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25 juin 2016

Vacances : trop de laissés pour compte

Le 9 juin 1936, il y a 80 ans, était déposée une proposition de loi historique instaurant le bénéfice de congés payés (votée à la quasi unanimité des députés et sénateurs). À l’occasion de ce bel anniversaire, le Secours populaire rappelle que près d’un enfant sur trois et qu’un Français sur deux sont en situation de «  non-départ en vacances  ». Une campagne, intitulée "Les vacances, c’est pas du luxe, c’est un droit" a été initiée pour «  décupler le nombre des départs  ».


24 juin 2016

Médias : faire apparaître les invisibles

Se donner les moyens de rêver d’un monde plus solidaire, et créer un outil pour faire de ce rêve une réalité. A 20 ans, Martin Besson est le créateur de Sans A, un magazine en ligne consacré aux sans abris, sans argent, sans affection, sans avenir… Avec une équipe bénévole de journalistes, photographes, graphistes, il offre une vitrine aux anonymes qui peuplent les trottoirs, les squats, les chambres de bonne, les bidonvilles. Chaque reportage, chaque portrait prend le temps d’une rencontre de qualité. Grace à de belles photos et de beaux textes, derrière les problèmes se dessinent des personnalités riches en débrouille et en dignité.

Au-delà de donner à voir l’histoire de précaires pour briser les a priori et les stéréotypes, l’objectif de Sans A est de devenir un média d’impact. « Grace aux réseaux sociaux, nous pouvons facilement avoir une diffusion importante et être au plus proche du lecteur. Les gens veulent agir, ne pas rester passifs face à l’information. Notre objectif est de les aider à avoir des initiatives généreuses. »

Après un an d’existence, cette entreprise sociale et solidaire parisienne a réuni mi juin 37 630 euros grâce à un crowfunding pour poursuivre son travail de témoignage. « À partir de septembre, nous voulons publier 8 articles et soutenir un projet par mois. Par exemple, si un SDF souhaite suivre une formation, nous allons raconter son histoire et activer la communauté pour qu’il réalise son rêve. » De l’argent, un hébergement, une aide au transport… chacun à son niveau pourra apporter un soutien au projet.
« Nous souhaitons développer des partenariats avec les travailleurs sociaux, eux s’occuperont de l’accompagnement, nous du montage financier ». Sans A, mais plein d’idées et de volonté.

À lire aussi » Pour contribuer…


23 juin 2016

Cap sur la présidentielle

Comme souvent, c’est l’Association des paralysés de France qui dégaine la première. En lançant sa plateforme #2017agirensemble.fr, l’APF entre donc dans la course à l’élection présidentielle, à l’heure où les camps politiques majoritaires s’échauffent pour la désignation de leur candidat. Ouverte à tous, cette plateforme ambitionne de « co-construire les propositions » que l’association adressera aux partis, face à « l’urgence sociale » et une politique publique qui monte « les populations les unes contre les autres ». Accessibilité, citoyenneté, emploi, éducation, sexualité : chacun est invité à s’exprimer sur une dizaine de thématiques, liées au quotidien des personnes en situation de handicap. Après inscription sur la plateforme, il sera ensuite possible de voter les propositions. Une synthèse est prévue pour le premier trimestre 2017 et sera soumise aux candidats.


22 juin 2016

Accueil des gens du voyage : encore du chemin à parcourir

La DIHAL (Délégation Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement) a publié en mai une étude en forme d’état des lieux sur les questions de l’habitat adapté et de l’accès au logement des gens du voyage (1). L’enquête a été menée dans les régions Alsace, Aquitaine et Languedoc Roussillon considérées comme échantillon représentatifs en la matière.
À contre-courant de l’attitude souvent uniforme des collectivités vis-à-vis de cette population, l’étude propose d’observer la diversité des situations et des besoins en matière d’habitat pour répondre aux différentes difficultés rencontrées sur le terrain. Elle formule ainsi cinq recommandations pour améliorer la prise en charge des personnes.

Selon la DIHAL, si la loi Besson du 5 juillet 2010 relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage constitue « une avancée majeure » pour le stationnement des gens du voyage dans les communes, elle n’en reste pas moins inachevée pour ce qui concerne les modalités d’intervention sur les sites. Par exemple, la non différenciation des personnes sédentarisées et nomades crée une confusion dans leur prise en charge et dans les réponses à apporter. Le manque de définition précise du terme d’habitat adapté aux gens du voyage ajoute à cette confusion : considéré comme alternative à un habitat classique, il n’entre dans aucune « catégorie juridique ni de politique publique à part entière ».
L’étude déplore également la politique de l’habitat menée par les collectivités. Les aires d’accueil, par exemple, ne sont pas prévues pour du long séjour, or en raison du manque d’offre de logement, les personnes s’installent sur le terrain et dans une précarité durable ; ce qui compromet leur parcours d’insertion.
Enfin, le manque de budgets alloués par l’État est pointé par cette étude, qui souligne la réduction des moyens financiers et humains sur le terrain.

Pour rendre les outils d’intervention existants plus efficaces, la DIHAL formule cinq recommandations :

  • la prise en compte « des besoins d’habitat des gens du voyage dans les politiques de logement »
  • la reconnaissance de la résidence mobile comme un élément de logement
  • le développement de l’habitat adapté
  • la mobilisation et la formation des acteurs (gens du voyage et élus locaux)
  • la valorisation des pratiques locales

Synthèse de l’étude

(1) « Le terme « gens du voyage », d’origine administrative, est apparue dans deux circulaires de 1972 et 1978 à la suite de la loi du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux sans domicile fixe. Ce terme désigne initialement des personnes de nationalité française sans résidence ni domicile fixe de plus de 6 mois par an, exerçant des activités ambulantes et en référence à leur mode de vie. » Source DIHAL.

À lire aussi » Elisabeth Croze accompagne les gens du voyage


21 juin 2016

SOS Méditerranée : 2000 personnes secourues en un an

Son objectif : sauver des vies en mer. L’association qui a affrété l’Aquarius pour effectuer des sauvetages au large des côtes libyennes fête un triste premier anniversaire. Avec ce navire de 77m, l’équipage peut naviguer trois semaines en autonomie. Depuis le mois de février, en partenariat avec Médecins du monde, puis Médecins sans frontière, il comble la défaillance des Etats.

« Face à cette catastrophe annoncée qui se répète, ce que nous faisons reste insuffisant, estime Sophie Beau, co-fondatrice de SOS Méditerranée. Nous aimerions que l’Europe dédie une flotte au sauvetage des migrants, et ne se contente pas de lutter contre les passeurs. » Chaque jour en mer coûte 11 000 euros. Entièrement financée par la société civile, cette mission humanitaire souhaite cependant devenir pérenne.

Le financement n’est pas l’unique problème. Une fois à terre, venant principalement d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, beaucoup de rescapés risquent d’être renvoyés dans leur pays et... de retenter l’aventure. Faute d’une politique européenne appropriée, l’association n’a pas fini d’en appeler à la générosité des citoyens.


20 juin 2016

Haute-Garonne : la politique du pire

Arrêter tout hébergement hôtelier pour les femmes enceintes ou mères isolées avec enfant mineurs de moins de trois ans et pour les mineurs étrangers isolés : ne cherchez pas cette politique à Béziers… C’est en Haute-Garonne, département socialiste, que ça se passe.
Effectives depuis le 2 mai, ces décisions ont fait l’objet de deux arrêtés signés le 25 avril par le président Georges Méric. Les arguments ne varient pas, dans un département qui semble décidément porter la protection de l’enfance comme un fardeau trop lourd : dispositif saturé, difficultés financières, manque de solidarité interdépartementale pour héberger les personnes… Un plan de création de places ne débute que timidement, pour être mené à terme d’ici à 2020.

Sans un collectif de travailleurs sociaux qui assure 24h/24h depuis sept semaines l’accueil et la mise à l’abri des personnes et des mineurs, tous se retrouveraient à la rue. « La protection des mineurs est une obligation légale, le département est aujourd’hui hors la loi, déclare une éducatrice. Attend-il un drame pour mettre fin à cette politique ? »
Le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et la Ligue des droits de l’homme ont dénoncé cette politique vendredi lors d’une conférence de presse et ont déposé un recours devant le tribunal administratif.

Le Conseil départemental, qui n’a pas fait du dialogue un pilier de sa politique sociale, n’a toujours pas répondu à nos demandes d’explications. Une éducatrice toulousaine a pour sa part choisi de prendre la plume pour exprimer son courroux auprès de "son" conseiller départemental. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’écho qui lui aura été réservé...


18 juin 2016

Hommage : au-delà de l’émotion

Vivre à la rue, on en crève à 49 ans en moyenne, soit 30 ans de vie en moins que pour une existence passée sous un toit. Ce samedi, le Collectif "Les morts de la rue" rend hommage aux 497 SDF décédés en 2015. Loin d’être exhaustif, ce recensement donne aux chiffres des noms et des visages.
Créée en 2002, l’association constate une évolution dans le regard des gens. Maintenant, ils savent que l’on meurt de misère toute l’année. Reste à passer aux actes. « Quand un centre d’hébergement ouvre, il y a toujours des riverains qui s’y opposent par peur, regrette Cécile Rocca, coordinatrice et fondatrice du collectif. Il faudrait inverser la tendance. »
"Les morts de la rue" rêve d’une prise de conscience : les sans abris ne sont pas une menace, mais des personnes en danger. « Pour que ça change, poursuit la militante, les électeurs devraient faire pression sur les politiques avec des pétitions pour plus d’hébergements et plus de logements très sociaux. Les élus veulent être élus, aux citoyens d’agir. ».

À lire aussi » Le pari de sortir les SDF de la rue


17 juin 2016

Vent de folie sur les planches

Au Québec, les personnes atteintes de troubles psychiques font du théâtre pour se sentir mieux et retrouver leur place dans la société. Pour partager cette expérience, la troupe Merveilleuses Têtes Heureuses vient en tournée en France. Elle présente sa création originale Parle pas t’ça !, et des ateliers construits à partir du développement de leur recherche-action.

Depuis 2008, cet organisme communautaire réunit des usagers de la psychiatrie dans l’idée de faire du théâtre un outil de rétablissement. Dans un processus collectif, ils ont monté une première pièce. Chaque comédien y interprète un utilisateur de service de santé mentale et raconte son histoire avec l’institution, la famille, l’entourage…
L’objectif de ce travail est de rompre l’isolement, stimuler l’imagination et la spontanéité, prendre confiance en soi. Mais il s’agit aussi de briser les tabous et de faire tomber les préjugés sur la maladie psychique, souvent avec humour : « Ce n’est pas parce que je ne me rase pas pendant deux jours que je suis en train de décompenser. »

Prochaines dates :
Lille  : 18 juin
Barraca Zem, 38 rue d’Anvers
Toulouse : 20 juin
Espace des diversités, 28 rue d’Aubuisson
Marseille : 23 juin
Théâtre des Chartreux, 105 Avenue des Chartreux
Bassens (Chambéry) : 24 Juin
Grand auditorium du Centre Hospitalier Spécialisé, 89 Avenue de Bassens


16 juin 2016

Médecins du Monde, entre censure et lobby

Pendant que les propriétaires de panneaux publicitaires refusent d’afficher la campagne, le syndicat professionnel des industries pharmaceutiques dénonce une "propagande mensongère". Certes, Médecins du Monde a joué la provocation, mais l’association, au-delà d’un buzz réussi, suscite surtout le débat sur le coût des médicaments. Une campagne constructive donc (et publiée dans le numéro de Lien Social à paraître)...


16 juin 2016

République numérique : peut mieux faire

Le 1er janvier 2017, une carte mobilité-inclusion remplacera les différentes cartes actuellement délivrées aux personnes handicapées : cartes de priorité, d’invalidité, de stationnement. Ainsi en a statué la loi Pour une République numérique, votée au Sénat. «  Acte fort de modernisation et de simplification  », se réjouit le ministère.
Sauf que… Le Collectif pour une France accessible, lui, estime à l’inverse que globalement, le texte en question «  exclut de la société des millions de citoyens  » par l’amoindrissement de l’obligation d’accessibilité numérique, déjà prévue dans la loi Handicap de 2005.
En effet, son article 44, qui ne concerne que les sites des services publics, permettra largement de contourner cette obligation. Le Collectif interpellera les parlementaires afin de saisir le Conseil constitutionnel pour rupture d’égalité.

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