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16 mars 2020

■ ACTU - Communiqué du ministère des Solidarités et de la Santé

de : Olivier VERAN, Ministre des Solidarités et de la Santé - Christelle DUBOS, Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé.
Paris, le 16 mars 2020

COVID-19 : garde des enfants des personnels mobilisés


Conformément aux annonces du Président de la République jeudi soir dernier, M. Olivier Véran et Mme Christelle Dubos annoncent la mise en place d’un service de garde adapté à chaque territoire pour que les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d’aller au travail pour vous protéger et vous soigner.

Ce dispositif a été déployé depuis les 14 et 15 mars 2020 et s’adresse :

À tous les personnels des établissements de santé,
Aux personnels des établissements sociaux et médico-sociaux travaillant en EHPAD et EHPA, établissements pour personne handicapées, services d’aide à domicile, services infirmiers d’aide à domicile, lits d’accueil médicalisés et lits halte soins santé, nouveaux centres d’hébergement pour sans-abris malades du coronavirus et établissements d’accueil du jeune enfant maintenus ouverts.
Aux professionnels de santé libéraux : médecins, sages-femmes, infirmières, ambulanciers, pharmaciens et biologistes.
Aux personnels de crèche chargés d’accueillir en urgence les enfants des soignants.
Aux services de l’Etat chargés de la gestion de l’épidémie au ministère des Solidarités et de la Santé, en Agences régionales de santé et dans les préfectures.

Les établissements d’accueil du jeune enfant rattachés à un établissement de santé, social, médico-social ou aux services de l’Etat chargés de la gestion de l’épidémie restent ouverts.

Dans ces établissements (crèches halte-garderie, multi-accueil), l’organisation interne de l’établissement permet de composer des groupes de 10 enfants maximum, sans temps de rassemblement.

Les préfets organisent depuis ce weekend les solutions d’accueil prioritaire dans chaque territoire et pourront réquisitionner les établissements nécessaires.

Les parents exerçant une profession prioritaire ont été informés par les gestionnaires des structures concernées que l’accueil de leurs enfants pouvait être assuré.

L’ensemble de ces informations ont été transmises ce weekend aux préfectures, aux structures d’accueil du jeune enfant et aux ARS pour permettre la mise en place de ces solutions de garde dès ce matin.

Enfin, le Gouvernement met en place dès aujourd’hui sur le site mon-enfant.fr un portail qui permettra à chacun de s’inscrire pour demander une place d’accueil prioritaire pour son enfant. Cela permettra aux préfets de mieux juger des besoins.

Les ministres rappellent que les consignes de fermeture et de maintien d’activité annoncées resteront en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

Les établissements d’accueil du jeune enfant accueillant plus de 10 enfants (crèches, maisons d’assistantes maternelles (MAM) accueillant plus de 10 enfants) sont fermées jusqu’à nouvel ordre.

Les assistants maternels et les micro-crèches peuvent maintenir leur activité. Les dérogations permettant aux micro-crèches d’accueillir exceptionnellement plus de 10 enfants sont suspendues.

De façon générale, qu’ils maintiennent leur activité, qu’ils soient mobilisés ou contraints à fermer, l’Etat sera aux côtés des professionnels de l’accueil du jeune enfant pour faire face à la situation exceptionnelle.

Les assistantes maternelles bénéficieront de l’activité partielle, nous allons le mettre en place très rapidement, notamment pour celles dont les MAM ferment.

L’Etat soutiendra financièrement les crèches, qu’elles soient publiques ou privées, via les CAF. Le dispositif de soutien sera voté par le Conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales réuni exceptionnellement ce mardi 17 mars 2020.

Pour les crèches privées, il sera tenu compte de l’activité partielle. Ce dispositif s’appliquera à chaque place fermée. Les ministres tiennent à rappeler par ailleurs que les places vacantes ne seront pas facturées aux familles.


16 mars 2020

■ ACTU - Communiqué du secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées.

Mesures pour les personnes en situation de handicap vivant à domicile et/ou accompagnées en établissement médico-social, dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, actualisées suites aux annonces du Premier ministre du 14 mars 2020.

Paris, le 15 mars 2020

Dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, des mesures ont été prises pour protéger les personnes en situation de handicap les plus fragiles, avec la mobilisation de l’ensemble de la solidarité nationale. Au regard du passage en stade 3 de l’épidémie, il est décidé d’un maintien préférentiel au domicile et de l’organisation sans délai de la continuité de l’accompagnement.

1. Accompagnement du maintien au domicile

Au regard de l’intensité de la circulation du virus sur le territoire national, le principe général est de favoriser le maintien à leur domicile des personnes en situation de handicap exposées particulièrement à des complications de santé. Cette mesure concerne les personnes handicapées :

- Vivant au domicile de leurs proches aidants (enfants et adultes).

- Domiciliées dans une structure d’hébergement médico-sociale.

- Habitant un domicile personnel ou un habitat partagé.

a) Organisation du maintien au domicile des enfants et adultes accueillis en externats

Les établissements et services médico-sociaux organisent sans délai et au plus tard pour le 16 mars un service minimum d’appui aux familles.

Une attention particulière est prêtée à l’accompagnement des situations complexes ne pouvant être maintenues au domicile, dont en particulier celui des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Pour apporter une réponse à ces situations complexes, les internats enfants et adultes à temps complet sont maintenus en fonctionnement.

b) Renforcement des mesures barrière dans les structures médico-sociales

- Les sorties collectives sont suspendues jusqu’à nouvel ordre ; les sorties individuelles sont supprimées, sauf celles strictement nécessaires avec avis médical.

- Les visites au sein des structures sont interdites sauf autorisation exceptionnelle.

c) Soutien des personnes handicapées vivant seules à domicile

- Mobilisation des solutions d’accueil temporaire dans les territoires afin d’accompagner les personnes ne pouvant rester à domicile ;


2. Soutien des parents accompagnant un proche à domicile

Les parents qui sont amenés à garder leur enfant handicapé à domicile, du fait de la fermeture de la structure médico-sociale d’accueil, bénéficieront d’une prise en charge par la Sécurité Sociale des indemnités journalières (levée de la barrière d’âge précédemment fixée à 18 ans).

3. Mobilisation générale du système de santé

En cas de doute dès l’apparition des premiers symptômes, les services de soins, de ville, d’urgence et hospitaliers, sont mobilisés pour prendre en charge les personnes en situation de handicap.

Une sensibilisation des Centres 15 est engagée pour repérer et tenir compte de la fragilité particulière des personnes polyhandicapées dans ce contexte épidémique.


4. Mesures concernant les travailleurs en ESAT

Des mesures de vigilance renforcée sont mises en œuvre, les travailleurs en ESAT pouvant du fait de leur handicap présenter des risques de complication de santé associées qui les rendent plus vulnérables face à l’épidémie. Les ESAT doivent dès à présent organiser la réduction de leurs activités au strict minimum, et la fermeture de tous les lieux de restauration ouverts au public. Cette réduction doit également concerner les mises à disposition et les unités de travail « hors les murs » mais en tenant compte des spécificités de cette activité professionnelle.

Des mesures d’accompagnement économique seront mises en œuvre. D’ores et déjà, il est rappelé les mesures mobilisables immédiatement : délais de paiement des échéances sociales et fiscales, remise d’impôt et rééchelonnement des crédits bancaires.

Pour amplifier l’efficacité des réponses auprès des personnes en situation de handicap, les professionnels d’ESAT sont appelés à venir renforcer les capacités d’accompagnement des personnes en situation de handicap maintenues à domicile.

5. Fermeture des centres de rééducation professionnelle et de pré orientation et mise en œuvre de la formation à distance à chaque fois que possible.

Les professionnels rendus disponibles par cette fermeture/formation à distance restent mobilisés pour soutenir les autres accompagnements et accueils nécessaires.

6. Mise en place de modes de garde pour les enfants des professionnels médico-sociaux

Les professionnels médico-sociaux sont soutenus au vu de l’importance de leur mission. Ils comptent parmi les personnels prioritaires pour la mobilisation de systèmes de gardes d’enfants organisés par l’Education nationale et ses partenaires. Le Gouvernement remercie l’ensemble des professionnels qui accompagnent au plus près du terrain les personnes fragiles, et nous saluons leur immense engagement dans la gestion de cette crise.


16 mars 2020

■ ACTU - Un enfant placé n’est pas un enfant sacrifié

Positiver la protection de l’enfance, c’est possible : la preuve par Tony.

Ce n’est pas la première fois qu’un enfant placé réagit pour affirmer tout le bien qu’il pense de son placement. Mais, jusqu’à présent c’était surtout des adultes évoquant leur parcours en tant que mineur.

Tony, lui, a 16 ans. Et il vit en famille d’accueil depuis ses 7 ans dans le département de la Côte d’Or. Ce dont il se plaint, ce n’est pas de la séparation d’avec sa famille, ni des conditions dans lesquelles il vit, pas plus que des adultes qui s’occupent de lui et qui seraient maltraitants à son égard. De sa famille d’accueil, il dit : "je considère ces gens comme ma famille." Pour autant, n’a-t-il plus aucun contact avec sa mère ? Pas du tout. Il continue à la voir régulièrement. Il n’a pas choisi. Il a cumulé des attachements qui lui permettent de grandir. C’est de cette réalité d"’enfant placé" bien traité que l’adolescent veut témoigner.

Ce qui lui fait le plus mal, c’est ces stéréotypes et cette stigmatisation d’une société qui, trop souvent, le catalogue et lui colle une étiquette sur le front. Oui, il l’affirme : on peut être placé, sans être « impoli », « turbulent », « cancre » ou « sans avenir  ». Et, il le proclame : il est un enfant comme un autre et revendique qu’on le traite comme tel.

Ce cri du cœur est salutaire. Un proverbe affirme : « un arbre qui tombe fait beaucoup plus de bruit qu’une forêt qui pousse  ». Et pour un nombre indéterminé (qui sera toujours trop important) d’enfants qui souffrent des mauvaises conditions de leur accueil, combien d’autres parmi les 150 000 qui vivent cette situation trouvent de la bienveillance, de la protection et l’équilibre dont ils ont besoin comme les autres, dans leur placement ? Même s’il est fondamental d’entendre la voix des premiers, n’oublions pas les seconds !

C’est cette possibilité que nous offre Tony. Il a ouvert une page Facebook intitulée « Dé-stigmatiser les enfants placés » en appelant à démultiplier les témoignages démontrant que le placement, ce n’est pas que l’enfer.
Accéder au site pour les recueillir.

Lire le portrait : "En Côte-d’Or, Tony dénonce la stigmatisation des enfants placés" sur France3-régions.francetvinfo.fr

Consultez d’autres ressources Lien Social sur les thématiques :
Protection de l’enfance / Placement familial


13 mars 2020

■ ACTU - Pandémie de coronavirus : Promesses présidentielles sans lendemain ou véritable tournant ?

Cela fait des décennies que le service public est détricoté, maille après maille. Depuis les années 1980, tous les gouvernements qui se sont succédé de gauche comme de droite ont participé à sa déstructuration. Les dépenses sociales étaient trop élevées, pesant sur la compétitivité de notre économie. Il fallait réduire les charges des entreprises et diminuer leurs impôts pour abaisser leurs coûts de production ; assouplir le code du travail, véritable carcan étouffant l’initiative privée ; flexibiliser l’emploi pour favoriser les embauches (et les licenciements) ; retarder l’âge de départ à la retraite, par manque de moyens pour la financer ; ne pas dépasser le mythique 3 % de déficit public (pourquoi pas 2 ou 4 % ? Ce chiffre a été fixé en référence avec la Sainte trinité chrétienne !) ; prendre des mesures d’austérité courageuses ; amaigrir le train de vie de l’État en supprimant massivement des postes de fonctionnaires ; fermer les services, les lits et les établissements sanitaires non rentables ; introduire des règles de gestion des administrations calquées sur l’entreprise privée dotée de toutes les vertus ; lutter contre la dette ; imposer au travail social une obligation de performance ; soumettre l’action publique aux critères de rentabilité ; introduire les pratiques de compétitivité au cœur de l’aide aux plus démunis ; conditionner le financement des associations aux preuves de leur efficience ; calquer l’offre de soin sur la gestion des stocks à flux tendu… en un mot comme en cent tout ce que le paradigme néo-libéral pouvait véhiculer comme prêt à penser, largement diffusé par nos médias, éditorialistes et autres commentateurs.

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« La santé n’a pas de prix »

Et puis, et puis, voilà que tout ce beau discours bien huilé qu’on nous a servi depuis quarante ans commence à craquer sous l’effet d’un Coronavirus ! Celui qui s’en était fait le champion proclame : « La santé n’a pas de prix, le gouvernement prendra tous les moyens nécessaires ». Disparu le refrain sur l’impérative nécessité de tenir les déficits et de freiner l’endettement de notre pays ! Mais, le meilleur était à venir : « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie, au fond à d’autres, est une folie.  » Nous avons bien entendu hier soir, ce message de notre Président qui donne raison aux discours tenus à contre-courant, depuis des décennies : les secteurs du soin, du social et de l’éducatif ne peuvent et ne doivent être gérés à l’aune de la marchandisation. Ils doivent être sanctuarisés par rapport aux exigences de rendement du secteur privé. Ils n’ont pas, par essence, à être lucratifs et on ne peut réussir à mesurer leur rendement. Ces perspectives de changement qu’Emmanuel Macron affirme être prêt à assumer relèvent-elles de ces « ces promesses (qui) n’engagent que ceux qui les reçoivent  » ? Une fois la menace passée, le néo-libéralisme reprendra-t-il tous ses droits ou assiste-t-on au début de la fin d’une idéologie qui, pour avoir permis aux nantis de s’enrichir sans limites, a causé tant de malheurs pour les plus démunis ? Seul l’avenir le dira.

Jacques Trémintin

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12 mars 2020

■ ACTU - Enquête internationale - Prendre la tension des travailleurs sociaux

La Fédération internationale des travailleurs sociaux (IFSW) lance une enquête pour mesurer comment vont les professionnels, souvent sous pression. Elle appelle à répondre à son questionnaire pour améliorer les conditions de travail.

L’amplification des inégalités à travers le monde accentue la pression sur les travailleurs sociaux chargés d’accompagner les publics les plus exposés. La recherche a démontré que le stress chronique qu’ils ressentent a des incidences directes sur leur la santé tant physiologique que psychologique, affectant notamment leurs performances, sans oublier le coût social induit par l’absentéisme, la volonté de quitter son travail et le manque de satisfaction professionnelle.
Comment mesurer les effets de cette tension et en rendre compte ? La Fédération internationale des travailleurs sociaux (IFSW) mène une campagne mondiale à long terme à ce sujet en étroite collaboration avec les organisations nationales membres. Elle vient de lancer la toute première enquête mondiale permettant d’établir un état des lieux de l’environnement dans lequel les professionnels agissent au quotidien. Elle sera menée en partenariat avec le Centre universitaire de santé et de cognition de Bath Spa (lui-même associé avec le département de travail social de l’université d’Ulster). Le premier bilan de cette étude sera présenté lors de la conférence mondiale sur le travail social qui se tiendra à Calgary, au Canada, en juillet 2020.
L’Association nationale des assistants de service social (Anas) relaie cette action dans notre pays. Sa secrétaire nationale, Céline Lembert, évoque la notable augmentation du nombre de témoignages reçus : « ce n’est pas tant que les conditions de travail se seraient dégradées depuis quelques mois, mais plutôt que les professionnel(le)s s’autorisent bien plus qu’avant à les décrire par écrit, y trouvant le moyen de dénoncer un quotidien de plus en plus dégradé, à l’image de ces sorties prématurées des maternités ou de ces managements méprisants dans certains conseil départementaux. » La responsable associative explique que les mêmes constats ont pu être faits par des membres du Conseil national des personnes accueillies ou accompagnées qui remarquent combien les usagers rencontrent des travailleurs sociaux allant de plus en plus mal !
La responsable de ce projet, Jermaine Ravalier, appelle à remplir massivement ce questionnaire destiné à « démontrer le travail fantastique que les travailleurs sociaux accomplissent dans le monde entier malgré des conditions de travail souvent difficiles. Plus il y aura de personnes qui participeront à ce projet, plus nous pourrons exercer une influence dans le monde entier pour améliorer les conditions de travail des travailleurs sociaux, alors s’il vous plaît, participez !  »

Questionnaire court
Le questionnaire prend entre 10 et 15 minutes. Le recueil des données respecte l’anonymat et la confidentialité des participants. Les informations recueillies seront supprimées dès la fin de l’enquête

Accéder à l’enquête

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10 mars 2020

► FORUM - Entre AEMO des villes et AEMO des champs

Par Cécile Goursaud, éducatrice spécialisée.

L’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) constitue un champ d’intervention éducative qui parle peu de lui et se définit bien moins au regard d’autres champs de l’éducation spécialisée tel le handicap. Cette mesure est instituée par le juge des enfants, au titre de l’article 375 du code civil, au bénéfice de l’enfant qui, en danger avéré, continue à vivre avec ses parents. Au-delà du contrôle exercé par les services pour s’assurer du bon développement du mineur, elle apporte « aide et conseils » à la famille pour lui permettre de sortir des difficultés parentales, matérielles et relationnelles. L’intervention se déroule, la plupart du temps, à partir du domicile familial. Ce déplacement des travailleurs sociaux sur le lieu de résidence des personnes se fait dans des territoires disparates : villes, milieu rural, semi rural, montagnes, îles. Ces modalités ne sont pas sans conséquences, ni difficultés dans le quotidien du professionnel : contraintes de trajet à la campagne, face aux manques de dispositifs, avec l’obligation d’accompagnements liés à la carence de modes de transport. L’éducateur est alors amené à déployer d’autres compétences : il doit s’adapter et innover en pensant son travail différemment.

La rubrique complète de Matière à pensée est à retrouver dans le numéro 1268 de Lien Social

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6 mars 2020

■ ACTU - Handicap psychique : le grand oublié

« Le handicap psychique reste un impensé de la Conférence nationale du handicap du 11 février dernier », estiment l’Association des Itep et de leur réseaux (AIRe), Santé Mentale France, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) ainsi que l’Uniopps. Une conférence qui s’est déroulée le jour où la Loi Handicap (1) soufflait ses quinze bougies. Elle reconnaissait pour la première fois dans les textes le handicap psychique. « Cet anniversaire représentait une belle occasion pour relancer l’action publique en faveur d’une population oubliée, ignorée et très souvent stigmatisée », estiment les associations.
Si elles se réjouissent de l’annonce de mesures ciblées, d’échéances précises et d’engagements volontaristes en faveur de nombreuses catégories de personnes en situation de handicap, elles jugent que celles-ci ne rendent que plus criante l’absence de proposition en direction du handicap psychique. « Il semble ainsi non seulement invisible, ce que l’on savait déjà, mais aussi impensé  », déplorent-elles.
« Les professionnels d’AIRe travaillent auprès de jeunes, nous attendions la reconnaissance de la nécessité de leur proposer un parcours modulé et varié, illustre François Delacourt, le vice-président de l’association. Nous militons pour qu’ils bénéficient d’un accompagnement médical, social et éducatif ; pour qu’ils puissent alterner école, sport, etc. et milieu protégé. »

Déception
Les associations sont d’autant plus déçues que les annonces préliminaires à la CNH et son dossier de presse avaient fait naître quelques espoirs, tel celui lié à des avancées sur la Prestation compensation du Handicap (PCH) pour les personnes souffrant d’un handicap psychique. « Comment expliquer leur absence dans les propositions finales ? Comment ne pas s’indigner quand sont ainsi renvoyées tant de personnes en situation de handicap psychique à leur isolement, leur manque d’accompagnement et l’absence de reconnaissance de leur souffrance ?  », s’indignent-t-elles. Elles appellent le gouvernement à agir sur le sujet.

(1) Loi pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées.
À lire aussi :
ACTU - Handicap. Tous mobilisés
ACTU - Handicap - Stop pauvreté

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2 mars 2020

► FORUM - Quelle place pour la sexualité en institution ?

Par Audrenne HENKE, Directrice d’établissement médico-social.

« Dit Mme HENKE tu fais quand une chambre pour couple ?  » « Bientôt » « Ha, c’est pas trop tôt !  ». La sexualité dans les institutions et plus particulièrement dans les établissements recevant un public d’adultes en situation de handicap intellectuel, reste encore peu présente. Elle fait l’objet d’une grande diversité dans les autorisations et les pratiques : on la nie, on laisse faire en fermant les yeux, on l’interdit d’une manière plus ou moins explicite ou appliquée, on autorise certaines pratiques comme la masturbation individuelle… Mais peu de chambres permettent de recevoir un(e) conjoint(e). Nous avons peur du regard des familles, de passer à côté d’un consentement, de gérer des orgasmes bruyants et du plaisir démonstratif.
En outre, de quoi parle-t-on : de l’hétérosexualité, de l’homosexualité, de multipartenaires ? Où commence l’autorisation et jusqu’où va-t-elle ? Le handicap fige le temps et arrête les générations : pas de procréation souhaitée, donc pas de sexualité envisageable. Au-delà des risques réels ou fantasmés, c’est bien la sexualité de ces personnes dans son ensemble qui est perçue comme un problème. La société nomme les interdits et précède chaque instant de leur vie. Et c’est bien de l’incapacité pour bon nombre de concitoyens de les imaginer avoir du plaisir érotique, voire de devenir parents dont il s’agit. Pourtant, l’exercice d’une sexualité est un droit inaliénable rattaché à chaque personne, quelle qu’elle soit.

La rubrique complète de Parole de métier est à retrouver dans le numéro 1268 de Lien Social

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28 février 2020

■ ACTU - Handicap - Stop pauvreté

Information de dernière minute de APF France handicap :

[ANNULATION]  ! En raison de la situation actuelle concernant le #coronavirus et le profil d’un grand nombre de manifestants dont certains ont un état de #santé fragile, nous sommes contraints d’annuler nos #manifestations prévues ce 5 mars.

Jeudi 5 mars, APF France handicap appelle à une mobilisation nationale. Objectif ? Zéro personne en situation de handicap ou atteinte d’une maladie invalidante sous le seuil de pauvreté.

"Pouvoir vivre dignement #CestLaBase". Tel est le mot d’ordre de la mobilisation nationale du 5 mars. APF France handicap rappelle que le pays compte deux millions de personnes en situation de handicap, condamnées toute leur vie à vivre sous le seuil de pauvreté, évalué à 1 041 euros. Elles ne peuvent pas, plus ou peu travailler en raison de leur handicap, d’une maladie, de l’âge ou de leur rôle d’aidant.
« Avec de faibles ressources vivre – c’est-à-dire se loger, se nourrir, se chauffer ou se soigner – devient presque impossible, dénonce l’association. Pourtant ces personnes ont droit à une vie digne et libre sans être condamnées à la précarité et à la dépendance financière  »,
Lors de la Conférence nationale du handicap (CNH), le président de la République a fixé des objectifs que les associations prennent au mot : « permettre à chacune et chacun de vivre une vie digne, une vie libre  » ; « continuer à aller sur le chemin de l’allocation digne pour toutes les personnes en situation de handicap  ».
APF France handicap demande la création du revenu individuel d’existence afin que les personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante puissent vivre dignement ; la suppression de la prise en compte des ressources du conjoint / de la conjointe dans le calcul de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ; zéro personne en situation de handicap ou atteinte de maladie invalidante sous le seuil de pauvreté.
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Aller plus loin : consulter le dossier de presse

Témoignage de David : « Avec l’AAH, on survit à peine ».

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Témoignage de Frédéric, en couple : « Je demande à être reconnu comme une personne à part entière ».

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Retrouver les lieux de manifestations sur le territoire : cliquer ici


25 février 2020

► FORUM - La révolution numérique : Une mise à l’épreuve de l’acte éducatif en AEMO ?

« Travail social et numérique : évolution ou révolution ?  », en écho au thème des 40èmes assises nationales du CNAEMO (1) Regis Nowak aborde une question au cœur de la mutation des pratiques professionnelles : la communication digitale est-elle une aide ou une entrave à la relation ?

L’ère du multimédia a sonné dans nos pratiques éducatives. Youtube, Instagram, Snapchat et autres Fortnite connectés sur ordinateur ou sur smartphone nous relient de gré ou de force à cette virtualité qui devient une réalité d’autant plus prégnante quand un ado, au détour d’une wifi attrapée au passage, nous dévoile qu’il a un millier d’amis, qu’il s’est fait en restant dans sa chambre, les yeux rivés sur ses trois écrans. Mais, l’éducateur est, de son côté, lui aussi connecté à son propre ordinateur sur lequel il reçoit ses messages et en envoie, consulte des informations et son tableau de mesures éducatives, écrit ses rapports et ses comptes rendus etc. La dépendance est telle qu’on peut se demander, parfois, si ce n’est pas lui qui est plus accroc à sa machine que les jeunes qu’il accompagne.

La rubrique complète de Matière à pensée est à retrouver dans le numéro 1267 de Lien Social

(1) 18, 19 et 20 mars 2020 à Toulouse

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