L’Actualité de Lien Social RSS


3 avril 2020

★ INITIATIVES - Les jeunes du foyer Salengro s’expriment en direct

Si les médias papier ont du mal à continuer leur diffusion (Lien Social en premier), il n’en va pas de même de l’audio-visuel. Radio Larsen a pris l’initiative d’une émission donnant la parole aux jeunes placés à la maison d’enfants de Salengro, située à Lille.
Alors que les professionnels ont pu s’exprimer, voilà une occasion unique d’entendre les ressentis, vécus, attentes de ces enfants face à cette « drôle » d’actualité.
«  Compliqué de ne pas voir notre famille et nos copains », explique Christopher.
« Les éduc’ sont un plus sévères que d’habitude  », complète Chloë.
« On est six à la maison, je préfère rester ici  », rajoute Sylvia.
Plus grande participation au fonctionnement du foyer (ménage, cuisine …), le nécessaire partage des consoles de jeux, la présence d’adultes de la réserve sanitaire venant en renfort des travailleurs sociaux …
A retrouver sur : https://radioscarpesensee.com/emissions-jeunesse/radio-larsen/


LIEN SOCIAL n°1270 en accès libre


3 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ - COVID-19 : Ouverture de la plateforme solidaires-handicaps.fr

Communiqué du 31 mars 2020 du CNPH ; ANCREAI, secrétariat général du Comité interministériel du handicap

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Où chercher assistance et accompagnement lorsque l’on est en situation de handicap ? Où trouver des ressources lorsque l’on aide un proche handicapé ? Vers qui peuvent se tourner les professionnels qui souhaitent s’engager auprès des publics concernés par les handicaps ? Ce sont les missions de la nouvelle plateforme solidaires-handicaps.fr lancée lundi 30 mars 2020.

La plateforme en ligne solidaires-handicaps.fr, lancée aujourd’hui, facilite la mise en relation entre les personnes handicapées, leurs aidants, les professionnels et les dispositifs d’accompagnement et d’appui qui leur sont destinés. Une initiative du Conseil national consultatif des personnes handicapées et de la Fédération des Centres Régionaux d’Études d’Actions et d’Informations (ANCREAI), sous l’égide du Secrétariat d’Etat chargé des Personnes handicapées et avec l’appui du Secrétariat général du Comité interministériel du handicap (SG CIH).
Face à la crise sanitaire sans précédent que traverse la Nation, de nombreuses initiatives et dispositifs solidaires, privés, associatifs, publics, émergent sur les territoires. Nombre d’entre eux concernent les personnes en situation de handicap, leurs aidants et leurs soignants, perpétuant une solidarité forte qui marque ce champ depuis de nombreuses décennies. Ces initiatives viennent en soutien de l’action des professionnels des structures sociales et médico-sociales déjà en première ligne depuis le début de la crise.
La plateforme solidaires-handicaps.fr, en recensant l’ensemble de ces initiatives sur les territoires, et en facilitant leur mise en relation avec les publics, permettra :
• aux personnes en situation de handicap, à leurs aidants et aux professionnels, de trouver des solutions à proximité de chez eux. Par exemple : Je suis seul(e) avec mon proche en situation de handicap, j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à faire mes courses, aller chercher mes médicaments à la pharmacie.
• aux structures et organismes de proposer leurs services. Par exemple : fournir aux aidants un coaching à distance pour les aider à gérer la période de confinement avec leur proche en situation de handicap.
• aux volontaires de proposer une aide bénévole (ouverture prochaine de cette fonctionnalité). Par exemple : je suis psychologue, je veux apporter mon aide à distance.

Vous ne trouvez pas immédiatement de réponse à votre demande ? Un système d’alerte vous prévient en temps réel lorsqu’une solution peut vous être apportée.
L’utilisation de la plateforme est accessible et gratuite. Elle possède également d’une base de ressources avec de la documentation, des tutos, les numéros utiles.
Elle est destinée à s’enrichir au fil de l’eau de toutes les initiatives déclarées. Pour référencer une initiative de solidarité, il suffit de remplir le formulaire suivant : https://www.solidaires-handicaps.fr/action/new/perimetre


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3 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Ne pas oublier le travail des familles d’accueil

Par l’Association « Ass Fam 17, ensemble ! ».
Mercredi 1er avril « 16h22 »

La France vit en confinement depuis plus de 15 jours.
Nous sommes Assistants Familiaux comme 40 000 autres collègues en France et nous accueillons la moitié des jeunes placés à l’Aide Sociale à l’Enfance.
Pour permettre à ces jeunes de vivre et de s’inscrire ou de se réinscrire dans la vie sociale, l’Assistant Familial doit etre un tuteur solide, capable de supporter les problématiques que l’enfant ou l’adolescent emporte avec lui et apporter une base sécure et enrichissante, appropriée à l’ensemble de ses besoins et indispensable à sa construction.
Nous accompagnons, soutenons, éduquons des enfants « écorchés », « abimés » par la vie.
En Charente Maritime, nous sommes aujourd’hui environ cinq cent Familles d’Accueil (FA) à prendre en charge des jeunes de 0 à 21 ans, confiés au Département majoritairement par le Juge des Enfants.
Et, nous aussi, nous sommes en confinement ... Tous ces jeunes sont avec nous (entre un et quatre jeunes suivants les FA) et nous les accompagnons 24h/24 et 7jrs/7, comme tout au long de l’année. A la différence que pendant la durée du confinement, nous n’avons pas le moindre répit, plus la possibilité de prendre un congé sur nos 35 jours annuels, plus de WE « repos », plus de moments intimes avec nos propres enfants et nos conjoints.
Nous constatons que bien qu’étant des soignants, à part entière, des maux de personnes fragiles, on ne parle quasiment ni des Familles d’Accueil, ni des enfants pris en charge même si on commence à apercevoir quelques articles concernant les Maisons d’Enfants à Caractère Social ou les Foyers.
Notre métier est complexe et méconnu. En ce temps de confinement, il est oublié.
Ces jeunes portent avec eux leur "sac à dos" de souffrance, d’histoire familiale difficile, violente et parfois ont des handicaps, développant des troubles de l’attachement, de la personnalité (violence, agressivité), troubles de l’apprentissage. Mais le soin, dont ils ont tant besoin est aussi « suspendu » à cause du confinement. Ils n’ont plus leur rendez vous en hôpital de jour, leurs ateliers et leurs prises en charge dans les Centres d’Action Médico Sociale Précoce ou les Centres Medico Psychologiques sont annulées ou éventuellement « remplacées » par des entretiens par téléphone , ce qui n’est pas adapté à un nombre important d’enfants.
Actuellement, ces jeunes, tout comme nous, ne peuvent plus sortir : leur école, leur IME ou leur ITEP sont fermés.
Alors que nous faisons de notre mieux et allons continuer à faire de notre mieux afin de les accompagner à grandir, à accepter, comprendre et décrypter ce difficile moment. Nous avons dû rajouter à toutes nos casquettes portées jusque-là au quotidien, celle d’instit, de prof, en l’absence d’un cadre scolaire qui est le plus souvent indispensable pour un grand nombre de nos jeunes accueillis.
Nous recevons les émotions diverses et variées de ces jeunes et nous devons les aider à les gérer bien entendu. Ensuite, il nous faut pouvoir les travailler, les évacuer.
Nous, assistants familiaux, devons « assurer », être forts pour eux, pour éviter qu’ils aillent encore plus mal, pour accompagner leur mal-être qui va s’amplifier avec le temps : ils ne voient plus leurs familles, ne rencontrent plus leurs pairs, ne sortent plus.
Tout comme nous... nous ne sortons plus, nous ne voyons plus ni amis, ni collègues, ni nos familles élargies, nous travaillons sans relâche, sans répit, mais nous sommes là pour les enfants accueillis.
Notre Direction a mis en place des accueils téléphoniques, nous adressent des mails, la majorité des référentes sont joignables et disponibles et ça c’est important, car ce temps de confinement va être long.
Nous ne lâcherons pas, car il n’est pas question de laisser ces enfants et adolescents qui ont besoin de nous. Mais, certains moments vont être difficiles, conflictuels, dans la gestion de crise, dans la gestion de certains handicaps tel que l’Autisme ...
Nous, Assistants Familiaux, sommes des êtres humains et la fatigue psychologique et physique va s’installer au fil des semaines de confinement, mais toujours présents au travail.
Après le confinement, notre métier riche de pleins de petits Bonheurs, mais si complexe, va avoir besoin de bienveillance et de reconnaissance au vu de ce que nous aurons traversé.
Reconnaissance en permettant aux Assistants Familiaux qui le souhaitent de prendre des congés, en convainquant nos élus de nous accorder une prime. Et même, obtenir des temps de repos supplémentaires pour récupérer toute l’énergie que nous déployons.
Bienveillance, mot clé de notre association de Familles d’Accueil qui questionne : une fois le confinement fini, les Assistants Familiaux et leurs familles auront, chacune et chacun besoin d’être écoutés, entendus, compris dans ce qu’ils auront traversé.

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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2 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Brèves de comptoir éducatives non confinées

Par Éric Jacquot, Directeur de lieu de vie et d’accueil.
Mardi 31 mars, 12h23

Pendant la crise du coronavirus et aussi avant, les éducateurs sont absents du discours politique et médiatique, ils n’existent pas, ils sont les invisibles d’un système. Ils sont pourtant au front sans masque, ni gel, un peu comme sur le toit de Tchernobyl sans protection. Ce sont les anonymes d’une société particulière fournisseur officiel de gilets jaunes.

Attention les ultras riches, il ne va pas falloir vous contenter de réparer la toiture de Notre Dame. Je ne suis pas certain que cela va suffire.

Il faudra faire les comptes après, on ne va pas pouvoir laisser passer ça.

N’y a-t-il que les paniques collectives pour redonner aux gens, un peu d’humanité ?

La veille sanitaire des bureaucrates, c’est les 35 h à la maison sur un minitel dédié en signant le formulaire A45-b2 w516 alinéa 3 du décret du 11 septembre 2001 ?

Vu le nombre d’appels, de SMS, de mails que j’ai en cette période de crise, je sais maintenant que je ne pourrai jamais être standardiste.

Bon en même temps, je fais l’éducateur avec trois enfants placés chez moi en confinement total. Je fait les courses, je suis aussi directeur, homme de ménage, veilleur de nuit, maitresse de maison, cuisinier et l’éducation nationale qui d’habitude s’empresse de foutre les gamins dont on s’occupe à la porte de leurs établissements m’inonde de mails pour les faire travailler à la maison. J’ai dû rater un épisode !

Le moment exceptionnel, c’est une seconde et après une autre.

Bas les masques où sont les masques ?

Dans une situation quand cela va trop bien, trop vite, il faut déjà se préparer au pire avant d’ouvrir le champagne.
L’origine de la maltraitance se cache souvent derrière un tableau Excel qui ignore son pouvoir de nuisance.

Il ne suffit pas de croire, encore faut-il se donner les moyens de ne pas trop y croire.
On peut décider de tout et n’arriver à rien.

Entre les effets d’annonces et la réalité, il y a nous.

Question à trois points : Quelle différence y a-t-il entre un scientifique et un technocrate ?

L’absence de masque contribue à la diffusion de la parole.

En période de COVID 19, l’abnégation est la reine des vertus mais enfin pas pour tout le monde.

La réalité, le moindre geste, la moindre des choses ne supportent pas le confinement dans un tableau Excel.

L’urgence ne se traite pas à coup de protocoles, de recommandations de sociétés de savants. Ceux qui parlent du front feraient bien d’y aller et y mètrent les mains mais pas que dans un hôpital militaire encore vide avec un masque dernière génération.

Les chiffres ne reflètent jamais une réalité, les mots sont beaucoup plus précis.

J’ai parlé à la N-1 du dircab du dispositif résilience 23HBD. Elle va convoquer le DRH dans ces prochains jours afin de définir un protocole pour évaluer un dispositif rapide de sauvetage du TITANIC.

Hier, j’ai trouvé une bouteille à la mer avec un message à l’intérieur « ici le capitaine NEMO, vous en êtes où pour la livraison des masques ? ».

Le changement c’est pour demain. Circulaire AK47COVID19, contact : demain-on- rase gratis@changer de gouv.org

Mes deux chatons apprécient cette histoire de confinement avec trois enfants de plus à la maison, c’est trois fois plus de câlins.

Le confinement est bon pour la clinique.

Aujourd’hui je leur ai fait écouter ARNO « Dans les yeux de ma mère » et après on a bossé sur le texte. Passé l’étonnement, sont venus les commentaires et les questions. On a fait la classe de la vie !

Le confinement apporte des choses concrètes sur notre façon d’être au monde.

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2 avril 2020

✖ TRIBUNE - Des jeunes réservés

Le 24 mars, la secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé a lancé un appel aux étudiants en travail social volontaires pour constituer une « réserve sociale ». En réaction, un Comité de mobilisation publie une tribune.

Lire la tribune


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2 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ - COVID-19 : versement des prestations sociales le 4 avril 2020

Face à la crise épidémique, le Gouvernement a fait du maintien de la solidarité nationale une priorité. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics et Christelle Dubos, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, ont travaillé de concert avec les caisses nationales de sécurité sociale - la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (MSA), l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) – la Banque de France, la Fédération bancaire française et les acteurs bancaires concernés afin que les personnes les plus précaires continuent de percevoir les aides auxquelles elles ont droit et d’exécuter les opérations bancaires dont elles ont besoin dans les meilleures conditions.

Le Gouvernement a décidé le versement anticipé par les CAF et caisses de MSA des prestations sociales qu’elles gèrent, afin qu’elles soient disponibles sur le compte bancaire de tous les allocataires concernés dès le 4 avril 2020. Cette décision s’applique à l’ensemble des allocations et prestations versées par ces organismes : minima sociaux (RSA, allocation adulte handicapé, …), prime d’activité, aides personnelles au logement, allocations familiales.

Les personnes bénéficiant de ces aides et souhaitant retirer de l’argent liquide, pourront dès samedi le faire soit auprès des distributeurs automatiques de billets au moyen de leur carte de retrait, soit, à défaut, en se rendant dans leur agence bancaire. Compte tenu de l’épidémie de Covid 19, et afin de permettre de respecter les gestes barrières, les autorités recommandent chaque fois que cela est possible de retirer les sommes versées dans les distributeurs de billets plutôt qu’en agence.

Les allocataires ont été informés par les CAF et caisses de MSA de ce versement précoce depuis dimanche 29 mars.

Le Gouvernement a par ailleurs réuni l’ensemble des acteurs bancaires comptant dans leurs clients des bénéficiaires des minima sociaux, et leur a demandé de prendre les mesures nécessaires pour accueillir dans de bonnes conditions les personnes qui auront besoin d’exécuter des opérations bancaires en agence.

Les établissements bancaires ont ainsi veillé :

A l’approvisionnement en liquidités suffisantes pour répondre à la demande de retrait et à l’augmentation exceptionnelle des plafonds de retraits si nécessaire.

Aux mesures de protection des publics accueillis et des agents, en lien avec les préfectures.

A la bonne information de leurs clients quant aux moyens d’exécuter leurs opérations bancaires, en leur notifiant par exemple les agences les plus proches restées ouvertes pendant la période.

Les ministres saluent l’engagement et la mobilisation des groupes bancaires et tiennent à remercier l’ensemble des personnels mobilisés, au sein des banques, des CAF, des caisses de MSA et de l’ACOSS, afin de permettre le bon versement des prestations sociales à nos concitoyens les plus fragiles.

le Gouvernement rappelle que le versement des minima sociaux par les CAF et MSA sera assuré et que la continuité des droits sera garantie. Les allocataires qui doivent faire maintenant ou prochainement une déclaration trimestrielle de ressources sont encouragés à la faire par internet. Cependant, toute personne dans l’incapacité de renouveler sa déclaration trimestrielle auprès des services des CAF verra le versement de ces aides sociales auxquelles elle avait droit jusqu’alors automatiquement renouvelé.

En France en 2018, les minima sociaux représentaient 4,25 millions d’allocations versées. 7 millions de personnes sont ainsi couvertes par les minima sociaux.


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2 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Les carences des départements

Par F. C. Educatrice Spécialisée dans un Foyer départemental de l’enfance.
Reçu le lundi 30 mars 8h08
Nous sommes éducatrices, éducateurs, maitresses de maison et veilleurs de nuit dans un foyer de l’enfance. Structure du département, le département chef de file de la protection de l’enfance, et nous sommes là.
Dès les premières annonces, fermeture des écoles, fermeture des restaurants, annonce du confinement, les rangs se sont éclaircis : il y a ceux qui ont été obligés de rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants, ceux qui ont été obligés de se confiner aux premiers symptômes suspects, et ceux qui se sont mis en télétravail.
Et nous sommes restés là, à réorganiser dans l’urgence nos planning pour assurer une continuité de service de manière à demeurer au service du service. Travail le week-end, allongement des amplitudes horaires, petit à petit, nous nous sommes retrouvés là où nous ne devrions pas être. En cuisine ou en course pour assurer nos subsistances et nourrir les enfants, dans la lingerie pour entretenir le linge, serpillère en main pour désinfecter les locaux, dans les hôtels à servir des repas pour toute la population se déclarant mineurs non accompagnés en cours d’évaluation, ou à effectuer des contrôles de température. La liste est longue, ce sont tous ces moments qui jalonnent la vie quotidienne.
Les premiers symptômes apparaissent chez les enfants, symptômes réels ou imaginaires, et nous sommes là à essayer de prendre du recul, agir de manière à les protéger et à prendre en compte leur besoin. Faute de moyen et de professionnels, nous sommes en situation d’évaluer ces symptômes !
Nous sommes en crise sanitaire, « en guerre » pour reprendre les mots du président Macron, et nous n’avons qu’une seule infirmière, aucun médecin et ceci pour pas moins de 200 mineurs accueillis dans cet établissement. Très rapidement, nous faisons remonter nos besoins : nous avons besoin d’aide médicale pour prendre en charge ces mineurs et d’une aide psychologique que nous n’avons plus ceci pour évaluer leur état physique et psychique ! C’est une crise ! Et elle est sanitaire !
Nous avons besoin de personnel qui prenne le relais sur l’intendance de ces maisons : entretien des locaux, entretien du linge, confection des repas, approvisionnement. Les éducateurs se retrouvent en ces lieux et places, alors que leur place devrait être de s’occuper des enfants, et uniquement de cela. Faire les devoirs, jouer avec eux, les rassurer, tout faire pour que leur vie en soit au minimum impacté.
Les protocoles tombent, les notes de services aussi, mais pas les moyens.
En l’absence de moyens réels de protection, on nous demande de respecter les mesures barrières. Nous voilà à rire du burlesque de la situation : servir une assiette à 1m de distance, s’asseoir à côté d’un enfant qui fait ses devoirs pour l’aider est évidement à proscrire.
Nous ne rions pas longtemps : contenir, consoler, partager, nos gestes du quotidien sont devenus source de danger, pour nous mais aussi pour eux.
Comment faire sans ? Comment faire avec ?
Autour de nous, le secteur privé s’adapte : des entreprises fournissent leurs moyens de protection au personnel médical ou d’autres exposés, d’autres les fabriquent. Les entreprises se mettent au service du public cet de cette crise.
Et nous, nous ne voyons rien arriver....
Nous sommes en guerre, il faut redéployer les troupes Mesdames, Messieurs les représentants du département : 2400 agents au sein de notre collectivité, et on nous oublie ! Qui pour nous aider à confectionner des repas ? Qui pour nous aider pour entretenir les locaux ? Qui pour nous aider à contenir ces enfants ? Qui pour nous aider à prendre soin d’eux ! Qui pour nous aider tout court ?
Il y a 2400 agents au sein de la collectivité !
Le département, chef de file de la protection de l’enfance, ne protège plus ses enfants ni ses agents d’ailleurs.

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1er avril 2020

★ INITIATIVES - Quand Lison chante contre la pandémie

Que fait-on quand on est éducateur spécialisé confiné chez soi ? Thomas Robert travaille en Belgique dans un établissement pour enfants porteurs de handicap. Dans son Institut médico professionnel, il animait des ateliers musicaux. Sa fille âgée de 7 ans lui a demandé d’écrire une chanson pour lutter contre le virus. Son père l’a aidée à en créer une. Il lui a proposé de la chanter. Il l’a ensuite mis en ligne sur les réseaux sociaux. A défaut de devenir le tube des cours d’école, fera-t-il le buzz dans les chambres d’enfants ? Un peu de douceur dans un monde brutalisé par ce connardevirus.


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1er avril 2020

■ ACTU - COVID-19 : maintenir l’aide alimentaire face à la crise épidémique

Communiqué de Christelle DUBOS, secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, du 31 mars 2020.
Face à une situation sanitaire exceptionnelle, le Gouvernement est entièrement mobilisé pour qu’à la crise épidémique ne s’ajoutent pas des drames sociaux. A la demande du Président de la république et en coordination avec les associations de lutte contre la précarité, le ministère des Solidarités et de la Santé met en œuvre les mesures nécessaires pour que la Solidarité nationale continue de protéger nos concitoyens les plus vulnérables.

En France l’aide alimentaire vient aider 5,5 millions de personnes, nombreuses à y avoir recours de manière quotidienne. Le maintien de l’aide alimentaire est une priorité pour nos concitoyens les plus précaires face à la crise épidémique.

« État, associations, collectivités, citoyens – nous devons collectivement nous mobiliser pour maintenir le secours porté aux plus démunis de nos concitoyens. L’aide alimentaire doit s’adapter à une situation rendue complexe par l’épidémie, tant pour les associations que pour les personnes qui y ont recours. Mais nous n’avons pas d’autre choix car il nous faut la maintenir à tout prix.  »
Christelle Dubos, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé

C’est pourquoi les décisions suivantes ont été prises :

• Les préfets, avec l’appui des commissaires à la lutte contre la pauvreté, sont chargés de coordonner la poursuite des activités de distribution alimentaire avec les collectivités locales - en particuliers les services sociaux des Mairies (centre communaux d’action sociale), les agences régionales de santé, les associations et acteurs privés (grande distribution, agro-alimentaire, agriculteurs) pouvant apporter leur concours.
• Les dons et la collecte de denrées alimentaires sont élargis à titre exceptionnel à toutes les associations et non plus aux seules associations habilitées au titre de l’aide alimentaire. Les contrôles seront levés tant que durera l’épidémie.
• L’État se charge de coordonner au niveau national et au niveau déconcentré la mise à disposition des stocks proposés par une série de nouveaux donateurs : CROUS, restaurateurs, industriels, cuisines centrales, … Les moyens habituellement mobilisés par l’Etat via le FEAD et les crédits pour les épiceries sociales sont évidemment maintenus pendant la crise (30% des volumes de l’aide alimentaire).
• L’ensemble des structures mobilisées devront veiller au respect strict des consignes sanitaires et de sécurité, pour protéger autant les bénéficiaires que les bénévoles et le personnel. Les modalités de distribution pourront à ce titre être adaptées, notamment en allongeant les créneaux d’ouverture, en utilisant dans la mesure du possible des locaux plus grands et en prévoyant la préparation à l’avance de colis pour diminuer le temps de présence sur place. Les actions de distribution bénéficieront de dérogations aux mesures de restriction à la circulation.
• Pour soutenir l’activité des associations et des structures d’aide alimentaire, le Gouvernement et les associations ont appelé à la mobilisation bénévole des Français. Sur jeveuxaider.gouv.fr, toute personne qui souhaite se porter volontaire pour intégrer la réserve civique et participer aux distributions d’aide alimentaire proche de chez elle. La mobilisation de la réserve sociale à travers les étudiants en travail social volontaires viendra également soutenir l’activité des associations et des structures sociales.
• Les dispositifs de soutien à l’activité des entreprises mises en place de façon exceptionnelle par le Gouvernement seront aussi ouverts aux associations et notamment aux associations d’aide alimentaire.
• Une surveillance accrue des lieux de stockage des denrées est également demandée aux préfets pour éviter toute recrudescence des actes de vol.
• Les Caisses d’allocations familiales pourront par ailleurs débloquer pour les familles qui en font la demande une aide financière individuelle d’urgence, leur permettant de subvenir à leurs besoins.


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1er avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Pas d’école pour les enfants des travailleurs sociaux

Par C. ALLUAUME, Assistante sociale en réanimation et médecine néonatale.
Reçu le dimanche 29 mars, 18h34.

Nous accueillons les premiers bébés nés de Maman Covid. Ces mamans sont pour la plupart en réanimation et nous accompagnons les papas comme nous le pouvons.
Nous continuons également d’accompagner les familles ayant des grands prématurés ! Et oui, comme pour beaucoup d’autres soins, le Covid n’a pas annulé d’autres maladies ou hospitalisations.
J’ai réussi à trouver une solution pour continuer à intervenir à l’hôpital. Mais, à quel prix... ! Il m’a fallu batailler auprès des écoles, car je ne suis pas soignante mais assistante sociale. Je suis pourtant personnel hospitalier. On parle de solidarité mais certains jouent sur les mots. Il a donc fallu se réorganiser et ne plus compter sur l’école qui se devait d’accueillir les enfants du personnel hospitalier.
On parlait de culpabilité ! Les directrices de notre école nous ont bien fait culpabiliser. Quelle mauvaise mère étais-je, pour laisser mes enfants à l’école pendant le confinement.
Peut-être parce que des familles avaient besoin d’aide, d’accompagnement. Sûrement, parce que des enfants ont besoin de sortir en sécurité. Également, parce que des familles doivent être orientées dans des structures adaptées à leur sortie. Et, pour un bon nombre d’autres raisons.
Non je ne vais pas au travail par plaisir en ce moment.
Oui, je côtoie cette maladie, tout en devant quémander la moindre protection.
Aujourd’hui, j’ai été partagée entre le souhait de faire le métier que j’ai toujours voulu faire, même si les conditions ne sont pas les meilleures, et le souhait d’abandonner et de quitter le navire.
Finalement je continue et j’enfouis ma rancœur. Malheureusement, celle-ci ressortira.
Ce soir je voulais remercier tous ces directrices, directeurs, professeurs qui accueillent les enfants de l’ensemble du personnel hospitalier puis à partir de demain les enfants de policier, de pompiers etc.
Je souhaite crier ma colère auprès de ces directrices qui m’ont fait culpabiliser et qui m’ont mis des bâtons dans les roues pour accueillir mes enfants et qui ont fait de mêmes pour mes collègues.

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