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30 mars 2015

Mobilisation tous azimuts

L’assassinat d’un éducateur spécialisé, le 19 mars à Nantes, dans un service social de protection de l’enfance, a fortement interpellé le secteur. Plusieurs centaines de personnes lui ont rendu hommage le 23 mars suivant. L’intersyndicale – CGT / FO / CFDT / Sud / Unsa – a appelé à une manifestation, le 2 avril à Nantes, pour dénoncer « l’absence de reconnaissance par les pouvoirs publics de ce drame professionnel » et réclamer « des moyens financiers et humains pour les institutions afin de mener à bien les missions confiées ».
Ce même 2 avril, les personnels des services sociaux, réunis en intersyndicale, sont appelés à la grève pour demander, entre autres, l’ouverture de négociations pour un plan pluriannuel de créations de postes. RV est donné à 14h30 à l’angle de la rue de Grenelle et de la rue Saint-Simon (métro Rue du bac, ligne 12) et devant les rectorats de toutes les académies.
D’autre part, le collectif Avenir Éducs inaugure un cycle de débats publics intitulés Debout pour les métiers du social sur la question polémique de la refonte des métiers, envisagée dans le cadre des prochains États généraux du social. En effet, fin 2014, un rapport en ce sens avait été déposé par la Commission professionnelle consultative (CPC, instance du ministère des Affaires sociales) devant être validé au mois de juin. La concertation minimaliste qui a présidé à cet écrit a fortement indisposé la profession. En outre, plusieurs inquiétudes sur le fond ont émergé : disparition d’un certain nombre de diplômes, « déqualification dans la relation à l’autre » (les actuels niveaux III deviendraient coordinateurs de projets), et réorganisation de la formation. Le collectif sera d’ailleurs reçu par Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, le 23 avril.
Le 17 avril, ce débat aura lieu à Lille. Il sera suivi d’autres : Nantes et Orléans en juin, Toulouse en septembre, Marseille en octobre, Paris en novembre. Ces débats s’achèveront par un festival du travail social.
Avenir Éducs

Le 2 avril, aura lieu, dans la même veine, une conférence-débat à Strasbourg, avec Jean-Marie Vauchez, président de l’organisation nationale des éducateurs spécialisés (ONES). Contact : sur facebook ou par mail.
Le parallèle peut être fait avec ce qui se passe en Belgique.
(La rédaction Lien social)


20 mars 2015

J’aime les GEM

Les groupes d’entraide mutuelle (GEM, valorisant l’aide entre pairs atteint de troubles psychiques) sont-ils encore atypiques ? Dix ans après leur création par la loi Handicap du 11 février 2005, ils se portent bien. Un récent bilan en témoigne, portant sur leur activité en 2013, et mis en ligne par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
L’étude en dénombre alors 373, le plus souvent financés par les agences régionales de santé (ARS), avec un taux de fréquentation allant croissant. Leur « inscription forte dans leur environnement » est relevée, via des conventions de partenariat (avec le milieu associatif, avec les acteurs de l’offre de soins et d’accompagnement…) de plus en plus nombreuses. 17 % d’entre eux ont développé un partenariat avec la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), soit une augmentation de 4 % par rapport à 2012.
Toutefois, une difficulté de taille, concernant leur financement actuel, a été soulignée : le plafond de la subvention n’a pas été relevé depuis… leur création. Paradoxalement, leur bon fonctionnement n’est en aucune manière valorisée financièrement… Une évaluation nationale des groupes d’entraide mutuelle a été confiée — et ce depuis le Comité interministériel du handicap du 25 septembre 2013 — à l’association nationale des centres régionaux pour l’enfance et l’adolescence inadaptée (ANCREAI).
Bilan d’activité des groupes d’entraide mutuelle (GEM)
(La rédaction Lien social)


18 mars 2015

Collectif des associations citoyennes • Carte des associations menacées

À l’automne dernier, le collectif des associations citoyennes annonçait un « plan social invisible » dans le secteur associatif en raison de la baisse des financements publics. Il pronostiquait entre 30 000 et 40 000 postes en moins. Une prévision contestée par certains spécialistes, comme la chercheuse Viviane Tchernonog dans un tribune publiée sur Jurisassociations de décembre 2014, qui avait reproché au collectif de faire le buzz et de créer un sentiment de panique là où le secteur associatif continuait de créer des emplois. Le collectif maintient son analyse et signale aujourd’hui les conséquences de cette politique d’austérité dans les communes. Il lance une carte, qu’il appelle à compléter, corriger, préciser.
Carte à visionner ici
Elle recense les lieux, en rouge, où les baisses de subventions aux associations sont actées par les conseils municipaux, en jaune, les baisses signalées par les associations elles-mêmes et en vert les communes où le financement est maintenu par volonté politique. Toutes les communes où les subventions baissent n’ont pas la même approche. « Il y a celles qui baissent de manière uniforme, détaille Didier Minot, membre du collectif, expliquant qu’elles n’ont pas d’autres choix comme par exemple à Revin où toutes les associations ont perdu 3% de leurs subventions ». Dans d’autres lieux, le choix politique est clair. Ainsi, à Romans, la municipalité a annoncé vouloir baisser de 40% le budget des centres sociaux et des MJC. Enfin, il existe aussi des municipalités « qui font le choix de diminuer leurs frais de fonctionnement pour préserver les budgets associatifs » souligne Didier Minot. Le collectif des associations citoyennes appelle à une mobilisation pour défendre les associations. Il lance son « printemps des associations » depuis ce lundi 16 mars avec une semaine de mobilisation en Loire Atlantique et à Angers.
(La rédaction Lien social)


2 mars 2015

L’hôtel : impasse des familles sans abri

« Les prisonniers, ils ont un endroit pour manger et on peut leur rendre visite. Nous, on ne peut pas nous rendre visite » témoigne une des 825 personnes interrogées par le Secours catholique. L’association publie une enquête sur les familles logées à l’hôtel en Ile de France. En 2011, 30 000 personnes y vivaient à l’hôtel, dont 92% en famille. Le baromètre de la Fnars pour décembre 2014 signale une augmentation de 73% des recours à l’hôtel pour attribuer des places d’urgence entre décembre 2013 et décembre 2014. « Une drogue dure » reconnaissait la présidente du Samu social, Christine Laconde, le 15 janvier dernier, lors des dernières assises Fnars : les places sont rapidement mobilisables et elles semblent couter peu chères… Un faux semblant qui en réalité pèse très lourd sur le budget de l’urgence mais également sur la vie des familles. Loin de tout, entassées dans de petites chambres, parfois la plupart du temps privées d’accompagnement social, les familles, ballottées entre les hôtels, ont du mal à maintenir la scolarisation de leurs enfants, à se faire à manger dans des hôtels où la préparation des repas est impossible… à s’en sortir tout simplement. Parmi les témoignages recueillis par le Secours catholique, l’hébergement - qui devait être d’urgence - s’inscrit dans la durée : 44% des personnes interrogées sont hébergées depuis au moins un an à plus de quatre ans. Sur l’ensemble des personnes interrogées, 189 (soit 73%) affirment bénéficier d’un suivi social mais seules 18% rencontrent leur référent au moins une fois par mois. Enfin, si pour 56% de ces personnes, le lieu du suivi social est à moins d’une heure de leur hébergement pour 42%, il est situé à au moins une heure de parcours voire plus de deux heures. « Loin de stabiliser, la vie en hôtel marquée par l’éloignement, les ruptures et le ballotage accentue ou créé de nouvelles fragilités chez les personnes » souligne le rapport truffé de témoignages des familles sur leur quotidien. Plus d’informations (La rédaction Lien social)


24 février 2015

Loi santé et inégalités : Médecins du Monde réclame la fusion AME-CMU

Médecins du Monde a appelé mardi les parlementaires à améliorer le projet de loi santé, jugé trop timide en matière de lutte contre les inégalités, l’ONG préconisant notamment une fusion de l’aide médicale d’État (AME) et de la couverture maladie universelle (CMU). "Globalement, on est au milieu du gué", a déploré le président de Médecins du monde, Thierry Brigaud, lors d’un point presse à Paris. S’il salue certaines dispositions, comme la généralisation du tiers payant (dispense d’avance de frais) ou l’expérimentation de salles de shoot, destinées à réduire les risques liés à la consommation de drogue, Thierry Brigaud regrette l’absence de mesures concernant la CMU, la CMU-C (complémentaire) ou l’AME. "Près de 90% des personnes accueillies pour la première fois dans un centre de soins MdM ne disposent d’aucune couverture maladie alors que près des trois-quarts pourraient y avoir accès", souligne l’ONG. Outre un "relèvement du seuil de la CMU-C jusqu’au seuil de pauvreté" (977 euros mensuels), Médecins du monde réclame la fusion de l’AME, réservée aux étrangers sans papiers ni ressources, "dans la CMU" afin d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les frais de gestion. (source AFP)


20 février 2015

Plan antiterrorisme : recrutements pour la PJJ et les services d’insertion et de probation

Le ministère de la Justice a finalisé son plan de lutte contre le terrorisme qui prévoit notamment un volet contre la radicalisation en prison, a indiqué jeudi la chancellerie. Au total, 950 emplois nouveaux vont être créés en trois ans dans ce cadre pour un budget de 181 millions d’euros. Parmi eux 483 emplois seront consacrés à l’administration pénitentiaire, 283 aux services judiciaires, 169 à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et 15 à l’administration centrale. Des mesures concernent directement l’intervention des services d’insertion et de probation : 100 éducateurs et psychologues - 74 en 2015 et 26 en 2016 - seront nommés pour renforcer ces services. S’ajouteront un directeur et un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) qui ont vocation à être "référents antiterrorisme Paris pour les magistrats et les services pénitentiaires". A la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), 169 nouveaux postes seront consacrés au développement de la veille sur les phénomènes de radicalisation des jeunes, pour mieux former les personnels en contact avec ces publics et implanter sur tout le territoire un réseau de référents citoyenneté et laïcité. (source AFP)


18 février 2015

Conseil de l’Europe : un rapport appelle la France à mieux lutter contre des discriminations en hausse

Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, exhorte la France à lutter contre la hausse des actes haineux et à mieux accueillir les demandeurs d’asile, notamment syriens, dans un rapport publié mardi. Selon ce rapport, le premier concernant la France depuis 2008, rédigé avant les attentats des 7 au 9 janvier, il est "urgent" de "mieux contrer d’une manière soutenue et systématique" les discours et actes haineux et racistes dans le pays, où vivent les premières communautés juive et musulmane d’Europe. Ces discours et actes "non seulement persistent mais sont en hausse" en France, "malgré des avancées législatives et des mesures visant à lutter contre l’intolérance et le racisme", s’alarme le Letton Nils Muizniek. Il pointe le "sentiment d’insécurité" des juifs, dont l’émigration vers Israël a plus que triplé entre 2012 et 2014, et relève que le nombre croissant d’actes antimusulmans et de faits homophobes "est également très inquiétant". L’accueil des demandeurs d’asile en France est l’objet d’"insuffisances graves et chroniques", souligne aussi le commissaire dans ce rapport. Et les règles en matière d’asile et d’immigration en vigueur "posent de sérieuses questions de compatibilité avec les engagements internationaux de la France". Il appelle les autorités françaises "à maintenir leur engagement d’accueillir 500 réfugiés syriens" dans le cadre du programme dit de "réinstallation", en plus des quelque 3.000 demandeurs d’asile accueillis en France depuis 2012 au titre de la procédure ordinaire. Le commissaire invite aussi les autorités à "améliorer les conditions de vie des migrants à Calais et à mieux les protéger de violentes attaques xénophobes". Parmi les défaillances du système d’immigration français, le rapport relève "l’accueil et la prise en charge des mineurs isolés étrangers", dont "entre 7.000 et 12.000 vivent en France" - 3.000 à Mayotte. "Inquiet du fort climat d’antitsiganisme qui règne en France de très longue date", le commissaire souligne aussi "l’urgence" de garantir aux Roms, "ciblés et stigmatisés par certains discours de haine", l’accès aux soins de santé, à l’éducation, au logement et à l’emploi. Le rapport comprend en outre un volet consacré aux droits des personnes handicapées, dans lequel le commissaire "constate avec préoccupation qu’environ 20.000 enfants, notamment ceux souffrant de troubles autistiques, demeurent sans solution de scolarisation". (source AFP)


16 février 2015

Métiers de la petite enfance : signature d’un accord pour développer l’emploi

Les ministres du Travail et de la Famille ont signé lundi avec les partenaires sociaux un accord-cadre visant à valoriser et développer les métiers de la petite enfance. Cet accord national d’engagement de développement de l’emploi et des compétences (Edec), conclu pour la période 2015-2018, concernera le secteur privé de la petite enfance (crèches associatives, particuliers employeurs d’assistants maternels ou de gardes à domicile, entreprises de crèches). L’Etat apportera jusqu’à 1,5 million d’euros et les organismes paritaires finançant la formation professionnelle des salariés jusqu’à 3,5 millions, soit un total de 5 millions d’euros. Ces sommes serviront à financer des actions de soutien aux salariés (professionnalisation, développement des compétences, prévention des risques professionnels) et aux employeurs (gestion des ressources humaines, recrutement). Il permettra notamment l’accès à la qualification, par exemple en promouvant la validation des acquis de l’expérience vers le diplôme d’auxiliaire de puériculture. Le gouvernement a fixé l’objectif d’accroître de 275.000 le nombre de places d’accueil de jeunes enfants entre 2012 et 2017. (source AFP)


11 février 2015

Hébergement d’urgence : le 115 de Seine-Saint-Denis, "saturé", en grève

Les travailleurs sociaux du 115 de Seine-Saint-Denis, chargés de répondre aux sans-abri du département, seront en grève jeudi 12 février pour dénoncer le manque de places d’hébergement d’urgence et de moyens alloués à leur mission. Cette grève, une première dans le département, se déroulera en journée et prendra fin à 17H00, heure critique pour les sans-abris en quête d’un logement d’urgence. "Nous répondrons aux demandes des personnes à la rue. Le but, ça n’est pas de les pénaliser", souligne Philippe Martel, président de l’association Interlogement 93, qui gère le 115 dans le département. "L’objectif du mouvement est avant tout symbolique", ajoute-t-il. Les salariés d’Interlogement 93 entendent dénoncer "le peu de solutions disponibles face à l’affluence des demandes", ainsi que "les conditions dans lesquelles il est demandé aux professionnels du social d’intervenir". Selon Interlogement 93, le 115 de Seine-Saint-Denis recevait en moyenne 3.400 appels par jour pour 14 écoutants en 2013. En 2014 il en recevait en moyenne 6.800 pour 15 écoutants et la durée d’attente pour avoir un interlocuteur pouvait dépasser 3 heures. Cette grève intervient "en continuité et en soutien" avec la "nuit solidaire pour le logement", organisée dans la nuit de jeudi à vendredi à Paris, par 33 associations qui viennent en aide aux sans-abri. Cette mobilisation, se tiendra de 18H00 à 6H00, sur la Place de la République, où auront lieu des concerts, des interventions de personnalités et des témoignages de personnes confrontées au mal-logement. (source AFP)


10 février 2015

Une dizaine de mineurs suivis par la justice sont "en proie à la radicalisation"

Une dizaine de mineurs suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) sont actuellement "en proie à la radicalisation", a déclaré lundi sa directrice, Catherine Sultan. Fin janvier, 61 jeunes mineurs se trouvaient en "situation inquiétante", liée à la radicalisation, a-t-elle dit lors de son audition par la commission d’enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes, à l’Assemblée nationale. Mais parmi ces mineurs en "situation inquiétante", 27 n’étaient pas connus eux-mêmes de la PJJ, car pouvant être de très jeunes enfants susceptibles d’être emmenés en Syrie par leurs parents. Quatorze autres étaient sous le coup d’une procédure pour apologie du terrorisme : des jeunes auteurs de "propos déplacés (...) qui méritent un coup d’arrêt mais qu’on ne peut pas confondre avec des jeunes ayant des visées terroristes", a détaillé Mme Sultan. Une dizaine de jeunes sont, eux, bien "en proie à la radicalisation et pris en charge sur le plan pénal", selon la directrice de la PJJ. Pour elle, la radicalisation chez les mineurs suivis par la PJJ reste "un phénomène pour le moment cantonné". Aujourd’hui, quatre mineurs sont détenus pour des affaires liées au terrorisme. (source AFP)