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27 juillet 2016

Louis Gallois et le chômage de longue durée

Le Fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée sera dirigé par Louis Gallois. L’ancien patron de la SNCF et d’EADS, actuel président de la Fnars, accompagnera la mise en oeuvre des outils nécessaires à la réalisation de la loi innovante « Territoires zéro chômeur de longue durée », inspirée par ATD quart monde. Avec le conventionnement et le co-financement des entreprises « à but d’emploi », une nouvelle voie s’ouvre dans la lutte contre l’inactivité.

L’idée est d’investir dans la création d’emploi les prestations sociales perçues par le chômeur de longue durée, environ 15 000 euros par an, afin de lui proposer un CDI payé au SMIC.

Vigilance citoyenne

Ces emplois seront portés par des entreprises de l’ESS, existantes ou créées pour l’occasion, en partenariat avec les associations, les travailleurs, les demandeurs d’emplois, les observateurs, les institutionnels du territoire.

Soutenant le projet initié par ATD, Emmaüs, le Secours Catholique et le Pacte civique ont créé un comité de vigilance citoyen afin de propager l’expérimentation et de veiller au respect des valeurs qui la fondent. Adoptée en février, la loi permet de tester ce dispositif dans dix micro-territoires sur cinq ans, et pourrait générer 1000 à 1500 embauches. C’est peu en regard des 2,5 millions d’inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, mais si l’expérience démontre son efficacité, elle devrait s’étendre.

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26 juillet 2016

La Fondation Abbé Pierre dénonce la baisse des APL

Par décret du 5 juillet, Manuel Valls instaure le principe ubuesque de réduire le montant des APL versées aux locataires de logements jugés trop chers.

Les bénéficiaires de cette allocation font pourtant partie des 30 % des ménages les plus modestes, 80% ayant un revenu inférieur au SMIC. Cette mesure concernerait ainsi 80 000 foyers sur les 6,5 millions recevant l’APL.

"Pas de coupes indolores"

Le ministre des finances Michel Sapin l’avait annoncé en avril 2015 : « deux ministères devront (…) particulièrement se mettre au régime : le logement et la santé. » Ben voyons. Motif : un effort financier supplémentaire en faveur du ministère de la Défense pour lutter contre le terrorisme.

Mais la Fondation Abbé Pierre estime que ce nouveau coup de rabot va « faire basculer encore plus de ménages dans la pauvreté ». Face à l’inflation des loyers, la crise du logement et la paupérisation des familles, la fondation rappelle qu’ « il n’y a pas de coupes indolores dans les APL, puisque ne peuvent y prétendre que des ménages modestes ».

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25 juillet 2016

Essonne : quand négocier n’est pas plier

Après la forte mobilisation d’une douzaine de fédérations depuis janvier, le président du département de l’Essonne, François Durovray, a fini par reconsidérer son refus brutal de verser à de nombreuses associations en 2016 les sommes restant dues au titre de l’aide sociale légale de 2015.

Au terme de six rencontres avec l’interfédérale, les discussions se sont achevées le 13 juillet sans que chaque partie ne baisse pour autant la garde. Refusant la proposition alternative de l’interfédérale, François Durovray a toutefois accepté de limiter à trois ans maximum (au lieu de six ans au départ) le délai d’étalement de la dette.

L’interfédérale, qui reconnait une « avancée importante » mais regrette que ses propositions n’aient pas été retenues, invite donc chaque association à choisir entre : soit signer un protocole d’étalement du règlement de la dette avec le département, soit saisir la Chambre régionale des comptes (CRC) pour obtenir un paiement intégral dès 2016.

Dans un avis du 14 avril, saisie par une association, la CRC considérait que les dépenses d’aide sociale légale avaient un « caractère obligatoire » et que l’Essonne disposait de « crédits suffisants » pour régler la dette.


21 juillet 2016

Former pour éviter la radicalisation… enfin !

L’attentat de Nice pose de nouveau la question des modes de prévention et d’interventions face à la radicalisation. Plus discret que l’état d’urgence, le rapport « Valeurs républicaines, laïcité et prévention des dérives radicales dans le champ du travail social » souligne la nécessité de former les travailleurs sociaux en matière de transmission des valeurs républicaines et laïques.

Pour son auteur, Michel Thierry, ancien-vice président du Conseil supérieur du travail social (CSTS) qui publie ainsi son ultime rapport, « le travail social peut (…) incarner la République, par sa présence sur le terrain et son immersion dans la population, par sa capacité à illustrer la lutte contre les discriminations, et peut être aussi par une certaine pédagogie du social et de la solidarité. »

Agir en amont

Commandée après les attentats de novembre 2015, publiée à l’occasion de l’installation du Haut conseil en travail social (HCTS), l’étude place les travailleurs sociaux en première ligne, les invitant à agir dès la petite enfance.

Parmi une vingtaine de propositions, elle préconise notamment d’élaborer une circulaire d’orientations pédagogiques sur l’appropriation des valeurs républicaines et de la laïcité. Mais également de former à une approche anthropologique du fait religieux, de mieux prévenir la diffusion des discours complotistes auprès des jeunes et de développer des actions collectives auprès des jeunes filles les plus vulnérables et des familles.
Quelle suite sera réservée à ce rapport à l’heure où dans certains territoires, les budgets alloués à la prévention se réduisent comme peau de chagrin ?

Lire le rapport, ici

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20 juillet 2016

Le handicap et la PJJ : une nouvelle enquête

La Confédération nationale des associations de protection de l’enfance (CNAPE) vient d’adresser un questionnaire à ses adhérents pour recueillir des données sur les adolescents porteurs d’un handicap et accueillis en Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Alors que le dernier rapport sur l’enfance publié par le Défenseur des droits pointait le manque de visibilité des enfants handicapés accueillis en protection de l’enfance, « ceux qui connaissent un parcours en PJJ, en Centre éducatif fermé (CEF) ou renforcé (CER) sont encore plus invisibles » estime Laurence Rambour, responsable du pôle médico-social à la CNAPE.

L’enquête vise à déterminer notamment la prévalence des enfants issus d’ITEP atterrissant en CEF et en CER, « alors qu’il existe un manque de coordination entre ces deux secteurs empêchant la continuité de parcours de ces enfants ». L’enquête vise notamment à obtenir des chiffres, aujourd’hui inexistants, afin de mieux cerner l’ampleur d’une situation « qui interroge la CNAPE, attachée à l’inclusion de tous les enfants ».


19 juillet 2016

Formation en travail social : les professionnels s’engagent

Ils ont créé l’inter-régionale des formateurs-trices en travail social. Début juillet, une cinquantaine de formateurs en travail social, venus de plusieurs régions de France, se sont retrouvés à l’Institut de géographie à Paris pour « reprendre la parole sur les sujets liés directement à leur pratique ». Ils ont le sentiment d’avoir été jusque là de « bons élèves ». Mais ils estiment aujourd’hui que la déconstruction de leurs formations va trop loin.

Le collectif dénonce la logique techniciste à l’œuvre dans la refonte annoncée des formations et des métiers du social, mettant en péril la question de l’accompagnement social et éducatif. La mise en place de nouvelles grilles de certification en cours d’année pour les diplômes d’éducateur technique spécialisé (DEETS) et d’éducateur spécialisé (DEES), sans concertation, sans réflexion collective et sans cohérence pédagogique en est à leurs yeux un exemple flagrant.

Mobilisation : une première le 8 septembre

Ces professionnels redoutent les logiques marchandes à l’œuvre dans le social et l’adaptation de la formation aux uniques besoins des employeurs. La remise en cause du stage long en immersion dans un même lieu montre le peu d’attention portée à la clinique et à la question du temps nécessaire pour entrer en relation. Enfin, l’inter-regionale défend la transmission d’une diversité des savoirs pour forger « une approche réflexive de la pratique » à l’heure où sont imposées de « bonnes pratiques » au détriment de la diversité des savoirs.

L’inter-régionale appelle à manifester contre la refonte des métiers du social à Paris et en province le 8 septembre, alors que se tiendra une nouvelle réunion de la Commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale (CPC).

Pour en savoir davantage sur l’inter-régionale et les mobilisations à venir, contact mail : formateurs.inter-ac@outlook.fr



18 juillet 2016

Marseille : des réfugiés au Palais

Devant le tribunal de grande instance de Marseille, les demandeurs d’asile s’étaient donné rendez-vous ce matin pour une conférence de presse. Leur objectif, dénoncer un État qui ne respecte pas ses propres lois : mi-juillet, vingt-six familles, soit une centaine de personnes dont des enfants en bas âge, des malades, des femmes enceintes, se trouvaient à la rue ou en fin de « dispositif hôtel ». Or la France est signataire d’accords internationaux l’obligeant à assurer le gîte, la nourriture et la santé. Le 13 juillet, des référés liberté ont donc été déposés au tribunal administratif. La Cimade, la Fondation Abbé Pierre, la FNARS et l’URIOPSS accompagnent cette démarche.

Réquisitions citoyennes

« À l’annonce de cette action, des familles ont obtenu le financement de six nuits à un mois de nuits d’hôtel supplémentaires, explique Jean Pierre Cavalié, délégué PACA de la Cimade. Cela reporte le problème sans le résoudre. Nous souhaitons le développement de places en CADA, la simplification des procédures afin que les familles puissent se rendre dans des villages de la région qui souhaitent les recevoir, et si besoin nous procéderons à des réquisitions citoyennes pour faire appliquer la loi ».

Au jour le jour

Depuis plusieurs semaines, l’hébergement des demandeurs d’asile sur le territoire des Bouches-du-Rhône est soumis à l’application de critères de « vulnérabilité » qui excluent un nombre important de ménages en demande d’asile. De plus, les familles bénéficiant d’un hébergement d’urgence à l’hôtel vivent dans l’incertitude permanente, car leur hébergement reste tributaire du déblocage de crédits sur lesquels aucune visibilité n’est possible.


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13 juillet 2016

Impact social : contrats en négociation

Les quatre premiers projets de contrat à impact social (CIS) ont été annoncés le 5 juillet par le ministère de l’économie. Répondant à un appel d’offres lancé le 15 mars, ces « social impacts bond » à la française ont été sélectionnés parmi huit dossiers. « Ils ne sont pas finalisés mais cette labellisation va les aider à boucler leurs négociations avec les partenaires déjà identifiés », précise Bercy.

Les premières associations à s’emparer de cet outil sont la Sauvegarde du Nord, l’Adie, Impact partenaires et Passeport avenir. Leurs projets visent des objectifs variés : réduire le placement des mineurs en difficultés, accompagner dans la création d’entreprises des personnes en situation de précarité en milieu rural, soutenir l’implantation de commerces franchisés dans les quartiers prioritaires, enfin, réduire le risque de décrochage scolaire de jeunes défavorisés, en milieu rural également.

La mise en oeuvre de ces programmes, qui font pour le moins débat parmi les professionnels de l’action sociale, sera sans aucun doute suivie de près...

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12 juillet 2016

Santé : parcours en pointillés pour les enfants de l’ASE

Une étude publiée en juin par le Défenseur des Droits dresse le tableau de « l’accès à la santé des enfants pris en charge au titre de la protection de l’enfance ».
L’enquête s’est intéressée aux relations interinstitutionnelles, aux rôles des acteurs de terrain, aux pratiques professionnelles et a recueilli l’avis des enfants pris en charge et de leurs parents.
Cette recherche vise à mettre en avant les points positifs, à souligner les imperfections ou manquements et à proposer des solutions. Mais elle pose également la question du sens du soin.

L’enquête s’est déroulée en deux phases : des envois de questionnaires, notamment aux CPAM et aux services de l’ASE pour le versant quantitatif ; et des entretiens auprès de cadres, de soignants, de travailleurs sociaux, d’enfants et de parents pour le versant qualitatif.
Il en ressort que si l’affiliation au régime de l’Assurance Maladie ne pose pas de problème et est plutôt facilitée au sein de la protection de l’enfance, l’accompagnement vers le soin laisse à désirer.

Du côté médical, la pénurie d’offre de soins dans certains territoires et les difficultés financières rencontrées par les jeunes patients demeurent un problème. Mais le principal frein reste la réticence - voire le refus ! - des professionnels de santé d’accueillir des bénéficiaires de la CMU ; et quand les enfants obtiennent d’être reçus en consultation, les spécificités liées à leur parcours avant et au sein de l’ASE ne sont pas prises en compte.

Du côté des travailleurs sociaux, la gêne de l’intime ou le manque de connaissances médicales des éducateurs non formés à ces questions ne facilitent pas la tâche. Les assistants familiaux, eux, ont un certain poids dans la prise en charge sanitaire des enfants qu’ils peuvent davantage accompagner au quotidien.

L’étude souligne que les enfants, de manière générale, ne s’enferment pas dans le refus du soin. En revanche, à leur majorité, ils se sentent perdus car peu préparés à devoir faire face aux différentes questions sanitaires qui les concernent. De même, lors d’une fin de prise en charge par l’ASE, le relais vers les parents n’est pas toujours opérationnel. Et selon l’implication des familles, variable en fonction des situations, l’enfant se retrouve souvent sans protection de santé.

Les résultats de l’enquête et les pistes de réflexion qui ont pu être dégagées seront développés à l’occasion d’un séminaire organisé par l’Observatoire National de la Protection de l’Enfance et le Fonds CMU qui aura lieu le 3 novembre prochain.

Rapport complet et synthèse à lire ici.

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11 juillet 2016

Contention en psychiatrie : une recherche « inédite »

L’isolement et la contention physique ont le vent en poupe dans de nombreux hôpitaux psychiatriques. En mars, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, avait publié un rapport dénonçant des « violations graves des droits fondamentaux des patients » hospitalisés au Centre psychothérapeutique de l’Ain.

En mai, un rapport plus général avait montré la recrudescence de ces pratiques « depuis une vingtaine d’années ». Alors que la loi de modernisation du système de santé de janvier 2016 impose désormais un recensement des us et coutumes de chaque établissement en la matière, la Fédération de recherche en psychiatrie et en santé mentale d’Occitanie (FERREPSY) lancera le 15 septembre un programme de recherche. « Peu abordée dans la littérature scientifique », la contention physique n’a pourtant « pas de démonstration d’efficacité clinique et un vécu essentiellement négatif pour les patients » estiment les psychiatres de la fédération.
Visant à décrire le contexte d’utilisation de ces méthodes et fournir les premières données françaises sur le sujet, cette étude prospective sera menée dans treize établissements membres de Ferrepsy.

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