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9 avril 2020

✖ TRIBUNE - Le festival nantais T’CAP annulé, son esprit reste

Par Olivier Raballand du collectif T’CAP

Ce 4 avril 2020 est marqué par le symbole d’un événement annoncé qui n’a pas lieu : le festival T’Cap. Son principe ? Mettre en valeur les projets des acteurs du réseau autour du handicap. Celui-ci devient une ressource, un objet de rencontre et d’échange.
Nous - l’équipe du Collectif T’Cap - vous avions promis une belle journée sous le signe de la convivialité, de la diversité et du mieux vivre ensemble…
Nous vous attendions de pied ferme en présence des associations, collectivités et services de l’État membres du réseau !
À présent il fait 19° et le vent est /sud-est souffle doucement, idéal sous les nefs exposées à la domination des vents d’ouest. Les conditions climatiques étaient bien réunies, mais de réunion ça sera la seule…
Ce foutu Covid-19 qui a choisi de s’inviter en ce monde pourrait bien symboliser la manière dont nous étions rendus à le faire tourner…
Il se répand partout sur notre planète, la mondialisation et sa soi-disant régulation naturelle sonne un peu faux.
Il touche les plus vulnérables d’entre nous et bizarrement ce sont toujours les mêmes.
Il met à mal nos politiques publiques, certaines, un jour, s’étaient posé cette question : « La santé doit-elle être rentable ? », elle semblait également y avoir insidieusement répondu.
Il éprouve les modes de gouvernance de nos différents pays en mettant en exergue leurs dysfonctionnements : la manière de communiquer vers leur peuple, la tyrannie d’un pouvoir dissimulant la vérité, la technicité et la science comme La solution, la limite des réponses sanitaires du Tout privatisé… chaque peuple s’y retrouvera un peu, plus ou moins.
Le festival T’Cap avait comme slogan vaste, ambitieux et improbable : « Changer le monde  » et c’est pourtant ce qui se vivait à chaque édition tous les deux ans depuis 2008.
Momentanément, le monde change et pas vraiment comme nous le rêvions…
Certains en viennent se poser la question de la hiérarchie des vies au regard de moyens limités pour faire face à l’épidémie.
Sans surprise, dans ces temps incertains, les plus vulnérables partent les plus vite, et l’on pense de manière plus ou moins lointaine à cette théorie de Monsieur Charles Darwin…
Je forme l’espoir que l’on puisse s’interroger dans cette sortie de crise sanitaire sur des termes comme : « bien commun » , « intérêt général », « utilité sociale  ». Ces mots ne sont pas issus d’un groupuscule de personnes un peu « bisounours » mais forment une réalité de vie en société.
Je forme le vœu que l’expression «  État providence » se transforme dans les esprits non pas en argent public gaspillé, mais plutôt en conditions minimales pour assurer une solidarité nationale qui ne peut être conditionnée aux ressources financières de chacun.
À l’heure où ceux qui ont le plus d’argent négocient les masques de protection sur ces tarmacs transformés en drôles de marchés, je me dis qu’on est encore loin, très loin de tirer les conséquences de ce qui nous arrive !
Alors j’ai continué une activité entreprise depuis le début du confinement : fendre des bûches…


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8 avril 2020

★ INITIATIVES - La mobilisation ne faiblit pas

Par Delphine Brard, Association la « Vie active ».

La Vie Active est une association du Pas-de-Calais qui étend son action militante dans tous les champs d’intervention du secteur social et médico-social. Elle s’adresse aussi bien aux enfants, aux adultes, aux personnes âgées dépendantes, aux personnes atteintes d’un handicap qu’aux personnes en grande difficulté sociale.
Tous ces secteurs d’intervention se sont mobilisés face à la pandémie.

Pour éviter les syndromes de glissement des personnes fragiles au sein de ses Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), les personnels usent de plusieurs stratagèmes pour continuer à faire vivre la bonne humeur : Carnaval dans les couloirs, karaoké connecté dans toutes les chambres, chant et musique en bas des fenêtres…

La solidarité entre nos établissements est également à mettre en valeur : les personnels de nos établissements qui ont fermé viennent en renfort : les psychomotriciennes de nos Institut médico éducatif (IME) ; les éducatrices, les travailleurs en situation de handicap de nos Etablissement et service d’aide par le travail (ESAT) viennent en renfort dans nos EHPAD.

La solidarité des commerces est aussi remarquable : pains au chocolat, fleurs, tablettes sont offerts aux personnels et résidents de nos établissements
En parallèle, pour faire face à la pénurie de masques, notre ESAT coud des masques en tissu pour nos établissements.

Notre Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) continue à accueillir les personnes à la rue ou les famille en détresse (femmes victimes de violences conjugales par exemple).
Nos IME (instituts médico-éducatifs) continuent à faire cours à distance, et pour éviter une fracture numérique entre élèves, les cours ont été imprimés puis distribués aux familles.
Vous pouvez retrouver tous ces sujets sur le Facebook de notre association. La Vie Active - Humaniste et Fraternelle : https://www.facebook.com/associationlavieactive/


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8 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – Le 119 met un formulaire en ligne

Depuis le 2 avril 2020 il est possible de contacter les professionnels du 119 en passant par un formulaire dédié aux situations d’enfant en danger ou en risque de l’être.
Tu es un enfant, un adolescent et tu penses être victime de violences ou que l’un de tes camarades est en danger, tu peux appeler le 119 à tout moment (ton appel sera prioritaire), mais tu peux également nous écrire en utilisant le formulaire "besoin d’aide".
Vous êtes adulte, témoin, préoccupé par une situation d’enfant ou d’adolescent en difficultés... vous pouvez aussi nous écrire via ce formulaire.
Vous êtes un parent en difficultés avec vos enfants, vous avez besoin d’aide ... vous pouvez aussi nous écrire.
Attention, ce formulaire n’est pas destiné à gérer des situations de danger grave et immédiat sur un mineur. Pour toute situation urgente, il convient de contacter les services de première urgence : la police, la gendarmerie (17 ou 112), les pompiers (18 ou 112) ou le Samu (15).
https://www.allo119.gouv.fr/recueil-de-situation


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8 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Lettre d’une oubliée

Par Elodie, éducatrice spécialisée
Reçu le samedi 4 avril, 10h26

Je suis éducatrice spécialisée. Ce métier ne vous dit sûrement pas grand-chose car peu de personnes y sont confrontés. Si vous n’êtes pas un enfant placé, une personne handicapée, une femme violentée ou un SDF affamé, peu de chance de nous croiser...

A l’heure où la France s’est arrêtée, une minorité de gens continuent à travailler, le personnel soignant bien sûr mais aussi... des éducateurs spécialisés. La détresse sociale ne se met pas en pause durant l’épidémie, le confinement aggrave bien au contraire des situations déjà bien affaiblies.

Je vais vous partager un bout d’mon quotidien en toute sincérité et ainsi espérer sortir de la case des oubliés...

J’accompagne des enfants abandonnés, délaissés, maltraités, cabossés par une vie qu’ils n’ont pas choisie. A l’heure où on nous impose cette fameuse « distance sociale », vous allez voir que pour nous c’est juste une terrible injonction paradoxale...
Je suis...
A côté de toi, pour t’aider à franchir la porte de la classe,
Derrière toi, dans les gradins, pour t’aider à réussir cette dernière passe,
Devant toi, pour te protéger et attendre que l’orage passe,
Tout près de toi, pour t’aider à enlever cette carapace,
Loin de toi, pour admirer ton envolée, la grande classe !
Je suis...
Cette brise qui t’aide à souffler ta douzième bougie,
Ce vent qui te pousse à exprimer au juge ce que tu vis,
Cette tornade qui te fait sortir de ton lit,
Tantôt le méchant, tantôt le gentil...
Je te prête mes mots, quand je te sens bégayer,
Je te laisse mon épaule pour que tu puisses pleurer,
Je te tends la main pour t’éviter de glisser,
Je te prends dans mes bras quand tu es prêt à exploser...
Mon corps est mon seul outil de travail, mais il est en permanence attaqué. Malgré toi, tu essaies parfois de l’abimer, avec des griffures, des morsures, des coups de poings ou des coups de pieds...
Je n’ai pas d’arme pour me défendre quand je me sens attaquée, juste des mots et mes convictions pour t’aider à avancer... le métier d’éducateur est difficile à évaluer, tous ces actes ne rentrent pas dans des cases ni dans aucun rapport d’activité.
Mais moi ce qui me fais vibrer, c’est toute cette partie immergée, c’est tous ces moments impalpables qui ne sont pas comptabilisés, des fous rire en pagaille et des moments à jamais gravés... des émotions qui s’entrechoquent, on passe du rire aux larmes, l’adrénaline comme moteur et ma détermination comme seule arme.
Des liens tissés au fil de mois sont solidement ancrés. On s’est attaché, tu as tiré sur la corde mais on n’a pas lâché, on a résisté contre vents et marées. Tu nous as détestés, tu nous as insultés, tu as déversé toute la haine que tu as contre la société, mais on est resté là, on n’a pas bougé. Ça y est, le lien de confiance est créé, maintenant y’a plus qu’à dérouler...
L’arrivée au foyer t’a souvent fait pleurer, et au moment où tu commençais à te poser viens souvent l’heure de se séparer... J’ai l’espoir que les graines semées puissent prendre sens pour toi dans quelques années...
Partagez, faites tourner, et peut être que ce soir à 20 heures quand vous applaudirez, vous aurez une petite pensée pour nous, les oubliés...

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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7 avril 2020

• TERRAIN - Commentaire sur l’intervention de J.M. Blanquer

Jean Michel Blanquer réagit ici, tout comme le reste du gouvernement, comme un pompier incendiaire. La Circulaire du 22-3-2017 avait organisé le redéploiement progressif des Assistants de service social du second degré de l’Éducation nationale vers le premier degré des REP+. Résultat : les établissements ne relevant pas de l’éducation prioritaire ou d’un secteur rural défavorisé ainsi que les lycées généraux et technologies ont vu petit à petit disparaitre les professionnel(le)s en poste qui y avaient jusque-là tissé un lien fort avec les équipes pédagogiques et les élèves. L’action sociale s’y trouve morcelée, quand elle n’est pas carrément dilapidée.

Est-ce du cynisme ou une perte de mémoire de la part d’un ministre de l’Éducation nationale rendant hommage aux assistants de service social … qui ont été retirés de leur poste ? Comment ose-t-il parler d’une « connaissance des élèves » et du « suivi au jour du jour des situations les plus complexes » exercés par des intervenants qu’on a fait disparaître des établissements ?

C’est là, une fois de plus, le résultat d’une politique délibérée de réduction des dépenses sociales d’un État néo-libéral qui a préféré répartir l’existant, plutôt que de créer des postes répondant aux besoins. On en paie aujourd’hui les conséquences, comme dans beaucoup d’autres secteurs.

Revoir la vidéo de
✚ COMMUNIQUÉ – COVID-19 - Message du Ministre de l’Éducation nationale aux assistants de service social


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7 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Le quotidien confiné d’une famille d’accueil

Par Pat., assistante familiale.
Reçu le Dimanche 5 avril, 8h52

Je suis famille d’accueil embauchée par le Conseil départemental de Meurthe et Moselle, depuis plus de 12 ans. J’en suis à mon 4e accueil à présent. L’enfant que j’accueille depuis 7 ans à présent est assez caractérielle. Pour résumer la situation, elle présente des comportements parfois dérangeants mi ange, mi-démon ! Bien sûr, comme une majorité d’enfants placés depuis leur plus jeune âge, elle présente des troubles du syndrome abandonnique (comportement déroutant, troubles du sommeil etc…). Elle est suivie par une psychothérapeute. A force de patience, d’écoute et d’empathie souvent, on peut arriver à la canaliser. Je tiens à préciser qu’elle a bon fond et lorsqu’elle déborde, ensuite, après réflexion, elle vient me demander pardon et m’offre un petit présent (dessin) ou un mot d’excuses (que je garde précieusement évidemment !) Enfant vive et intelligente, elle réussit très bien à l’école, parce qu’elle est volontaire et se bat pour y arriver.

Ainsi, en ces temps de confinement, il nous a fallu réadapter le programme de la journée.
Les jours d’école (normalement), on travaille sur les devoirs reçus par email (envoyés par sa maîtresse), 1 h le matin, puis 1h l’après-midi. Avec mon mari, on s’est improvisé professeurs : lui pour les maths, et l’anglais ; moi pour le reste (français, histoire-géographie, sciences, arts plastiques). Et on s’est ainsi partagé la journée :lui le matin, moi l’après-midi. Entre temps, on coupe la journée avec une promenade en forêt (située juste au-dessus de la maison), un jeu de société l’après-midi, du jardinage ou encore une petite séance de gymnastique de yoga ou étirements (présentée sur youtube), le tout agrémenté de lectures.
Les jours de repos (mercredi et week-end) sont réservés aux activités manuelles ou à la cuisine. Ainsi, la fillette nous a déjà confectionné (non sans fierté) une fois une mousse chocolat, une autre un pudding vanille et ce week-end un roulé à la confiture de fraises. A chaque fois, je l’ai valorisée en prenant une photo afin de l’envoyer à maman. En ce qui concerne les visites parentales, cela fait deux mois qu’elle n’a pas vu maman. Mais on s’appelle en visio par « snap chat », afin de compenser ce manque. On en a fait de même pour qu’elle voie sa maîtresse qui lui manque aussi.

Cet enfant souffre d’un asthme sévère. Par conséquent, elle fait partie des sujets à risque, ainsi lorsqu’on sort dans le village, elle doit porter un masque. On a dû suspendre les jeux avec son petit frère placé dans une autre famille d’accueil du village. Elle l’a bien compris, même si c’est difficile pour elle.

Pour échapper à la routine, on lui a autorisé un jour et une nuit à camper à l’intérieur de la maison. Ça changeait de l’ordinaire et elle en était ravie ! Hier, on a organisé une petite promenade (moi à pied, elle sur le vélo) dans un rayon d’un kilomètre autour de la maison, munies d’une attestation de sortie bien sûr ! Tout est bon pour « casser » la routine. Elle a droit à une heure de télévision et une heure d’ordinateur ou de portable par jour. Mais, elle a hâte de retrouver les copains-copines d’école et sa maîtresse ! Voilà notre quotidien en ce moment.

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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7 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – COVID-19 - Message du Ministre de l’Éducation nationale aux assistants de service social

Un message du Ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, aux assistants de service social durant la période de confinement.


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7 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – La crise sanitaire met en évidence les inégalités dont sont victimes les personnes en situation de handicap

Le 7 avril c’était la journée mondiale de la santé
Communiqué du lundi 6 avril 2020

En cette période de crise sanitaire, la Journée mondiale de la santé prend une résonnance toute particulière. Pour APF France handicap, cette crise démontre l’engagement des professionnels de santé et du médico-social, notamment. Mais elle met aussi en évidence de manière plus marquée les lacunes de notre système : le manque de moyens des secteurs sanitaire et médico-social, l’absence de réel accès aux soins pour toutes et tous et les inégalités dont sont trop souvent victimes les personnes en situation de handicap.

En effet, les personnes en situation de handicap font partie des grandes oubliées de la société.

Dès aujourd’hui, APF France handicap demande que toutes les dispositions soient effectivement prises sur les territoires pour assurer la protection et la santé des personnes en situation de handicap, de leurs proches et des professionnels, à domicile et en établissement.

Et dès l’après-crise, l’association demande aux pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour donner à l’ensemble des citoyennes et des citoyens les moyens de se soigner et aux professionnels les moyens de soigner dans le respect de la dignité de chacun. Parce que le droit à la santé est un droit humain fondamental et que la santé n’a pas de prix.

Dès le 17 mars 2020, Catalina Devandas, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées soulignait dans un communiqué : « Les personnes handicapées ont le sentiment d’avoir été laissées pour compte. Les mesures de confinement, telles que l’éloignement social et l’auto-isolement, peuvent être impossibles pour ceux qui comptent sur le soutien des autres pour manger, s’habiller et se laver. (…) Les États doivent prendre des mesures de protection sociale supplémentaires pour garantir la continuité du soutien de manière sûre tout au long de la crise. »

Depuis, le gouvernement a mis en place un certain nombre de dispositifs mais ils restent notoirement insuffisants.

En effet, la crise exacerbe les inégalités en santé dont sont victimes les personnes en situation de handicap et leurs proches.

D’abord leurs capacités d’adaptation au confinement peuvent être limitées : quand on est dépendant, que l’on a des difficultés de compréhension, tout devient compliqué que ce soit pour accomplir les gestes de la vie quotidienne, mettre en œuvre les gestes barrières, faire ses courses, respecter les règles de déplacements.

En outre, un certain nombre de personnes en situation de handicap auront des conséquences somatiques ou psychologiques plus importantes. La déprogrammation des soins chroniques à l’hôpital ou à domicile (ex. : kinés), la difficulté à prendre soin de soi, le renoncement aux soins par peur de la contagion, l’angoisse de ne pas bénéficier des mêmes soins que les autres en période de pénurie vont avoir un impact sur l‘état de santé globale des personnes (par exemple dénutrition, douleur aggravée, perte d’autonomie) et de leurs aidants. Cela peut entraîner une vraie perte de chances en termes de qualité de vie future.

La crise met encore plus en lumière le morcellement des parcours de santé.

En effet, la contribution du médico-social aux parcours de santé des personnes en situation de handicap reste largement sous-estimée. Preuve en est : la difficulté à obtenir des équipements de protection individuelle pour ses acteurs dans les mêmes conditions que pour les professionnels du sanitaire.

De plus, les soins en proximité physique ne sont pas l’apanage des seuls professionnels de santé, mais également des aidants familiaux, des auxiliaires de vie, de certains éducateurs selon le type de handicap des personnes auprès desquelles ils interviennent.

Cette crise révèle également la limite de la stratégie de mise en œuvre du virage ambulatoire sans allouer les moyens financiers et organisationnels nécessaires pour l’accompagnement au domicile (maintien des soins à domicile, aides humaines…). Cela conduit de fait à précariser les plus dépendants.

Plus globalement, la crise montre enfin la dépendance aux stratégies économiques des industriels de santé en matière de médicaments, produits de santé…

APF France handicap demande donc une réelle prise en compte des personnes en situation de handicap, de leurs proches et des professionnels qui les accompagnent. Elle appelle dès à présent à prendre en compte les conséquences somatiques et psychologiques de cette crise sans précédent dans la stratégie de déconfinement à venir.

Comme le stipule l’article 11 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées : « Les États Parties prennent, conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international, notamment le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, toutes mesures nécessaires pour assurer la protection et la sûreté des personnes handicapées dans les situations de risque, y compris les conflits armés, les crises humanitaires et les catastrophes naturelles.  »

En outre l’association demande que les pouvoirs publics se saisissent de la question de la santé comme un investissement et non un coût : la santé n’a pas de prix !

Ainsi, une des cibles de l’Objectif de Développement Durable (ODD) numéro 3 de l’Agenda 2030 de l’ONU est de « faire en sorte que chacun bénéficie d’une couverture sanitaire universelle comprenant une protection contre les risques financiers et donnant accès à des services de santé essentiels de qualité et à des médicaments et vaccins essentiels sûrs, efficaces, de qualité et d’un coût abordable. »


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7 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – COVID-19 - Le point de situation du 6 avril sur l’épidémie de coronavirus en France par Olivier Véran, ministre de la Santé.

Le 6 avril, Olivier Véran a annoncé une vaste opération de dépistage dans les Ehpad ; auprès des "publics vulnérables", dont les personnes en situation de handicap ainsi que des professionnels qui les accompagnent en établissements comme à domicile.


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6 avril 2020

★ INITIATIVES - L’entretien par téléphone

Que la relation directe nous manque !
Identifier les communications non verbales, détecter le degré de compréhension, les réticences, les émotions, moduler nos propos en fonction de l’interaction visuelle. C’est notre travail au quotidien. Et puis, nous voilà réduits à n’user que du son … sans l’image !
La Fondation Rais, située en Espagne, travaille avec les personnes en souffrance psychique. Elle a conçu un guide des relations par téléphone respectueuse de la personne accompagnée. L’équipe de l’association Logement d’Abord de Lyon l’a traduit et légèrement adapté.
Un outil précieux nous permettant de nous adapter à ce moyen de communication banal mais si peu prisé jusque-là !
Le site de l’ANAS le diffuse : qu’il en soit remercié
https://www.anas.fr/Recommandations-pour-l-accompagnement-par-telephone-dans-les-services-de-logement-accompagne-pendant-la-periode-de_a1575.html


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