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23 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Distance sociale, distanciation et coopération : défis à venir du travail social (2)

Par Gilles RIVET – COPAS.

Ces différentes approches semblent partager un idéal de communauté de projet. Mais les obstacles sont nombreux qui interdisent de fait, le plus souvent, la réalisation de cet idéal. À commencer par cette fameuse asymétrie de relations et de pouvoir, bien réelle, entre des personnes fragilisées et les différents acteurs d’institutions dont ces personnes restent dépendantes. N’oublions pas non plus l’énergie et le temps nécessaires pour entamer la véritable révolution culturelle que représente la coopération, associant les personnes bénéficiaires, à un projet commun, temps et énergie aujourd’hui principalement investis dans la réponse à des impératifs d’une gestion efficiente. Enfin, parler de révolution culturelle, c’est admettre que l’obstacle le plus solide est peut-être cet attachement à cette distanciation qui parait consubstantiel au travail social. S’il n’existe aucune solution magique, la voie organisationnelle peut cependant ouvrir des horizons. Certes, penser la création d’un établissement ou d’un service d’emblée comme un projet commun, co-construit par les différentes catégories d’acteurs potentiellement impliqués — qu’ils soient professionnels, élus politiques, bénéficiaires, habitants d’un territoire, prestataires de services… —, ne constitue pas une démarche totalement inédite dans l’histoire contemporaine de l’action sociale et de la solidarité. Mais il existe depuis 2001 un support juridique, la Société coopérative d’intérêt collectif, permettant d’incarner un tel projet de co-construction. Pour aller à l’essentiel de ce qui nous occupe ici, la société coopérative d’intérêt collectif (Scic) apporte au statut 1947 des coopératives une innovation majeure : le multi-sociétariat. Plus précisément, toute SCIC doit impérativement être composée d’au moins trois catégories d’associés, parmi lesquelles obligatoirement les salariés et les bénéficiaires. Alors que 741 SCIC étaient recensées en 2017, 86 intervenaient dans le secteur « services de proximité, santé, social, handicap, petite enfance, hébergement » sur les 627 répertoriées en 2016, soit un peu moins de 14%3. Trois exemples pour illustrer ces premières expérimentations. Le 1er novembre 2016, une maison de retraite gérée sous statut SARL classique à Cerizay, dans les Deux-Sèvres, s’est transformée en SCIC SAS, sous l’impulsion de l’ADMR, de la ville de Cerizay et d’une dizaine de salariés. Le 5 décembre 2017, le chantier d’insertion Les Jardins de Volvestre, en Occitanie, s’est transformé en SCIC, dont les statuts ont été signés par les 52 sociétaires, dont 4 collectivités locales, des salariés permanents et en insertion, des agriculteurs ainsi que des partenaires socio-économiques notamment dans le domaine de la formation. Enfin, le 21 décembre 2018, l’entreprise adaptée SAPRENA, en Loire Atlantique, s’est transformée en SCIC, dans laquelle l’ADAPEI reste un acteur majoritaire, outre les 80 salariés, sur 360, qui ont choisi de devenir associés.

Les exemples qui viennent d’être évoqués apportent donc au moins deux innovations majeures au travail social : la première est l’introduction d’une égalité radicale entre professionnels associés et usagers-associés, au nom du principe « un homme/une voix » ; la seconde est l’institutionnalisation d’un projet commun sous la forme coopérative. La SCIC ne possède pas, pour autant, l’exclusivité de cette innovation. Lorsqu’une association décide de modifier ses statuts afin d’ouvrir la possibilité d’adhésion à ses salariés et aux usagers, elle propose au travail un cadre assez similaire, la participation au capital en moins. Dans ces deux formes d’organisation, le travail social qui est susceptible de voir le jour enchâsse l’accompagnement social construit entre un professionnel et un bénéficiaire dans une relation d’égalité entre deux associés. Et c’est dans ce cadre inédit que devrait alors être repensée la distanciation. En effet, si cette dernière a permis au travail social de construire des pratiques d’une professionnalité rigoureuse et respectueuse des personnes, force est de constater que le rapport dominant/dominé n’en a pas été fondamentalement modifié.
Les vécus du confinement, avec leurs expériences relationnelles improvisées par nécessité, viennent se greffer sur des réflexions au long cours concernant la nature de la relation d’aide propre au travail social, mais également sur des expérimentations organisationnelles récentes, mais souvent confidentielles. Il est ici proposé de leur donner une nouvelle visibilité en tirant enseignement d’une crise qui secoue et marquera sans doute durablement les acteurs du social. C’est peut-être en établissant explicitement une jonction entre ces trois éléments — réflexion au long cours, expérimentations récentes, adaptations à la crise — que l’on sortira au mieux de cette période troublée, en franchissant un pas de plus vers un travail social fraternel…

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22 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Distance sociale, distanciation et coopération : défis à venir du travail social (1)

Par Gilles RIVET – COPAS.

Le point de départ de cette chronique est le témoignage de professionnels (soignants pour la plupart) des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) faisant le choix de partager la vie des personnes âgées, afin de réduire le risque de contaminer leur propre famille par des aller-retour quotidien domicile-travail. Si cette décision est prise sous contrainte d’un sentiment de nécessité, elle relève néanmoins d’un choix -l’alternative pouvant être les nuitées dans des hôtels bon marché - et, surtout, elle crée une situation partiellement inédite.

Distanciation et travail social

Pour introduire un bref commentaire de cette situation, on pourrait commencer par rappeler les phénomènes relativement récents de précarisation des travailleurs sociaux.

Ces phénomènes ont été analysés négativement d’un double point de vue : bien sûr quant à la situation personnelle de ces professionnels, d’une part ; mais également quant à une réduction, jugée néfaste, de la distance situationnelle entre les professionnels et les personnes qu’ils accompagnent, d’autre part. Il y aurait donc quelque chose d’essentiellement paradoxal dans l’accompagnement de personnes fragilisées par des personnes elles-mêmes fragilisées. Pour dire les choses autrement, toute forme de communauté de situation est ici interprétée comme un risque d’affaiblissement de la possibilité de mise en œuvre de la professionnalité du travail social. Or la pierre angulaire de la professionnalité du travail social, c’est la distanciation, soit un équilibre entre empathie et parole institutionnelle. Et c’est précisément cette distanciation qui parait radicalement remise en cause dans les EHPAD évoqués précédemment.

La situation n’est pourtant que partiellement inédite. Ce n’est pas d’aujourd’hui que des éducateurs passent une partie de leurs nuits dans les foyers, que ce soit en protection de l’enfance ou dans le handicap, même si la tendance est à leur remplacement par des veilleurs de nuit. Ce vécu, appartenant à une tradition du travail social, est-il pour autant équivalent à l’expérience de ces professionnels en EHPAD ? Pas tout à fait, me semble-t-il. Dans ce dernier cas, la communauté de vie est une composante du cadre institutionnel institué, au sein duquel la distanciation, souvent très difficile, est maintenue et travaillée dans des espaces dédiés, sous la forme de réunions de synthèse, d’équipe ou d’espaces de parole. Dans les EHPAD évoqués, la communauté de vie est inventée par les acteurs et s’invite par effraction dans un cadre institutionnel qui ne la prévoit pas. S’il serait présomptueux et prématuré de parler de processus instituant, l’on peut en revanche entrevoir une réduction de la distanciation.

L’affaire se complique encore avec les nouvelles distances sociales introduites dans le travail social par la crise sanitaire. Que ce soit dans le champ du handicap, avec la fermeture d’Institut médico-éducatif (IME), en protection de l’enfance, avec la suspension des visites en Maison d’enfants à caractère social (MECS) et les accompagnements à distance en Aide éducative en milieu ouvert (AEMO), en insertion par l’activité économique avec également des accompagnements à distance, les exemples abondent de mises à distance physique de l’accompagnement. Ces circonstances caractérisent-elles un mouvement inverse à celui qui était observé dans les EHPAD ?

Quelques commentaires d’acteurs doivent nous inviter à y regarder de plus près, qui témoignent du fait que, entre les acteurs de la protection de l’enfance, « beaucoup moins soumis aux normes habituelles », se sont créées « des relations plus naturelles, plus de solidarité ». Au total, « si la crise a fragilisé certains liens, elle en a aussi renforcé. Une certaine énergie se dégage du fait de traverser ça ensemble » (1). Ce serait donc bien un vécu commun, partagé, qui serait à l’origine d’une nouvelle expérience de solidarité portée par le travail social, caractérisée par un rapprochement assumé, qui nous oblige à reconsidérer les attendus et les pratiques de la distanciation, d’une part et qui parait, d’autre part, en mesure d’affaiblir cette asymétrie de la relation que le travail social a identifiée depuis longtemps et qu’il cherche à réduire avec une constance qui l’honore.

Modèle organisationnel et coopération

À ce stade, des liens peuvent être établis avec des réflexions et expérimentations en cours dont la source est cette fois le modèle organisationnel des établissements et services sociaux et médico-sociaux. Ces fameux Établissement sociaux et médico-sociaux (ESMS), lorsqu’ils appartiennent au secteur privé non lucratif, sont alors appréhendés comme des organisations d’économie sociale et solidaire, tout simplement parce que leur association de gestion le sont. Cette perspective peut ouvrir la voie à un bouleversement de l’optique des relations entre professionnels du social et destinataires de leur intervention.

Et cela pour au moins deux raisons.

La première a trait à une pensée du travail social d’abord comme une forme de solidarité en actes. Qu’il constitue, comme forme opérationnelle de l’action sociale, une incarnation de la solidarité nationale dont les travailleurs sociaux sont les agents, est une évidence éprouvée quotidiennement par les professionnels lorsqu’ils mettent en œuvre les orientations et réglementations des politiques sociales. Il est proposé de les considérer également comme acteurs d’une solidarité vécue, au sens qui en est donné par l’économie solidaire, c’est-à-dire construite sur des relations d’interdépendance et de réciprocité, en l’occurrence entre des citoyens travailleurs sociaux et des citoyens exprimant, conjoncturellement ou durablement, le besoin d’une aide particulière.

La seconde est liée aux modèles organisationnels de ces mêmes ESMS. Ils sont aujourd’hui structurés autour d’un projet, d’établissement ou de service, dont l’élaboration doit, selon une recommandation de la défunte Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM), associer fortement les usagers. Ces derniers sont alors considérés comme « parties prenantes » (2), au même titre que les professionnels et les partenaires. Il parait donc légitime d’envisager le projet comme une ambition commune, construite conjointement par ces différentes catégories d’acteurs. Outre cette forte incitation réglementaire, l’on voit parfois affirmée par le projet des établissements et services la nécessité d’équivalence de traitement entre professionnels et usagers, que ce soit en termes de bientraitance, ou de participation, et cette mise en miroir figure également dans certains projets associatifs.

(1) « Philippe Fabry : dans la protection de l’enfance, ‘ la crise a fragilisé certains liens et en a renforcé d’autres ’ (IRTS), in ASH, Rebondir ensemble, n°26, 30 avril 2020 2 « Élaboration, rédaction et animation du projet d’établissement ou de service », Recommandations de bonnes pratiques professionnelles, ANESM, décembre 2009

(2) Élaboration, rédaction et animation du projet d’établissement ou de service », Recommandations de bonnes pratiques professionnelles, ANESM, décembre 2009

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21 mai 2020

★ INITIATIVES - « Nos jeunes applaudissent leurs éducateurs à 20h10"


Rencontre 93, une association de Seine Saint Denis propose sur son site https://www.educverslavie.fr plusieurs vidéo donnant la parole tant aux professionnels qu’aux jeunes. A voir absolument

A défaut d’être reconnus par la France, les éducateurs, à Rencontre 93, sont applaudis par les jeunes, juste après qu’ils aient applaudi au balcon à 20h les personnels soignants sur le front de la lutte contre le Covid-19. L’investissement des professionnels de la sauvegarde de l’enfance "n’est pas quelque chose qu’on a beaucoup entendu dans le discours de nos politiques", estime Norbert Giuliani, directeur de Rencontre 93.

https://www.educverslavie.fr/2020/04/nos-jeunes-applaudissent-leurs.html


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20 mai 2020

★ INITIATIVES - « Je ne peux pas rester enfermé »


Rencontre 93, une association de Seine Saint Denis propose sur son site https://www.educverslavie.fr plusieurs vidéo donnant la parole tant aux professionnels qu’aux jeunes. A voir absolument !
Christian est un jeune du Service d’Accueil d’Urgence de Rencontre 93. Il nous confie ses difficultés à vivre le confinement et ce qu’il en tire malgré tout. Si, au départ, le confinement au sein du collectif avait son lot de "bagarres et d’embrouilles", il explique que la situation s’est finalement calmée. Mais il admet avoir déjà fugué du foyer. Bien qu’il ait conscience que "le confinement c’est dur pour tout le monde", pour sa part il avoue ne pas pouvoir rester enfermé.
https://www.educverslavie.fr/2020/05/je-ne-peux-pas-rester-enferme.html


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20 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Applaudir et remercier…

Par Cédric C., 18 ans suivi en Maison d’enfants à caractère social.

Pendant le confinement à 20 heures, nous nous sommes mis à nos fenêtres et avons applaudi tous les soignants en guise de remerciements pour les soins apportés auprès des victimes du Covid-19.
De ma fenêtre, à mon niveau j’ai aussi souhaité dire merci à ceux qui prennent soin de moi depuis l’âge de 16 ans.
Ceux ne sont pas des médecins, ni des infirmiers, ni des pompiers, ce sont des éducateurs. Leur mission, nous accompagner lorsque nous traversons une période difficile de notre vie et que nous sommes contraints de nous séparer de notre famille. C’est ce qui m’est arrivé. A l’âge de 16 ans, les relations avec ma mère sont devenues si compliquées et douloureuses à vivre que la solution préconisée a été l’éloignement dans le cadre d’un placement.
Dire merci aux éducateurs c’est aussi donner une autre image de leur travail et des lieux dans lesquels ils interviennent, les foyers. Souvent, l’image médiatique fait surtout état de l’accueil de jeunes délinquants. Dans mon foyer, la MECS Le Pourquoi Pas, j’ai découvert que c’était tout autre. Bien sûr il y a une proportion de jeunes qui passent à l’acte, qui font des embrouilles mais la majorité de ceux qui y vivent ne sont pas délinquants. Ce sont des jeunes comme moi. En arrivant dans ce foyer, un collectif de 14 jeunes, je pensais ne pas pouvoir m’intégrer. J’étais inquiet, j’avais subi du harcèlement scolaire pendant longtemps et je craignais qu’il se produise la même chose. Je n’avais plus confiance en les autres, ni en moi. Mais cela n’a pas été le cas, j’ai été bien accueilli tant par les jeunes que par les adultes. Bien sûr vivre en collectivité génère des hauts et des bas, nous ne pouvons pas nous entendre avec tout le monde mais cela développe aussi des ressources : l’apprentissage de la tolérance, de la compassion. Il y a une forme de solidarité qui se crée entre jeunes car après tout nous sommes tous là, un peu dans la même galère avec nos soucis. Quand il y a des coups de gueule, on se dit : « tiens il n’est pas bien aujourd’hui, y a un trop plein mais demain cela ira mieux. Aujourd’hui c’est lui demain cela en sera un autre ou moi ». Nous vivons avec les hauts et les bas émotionnels de chacun et nous finissons par les accepter. Nous ne pouvons pas nous entendre ni aimer tout le monde, mais j’ai vraiment créé des liens privilégiés avec certains jeunes qui sont devenus des amis et les éducateurs comme des membres de ma famille, de ma deuxième famille.
Peu avant la date du confinement, je vivais sur le collectif, j’ai intégré un appartement géré par la MECS Le Pourquoi pour expérimenter la vie en logement autonome. Par l’annonce que chacun devait rester chez soi, de façon un peu brutale, j’ai alors fait l’expérience de la solitude mais grâce à la présence des éducateurs pas celle de l’isolement.
Ainsi chaque jour à 20 h en applaudissant les soignants, j’ai souhaité aussi applaudir mes soignants, leur dire merci.
Merci aux éducateurs d’être venus très régulièrement me rendre visite, d’avoir continué leur service en pleine pandémie de Covid-19, d’avoir été là pour tous les jeunes, malgré les circonstances dangereuses.
Ce temps de confinement a été un temps de remise en question, un temps de réflexion, comme une sorte d’arrêt sur image, l’image de ma vie. J’ai repensé à ses différentes étapes, aux expériences vécues au foyer en pleine adolescence. Il n’y a pas à dire vivre en collectivité c’est surmonter des moments difficiles mais aussi se souvenir de bons moments, des cris, des pleurs, des rires et fous rires, des instants que l’on kiffe. Ma vie quoi ! Celle que j’ai vécue, que je vis et que je ne renie pas. Pour certains jeunes, être placé dans un foyer est honteux. Ils craignent d’être considérés comme des délinquants ou des « cassos ».
Je n’ai pas honte de ce placement, je ne suis ni un délinquant, ni un « cassos, je suis un adolescent qui avait juste besoin d’être aidé pour être et devenir.
Alors Merci aux éducateurs de m’avoir fait grandir, d’être comme ma deuxième famille.
Merci d’avoir médiatisé les relations entre ma mère et moi, nos relations sont devenues meilleures.
Merci de m’avoir aidé à renouer les liens avec mon père
Merci d’être disponible, d’être à l’écoute lorsque j’ai besoin de parler de sujets que je n’aborderais jamais avec ma mère.
Merci d’avoir pris soin de moi cela m’a permis de me reconstruire, de ne plus être dans un statut de victime et d’avoir confiance en moi. Merci pour cela
Merci de vous être fâché, me montrant votre inquiétude et intérêt.
Merci de m’avoir soutenu, rassuré dans mes choix.
Merci de m’avoir donné quelques ficelles pour aborder les filles.
Merci de m’avoir aidé à trouver les mots pour dire mes tensions, mes doutes, mes joies.
Merci de m’avoir appris à m’aimer et à m’accepter tel que je suis.
J’ai 18 ans, je ne peux oublier d’où je viens, par où je suis passé, avec votre aide je sais un peu mieux où je vais.
Merci…

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19 mai 2020

■ ACTU - Crise sanitaire • #EtatResponsable : une vidéo coup de poing

Dans une vidéo parodique, Médecins du Monde rappelle que la crise sanitaire a exacerbé les inégalités de santé et mis à jour les dysfonctionnements du système de santé français.

Fermeture des accueils de jour, des distributions alimentaires, arrêt des maraudes, aux premiers temps de la crise sanitaire, « le choc a été dramatique pour des dizaines de milliers de personnes à la rue ou en habitat précaire », soulignait le collectif des associations unies dans un bilan mi-avril, intitulé « les oubliés du confinement ».

Depuis les crédits débloqués pour l’aide alimentaire, les 9000 places d’hébergement créées en urgence, les 80 centres dédiés Covid ouverts ont pu alléger la pression mais il reste des milliers de personnes à la rue. Dans son appel, Médecins du Monde alerte : dans les squats, les bidonvilles, les campements et à la rue, difficile de tenir les mesures sanitaires. L’association exige une délivrance gratuite des masques et des tests.

Elle demande également l’accès à l’eau et à l’hygiène « des déterminants de santé essentiels ». Le 1er mai dernier, cinq associations étaient déboutées de leur requête par le tribunal administratif de Toulouse. Elles demandaient l’accès à l’eau et à des sanitaires dans les 12 bidonvilles et campement de la métropole mais aussi la réouverture des bornes fontaines et des sanisettes publiques pour les 2500 personnes qui vivaient à la rue en pleine crise sanitaire. Le tribunal a tranché en jugeant que les collectivités avaient mis en œuvre des actions avant la crise et, selon un communique de la Ville, n’observait « aucune carence grave de nature à porter atteinte au respect de la dignité humaine ».

Enfin, Médecins du Monde dénonce les restrictions et difficultés permanentes des personnes étrangères précaires dans leur accès aux soins (refus de soins des personnes couvertes par l’Aide médicale d’Etat, restriction de l’accès des demandeurs d’asile à la couverture maladie universelle…) qui renforcent la circulation du virus.


19 mai 2020

★ INITIATIVES - Un clin d’œil revitalisant

Le confinement vous a déprimé ? Le dé confinement vous inquiète ?

Il y a un traitement qui peut vous remonter le moral. Il nous vient de l’île de La Réunion.

Le clip réalisé par l’équipe du SAMSAH de la Fondation Père Favron ne peut que vous redonner de l’énergie.

SAMSAH : quesaco ? C’est un « Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés » qui a pour vocation de permettre le maintien à domicile, en proposant des soins médicaux et paramédicaux réguliers et coordonnés, une assistance pour tout ou partie des actes essentiels de l’existence, un suivi social et un apprentissage à l’autonomie.

« Durant le confinement nous avons été amené à fermer notre service d’Accueil temporaire et notre SAMSAH, les cinquante-deux personnes handicapées qui en bénéficiaient restant confinées chez elles », explique son Directeur Philippe Yver. Le suivi a néanmoins été maintenu sous forme de visites, de contacts téléphoniques et de Visio-conférences quand c’était possible. Des sorties encadrées leur ont été proposées à moins d’un kilomètre de chez elles, durant une heure.

Le clip rend compte de tout ce travail en choisissant le registre du positif, de l’enthousiasme et de l’optimisme. A surtout ne pas manquer !


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19 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Je ne veux pas que l’on vole ton enfance et ton insouciance

Par Angélique, psychologue pour tous les enfants, virus ou non.

Pour L., 5 ans.

La Peste rôde toujours sur nos villes.
On a mis sur le bûcher les vieux, les handicapés, les enfants qui n’ont plus de parents et dont personne ne veut, les enfants placés. Les enfants victimes de violence ont été abandonnés par leur bourreau. Peut-être pour faire un peu plus de place sur la Terre, qui sait ? Et puis, dans tout ce chaos, il y a nos jolis mômes. Qui va les sauver ? Qui va préserver leur innocence ? Leur insouciance ?
Mon cœur de psychologue pour enfants battait très fort à l’idée de revoir mes petit(e)s patient(e)s et puis, il s’est fendu lorsque nous nous sommes revu(e)s.
Ma chère petite patiente, je ne veux pas que tu portes un masque qui t’empêche de bien respirer et de me raconter avec émotion(s) et entrain ce que tu vis.
Je ne veux pas que tu aies peur de t’approcher de moi pour me montrer avec fierté le dessin pour lequel tu t’es si soigneusement appliquée.
Je ne veux pas que tu grandisses trop vite en voulant nouer tes lacets toute seule alors que c’est difficile, car tu as appris par cœur que je n’avais pas le droit de m’approcher de toi à moins d’un mètre et que nous n’avions pas le droit, non plus, de toucher le même objet.
Je ne veux pas que tu nettoies le bureau sur lequel nous nous sommes installées, pour me protéger, car tu sais que les enfants peuvent être porteurs et contagieux d’un virus qui fait peur parce qu’il rend malade et peut tuer les gens que tu aimes. Je ne veux pas que tu penses que c’est ta faute si un jour cela se produit.
Je ne veux pas que tu penses que tu fais peur aux gens lorsque les mamies et les papis changent de trottoir lorsqu’ils te croisent. Ils sont très âgés tu sais, ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils n’ont pas conscience qu’ils blessent ton petit cœur d’enfant.
Je ne veux pas que tu restes seule avec tes angoisses, tes peurs, tes inquiétudes parce que certains professionnels, dont c’est le métier d’essayer de rendre les enfants les plus heureux possibles, ne veulent pas te rencontrer car ils ont peur d’attraper le virus.
Je ne veux pas que tu regardes les enfants de la famille voisine jouer ensemble, seule, depuis ton jardin.
Je ne veux pas que tu sois triste de ne plus voir tes copines à l’école car on a dû diviser les classes et les temps de présence à l’école en semaine, pour que maman et papa puissent aller travailler et donner une partie de leur vie et de l’argent qu’ils gagnent au Président. C’est le Président qui s’est trompé quand le virus est arrivé, il a toujours pensé que la santé des adultes et des enfants n’était pas très importante.
Je ne veux pas que tu joues seule dans la cour de récréation, dans ta minuscule geôle, délimitée par de la craie ou un cerceau déposé au sol.
Je ne veux pas que tes jeux d’enfants, si chers à ton cœur et nécessaires à ton bon développement soient une mascarade.
Je ne veux pas que ce virus te fasse peur. Le virus est le souci des adultes, c’est leur rôle de te protéger.
Je ne veux pas que tu aies peur, au point de ne plus pouvoir sortir de chez toi.
Je veux revoir ton sourire, comme lorsque le lien entre nous s’était créé.
Je veux que tu puisses emmener ton doudou, avec toi, pour le serrer contre ton cœur, si tu en ressens le besoin, à l’école, où tout n’est plus qu’hyper vigilance et dénaturation des relations humaines.
Je veux que ta maman puisse te confier dans les mains de ta maîtresse, les jours où il est difficile de se séparer ou les jours où tu as peur.
Je veux que tu puisses recevoir l’aide et le réconfort dont tu as besoin lorsque tu n’es pas à la maison.
Je veux que tu puisses jouer et continuer à développer ta merveilleuse intelligence, imagination et créativité.
Je veux que tu continues à faire l’expérience de l’amitié et des amours enfantines.
Je ne veux pas que l’on vole ton enfance et ton insouciance.
Je ne veux pas que ton enfance soit bafouée, maltraitée pour de mauvaises raisons qui n’appartiennent qu’aux adultes.
Je ne veux pas que tu grandisses avec l’idée que tu peux être un danger pour l’autre.
Je ne veux pas que tu grandisses avec l’idée que tu doives t’isoler, te priver de tout contact physique et affectif, pour des questions d’argent.
Je ne veux pas qu’un jour tu rentres à la maison et que tu demandes l’autorisation à tes parents de les enlacer avec tout l’amour que tu leur portes ?
Comment ton petit cœur d’enfant survivra-t-il ?

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18 mai 2020

★ INITIATIVES - "Une fois sorti de cette crise : qu’est-ce qu’on fait ?"

Rencontre 93, une association de Seine Saint Denis propose sur son site https://www.educverslavie.fr plusieurs vidéos donnant la parole tant aux professionnels qu’aux jeunes. A voir absolument !
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" Il va falloir prendre en considération tous ces professionnels et toute cette amertume. Toute cette amertume pour pas qu’elle se transforme en rage. Parce que si ça explose, faudra pas dire qu’on ne savait pas !" Il faut écouter David Frayssé, directeur adjoint du SAU 93 et de La Métis, deux structures de l’AVVEJ pour sa légitime colère !
https://www.educverslavie.fr/2020/04/il-va-falloir-prendre-en-consideration.html


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18 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - LES 55 JOURS DES PÉKINS (1) !

Par Rachel N’Doli, assistante familiale

Depuis dix-huit ans, nous partageons notre vie familiale avec des enfants en difficultés, confiés par l’Aide Sociale à l’Enfance. Mon mari et moi avons deux agréments chacun, mais compte-tenu des problématiques de chaque enfant nous avons rarement accueilli quatre enfants à la maison à temps complet… En effet, ce travail demande une rigueur, une patience, une bienveillance et une tolérance extraordinaire pour partager 24h/24h notre quotidien avec des enfants qui connaissent des troubles importants : hyperactifs, souffrance carentielle, troubles psychiatriques, troubles de l’attention, de la parole, déficience cognitive, handicap moteur, handicap mental, etc.

La pandémie du COVID19 est venue tout d’un coup nous propulser dans une bulle confinée où il n’y a plus que nous et les enfants accueillis et ce depuis maintenant 55 jours … 55 jours où nous nous sommes retrouvés seuls sans aucun soutien les institutions ayant fermé elles-aussi (écoles, ITEP, CAMSPP, hôpital de jour, etc…). Nous avons dû faire preuve d’une réactivité et d’une analyse rapides pour organiser notre quotidien. Effectivement, nous savions que l’état de crise sanitaire allait durer et qu’il faudrait inventer ou réinventer notre vivre ensemble avec les 3 enfants que nous accueillons. Fini la soupape de l’école pour Nicolas (2), six ans, en classe de CP : nous allions devoir nous improviser institutrice et instituteur pour maintenir les apprentissages et même en développer de nouveaux ! Pour le plus jeune, Luigi(2), âgé de deux ans, atteint d’un handicap sévère physique et mental, la vidéo s’est imposée pour filmer les séances de stimulations diverses et variées que nous proposions. Tout ce travail est envoyé aux professionnels du CAMSPP, afin que nous puissions avoir des retours, des axes de travail pour continuer et développer la stimulation. Quant à Maud(2), 3 ans, elle a dû s’adapter à la présence de son frère Nicolas 24h/24h ce qui n’est pas simple !

Vivre au quotidien avec des enfants en carence affective est épuisant. Le placement à notre domicile de Nicolas et Maud est tout récent. Placés au Foyer de l’Enfance depuis le mois d’avril 2019, ils ne sont arrivés chez nous que début janvier 2020. Si, dans un premier temps, ce fut l’état de grâce que connaissent tous les accueils dans les premiers jours ou semaines, et que nous nommons en équipe « la lune de miel », rapidement les carences affectives précoces apparaissent…Et le COVID 19 n’a fait que les intensifier… En effet, les visites médiatisées avec le père biologique ont été suspendues et ce dernier a « totalement disparu », ne demandant aucune nouvelle de ses enfants…. Maud et Nicolas sont alors dans des demandes « inépuisables » d’affection… Au tout début de ce métier, nous pensions qu’il suffisait d’offrir à ces enfants un bon environnement pour qu’ils s’épanouissent normalement. Or, l’expérience depuis 18 ans nous le montre, et tous les travailleurs sociaux le savent, la répétition des crises, symptômes du mal-être est inévitable. Inévitable, les crises de Nicolas qui entrainent des mots violents contre lui-même, contre sa sœur, contre nous et nos propres enfants….

Tous sous le même toit, sans autre échappatoire que sa chambre, le jardin, la nature autour (qui en somme nous aide grandement !). Notre couple, solidement uni par une connaissance et une compréhension commune de la problématique qui secoue en permanence la famille d’accueil a dû faire preuve d’une rigueur toute exceptionnelle pour que tous soient préservés au maximum. Nous avons mis en place un planning spécifique pour pouvoir mener à bien toutes nos tâches journalières et nous octroyer chacun à autre tour quelques « pauses ressources » nécessaires à notre équilibre psychologique.

Ce cadre de vie bien structuré, les moyens de ressources que sont pour nous notre jardin et notre potager, les ballades, nous permettent de reprendre de la distance, de nous rééquilibrer, de rêver. Notre maison, isolée, « perdue » dans la campagne, nous permet en ces temps de confinement de ne pas nous sentir enfermés. Si nous arrivons à avoir un cadre équilibré, il est quand bien même mis à mal par les crises de Nicolas et Maud toujours assez éprouvantes car fortes et violentes. Notre nouveau rôle d’institutrice et instituteur n’aide pas du tout dans nos relations avec Nicolas qui « n’aime pas l’école ». Si, dans un premier temps, les devoirs se sont passés assez calmement, cela s’est estompé au fur et mesure avec l’arrivée notamment des nouvelles notions qu’il devait assimiler…. Après 55 jours de confinement total, nous sommes épuisés et il va falloir encore passer l’épreuve de la culpabilité pour le retour à l’école qui risque d’être marqué par de nouveaux conflits… En effet, les nouvelles mesures et consignes qui doivent être appliquées sont draconiennes et bien loin de l’école que nous avions avant le COVID19 : distanciation d’un mètre entre chaque élève : les enfants ne peuvent donc plus se donner la main, s’approcher les uns des autres… ; les adultes ne pourront plus s’approcher pour aider les enfants à s’habiller, ou les consoler en cas de chagrin…. ; les jeux extérieurs seront interdits ainsi que tous ceux à l’intérieur : jeux de ballon, toboggan, vélos, trottinettes…. Un tel fonctionnement est bien loin des valeurs que prône l’école ! Si nous ne sommes pas motivés pour remettre les enfants accueillis à l’école compte-tenu de leurs difficultés et fragilité, il est aussi une réalité qui est celle de l’épuisement, des conflits ajoutés pour des missions qui n’étaient pas les nôtres (faire l’école à la maison). A cela s’ajoute que ce sont les parents biologiques qui donnent leur accord ou non pour la reprise scolaire (autorité parentale). Dans note cas, la mère de Nicolas et Maud ne veut pas qu’ils réintègrent l’école. Par ailleurs, la juge pour enfants a considérablement restreint ses droits de visite : suspension des visites médiatisées depuis septembre 2019 et demande d’une expertise psychiatrique par l’équipe éducative… ; une visite médiatisée une fois par semaine pour le père Il n’y a donc aucun accueil au domicile des parents. Nicolas et Maud vivent à temps complet chez nous. Compte-tenu de leur grande fragilité psychologique, ils ont besoin dans un premier temps d’un lieu d’accueil stable et sécurisant. Nous avons donc posé la nécessité de ne pas avoir de congés pendant un an afin que ces enfants trouvent sérénité, stabilité, sécurité et attachement affectif nécessaires à leur développement.

De plus, l’accueil de Luigi, que nous accueillons depuis sa naissance, nous a demandé beaucoup d’énergie et de disponibilité. Pour lui aussi, nous n’avons pas eu de congés depuis sa naissance. Cela a été voulu par nous et discuté avec l’équipe pluridisciplinaire qui a évalué elle aussi la nécessité de cette continuité affective pour permette à Luigi de sortir de « sa bulle ». C’est chose faite aujourd’hui : Luigi s’ouvre au monde et a une relation de qualité avec les personnes qui l’entourent. Il est en constante progression, malgré un handicap sévère…Âgé de plus de deux ans, il ne marche pas et ne tient pas seul debout, il ne parle pas avec des mots. Il est évalué à un âge mental de 10 mois…. Pourtant, Luigi vit avec un bonheur apparent : véritable « enfant soleil », il rit beaucoup, manifeste sa joie avec beaucoup d’expressivité.

Avec le COVID19 et les nouvelles contraintes qui en découlent, nous nous retrouvons avec une surcharge de travail au quotidien. Pendant 55 jours d’accueil à temps complet chez nous, sans lieu de soupape que sont l’école, les institutions, etc. Nous estimons que nous méritons une attention toute particulière. Nous aimons notre choix de vie, notre métier si difficile parfois. Nous aimons cette intensité, cette richesse relationnelle que nous vivons avec tous les enfants. Pour autant, nous ne nous sentons pas considérés ... Les assistants familiaux devraient en toute logique avoir droit eux-aussi à la prime comme nos collègues éducateurs et assistantes sociales, cadres techniques, etc… Dans le Tarn, nos associés vont percevoir une prime allant de 400 € à 700 €. Nous, nous n’aurions droit qu’à 3 € supplémentaires par jour, tarif approuvé par FO, soit 165€ pour toute la durée du confinement !! C’est une véritable honte, une insulte à l’égard de la profession, un mépris pour tout le travail que nous avons fait durant ces 55 jours et qui pour certains va continuer puisque des parents biologiques vont s’opposer au retour de leurs enfants à l’école….

(1) Pékin ou péquin : 1." Argot militaire (vieilli). Mot péjoratif employé par les militaires pour désigner le civil ". 2. (péjoratif) individu quelconque
(2) Les prénoms des enfants ont été modifiés

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