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17 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – Face au contexte épidémique, les acteurs Plan Crack restent mobilisés


Dans le contexte de la crise sanitaire sans précédent à laquelle notre pays est confronté, les pouvoirs publics, en lien avec les acteurs associatifs, sont particulièrement attentifs à l’accompagnement et à la prise en charge, dans de bonnes conditions, de ceux de nos concitoyens les plus vulnérables. Parmi ceux-ci, les personnes usagères de produits stupéfiants, particulièrement stigmatisées, font l’objet d’un suivi attentif, notamment celles qui sont en situation de rue.

Des structures d’accueil sont maintenues

Depuis le début de la crise, les acteurs du Plan Crack (préfecture de la région d’Île-de-France, préfecture de Paris, Préfecture de Police, Parquet de Paris, Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites addictives - MILDECA, Ville de Paris, Agence Régionale de Santé Île-de-France - ARS) se sont mobilisés pour assurer le maintien du fonctionnement des structures d’accueil et d’accompagnement intervenant auprès des usagers de crack et poly-consommateurs en errance.

Les structures d’addictologie, de réduction des risques et des dommages (Centres d’Accueil et d’Accompagnement pour Usagers de Drogues - CAARUD, Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie -CSAPA …) se sont réorganisées immédiatement avec des effectifs réduits, pour préserver la continuité de leurs missions essentielles d’accompagnement et de soin sur leurs lieux d’accueil et en rue, dans le respect des contraintes de distanciation sociale avec ce public particulièrement en difficulté. Elles sont soutenues dans leurs efforts et bénéficient d’équipements de protection fournis par la Ville de Paris et l’ARS.

À ce jour, sur le territoire parisien, une vingtaine de structures spécialisées dans l’accueil et l’accompagnement des usagers de drogues (CAARUD, CSAPA, espaces de repos, salle de consommation à moindre risque) fonctionnent. Les missions et activités sont assurées de manière adaptée, intégrant le respect des mesures barrières et associant aussi une surveillance Covid-19. Les maraudes de réduction des risques et de médiation sociale sont maintenues et pour plusieurs renforcées, certains opérateurs ayant redéployé une partie de leurs équipes. Deux des trois bus mobiles circulent, et les tournées des maraudes ont été revues pour ajuster au mieux leurs interventions.

Les professionnels de l’addictologie et de la réduction des risques, intervenant en lieux d’accueil ou en maraudes, font notamment œuvre pédagogique auprès des usagers de drogues pour qu’ils respectent les gestes barrières et continuent de les accompagner.

  • Les CSAPA se sont recentrés sur la prescription, le suivi et la dispensation des traitements de substitution pour lesquels ils observent une augmentation des demandes de prises en charge depuis le début du confinement. La quasi-totalité des CSAPA a mis place des téléconsultations.
  • Les CAARUD et l’association SAFE poursuivent leurs activités de dispensation du matériel de prévention et de réduction des risques. Les distributeurs de matériel de réduction des risques jouent parfaitement leur rôle en période de confinement et ont été renforcés face à une demande en forte augmentation.
  • La salle de consommation à moindre risque - Espace Gaia - reste ouverte 7 jours sur 7 pour les usagers injecteurs qui sont toutefois nettement moins nombreux à la fréquenter depuis le début du confinement : 60 passages par jour au lieu de 400 avant le confinement. Cette baisse a plusieurs explications, dont celle de la réduction des postes d’injection à 5 et de la suspension des postes d’inhalation, suite à l’application des mesures barrières et de conduites à tenir en phase épidémique. Par ailleurs, les usagers en errance rencontrent des difficultés pour s’approvisionner en produits (mendicité limitée, contrôles systématiques…). En parallèle, les services de police, toujours présents dans l’espace public, font le constat d’une diminution du trafic de drogues en rue.
  • Les deux espaces de repos accueillent chaque jour près de 45 usagers.
  • L’ensemble des structures orientent et suivent les usagers symptomatiques évocateurs de Covid-19. Elles assurent la distribution alimentaire via les dispositifs de la Ville de Paris, les réseaux solidaires ou l’attribution de tickets services et pour certaines, des prestations d’hygiène. La préoccupation principale est d’éviter les déplacements des personnes. Des actions d’aller vers des maraudes spécifiques à l’attention des usagers de drogues à la rue se poursuivent notamment par les associations Aurore, EGO, Gaia-Paris, Charonne-Oppelia, SOS Solidarités.


La mise à l’abri des usagers en errance est poursuivie

L’ARS Île-de-France a demandé dès mi-mars aux CSAPA et CAARUD de renforcer les accompagnements médico-sociaux des usagers à la rue, en errance et d’augmenter les mises à l’abri à l’hôtel.

Les structures se sont ainsi réorganisées pour assurer un suivi des personnes hébergées incluant des passages quotidiens, un appui pour l’alimentation (livraisons de paniers repas, tickets services, etc.) et une surveillance de l’état de santé.

Aujourd’hui 320 personnes sont suivies dans ce cadre. 58 places supplémentaires sont ouvertes depuis vendredi 10 avril 2020, grâce à la réquisition, par le préfet de région, de 2 hôtels en lien avec le GIP Samu Social de Paris et avec l’appui de la DRIHL.

La Ville de Paris assure la sécurisation de ces hôtels. L’ARS Île-de-France finance le volet accompagnement médico-social du dispositif.

Médiation et sécurisation de l’espace public

La Ville de Paris a maintenu sa présence sur l’espace public. Des parcours de tranquillité sont programmés quotidiennement avec une présence renforcée des inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris. L’accompagnement, la prise en charge et l’orientation des personnes à la rue, dont les usagers de drogues, sont également une mission prioritaire et essentielle de l’équipe de médiation dédiée aux usagers de drogues qui répond aux signalements adressés par les riverains, commerçants, ou directement par les maires d’arrondissement. Ces actions d’accompagnement et de prise en charge viennent en complément des mesures de sécurisation renforcées mises en œuvre par la préfecture de police, et du travail de fond réalisé pour démanteler les réseaux de vente des produits stupéfiants.

Le préfet de la région d’Ile–de-France, préfet de Paris, la Maire de Paris et le Directeur Général de l’ARS tiennent à saluer et à remercier l’ensemble des acteurs du secteur de l’addictologie et de la réduction des risques, dont notamment les associations Aurore, Gaia-Paris, Oppelia-Charonne, groupe SOS Solidarités, Aides, SAFE, particulièrement mobilisés en cette période de fortes contraintes pour permettre la montée en puissance de cet accompagnement adapté, dans le respect du confinement par tous. L’ensemble des acteurs mobilisé note par ailleurs que les usagers respectent majoritairement l’ensemble des contraintes.


17 avril 2020

★ INITIATIVES - Les personnes handicapées en roues libres


Le confinement n’a pas arrêté les naissances. Voilà qu’un nouveau bébé vient de voir le jour : la webradio participative « Roue libre » dont la maman n’est autre que l’APF France Handicap Ile-de-France.
Créée, pensée et animée par des adhérents, bénévoles et salariés elle fera la part belle aux échanges libres entre auditeurs, aux débats sociétaux et aux divertissements.

A l’avenir, diverses émissions seront proposées au fur et à mesure du développement du planning.
Pour commencer, deux heures seront proposées par semaine. L’offre s’étendra progressivement.

Pour écouter cette webradio, il faut :
Aller sur le site de la radio en cliquant ici
2. Descendre au premier chapitre"1-Ecouter la radio"
3. Cliquez sur le bouton lecture du module de la radio (cf. image ci-dessous)


LIEN SOCIAL n°1271 et 1270 en accès libre


17 avril 2020

★ INITIATIVES - En direct de nos amis belges - n°4


16 avril 2020

★ INITIATIVES - Recueillir les témoignages des plus précaires

Dans le cadre des dispositions d’urgence prise pour limiter la propagation du coronavirus, risque est grand que notre parole, celle des personnes en situation de précarité, ne soit pas suffisamment prise en compte alors que nous subissons, à la rue ainsi qu’au sein des établissements et services qui nous accueillent, de multiples difficultés liées aux mesures de confinement.
Une démarche de participation numérique mise en œuvre et animée par le réseau CRPA-CNPA vise à solliciter les témoignages des personnes en situation de précarité touchées par les effets des mesures prises dans le cadre de la pandémie Covid-19.
Cette démarche a pour objectif de créer une interface entre décideurs publics et personnes concernées en rendant davantage visible la perception des personnes concernées de la situation présente
Cette plate-forme comprend des témoignages collectés par les délégués régionaux et nationaux des Conseils de Personnes Accueillies /accompagnées, ainsi que de personnes ressources, en situation de précarité, d’associations porte-voix, partenaires du réseau des CRPA.

A quoi vont servir les informations rassemblées sur la plateforme ?

Les récits collectés ainsi que les recommandations rassemblées feront l’objet toutes les deux semaines d’une synthèse réalisée par les délégués et transmise aux autorités concernées (ministères sociaux, administrations centrales et régionales, fédérations associatives...). Ces remontées d’informations présentes sur la plateforme pourront être relayées par tous les acteurs parties prenantes de la plateforme.

https://participons.cnpa-crpa.org/


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16 avril 2020

✖ TRIBUNE - Crise sanitaire en prison : le Conseil d’Etat s’enferme dans l’inaction

Saisi en référé par l’Observatoire international des prisons (OIP), l’association des Avocats pour la défense des droits des détenus (A3D), le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France (SAF), le Conseil d’État, statuant à juge unique, a rendu mercredi 8 avril une ordonnance de rejet de leur requête. Alors que les cas de Covid-19 se multiplient en prison et que le risque de propagation du virus derrière les murs n’a jamais été si important, la juridiction administrative s’enferme dans l’inaction et fait siennes, sans aucun discernement, les affirmations de l’administration.

Les demandes étaient pourtant aussi simples que fondamentales. Elles visaient d’une part à élargir les conditions de remise en liberté pour favoriser la diminution de la surpopulation carcérale et, d’autre part, à garantir à celles et ceux qui resteraient en détention des conditions sanitaires satisfaisantes pour limiter les risques de contamination, de transmission du virus et, partant, l’engorgement des services de réanimation des hôpitaux.
En refusant de statuer sur le premier champ de ces demandes, au prétexte qu’il relevait du domaine de la loi ou de choix de politiques publiques insusceptibles d’être mis en oeuvre rapidement, alors qu’un certain nombre n’exigeaient qu’une circulaire modificative, le Conseil d’État a nié la nécessité, pour confiner les personnes détenues dans des conditions dignes, de garantir l’encellulement individuel prévu par la loi pénitentiaire de 2009 et sans cesse repoussé. Il a par ailleurs balayé les difficultés d’accès des avocats comme des magistrats au justiciable détenu ainsi que le manque de moyens humains nécessaires à la préparation et à l’examen des demandes de mise en liberté et des demandes d’aménagements de peine. Il prive ainsi des milliers de prisonniers de la chance de faire valoir leurs droits devant un juge.
En écartant le second champ de prétentions, il a ignoré les informations préoccupantes fournies par les organisations pour ne plus croire que les ministères de la Justice et de la Santé dont les chiffres et les explications au cours de l’audience se révélaient pourtant incohérents. Alors qu’après plusieurs semaines de pandémie, aucune action concrète n’était mise en place dans les établissements pénitentiaires, le juge des référés s’en est rapporté, sans discernement, aux notes des ministères, produites en urgence, quelques heures seulement avant son délibéré.
Faisant primer son rôle de conseiller du Gouvernement sur celui de garant de l’État de droit, le Conseil d’État s’est borné à reproduire une liste de préconisations à destination des chefs d’établissements, sans imposer aux deux ministères de leur fournir les moyens pour les mettre en oeuvre. Pas de masque, pas de gel, pas de moyens concrets pour permettre le respect des gestes barrières et de distanciation sociale, pas d’élargissement des mesures permettant aux juges de prononcer des remises en liberté... Il a finalement abandonné les plus de 64 000 personnes encore détenues à l’inaction de l’administration.
Les organisations requérantes prennent acte de la complaisance de la plus haute juridiction administrative avec le gouvernement. La confiance que le Conseil d’État a cru pouvoir accorder au ministère de la Justice sera toutefois rapidement soumise au contrôle des juridictions par l’intermédiaire de nouveaux recours. Nous veillerons ainsi à ce que l’ensemble des établissements mettent en place des mesures efficaces pour prévenir la propagation du virus et assurer à chacun le respect de ses droits.


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16 avril 2020

★ INITIATIVES - En direct de nos amis belges - n°3


Le site www.yapaka.be a mis en ligne toute une série de vidéos très concrètes et très utiles pour aider à gérer la pandémie.

Des spécialistes reconnu(e)s du secteur de l’enfance et de la protection de l’enfance, de l’action sociale apportent leur vision sur les moins mauvaises postures à adopter : toute la semaine Lien Social, vous fait découvrir sa sélection.
Aujourd’hui, vidéos de Véronique LE GOAZIOU sociologue, tournées par téléconférence le 31 mars 2020
1. Comment la crise sanitaire impacte la solidarité ?

2. Comment la crise sanitaire éveille une peur de l’autre et détricote le lien social ?

3. Crise sanitaire et fracture sociale
4. En quoi la crise sanitaire attise une conscience des inégalités ?
5. La crise sanitaire actuelle à la lueur des crises qui ont marqué l’histoire

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15 avril 2020

★ INITIATIVES - Gérer le confinement avec des enfants ayant une déficience intellectuelle

Depuis le premier jour de la crise, l’équipe du Pôle Enfance et Adolescence de l’Adapei du Doubs déploie dans l’urgence des actions concrètes pour alléger le quotidien de familles qui en ont le plus besoin et leur proposer des solutions d’écoute et de répit.

Si beaucoup de familles se sont montrées réticentes au départ, elles sont aujourd’hui beaucoup plus demandeuses. Sur les trois premières semaines, le Pôle enfance et adolescence a ainsi géré 135 interventions à domicile ou dans les murs.

Mais l’Adapei entend aller plus loin. Ses équipes ont préparé un internat qui est aujourd’hui prêt à d’héberger des enfants en cas de nécessité (besoin de répit, parents hospitaliers situations de maltraitance). Dans le cadre d’une stratégie mise en place avec l’hôpital de Besançon, un autre établissement est en capacité d’accueillir des enfants porteurs du Covid-19.

Enfin, l’Adapei envisage d’organiser, de façon limitée et contrôlée, des sorties familles dans les parcs dont elle est propriétaire. « Les choses se font au fur et à mesure. Nous avons mis en place des protocoles très stricts et nous veillons à bien peser nos décisions car chacune d’elle a des implications sanitaires mais aussi managériales, car toutes ces mesures demandent beaucoup d’efforts à nos équipes  », souligne Bruno Ubbiali.


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15 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – COVID-19 : le Gouvernement annonce le versement d’une aide exceptionnelle de solidarité aux foyers les plus modestes

La crise épidémique pèse lourdement sur les conditions de vies des personnes modestes, et en particulier des familles. D’une part certains ménages font face à des dépenses plus importantes du fait du confinement ou à des difficultés à subvenir à leurs besoins les plus essentiels. L’absence de cantine quasi-gratuite fait par exemple supporter à de nombreuses familles une charge financière supplémentaire pour faire déjeuner leurs enfants, alors que le recours à l’aide alimentaire est parfois devenu difficile. D’autre part ces ménages ont pu voir leurs revenus diminuer du fait de la situation épidémique.

Face à ces constats et pour soutenir les familles et les personnes les plus précaires le président de la République a annoncé dans son allocution du 13 avril 2020 le versement d’une aide exceptionnelle aux foyers les plus modestes. Cette aide a été détaillée à l’issue du conseil des ministres du 15 avril 2020.

Les foyers allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) percevront une aide de 150€, à laquelle s’ajoute 100€ supplémentaires par enfant à charge.

Par ailleurs, toutes les familles bénéficiaires des aides personnalisées au logement (APL) qui ne touchent pas le RSA ou l’ASS bénéficieront d’une aide de 100€ par enfant à charge.

Ces aides s’ajouteront aux aides sociales versées mensuellement toute au long de l’année, et sera versée automatiquement aux personnes qui y ont droit.

4,1 millions de foyers dont près de 5 millions d’enfants bénéficieront de cette aide exceptionnelle de solidarité versée en une fois, le 15 mai 2020, automatiquement par les caisses d’allocations familiales (CAF), les caisses de la mutualité sociale agricole (MSA) et Pôle emploi.

Ce dispositif de solidarité, absolument nécessaire pour soutenir les foyers modestes qui subissent plus durement les conséquences de la crise épidémique, représente un budget de 900 millions d’euros.

M. Olivier Véran, M. Julien Denormandie et Mme Christelle Dubos tiennent à rappeler la mobilisation totale du Gouvernement pour qu’à la crise épidémique ne s’ajoutent pas des drames humains. Cette aide exceptionnelle vient soutenir les familles modestes tout en renforçant le soutien apporté aux plus précaires en cette période de crise : maintien de l’aide alimentaire, mise à l’abri des personnes sans domicile fixe, prolongation des droits aux aides sociales, mobilisation de la réserve sociale.

Les ministres remercient les associations, les collectivités, les travailleurs sociaux, les structures sociales et médico-sociales ainsi que tous les citoyens qui, face à une crise sans précédent, font vivre cette solidarité partout en France et viennent en aide à ceux qui en ont le plus besoin.

Tableau des montants de l’aide exceptionnelle de solidarité :

Pour un foyer bénéficiaire des APL (hors bénéficiaires du RSA ou de l’ASS)

Personne seule ou en couple avec un enfant 100€

Personne seule ou en couple avec deux enfants 200€

Personne seule ou en couple avec trois enfants 300€

Personne seule ou en couple avec quatre enfants 400 €

Etc.

Pour un foyer bénéficiaire du RSA ou de l’ASS

Personne seule ou en couple 150€

Foyer avec un enfant 250€

Foyer avec deux enfants 350€

Foyer avec trois enfants 450€

Foyer avec quatre enfants 550 €

Etc.
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15 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - « CO-hésion, Vi-gilance, D-isponibilité / CO-construction, Vi-sioconférence, soliDarité...

Par A. GUINEHEUX, chef de service SESSAD ITEP.

Dans notre équipe de SESSAD ITEP, nous donnons des nouvelles définitions à ce mot COVID et ce mot fait soudain moins peur...

Certes confiné, pour le moment, chacun se réinvente et se redécouvre. Du chef de service aux éducateurs spécialisés, des psychologues aux paramédicales, du médecin pédopsychiatre à la secrétaire, chacun est invité à repenser sa pratique. En temps ordinaires, la notion d’équipe se nourrit du partage d’un quotidien : face à face dans un bureau, entrecroisements, temps d’élaboration collective, moments partagés... Et puis, l’on se retrouve du jour au lendemain, chacun chez soi, et l’on se demande si ce qui semble lier l’équipe résistera à la question de la distance, de l’enfermement et de l’isolement. Car on le sait, accompagner des sujets souffrants de troubles psychiques nécessite une élaboration collective, un ancrage à la dimension institutionnelle et le déploiement d’un travail clinique qui s’enrichit du regard de chacun (au sens propre et figuré, sans doute). Et ce n’est pas si simple ! Et ça demande de l’énergie ! Et c’est dans la rencontre (entre professionnels, avec les enfants, leurs parents) que nous puisons l’énergie nécessaire pour mener à bien nos missions éducatives, pédagogiques et thérapeutiques.

Il y avait un risque, du fait du confinement de passer à une pratique du chacun chez soi et du chacun pour soi... Contraints du jour au lendemain à se cloîtrer chez soi, nous créons immédiatement un groupe WhatsApp. Ce réflexe de puiser dans les réseaux sociaux notre premier nouvel outil de travail n’est guère étonnant finalement. Car le travailleur social aime travailler en réseaux, c’est bien connu ! On retrouve ce qui fait les saveurs de notre quotidien habituel. En virtuel, sur un écran, certes, mais finalement on repère beaucoup de similitudes. Des retours d’expériences de chacun, comme quand l’on rentre d’une séance et qu’on ressent le besoin de partager ce moment à un membre de l’équipe, de l’informatif, de l’essentiel et du plus futile (Il faut dire qu’il y en a des vidéos récréatives qui tournent en ce moment !). Sur les écrans de nos smartphones, se construit une nouvelle dynamique collective. On se reconnecte les uns aux autres pour organiser l’intervention auprès des jeunes et leurs familles. On s’appelle, aussi, on ressent le besoin de se voir au travers d’une réunion visio-conférence. Et ça fait du bien, il faut le dire !

Le confinement est pesant pour chacun d’entre nous, et on mesure rapidement les effets que peuvent ressentir les enfants, les adolescents et les jeunes adultes du SESSAD. On est inquiet pour certains, moins pour d’autres... La nécessité de garder le contact est décidée en amont des recommandations de l’ARS. Comme une évidence pour tous !

Le dictionnaire Trésor de la Langue Française définit la solidarité comme le :
« Devoir moral, résultant de la prise de conscience de l’interdépendance sociale étroite existant entre les hommes ou dans des groupes humains, et qui incite les hommes à s’unir, à se porter entraide et assistance réciproque et à coopérer entre eux, en tant que membres d’un même corps social. » Sans doute qu’il y a quelque chose au-delà de nos missions de travail social qui nous a poussé à agir ainsi - comme une prise de conscience immédiate - et c’est finalement rassurant, aussi !

Cela fait maintenant 4 semaines que nous fonctionnons sous ces nouvelles modalités de travail, et les familles témoignent pour la plupart d’une reconnaissance face à la solidarité qu’elles perçoivent. L’appel reçu par le professionnel, le message posté sur le blog, les propositions d’activités diverses sont autant d’attentions qui nomment un ailleurs et qui font se sentir moins seuls, sans doute. Les échanges se maintiennent et sont garants d’une continuité dans la rencontre. Le temps du confinement est un temps de l’entre-deux. La promesse des rencontres futures permet à chacun de tenir, sans doute. Dans l’attente, la poursuite des relations est nécessaire. Il ne peut y avoir de vide entre l’avant et l’après confinement et la façon dont chaque jeune vit cette expérience est riche d’enseignements cliniques. Des jeunes dévoilent des ressources étonnantes. D’autres se montrent plus fragiles, comme on le pressentait. Certains se dévoilent davantage hors du regard du professionnel. Mais tous font face, pour le moment. Des rencontres individuelles vont s’organiser, pour les sujets les plus fragiles, et cela ne sera pas simple non plus en ces temps où la distanciation sociale est nécessaire...

Cette expérience qui se poursuit ne nous laissera pas indemne. Mais ce moment rassure sur la volonté de chacun de faire équipe et d’aller à la rencontre de l’autre, malgré tout ... Et c’est sûrement là l’essentiel ! Dans une société où libéralisme et individualisme priment, la crise COVID, nous (re)fait redécouvrir la nécessité de développer une société où l’entraide, la solidarité, et le collectif ne sont pas des mots oubliés et doivent servir de socle commun dans notre projet d’équipe médico-sociale.
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Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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15 avril 2020

★ INITIATIVES - En direct de nos amis belges - n°2


Le site www.yapaka.be a mis en ligne toute une série de vidéos très concrètes et très utiles pour aider à gérer la pandémie.

Des spécialistes reconnu(e)s du secteur de l’enfance et de la protection de l’enfance, de l’action sociale apportent leur vision sur les moins mauvaises postures à adopter : toute la semaine Lien Social, vous fera découvrir sa sélection.

Vidéos de Françoise GUILLAUME coordinatrice du Centre d’Etudes decrolyennes tournées par téléconférence le 2 avril 2020
1. En contexte de crise sanitaire, les apprentissages de l’enfant passent par le jeu et les activités non pédagogiques.
2. « L’école à la maison » en contexte de Covid-19 : quelle alliance éducative entre adultes, chacun dans les limites de son rôle, celui du parent et celui de l’enseignant ?
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