne s’agira que d’un leurre !
Et, pour faire face à la précarité
Une prime de quelques centaines d’euros versée
=Merci au gouvernement pour sa charité !

Après deux mois de « perfusion » artificielle
De l’économie, grâce au chômage partiel
Des milliers de travailleurs
Vont venir rejoindre la liste des chômeurs
Quand les « premiers de cordée »
Verront leur santé sacrifiée
Et leurs droits démantelés
Au nom d’une économie à relancer
=Est-ce que, désormais, pour l’avenir,
Entre travail et santé, il nous faudra choisir ?

A la fin d’une trêve hivernale prolongée
Alors que la précarité va exploser
Avec, à la clef, un nombre croissant d’impayés de loyer
Va t on laisser des milliers de personnes, avec pour tout horizon
Les trottoirs de nos rues pour seule maison ?

Alors qu’au-delà de la crise sanitaire,
S’annonce une crise sociale sans précédent
Les travailleurs sociaux ont besoin de moyens supplémentaires
C’était sans compter sur le gouvernement
Qui répond « restrictions budgétaires »
= Pouvons nous accepter cela plus longtemps ?

Derrière les gestes « barrières »
Arrêtons de nous mettre des œillères
Les travailleurs sociaux sont en danger
Refusons de voir proliférer la misère
Soyons, les uns les autres, solidaires
Sauvons notre système de solidarité !

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