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11 juin 2016

Une fête des sans toit à Grenoble

Une vraie parole, c’est celle qui apporte des solutions. Depuis 2009 à Grenoble, "Parlons-en" réunit les personnes concernées par les questions de la grande précarité : habitant-es de la rue, associations, acteurs sociaux, institutions, élu-es… En 2012, le collectif parvient à ouvrir une fabrique de solutions pour l’habitat.

La Piscine croise la revendication des gens de la rue de s’organiser et utiliser leurs savoir-faire avec l’envi d’architectes, de juristes, de travailleurs sociaux d’apporter leurs compétences. Théâtre d’expérimentation et de bricolage, l’ancien hangar à piscines offre la possibilité de se poser, de s’informer, de s’entraider… Faute de renouvellement du bail, l’aventure entre en suspend en octobre 2014. Un mois plus tard, Le Lieu prend le relais.

Le collectif continue d’imaginer et de gérer des espaces de croisements et d’échanges suffisamment ouverts pour que des idées émergent et des projets se concrétisent. Dernière création : le chenil solidaire. La Caboterie.

Le samedi 11 juin, la fête Les 100 lieux des sans lieu invite à découvrir les parcours et les projets de ces sans toit porteurs de solutions.



9 juin 2016

Les travailleurs pauvres non-salariés, ces inconnus

Il est une catégorie de travailleurs dont on entend très peu parler : il ne s’agit ni des chômeurs ni des bas salaires, mais des non-salariés en situation de pauvreté. Représentant pourtant 27% des travailleurs pauvres, ces personnes restent invisibles aux yeux des pouvoirs publics et des statistiques.
L’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES) a donc décidé de s’intéresser à leur statut, dans une étude statistique et sociologique dirigée par l’économiste Stéphane Rapelli. Cette étude entend « identifier une typologie de ménages », comprendre leur profil et les mécanismes menant à leur invisibilité.

L’approche statistique menée permet d’établir un profil du travailleur non-salarié pauvre. Selon l’INSEE, 461 000 personnes sont concernées : ce sont en grande partie des commerçants et artisans, mais aussi des agriculteurs ou professions libérales. Avec un revenu annuel qui s’élève en moyenne à 8000€, et malgré un faible niveau de vie, la majorité de ces ménages ne sont pas bénéficiaires de minima sociaux. Si les employeurs sont touchés, ce sont essentiellement des indépendants puis les moins de 45 ans, les célibataires et les personnes nées à l’étranger.

L’approche sociologique sur la question de leur invisibilité indique que si ces personnes déplorent un manque d’exposition professionnelle aux yeux de tous et donc un défaut de reconnaissance de leur travail, elles souhaitent en revanche garder secrète leur pauvreté ou leurs difficultés du regard de la société. Les travailleurs non-salariés se sentent également incompris par leurs représentants administratifs et ont un sentiment de mise à l’écart ; ils pensent que leurs actions ne pas suffisamment entendues et valorisées, ce qui participe à leur invisibilité sociale.

Les observations de cette étude appellent donc à la « construction de différents outils permettant de saisir la portée de la pauvreté des non-salariés » ; l’enjeu étant de repérer plus justement la population concernée pour pouvoir prévenir cette pauvreté, agir plus efficacement une fois qu’elle est installée et éviter la spirale de l’invisibilité.

L’étude est téléchargeable dans son ensemble sur le site de l’’ONPES et son résumé est à lire dans « La Lettre n°4 », publiée en mai 2016 par l’Observatoire.



8 juin 2016

ADDICTION : Parler, faire, transmettre

Ville pilote en matière de réduction des risques liés à l’usage de drogue, Marseille reçoit la 6e édition des Journées Nationales de la Fédération Addiction. Les 9 et 10 juin au Pharo, ce congrès réunit un millier de professionnels de la prévention, de la réduction des risques, des soins et de l’insertion.
Dix conférences philosophiques, sociologiques ou présentant une approche conceptualisée du métier viendront nourrir les pratiques. 27 ateliers d’échanges d’expériences permettront d’aborder les expérimentations, innovations et recherches menées en France et ailleurs. Cette année, sous le thème Parler, faire, transmettre, le programme (ici) met l’accent sur les thérapies alternatives : art thérapie, hypnose, traitement 2.0…
La place de l’usager dans son accompagnement sera également interrogée avec les interventions de travailleurs de santé pairs et des structures d’auto support (entraide mutuelle). Le philosophe-mécanicien Matthew Crawford, qui dénonce une société décérébrée par son addiction à la communication, intervient dans la plénière de clôture.

Le programme détaillé des journées est disponible ici

SUR CE THÈME, dans nos archives
Comment faire reculer l’addiction
La réduction des risques, à petits pas



7 juin 2016

Des Charter Awards pour les préfectures

Ce mardi, la Cimade salue - de manière pour le moins originale - les pratiques illégales ou abusives en matière d’enfermement et d’expulsion des étrangers. Maintien en centre de rétention de mineurs, expulsion de personnes gravement malades, dispersion des exilés de Calais vers des lieux de privation de liberté, renvoi vers des pays en guerre, enfermement de ressortissants français… Les catégories en compétition ne manquent pas !

En 2015, d’après le recensement effectué par l’association d’aide aux réfugiés, quinze préfectures se sont particulièrement illustrées, au point de forcer le grotesque. Elles étaient donc en lice pour décrocher l’un des dix Charter Awards.

Lors des rendez-vous matinaux organisés devant chacune des administrations nominées, un petit avion doré était présenté par les militants en guise de trophée.
Puis les lauréates ont été saluées pour leur sens de la générosité lors d’une cérémonie à la Maison des Métallos à Paris. Les prix 48 heures chrono, Very bad trip, ou encore Maman, j’ai raté l’avion… ont été remis par des représentants des associations partenaires : Emmaüs, le Gisti, RESF et Médecins du Monde.
Les distinctions reviennent au Pas-de-Calais (deux prix), à la Loire-Atlantique, la Vienne, le Doubs, la Guadeloupe, la Guyane, la Seine-Saint-Denis, la Haute-Garonne et la Gironde... Encore bravo !

ARTICLE À (RE)LIRE sur ce thème :
Pour une Maison des réfugiés



6 juin 2016

HLM : on se fait une toile ?

Alors que 1,8 millions ménages sont en attente d’un logement social, un outil de transparence permet de savoir où en sont les villes françaises vis à vis de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU). Alors qu’environ mille communes persistent à payer des pénalités faute de se doter de logements à loyer modéré, l’Union sociale pour l’habitat s’emploie à redorer l’image des HLM et de leurs habitants. Elle organise notamment HLM sur cour(t), un concours de courts métrages portant « un autre regard sur le logement social ». Les trois films lauréats seront en accès libre à partir du 10 juin.

Sur fond de grands ensembles,
Coupé court raconte la coquetterie des jeunes des cités,

La vie d’une autre donne à voir la rencontre revigorante entre une prof déprimée et une aveugle pleine de vie,

Le grand bain, met en scène des voisins apprenant à nager hors de l’eau.

Des histoires drôles et tendres qui pourraient donner des idées aux 18 millions de ménages susceptibles d’accéder à un logement social…



2 juin 2016

Culture : une expo de ouf !

« Mental Désordre » c’est le nom de l’exposition que présente la Cité des Sciences et de l’Industrie, du 5 avril au 6 novembre 2016 à Paris. Pendant sept mois, cette expo interactive invite le grand public à mieux comprendre les troubles psychiques pour susciter un autre regard sur eux et dissiper les préjugés.

Les organisateurs de l’exposition rappellent qu’en Europe, une personne sur quatre est confrontée à un problème de santé mentale (1) au cours de sa vie ; une réalité à prendre en compte donc pour déconstruire les idées préconçues sur nos représentations de « la folie ».

Rien de tel alors que l’expérience pour appréhender ce qui nous est inconnu. Un parcours ludique et sensoriel a ainsi été pensé autour d’une visite libre en trois séquences : la perception des troubles psychiques à travers l’histoire et les connaissances que l’on en a aujourd’hui ; l’expérimentation et le ressenti par les visiteurs de la vie quotidienne avec un trouble psychique ; enfin, l’expression du « grain de folie » de chacun par la création.

Mental Désordre, plus qu’une exposition, est aussi un cycle de conférences autour de thèmes comme la perception du trouble, l’adolescence, ou la recherche et l’innovation en santé mentale.

La Cité des Sciences propose également une banque de données en ligne sur le sujet pour permettre à tout un chacun de se documenter sur la santé mentale.
Infos pratiques, programme et réservation sur le site internet de la Cité des Sciences.

(1) Selon l’OMS, la santé mentale est un état de bien-être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de la communauté.

À LIRE parmi nos archives :
La santé mentale n’a pas bonne mine



30 mai 2016

Handicap : emploi et scolarisation dans le viseur

La conférence nationale du handicap est traditionnellement un lieu d’annonces pour les acteurs du secteur, avec grandes orientations et coups de pouce financiers. La dernière du mandat de François Hollande, le 19 mai à l’Elysée, n’a pas dérogé à la règle.

L’accent a été mis sur la notion d’accompagnement, avec la reconnaissance de l’emploi accompagné dans le projet de loi Travail, et sur le plan scolaire la transformation d’ici cinq ans de 56000 emplois aidés d’auxiliaires de vie scolaire en 32000 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), dont 6000 dès 2016. Concernant la stratégie médico-sociale, une transformation de l’offre à hauteur de 180 millions d’euros sur cinq ans a été annoncée, avec un volet spécifique pour le polyhandicap. Pour les personnes dont le taux d’incapacité permanente est de 80%, la durée d’attribution de l’allocation adulte handicapé (AAH) sera également allongée de plusieurs années. Ces annonces ont déclenché des réactions en demi-teinte du côté grandes associations du secteur.

Malgré quelques avancées, la FNATH déplore l’absence de « véritable annonce accompagnée de moyens financiers dédiés pour améliorer l’insertion et le maintien en emploi des travailleurs handicapés ». L’APF salue le volet scolarisation mais se dit « déçue par des discours convenus ne répondant pas aux priorités des personnes en situation de handicap et de leur famille ». L’APAJH s’est montrée plus consensuelle, saluant des mesures allant « dans le bon sens » tout en restant vigilante sur sa mise en œuvre. Enfin l’Unapei a salué « la dynamique » impulsée par le président en faveur d’une société inclusive, tout en rappelant que « l’écart reste immense entre les personnes en situation de handicap et leurs concitoyens ».



25 mai 2016

Mad Pride versus Fada Pride

Fous et alors ? Pour changer le regard des malades sur eux-mêmes et celui des autres sur la maladie psychique, la Mad Pride défile une fois par an dans Paris depuis 2014. Le 11 juin, elle sèmera ses grains de folie entre l’hôpital psychiatrique Saint-Antoine et la place de la République. Partant d’un lieu symbolique d’enfermement pour aller vers un lieu symbolique de démocratie, cette marche vise à revendiquer la pleine citoyenneté des personnes en difficulté psychique et promouvoir leur inclusion sur le plan économique, social, environnemental et culturel.

Le Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie ne se reconnaît pas dans la légèreté de cet événement. « Nous déplorons que les organisateurs de cette mascarade parisienne, aient mis un étouffoir sur les protestations et les revendications des personnes aux prises avec les institutions psychiatriques, en ne gardant de tout cela qu’une vague revendication pour une dignité des personnes atteintes de pathologie mentale. » Majoritairement composée de patients ou ex-patients de la psychiatrie, l’association appelle donc au boycott de la Mad Pride.

Ces militants des droits fondamentaux des personnes psychiatrisées se reconnaissent davantage dans le manifeste de la Fada Pride. Organisée le 4 juin à Marseille, elle se veut également festive, mais se réunit autour de la dénonciation des maltraitances dans les lieux de soins, de la privation de liberté, du gavage médicamenteux… La marche sudiste revendique donc : l’abandon d’une culture de la contrainte, la création de lieux d’apaisement de crise encadrés, l’application de la CMU par tous les médecins, le droit de discuter des traitements, l’accès à un chez soi et à des revenus suffisants…

Le 5 juin 2016 à Marseille et le 11 juin à Paris



19 mai 2016

Handicap sensoriel : Colin-Maillard pour tous !

Trois duos, trois défis : à gauche, une personne déficiente visuelle, à droite une personne qui ne l’est pas. Et toutes deux, les yeux bandés. Il s’agit, dans un temps donné, de taper une phrase sur le clavier d’un ordinateur, de rassembler la somme de 17 € 88 le plus vite possible, ou encore de séparer trois jaunes d’œuf de leurs blancs sans les casser. Autrement dit, quel serait notre quotidien si nous perdions la vue ? Et qui sont les vainqueurs — haut la main — de ce genre de challenge ? Pour relever le défi, c’est ici !
Avant tout empreinte d’un esprit de lutte en faveur des personnes déficientes visuelles, cette initiative non moins ludique est celle de l’association Valentin Haüy, reconnue d’utilité publique depuis 1891.
Nul doute qu’elle saura inspirer les travailleurs sociaux qui partagent le quotidien des personnes aveugles et malvoyantes.

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Malvoyance, apprendre à compenser le handicap



12 mai 2016

Autisme et culture, dans un futur proche

J-5... Le Festival du Futur Composé fête sa 9ème édition cette année à Paris. Manifestation culturelle atypique, elle associe des artistes professionnels à de jeunes adultes vivant avec des troubles autistiques. Résultat : des productions remarquables, opéra-ballet, concerts et expositions se succèdent du 17 Mai au 30 Juin dans des salles parisiennes renommées. Une trentaine d’institutions spécialisées participent à l’événement, auquel les équipes éducatives et environ deux cents jeunes se sont préparés des mois durant.

Ce Festival, qui se déroule (seulement !) tous les deux ans, est organisé et produit par l’association du Futur composé. Créée en 2000, elle souhaite ainsi favoriser l’accès des personnes autistes aux pratiques culturelles et les rendre actrices du champ culturel. Par son action quotidienne, l’association entend bien changer le regard du grand public sur le handicap et inscrire ses jeunes talents, plus que dans le spectacle, dans une communauté autre. Futur composé, ou comment, en lui ouvrant leurs portes, les lieux culturels ouvrent l’esprit de leurs spectateurs...

Toute la programmation à découvrir ici.

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