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5 septembre 2016

Travail social : appel à la grève jeudi 8 septembre

La rentrée sera à l’unisson de cette fin d’été : chaude. L’intersyndicale des États généraux alternatifs du travail social (EGATS) appelle les travailleurs sociaux du public et du privé à la grève unitaire ce jeudi 8 septembre, jour de réunion de la commission consultative professionnelle (CPC) chargée de la réarchitecture des diplômes.

À Paris, un rassemblement sera organisé devant le siège de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) à partir de 9h30, suivi d’une manifestation. L’intersyndicale demande l’abandon du projet de réingénierie des métiers du social, la revalorisation statutaire et salariale pour l’ensemble des diplômes du niveau V au niveau I, plus de moyens pour le travail social, et une autre politique que celle des appels à projet et des contrats à impact social.
Une pétition est également en ligne



2 septembre 2016

Des minima sociaux simplifiés et renforcés, c’est… maintenant ?

La réforme des minimas sociaux doit être amorcée dès la rentrée. C’est en tous cas ce qui a été annoncé en conseil des ministres cet été, avec la mise en œuvre d’un plan à court terme. Décliné dans les lois financières, il suit quatre orientations : simplifier l’accès aux prestations pour lutter contre le « non recours », faciliter le cumul entre les revenus d’activité et certains minimas, alléger les démarches pour les personnes souffrant de handicaps dits stables - avec un droit à l’AAH sur 20 ans -, enfin, relancer les politiques d’insertion professionnelle et sociale. Prévue pour début 2017, cette première étape devrait ouvrir la voie à une réforme d’ampleur permettant de créer une couverture socle commune, quel que soit l’âge des bénéficiaires.

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1er septembre 2016

Santé en prison : le mauvais plan

Quand début aout, Manuel Valls promet un plan « spécifique, concret, précis » et surtout « financé » pour lutter contre la surpopulation carcérale, ça rappelle le Plan d’actions stratégiques 2010-2014 relatif à la politique de santé des personnes placées sous main de justice. Or, récemment sorti, le rapport d’évaluation de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l’Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) sur cette stratégie est édifiant.

Tout d’abord la connaissance de l’état de santé des détenus remonte… à 2001 pour le handicap et la dépendance, 2003 pour la santé générale et 2004 pour les troubles psychiatriques. La mission a de plus constaté le sous-effectif généralisé dans les unités de soins en milieu pénitentiaires. Soit par manque de budget, soit pour des difficultés de recrutement, les postes de spécialistes, dentistes comme psychiatres, restent vacants avec de grandes inégalités territoriales. L’absence de soignants se conjugue parfois avec l’absence de prise en charge des soins, les détenus désaffiliés à la CPAM au cours de leur détention ayant des difficultés de communication avec l’administration.
Bref, cette évaluation dresse un constat déplorable du système de santé carcérale. En conclusion, la mission recommande… un programme d’actions stratégiques. Copiloté par les ministères de la santé et de la justice, il devrait commencer par réaliser une étude de l’état de santé des détenus et garantir l’accès dans de bonne condition aux soins somatiques et psychiatriques. Et ce, après quatre ans de plan « stratégique ». Chapeau. Voilà les détenus bien avancés.
Rapport d’évaluation disponible ici

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26 août 2016

Une poilade militante avant la rentrée

Cette année à Cavaillon, le tube de l’été est une création du Village. En 2009, les résidents de la maison relais et pension de famille du réseau Fondation abbé Pierre expriment leur volonté de créer un orchestre. Plutôt militante pour l’accès à la culture, le participatif et l’émancipation en dehors du travail, l’équipe encadrante se mobilise donc pour faire vivre le projet. Village Pile-poil est né.

Lance-croquette

Un noyau dur se forme composé de grands précaires, de travailleurs sociaux et d’autres musiciens amateurs ou professionnels. Des personnes extérieures viennent régulièrement enrichir l’équipe. Avec l’association Lance-croquettes, cet ensemble mouvant crée ses chansons, textes, musiques et improvise son univers sonore.

Le musicien accompagnant le projet depuis ses débuts, Sylvain Mazens propose maintenant au groupe d’enregistrer un premier album en conditions professionnelles. L’appel à contribution est accompagné du clip très estival de En chaussette à la plage, avec en guest star : Gérard Ménez.
Et ça vaut le détour...

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19 août 2016

"Un Chez soi d’abord", dispositif étendu

Mené à Lille, Paris, Toulouse et Marseille, en cinq ans d’existence, le programme expérimental « Un Chez-soi d’abord » a fait ses preuves. Le gouvernement a donc annoncé fin juillet sa pérennisation dans les quatre villes test, et prévoit son extension dans seize autres à compter de 2018.

Destiné aux personnes en grande précarité atteintes de troubles psychiques, ce dispositif révolutionne la prise en charge : il propose un accès au logement ordinaire directement depuis la rue, moyennant un accompagnement soutenu pluridisciplinaire au domicile.

Portée par la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, cette recherche action a touché 720 personnes, dont la moitié bénéficie d’un logement. Une étude scientifique a permis d’évaluer cette méthode inspirée des États-Unis en recueillant les résultats sur le maintien dans le logement, la qualité de vie, l’état de santé et le recours aux services sociaux et de santé des personnes ainsi accompagnées.

Le lien retrouvé

En 2015, plus de 85% des personnes restent logées et suivies. Le recours aux droits, l’accès à des ressources et l’inscription auprès d’un médecin traitant sont effectifs pour la quasi-totalité d’entre elles. L’acceptation de la maladie, la meilleure connaissance des symptômes, l’observance des traitements ainsi que l’engagement dans un suivi sanitaire s’intensifient avec la durée de l’accompagnement.

L’ensemble des personnes a repris des liens avec son entourage, amis ou famille. Au-delà du mieux être des personnes, l’objectif est de faire des économies grâce au moindre recours aux services d’urgences.


18 août 2016

Insertion et probation : la lutte continue

Après six mois de lutte intersyndicale et une mobilisation historique, les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) font plier le gouvernement. En effet, après de longues négociations, leurs revendications ont fini par aboutir dans les derniers jours de juillet. Mais vu l’actualité liée aux attentats, les SPIP craignent encore le pire : si leur statut a été revalorisé, la question de la réinsertion reste posée.

Tout sécuritaire

« Retour aux fouilles systématiques dans les établissements pénitentiaires, caméras de surveillance dans les cellules, loi renseignement, lutte contre la « radicalisation » et le terrorisme, aménagements de peine en chute libre, hausse du nombre de détenus… Le tout sécuritaire est donc revenu au galop ! » souligne le collectif CGT Insertion Probation, dans un communiqué du 26 juillet.

Record

Cet été, avec 69 375 détenus pour 58 311 places, les prisons françaises ont établi un nouveau record de surpopulation. Multirécidiviste en la matière, la France ne semble pas vraiment chercher d’alternative à l’incarcération. Laquelle supposerait notamment d’accorder une plus grande place à l’insertion et à la probation.

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17 août 2016

Pas de vacances pour la refonte des diplômes

Malgré l’été, la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (Fneje) n’a pas baissé la garde. Le 25 juillet, elle dénonçait dans un communiqué « l’opacité » entourant les travaux de la commission consultative du travail social (CPC) : « Des réunions de travail sont prévues dans le courant du mois d’août, des positionnements doivent être arrêtés pour la première quinzaine de septembre. Depuis le début de ces travaux, les organisations associatives des professions du travail social n’ont cessé de demander à y être associées ».

Mobilisation

S’estimant tenue « à l’écart », la FNEJE a demandé la suspension des travaux de la CPC pendant l’été et exigé « un processus démocratique de construction collective » de l’avenir des métiers.

La date du 8 septembre, jour de réunion de la CPC, est déjà notée sur de nombreux agendas : le collectif Avenirs Educs appelle à une grève unitaire pour refuser une réarchitecture arbitraire.


1er août 2016

En vacances...

L’équipe et le site Internet de Lien Social sont en vacances, du 1er au 16 août inclus. L’actu reviendra ensuite progressivement sur le site, puis quotidiennement le 1er septembre. À très bientôt !


28 juillet 2016

Violences conjugales : il y a coups et coûts

« Les violences conjugales auraient pour conséquence la perte d’une à quatre années de vie en bonne santé chez les femmes », selon le Département des violences et des traumatismes de l’OMS, un argument-choc pour promouvoir la prévention. L’Agence européenne des droits fondamentaux s’intéresse également à cette question de santé publique en France et dans les 27 autres pays de l’Union européenne.

Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France du 19 juillet réunit ainsi plusieurs enquêtes sur ce phénomène en France et en Europe. Il en ressort qu’en moyenne depuis l’âge de 15 ans, une femme européenne sur cinq a été victime de violences physiques et/ou sexuelles et presque une sur deux de violences psychologiques. Et la France se situe au-dessus de la moyenne européenne.

3,6 milliards d’euros

Publiée, elle, en juin, l’Étude nationale sur les morts violentes au sein du couple en 2015 décompte 115 femmes victimes de leur partenaire ou ex-partenaire, 20 hommes tués par leur compagne ou ex-compagne et un par son compagnon. Une femme décède tous les 3 jours de violences conjugales, un homme tous les 17,5 jours.

Au-delà du coût humain, ces violences entrainent des dépenses publiques de santé, de frais de justice, de placement d’enfants… En France, il a pu être estimé en 2012 à 3,6 milliards d’euros. Cette somme devrait inciter à multiplier les lieux d’accueil spécifiques qui permettent aux victimes d’échapper à leurs conjoints.

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27 juillet 2016

Louis Gallois et le chômage de longue durée

Le Fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée sera dirigé par Louis Gallois. L’ancien patron de la SNCF et d’EADS, actuel président de la Fnars, accompagnera la mise en oeuvre des outils nécessaires à la réalisation de la loi innovante « Territoires zéro chômeur de longue durée », inspirée par ATD quart monde. Avec le conventionnement et le co-financement des entreprises « à but d’emploi », une nouvelle voie s’ouvre dans la lutte contre l’inactivité.

L’idée est d’investir dans la création d’emploi les prestations sociales perçues par le chômeur de longue durée, environ 15 000 euros par an, afin de lui proposer un CDI payé au SMIC.

Vigilance citoyenne

Ces emplois seront portés par des entreprises de l’ESS, existantes ou créées pour l’occasion, en partenariat avec les associations, les travailleurs, les demandeurs d’emplois, les observateurs, les institutionnels du territoire.

Soutenant le projet initié par ATD, Emmaüs, le Secours Catholique et le Pacte civique ont créé un comité de vigilance citoyen afin de propager l’expérimentation et de veiller au respect des valeurs qui la fondent. Adoptée en février, la loi permet de tester ce dispositif dans dix micro-territoires sur cinq ans, et pourrait générer 1000 à 1500 embauches. C’est peu en regard des 2,5 millions d’inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, mais si l’expérience démontre son efficacité, elle devrait s’étendre.

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