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23 avril 2015

Bilan de campagne • contre la détention d’étrangers

Lancée le 15 octobre 2014 pour dénoncer la détention des étrangers et les atteintes à leurs droits, la troisième mobilisation de la campagne Open access now est arrivée à son terme. Elle a permis de faire exister plusieurs outils de sensibilisation : d’une part, un livret intitulé La face cachée des camps d’étrangers en Europe ; d’autre part, une cartographie interactive intitulée Close the camps, qui donne à visualiser la multiplication des camps. Enfin, de nombreuses actions ont été menées : visites de camps par des parlementaires, des associations et des journalistes, recueil de témoignages de personnes détenues, organisation de débats…
À noter : sur seize visites organisées (en France, en Belgique, en Espagne ou en Italie), les journalistes sont restés à la porte treize fois… Cet « accès partiel confirme les atteintes aux droits fondamentaux qui découlent de l’enfermement : défaut de confidentialité lors des entretiens avec les détenus, précarité de leurs contacts avec l’extérieur, manque criant d’informations quant à leurs droits. » Quoi qu’il en soit, la campagne aura permis de faire entendre la voix des personnes détenues et celle de leurs proches, par le site web de la campagne, les réseaux sociaux, les rencontres publiques et aussi quelques émissions radio.
La Commission européenne a été interpellée par les organisations. L’urgence, pour Open access now, reste bien de lutter contre la banalisation de l’enfermement, « de décrypter le discours officiel sur les réalités de la détention administrative et d’œuvrer pour plus de transparence ». Aujourd’hui encore, plus que jamais.


20 avril 2015

BIDONVILLES • Boue, béton, tranchée, pour politiques municipales

De la boue, déversée le long des bâches qui abritent un campement Rroms. C’est l’initiative qu’a prise, jeudi 16 avril, le maire d’Haubourdin, Bernard Delaby, divers droites pour faire partir les familles Rroms.
Un acte « inadmissible » juge Laurent El Ghozi, cofondateur du collectif national droits de l’homme Romeurope. Le collectif prévoit avec d’autres associations de saisir la justice. Laurent El Ghozi pointe la responsabilité des pouvoirs publics : « laisser vivre les gens dans des conditions indignes autorise tous les traitements indignes. » Le petit camp abrite quelques célibataires et cinq familles, dont les enfants sont tous scolarisés, précise le collectif de citoyens qui les soutient. « Lorsque je suis arrivée sur place, deux bennes de boue avaient été déversées à côté du camp », témoigne Caroline Prouteau du collectif citoyen loossois. « Nous avons empêché qu’ils déversent un troisième camion ; sans notre intervention ils auraient sans doute continué », ajoute-t-elle. Une méthode qui, malheureusement, est loin d’être exceptionnelle. « Il devient de plus en plus fréquent d’utiliser ces techniques d’ensevelissement », dénonce Pierre Tourbier, responsable régional d’Amnesty international et coordinateur d’un site sur la situation des Rroms dans la région.
« De la terre a été déversée par la communauté urbaine sur le campement de Loos, sur le parking de l’ancienne prison, pour empêcher d’autres familles de s’installer », témoigne Pierre Tourbier. En décembre 2014, dans la même région de Lille, à Hellemmes, un mur de terre et de plots avait barré l’entrée du bidonville, installé chemin Napoléon, empêchant tout passage de véhicules, même de poussettes. Dans la banlieue de Lyon, à Saint-Priest, autour d’un campement de familles Rroms, c’est une tranchée profonde de deux mètres qui a été creusée par la métropole en novembre dernier et l’accès bloqué par des blocs de béton, provoquant une réaction de « honte et d’horreur » de la ligue des droits de l’Homme de Villeurbanne. Plus récemment, ce 16 avril, trois gros blocs de béton ont été placés à l’entrée du camp Truillot à Ivry-sur-Seine pour empêcher le passage des véhicules chargés de métaux qui alimentent l’activité des ferrailleurs. Une décision étonnante alors que le collectif citoyen qui intervient dans le campement avait joué les médiateurs et permis, depuis une semaine, l’arrêt des fumées incommodant les riverains. La mise en place des plots n’a évidemment rien réglé et envenimé la situation : les camions de ferraille sont désormais garés sur la route et gênent la circulation. Dans le terrain, l’ambiance est à la discorde, les uns reprochant aux autres d’avoir provoqué, par leur activité, l’installation des plots… Dans une charte, s’appuyant sur les textes de loi en vigueur, pour le respect des droits et la dignité des occupants de terrain.
Romeurope rappelle que « Nul ne peut faire l’objet de menaces ou de contrainte de la part du propriétaire, des forces de l’ordre ou de toute personnes afin de lui faire quitter illégalement son habitation de fortune (…). Dans le cas contraire, l’auteur de ces faits est passible de sanctions judiciaires. »


16 avril 2015

Emplois jeunes

  • Du nouveau ?

    Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a brossé sous forme de point d’étape, le 14 avril, devant l’association des journalistes de l’information sociale (AJIS), le paysage des dispositifs destinés aux jeunes des quartiers prioritaires de la politique de la Ville. D’une part, un tout nouveau contrat starter, annoncé au comité interministériel à l’égalité et la citoyenneté du 6 mars, a été pensé pour les moins de trente ans en difficulté d’insertion, le dispositif prenant son envol (à suivre). Déchargeant l’entreprise de 45 % du salaire du jeune employé, l’objectif est ambitieux : 13 000 bénéficiaires concernés en fin d’année. D’autre part, se félicitant de la fusion de la prime pour l’emploi (PPE) et du RSA activité, le ministre s’est déclaré favorable à une extension de cette nouvelle prime d’activité à tous les apprentis et aux étudiants qui travaillent, soit un million de personnes supplémentaires environ. De même, il a rappelé que la garantie jeunes [allocation octroyée aux 18-25 ans dans le cadre d’un parcours intensif d’accès à l’emploi et à la formation, mesure pour laquelle un bilan est prévu en septembre prochain] serait déployée sur cinquante-deux nouveaux départements d’ici la fin de l’année. Les emplois d’avenir, eux, ont d’ores et déjà dépassé leur objectif : 170 000, alors que 150 000 étaient prévus. Enfin, il a reconnu que le contrat de génération [aide à la formation de jeunes par des seniors en entreprise] n’était pour l’heure que peu efficace, avec une prime « probablement insuffisante ».
    www.ajis.asso.fr
    (La rédaction Lien social)


8 avril 2015

Atelier du Non-Faire

  • On fait quoi, maintenant ?

L’atelier du Non Faire (ANF) a voulu, dès sa naissance il y a plus de trente ans, « briser le quotidien asilaire et redonner l’élan vital aux personnes enfermées, infantilisées, privées de leurs droits de citoyen ». Christian Sabas, infirmier psychiatrique hors normes, y a animé des ateliers de peinture et de musique ; à partir de matériaux de récupération, les patients se font créateurs. Aujourd’hui, dans le Pavillon 53 de Neuilly-sur-Marne, sont entreposées quelque 8000 toiles et dessins. Mais alerte rouge : la mairie de la ville d’une part, et l’établissement public de santé (EPS) Maison-Blanche d’autre part, veulent récupérer les lieux. Clairement menacé de disparition, l’ANF est à la recherche d’un endroit qui puisse accueillir ce fonds d’œuvres. Parallèlement – paradoxalement –, l’ANF est distingué par une fondation qui lui attribue une aide financière pour l’embauche d’une aide à l’administration.
La résistance s’organise. D’une part, une vidéo circule sur Internet.
D’autre part, une pétition est lancée.

Atelier du Non Faire
81 rue Robespierre - 93100 Montreuil.
e-mail
atelierdunonfaire.com

(La rédaction Lien social)


30 mars 2015

Mobilisation tous azimuts

L’assassinat d’un éducateur spécialisé, le 19 mars à Nantes, dans un service social de protection de l’enfance, a fortement interpellé le secteur. Plusieurs centaines de personnes lui ont rendu hommage le 23 mars suivant. L’intersyndicale – CGT / FO / CFDT / Sud / Unsa – a appelé à une manifestation, le 2 avril à Nantes, pour dénoncer « l’absence de reconnaissance par les pouvoirs publics de ce drame professionnel » et réclamer « des moyens financiers et humains pour les institutions afin de mener à bien les missions confiées ».
Ce même 2 avril, les personnels des services sociaux, réunis en intersyndicale, sont appelés à la grève pour demander, entre autres, l’ouverture de négociations pour un plan pluriannuel de créations de postes. RV est donné à 14h30 à l’angle de la rue de Grenelle et de la rue Saint-Simon (métro Rue du bac, ligne 12) et devant les rectorats de toutes les académies.
D’autre part, le collectif Avenir Éducs inaugure un cycle de débats publics intitulés Debout pour les métiers du social sur la question polémique de la refonte des métiers, envisagée dans le cadre des prochains États généraux du social. En effet, fin 2014, un rapport en ce sens avait été déposé par la Commission professionnelle consultative (CPC, instance du ministère des Affaires sociales) devant être validé au mois de juin. La concertation minimaliste qui a présidé à cet écrit a fortement indisposé la profession. En outre, plusieurs inquiétudes sur le fond ont émergé : disparition d’un certain nombre de diplômes, « déqualification dans la relation à l’autre » (les actuels niveaux III deviendraient coordinateurs de projets), et réorganisation de la formation. Le collectif sera d’ailleurs reçu par Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, le 23 avril.
Le 17 avril, ce débat aura lieu à Lille. Il sera suivi d’autres : Nantes et Orléans en juin, Toulouse en septembre, Marseille en octobre, Paris en novembre. Ces débats s’achèveront par un festival du travail social.
Avenir Éducs

Le 2 avril, aura lieu, dans la même veine, une conférence-débat à Strasbourg, avec Jean-Marie Vauchez, président de l’organisation nationale des éducateurs spécialisés (ONES). Contact : sur facebook ou par mail.
Le parallèle peut être fait avec ce qui se passe en Belgique.
(La rédaction Lien social)


20 mars 2015

J’aime les GEM

Les groupes d’entraide mutuelle (GEM, valorisant l’aide entre pairs atteint de troubles psychiques) sont-ils encore atypiques ? Dix ans après leur création par la loi Handicap du 11 février 2005, ils se portent bien. Un récent bilan en témoigne, portant sur leur activité en 2013, et mis en ligne par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
L’étude en dénombre alors 373, le plus souvent financés par les agences régionales de santé (ARS), avec un taux de fréquentation allant croissant. Leur « inscription forte dans leur environnement » est relevée, via des conventions de partenariat (avec le milieu associatif, avec les acteurs de l’offre de soins et d’accompagnement…) de plus en plus nombreuses. 17 % d’entre eux ont développé un partenariat avec la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), soit une augmentation de 4 % par rapport à 2012.
Toutefois, une difficulté de taille, concernant leur financement actuel, a été soulignée : le plafond de la subvention n’a pas été relevé depuis… leur création. Paradoxalement, leur bon fonctionnement n’est en aucune manière valorisée financièrement… Une évaluation nationale des groupes d’entraide mutuelle a été confiée — et ce depuis le Comité interministériel du handicap du 25 septembre 2013 — à l’association nationale des centres régionaux pour l’enfance et l’adolescence inadaptée (ANCREAI).
Bilan d’activité des groupes d’entraide mutuelle (GEM)
(La rédaction Lien social)


18 mars 2015

Collectif des associations citoyennes • Carte des associations menacées

À l’automne dernier, le collectif des associations citoyennes annonçait un « plan social invisible » dans le secteur associatif en raison de la baisse des financements publics. Il pronostiquait entre 30 000 et 40 000 postes en moins. Une prévision contestée par certains spécialistes, comme la chercheuse Viviane Tchernonog dans un tribune publiée sur Jurisassociations de décembre 2014, qui avait reproché au collectif de faire le buzz et de créer un sentiment de panique là où le secteur associatif continuait de créer des emplois. Le collectif maintient son analyse et signale aujourd’hui les conséquences de cette politique d’austérité dans les communes. Il lance une carte, qu’il appelle à compléter, corriger, préciser.
Carte à visionner ici
Elle recense les lieux, en rouge, où les baisses de subventions aux associations sont actées par les conseils municipaux, en jaune, les baisses signalées par les associations elles-mêmes et en vert les communes où le financement est maintenu par volonté politique. Toutes les communes où les subventions baissent n’ont pas la même approche. « Il y a celles qui baissent de manière uniforme, détaille Didier Minot, membre du collectif, expliquant qu’elles n’ont pas d’autres choix comme par exemple à Revin où toutes les associations ont perdu 3% de leurs subventions ». Dans d’autres lieux, le choix politique est clair. Ainsi, à Romans, la municipalité a annoncé vouloir baisser de 40% le budget des centres sociaux et des MJC. Enfin, il existe aussi des municipalités « qui font le choix de diminuer leurs frais de fonctionnement pour préserver les budgets associatifs » souligne Didier Minot. Le collectif des associations citoyennes appelle à une mobilisation pour défendre les associations. Il lance son « printemps des associations » depuis ce lundi 16 mars avec une semaine de mobilisation en Loire Atlantique et à Angers.
(La rédaction Lien social)


2 mars 2015

L’hôtel : impasse des familles sans abri

« Les prisonniers, ils ont un endroit pour manger et on peut leur rendre visite. Nous, on ne peut pas nous rendre visite » témoigne une des 825 personnes interrogées par le Secours catholique. L’association publie une enquête sur les familles logées à l’hôtel en Ile de France. En 2011, 30 000 personnes y vivaient à l’hôtel, dont 92% en famille. Le baromètre de la Fnars pour décembre 2014 signale une augmentation de 73% des recours à l’hôtel pour attribuer des places d’urgence entre décembre 2013 et décembre 2014. « Une drogue dure » reconnaissait la présidente du Samu social, Christine Laconde, le 15 janvier dernier, lors des dernières assises Fnars : les places sont rapidement mobilisables et elles semblent couter peu chères… Un faux semblant qui en réalité pèse très lourd sur le budget de l’urgence mais également sur la vie des familles. Loin de tout, entassées dans de petites chambres, parfois la plupart du temps privées d’accompagnement social, les familles, ballottées entre les hôtels, ont du mal à maintenir la scolarisation de leurs enfants, à se faire à manger dans des hôtels où la préparation des repas est impossible… à s’en sortir tout simplement. Parmi les témoignages recueillis par le Secours catholique, l’hébergement - qui devait être d’urgence - s’inscrit dans la durée : 44% des personnes interrogées sont hébergées depuis au moins un an à plus de quatre ans. Sur l’ensemble des personnes interrogées, 189 (soit 73%) affirment bénéficier d’un suivi social mais seules 18% rencontrent leur référent au moins une fois par mois. Enfin, si pour 56% de ces personnes, le lieu du suivi social est à moins d’une heure de leur hébergement pour 42%, il est situé à au moins une heure de parcours voire plus de deux heures. « Loin de stabiliser, la vie en hôtel marquée par l’éloignement, les ruptures et le ballotage accentue ou créé de nouvelles fragilités chez les personnes » souligne le rapport truffé de témoignages des familles sur leur quotidien. Plus d’informations (La rédaction Lien social)


24 février 2015

Loi santé et inégalités : Médecins du Monde réclame la fusion AME-CMU

Médecins du Monde a appelé mardi les parlementaires à améliorer le projet de loi santé, jugé trop timide en matière de lutte contre les inégalités, l’ONG préconisant notamment une fusion de l’aide médicale d’État (AME) et de la couverture maladie universelle (CMU). "Globalement, on est au milieu du gué", a déploré le président de Médecins du monde, Thierry Brigaud, lors d’un point presse à Paris. S’il salue certaines dispositions, comme la généralisation du tiers payant (dispense d’avance de frais) ou l’expérimentation de salles de shoot, destinées à réduire les risques liés à la consommation de drogue, Thierry Brigaud regrette l’absence de mesures concernant la CMU, la CMU-C (complémentaire) ou l’AME. "Près de 90% des personnes accueillies pour la première fois dans un centre de soins MdM ne disposent d’aucune couverture maladie alors que près des trois-quarts pourraient y avoir accès", souligne l’ONG. Outre un "relèvement du seuil de la CMU-C jusqu’au seuil de pauvreté" (977 euros mensuels), Médecins du monde réclame la fusion de l’AME, réservée aux étrangers sans papiers ni ressources, "dans la CMU" afin d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les frais de gestion. (source AFP)


20 février 2015

Plan antiterrorisme : recrutements pour la PJJ et les services d’insertion et de probation

Le ministère de la Justice a finalisé son plan de lutte contre le terrorisme qui prévoit notamment un volet contre la radicalisation en prison, a indiqué jeudi la chancellerie. Au total, 950 emplois nouveaux vont être créés en trois ans dans ce cadre pour un budget de 181 millions d’euros. Parmi eux 483 emplois seront consacrés à l’administration pénitentiaire, 283 aux services judiciaires, 169 à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et 15 à l’administration centrale. Des mesures concernent directement l’intervention des services d’insertion et de probation : 100 éducateurs et psychologues - 74 en 2015 et 26 en 2016 - seront nommés pour renforcer ces services. S’ajouteront un directeur et un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) qui ont vocation à être "référents antiterrorisme Paris pour les magistrats et les services pénitentiaires". A la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), 169 nouveaux postes seront consacrés au développement de la veille sur les phénomènes de radicalisation des jeunes, pour mieux former les personnels en contact avec ces publics et implanter sur tout le territoire un réseau de référents citoyenneté et laïcité. (source AFP)