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15 septembre 2016

2016 : la canicule tue (toujours)

Les températures commencent juste à chuter sur l’ensemble du territoire, mais cet été, silencieusement, la canicule a de nouveau été fatale à de trop nombreuses personnes âgées. C’est ce qu’établit une analyse de l’Institut de Recherche pour la valorisation des données de Santé (IRSAN).

Cette étude révèle une surmortalité de près de 15% chez les plus de 85 ans au cours de l’épisode caniculaire de cette fin du mois d’août. Malgré la prise de conscience suscitée par les 15 000 morts de la canicule de 2003, la politique de solidarité à l’égard des personnes âgées fragilisées n’est pas encore suffisamment efficace.

Manque de moyens

L’Association des Directeurs au service des Personnes Agées (AD-PA) saisit donc l’occasion pour rappeler leurs promesses à l’ex-président, Nicolas Sarkozy, et à François Hollande. « Nous attendons toujours la mise en place d’une réelle prestation d’autonomie, explique Romain Gizolme, directeur de l’association qui regroupe les directeurs de services à domicile, de coordinations et d’établissements pour personnes âgées. Nous voudrions que comme chez nos voisins européens, elle permette de réduire le coût des prestations pour les personnes âgées et le renforcement des équipes de professionnels. Aujourd’hui, le secteur est sous doté que ce soit dans l’accompagnement à domicile ou en établissement. »

L’AD-PA vise le doublement des effectifs pour atteindre le taux d’encadrement actuel des établissements accueillant des personnes handicapées.


13 septembre 2016

Vers une Europe plus sociale ?

Pour aller vers le triple A social, la Commission européenne vient d’adopter un règlement visant à mieux collecter, intégrer et partager les données provenant d’enquêtes sociales. Un objectif porté par la commissaire européenne chargée de l’emploi, des affaires sociales, des compétences et de la mobilité des travailleurs, Marianne Thyssen, qui est aussi responsable des statistiques européennes. Elle précise : « C’est d’êtres humains qu’il s’agit et pas de chiffres. Les bonnes données font les bonnes politiques. »
Cette initiative vise à fournir une base factuelle pour appuyer le projet de « socle européen de droits sociaux ». L’idée consiste à définir un certain nombre de principes essentiels afin de garantir le bon fonctionnement et l’équité des marchés du travail et des systèmes sociaux. L’expérience des quinze dernières années démontre que les déséquilibres entre États peuvent déstabiliser l’ensemble de la zone euro. Il était temps d’y penser ! Mais pour autant, la vieille Europe ne se hâte que lentement : la Commission entend mettre en œuvre le règlement-cadre à partir… de 2019.



12 septembre 2016

Retour de vacances (Désolé !)

Nadja Remadna a écrit un livre passionnant qui s’intitule Comment j’ai sauvé mes enfants. Elle se revendique « Maman », habite Sevran et a bâti en réaction à la montée de la radicalisation, mais aussi des risques de délinquances dans les quartiers sensibles, une organisation : « La brigade des Mères » fédère des femmes qui veulent se mobiliser.

Dans cet ouvrage, elle interroge et même interpelle les travailleurs sociaux en général avec quelques exemples savoureux de décalages entre les réponses stéréotypées de l’ASE ou des services sociaux et le désespoir des parents. Elle critique aussi vertement les éducateurs travaillant sur les quartiers qu’elle assimile à des sortes de « complices » involontaires des « barbus » régulateurs de la violence et garants d’une certaine morale. Bien entendu, ce sont les politiques ayant pactisé qui en prennent le plus. Nadja Remadna estime qu’ils se sont appuyés par lâcheté sur ces « médiateurs religieux » pour garantir la paix sociale sans mesurer le travail souterrain de prosélytisme, de propagande islamiste et d’éloignement des « valeurs » républicaines qu’ils opéraient.

Le psy du Djihad

La critique est sans doute un peu caricaturale et généralisée à partir d’un seul exemple mais il faut faire rentrer cette réflexion de terrain dans l’ensemble des analyses portées aujourd’hui sur les phénomènes de dérive « islamo-adolescente » et qui a le mérite de n’être sous tendu par aucun intérêt politicien, ce qui devient rare. Je serais en revanche beaucoup plus méfiant de celui qui s’est autoproclamé « le psy du Djihad ». Patrick Amoyel, devenu en quelques mois la voix officielle et « scientifique » du djihadisme, défend une position entièrement basée sur une sorte de « guerre civilationnelle » qui anéantit de fait toute action éducative de terrain.

Il ne fait pas de doute que la réflexion sur le travail des éducateurs ( s’il en reste) va se trouver au cœur des polémiques à venir. Armons-nous théoriquement et conceptuellement, nous allons en avoir besoin.

Etienne Liebig

Nota - Article publié dans Lien Social n°1190
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9 septembre 2016

Calais : une contre-manifestation solidaire

Cinq jours après la démonstration de force des commerçants et routiers à Calais pour obtenir le démantèlement du camp de réfugiés établi dans la commune, les associations de soutien aux exilés organisent une démonstration de solidarité.

Demain à Norrent-Fontes (62), elles organisent la journée « Champs de résistances » pour affirmer l’inefficacité et l’inhumanité des politiques de démantèlement. Car le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a confirmé sa volonté de détruire le camp de Calais où survivent 6000 à 9000 personnes, avant la fin de l’année.

Accords défendants

Situé à 70 kilomètres de la « jungle », le campement de Norrent-Fontes est lui aussi menacé. Pourtant il est habité par 250 exilés depuis 2008, en vertu d’un accord passé entre les collectivités locales, les associations et les exilés. Ce campement, financé par le Réseau des Élus Hospitaliers a, comme de nombreux autres, été toléré et reconnu par les autorités préfectorales. L’audience au tribunal de Béthune aura lieu le mercredi 14 septembre pour statuer sur sa destruction.

Les nombreuses associations organisatrices de cette journée appellent le gouvernement à instaurer un moratoire sur les expulsions et destructions d’abri tant que des solutions adaptées ne seront pas réfléchies. Elles souhaitent également la mise en place de Maisons des Migrants, invitent à renégocier avec la Grande-Bretagne les accords du Touquet, ainsi que le règlement Dublin III qui empêche les demandeurs d’asile de déposer leur dossier dans le pays de leur choix.

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Répression sans fin à Calais


8 septembre 2016

Moral des ménages... au chômage

La revue Economie et Statistique de l’INSEE a publié une étude intitulée « Chômage et santé mentale en France ». Rappelons en premier lieu la définition que fait l’OMS de la santé mentale : « un état de bien‐être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de sa communauté ».

Les auteurs de l’étude, Sylvie BLASCO - Université du Maine- et Thibault BRODATY - Université Paris Est Créteil), partent du constat que si l’on prend davantage en compte aujourd’hui la gestion des troubles mentaux chez les personnes occupant un emploi (risques psycho-sociaux), il n’en va pas de même pour celles qui sont au chômage. Pourtant, le risque de connaitre l’expérience du chômage s’est accru et sa durée s’est prolongée.

Dépression majeure

Ce travail de recherche novateur a bel et bien établi un lien de causalité entre chômage et trouble de la santé mentale.
L’échantillon de l’étude a été constitué grâce à l’enquête « Santé et itinéraire professionnel » et les données ont été recueillies via des « questionnaires diagnostics » et par l’étude de la consommation de médicaments psychotropes de 2006 à 2010. Les résultats soulignent la présence de troubles de dépression majeure et d’anxiété généralisée chez les chômeurs hommes essentiellement et en particulier lorsque le chômage advient en deuxième partie de carrière.

Cette recherche montre donc qu’il importe de mettre en place des politiques publiques d’accompagnement psychologique des chômeurs afin de prévenir, dans certains cas, l’apparition de troubles mentaux.

Lire l’étude complète ici


7 septembre 2016

Hello (again), réédition solidaire

Hello, le guide destiné aux réfugiés et ceux qui les accueillent a été réédité pendant l’été. Financés par le Guide du Routard et Voyageurs du monde, ces 5000 nouveaux exemplaires sont distribués par la FNARS auprès des associations adhérentes qui accompagnent les personnes migrantes.

Sortis à l’automne 2015, les 4000 premiers tirages de ce dictionnaire visuel universel avaient rapidement été épuisés.
Avec ses 88 pages, en images - pour être utiles aux personnes ne comprenant pas un mot de français - Hello décline cinq rubriques : pratique, hébergement, santé-hygiène, nourriture, loisirs.

Élaboré par des travailleurs sociaux et des personnes accompagnées, cet outil d’information et d’accès aux droits permet de comprendre les besoins de base d’une personne réfugiée en France. Sa version numérique est téléchargeable ici.


6 septembre 2016

La famille, première source de revenus des 18-24 ans

Des jeunes très dépendants financièrement de leurs parents : voilà ce que montre une étude de l’INSEE portant sur les ressources des 18-24 ans en 2014. Ainsi, 7 jeunes sur 10 reçoivent un soutien financier régulier, 9 sur 10 quand ils sont étudiants. Près de 60 % des jeunes de cette tranche d’âge vivent au domicile parental, les autres reçoivent une aide mensuelle familiale de 500 euros en moyenne. Sans surprise, si tous les étudiants sont aidés quel que soit leur milieu social, les enfants de cadres reçoivent des montants 2,5 fois supérieurs aux enfants d’ouvriers, soit en moyenne 450 euros par mois contre 220 euros. Les 18-24 ans qui travaillent (30 %) gagnent en moyenne 1 250 euros par mois, et près d’un jeune étudiant sur quatre exerce une activité rémunérée. Quatre jeunes adultes sur dix perçoivent une allocation pour boucler leurs fins de mois : bourse d’étude, aides au logement, allocation chômage, RSA, ou encore garantie jeunes. Mais les destinataires de ces revenus sociaux restent majoritairement les étudiants : ainsi, moins d’un cinquième des jeunes adultes au chômage ou inactifs perçoit une allocation chômage. Une faible couverture « caractéristique de la période d’insertion professionnelle », quand ces jeunes aux faibles ressources ne parviennent pas à réunir « les conditions d’accès à un revenu de remplacement ».


5 septembre 2016

Travail social : appel à la grève jeudi 8 septembre

La rentrée sera à l’unisson de cette fin d’été : chaude. L’intersyndicale des États généraux alternatifs du travail social (EGATS) appelle les travailleurs sociaux du public et du privé à la grève unitaire ce jeudi 8 septembre, jour de réunion de la commission consultative professionnelle (CPC) chargée de la réarchitecture des diplômes.

À Paris, un rassemblement sera organisé devant le siège de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) à partir de 9h30, suivi d’une manifestation. L’intersyndicale demande l’abandon du projet de réingénierie des métiers du social, la revalorisation statutaire et salariale pour l’ensemble des diplômes du niveau V au niveau I, plus de moyens pour le travail social, et une autre politique que celle des appels à projet et des contrats à impact social.
Une pétition est également en ligne



2 septembre 2016

Des minima sociaux simplifiés et renforcés, c’est… maintenant ?

La réforme des minimas sociaux doit être amorcée dès la rentrée. C’est en tous cas ce qui a été annoncé en conseil des ministres cet été, avec la mise en œuvre d’un plan à court terme. Décliné dans les lois financières, il suit quatre orientations : simplifier l’accès aux prestations pour lutter contre le « non recours », faciliter le cumul entre les revenus d’activité et certains minimas, alléger les démarches pour les personnes souffrant de handicaps dits stables - avec un droit à l’AAH sur 20 ans -, enfin, relancer les politiques d’insertion professionnelle et sociale. Prévue pour début 2017, cette première étape devrait ouvrir la voie à une réforme d’ampleur permettant de créer une couverture socle commune, quel que soit l’âge des bénéficiaires.

À lire aussi sur le sujet :
Accès aux droits, l’éternel combat • Simplifier les écrits



1er septembre 2016

Santé en prison : le mauvais plan

Quand début aout, Manuel Valls promet un plan « spécifique, concret, précis » et surtout « financé » pour lutter contre la surpopulation carcérale, ça rappelle le Plan d’actions stratégiques 2010-2014 relatif à la politique de santé des personnes placées sous main de justice. Or, récemment sorti, le rapport d’évaluation de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l’Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) sur cette stratégie est édifiant.

Tout d’abord la connaissance de l’état de santé des détenus remonte… à 2001 pour le handicap et la dépendance, 2003 pour la santé générale et 2004 pour les troubles psychiatriques. La mission a de plus constaté le sous-effectif généralisé dans les unités de soins en milieu pénitentiaires. Soit par manque de budget, soit pour des difficultés de recrutement, les postes de spécialistes, dentistes comme psychiatres, restent vacants avec de grandes inégalités territoriales. L’absence de soignants se conjugue parfois avec l’absence de prise en charge des soins, les détenus désaffiliés à la CPAM au cours de leur détention ayant des difficultés de communication avec l’administration.
Bref, cette évaluation dresse un constat déplorable du système de santé carcérale. En conclusion, la mission recommande… un programme d’actions stratégiques. Copiloté par les ministères de la santé et de la justice, il devrait commencer par réaliser une étude de l’état de santé des détenus et garantir l’accès dans de bonne condition aux soins somatiques et psychiatriques. Et ce, après quatre ans de plan « stratégique ». Chapeau. Voilà les détenus bien avancés.
Rapport d’évaluation disponible ici

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