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22 avril 2020

■ ACTU - Travail social • Mobilisation virtuelle

« Cette crise sanitaire est venue amplifier les difficultés des structures sociales et médico-sociales causées par les politiques néolibérales menées, depuis de nombreuses années, par les différents gouvernements », avancent plusieurs collectifs de travailleurs sociaux qui proposent, demain soir, jeudi 23 avril, un meeting dématérialisé du travail social en lutte, à suivre en direct sur Facebook Live.

Des professionnels de la pédopsychiatrie, de l’hébergement, de l’insertion et des étudiants apporteront leurs témoignages. Leur mot d’ordre : « plus jamais ça » vise à préparer l’après confinement. Ce meeting est dans la lignée des quatrièmes rencontres nationales du travail social qui auraient dû se tenir en mars dernier et avaient finalement été remplacées par une réunion en ligne. Un appel avait notamment exigé « une priorité absolue pour l’éducatif », nécessité renforcée face à l’angoisse engendrée par les mesures de confinement. Des moyens de protection immédiats, une mise à l’abri adaptée au regard des risques sanitaires….

Colère

Ces constats rejoignent les alertes répétées depuis le début du confinement par le groupement toulousain pour la défense du travail social sur l’absence de réponse apportée aux personnes à la rue. « Il nous est plus difficile de continuer à faire notre travail car les gens sont à cran. Ils ont faim, froid, sont fatigués et en colère qu’il n’y ait aucune solution pour eux. Comme il n’y a plus qu’eux, les policiers et nous dehors, ils nous repèrent très vite, témoigne un travailleur social. Forcément leur colère se retourne contre nous car nous sommes là mais sans pouvoir vraiment les aider et notre sécurité est menacée. Nous avons été obligés d’aménager nos horaires et notre manière de travailler à cause de cela ».

Le groupement exige que toute personne appelant le 115 soit hébergée dans des lieux respectant les règles sanitaires en vigueur. Le 11 avril, la préfecture de Haute-Garonne s’était décidée à fermer un gymnase après que dix personnes hébergées aient été testées positives au Covid 19. Les travailleurs sociaux sont les oubliés de cette crise, rappelle dans une tribune publiée le 21 avril dans le journal LibérationVanessa Julien, psychologue clinicienne à la protection judiciaire de la jeunesse et psychanalyste.

Au ban

Elle rappelle que « l’étymologie du mot « confinement », si elle renvoie à la question de la « limite », n’est pas sans résonner justement sur la place des marginaux sur les bords de nos sociétés. Les professionnels qui font le choix de travailler auprès d’eux sont aussi touchés par cette mise au ban ». Ces professionnels qui, selon elle, devraient être mieux reconnus, poursuivent aujourd’hui leur travail « sans masques, sans tests, et sans possible distanciation sociale ».


22 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Petit journal de campagne, puisque nous sommes en guerre... (1/3)

Par Isabelle CHEVALIER et Sylvie GAULENE, Ingénieures Sociales.

Ce début d’année 2020 restera une date dans la vie de chaque habitant de la planète et pour le travail social en particulier une parenthèse exceptionnelle dont il faudra tirer les conséquences, un jour, plus tard. Pour certains nous sommes en guerre, pour d’autres c’est un fait social de masse que chacun vit chez soi.
Aujourd’hui au milieu de la tourmente, il est important de témoigner de ce qui se vit dans les équipes.
Nous parlons de notre place d’encadrant d’équipes pluridisciplinaires de service social, en territoire urbain et rural, composées de personnels confinés chez eux, soit malades ou fragilisés, soit accompagnants de leur famille, en garde d’enfant, en télétravail, d’astreinte en présentiel dans des locaux fermés, ou intervenant en urgence sur des actions prioritaires de protection des personnes. Autant de situations différentes à vivre en tant qu’agent de service public, mobilisables un peu, beaucoup ou pas du tout pour répondre aux besoins des personnes en difficultés qui, en cette période d’arrêt quasi général, se tournent vers les services publics.

1. Les besoins des personnes accompagnées pendant la crise du COVID 19.


1.1 un effet de sidération les premiers jours

Au début c’est ‘sauve-qui-peut’ : la santé et la sécurité immédiate des personnels est prioritaire, les services ferment, confinent les professionnels, les rendez-vous sont annulés, des enfants protégés sont renvoyés chez leurs parents très rapidement dès lors qu’ils disposent d’un droit d’hébergement même minimum, des personnes en situation de handicap accueillies en structure retournent à leur domicile, tous les enfants sont à la maison y compris ceux du personnel.

Le premier jour, les habitants interpellent le service social sur des questions dont certaines apparaissent sans commune mesure avec la réalité mais qui concernent leur quotidien, ils continuent à raisonner ‘comme avant’ : « Comment je dois payer mon assistante maternelle si elle n’accueille plus mon enfant ? »
Les aides à domicile, chez les personnes âgées se restreignent drastiquement, face au manque de personnel on arrête le ménage, pourtant un appelant s’indigne : « mais y’a des travaux chez ma mère, ça fait de la poussière il faut envoyer une aide-ménagère ! ».
Puis, face à la réalité de la fermeture partielle des services publics, les questions anxiogènes arrivent : « Qui va peser mon enfant ?  ». Les pharmacies louent des balances 35€ la semaine, la puéricultrice se retrouve en position de négocier un ajustement avec le pharmacien ; le privé doit continuer son activité. Quand il n’y a plus de service public, les précaires sont directement impactés.
Les assistants sociaux ne peuvent plus instruire d’aide financière car les paieries sont fermées, ce qui entraine des conséquences immédiates :« Mon locataire ne veut pas payer l’eau, on va me prélever, si vous ne voulez rien faire, je vais lui couper l’eau ». Des solidarités disparaissent en un instant : « Mon voisin ne veut plus m’amener à manger  ».

Des nouvelles tensions apparaissent dans les familles pour lesquelles les travailleurs sociaux sont interpellés : « Pouvez-vous appeler ma femme pour lui dire de ne pas amener les enfants chez les grands-parents, elle ne veut pas m’écouter !  ». Une assistante sociale, elle-même en proie à ses propres difficultés de gestion de la crise, réagit, « mais je ne peux pas faire ça !  ».

Des services caritatifs, gérés souvent par des bénévoles âgés qui doivent se confiner immédiatement, ferment. D’autres, se concertent et imaginent rapidement de nouveaux relais, en créant un réseau sur le territoire, pour ne pas laisser des personnes en précarité dans le désarroi et les travailleurs sociaux sans ces relais associatifs bénévoles qui sont des maillons indispensables de l’action sociale, depuis longtemps complémentaires du service public.

Dès ces premiers instants, on note des besoins de vérifier que le service public existe encore :
« Je vous appelle pour vous féliciter d’avoir mis à jour les informations sur la grille à l’entrée ».
Des personnes appellent plusieurs fois, comme pour vérifier qu’on répondra toujours en cas d’urgence.

Ainsi, ce premier jour, tout semble s’arrêter définitivement, il n’y a plus rien ; comment va-t-on faire « sans » ?

1.2 …mais les missions demeurent…
Le quotidien professionnel des professionnels médico-sociaux est toujours là : prévention, protection des personnes vulnérables et de l’enfance, vie sociale et insertion. Les problématiques sont inchangées mais sont exacerbées et amplifiées par ce phénomène de confinement, par cette forme d’action globale qui a conduit à l’enfermement des personnes et à un arrêt de l’activité économique et sociale. Ce danger face à une entité invisible dont chacun doit s’accommoder génère de l’angoisse et des incertitudes chez les personnes, ce qui amplifie les problématiques dans des situations déjà fragilisées et déclenche des crises dans des foyers non accompagnés jusque-là.

…et les professionnels sont présents.
Des astreintes se mettent en place, les travailleurs sociaux sont toujours à l’écoute dans un positionnement professionnel d’accompagnement mais aussi dans la gestion du déni des risques de certains, des comportements égoïstes, de la peur et de la nécessité de rassurer.
Ils restent dans la communication, le soutien mais aussi l’assistance avec le soutien des plus fragiles : personnes seules, sans domicile, personnes victimes de violences intrafamiliales.

Les vulnérabilités s’accroissent face à la crise : âge, précarité, solitude, huis clos familial, difficultés éducatives, carences éducatives s’exacerbent bruyamment.


1.3 Et puis chacun reprend ses esprits.

Au bout de quelques jours, passée la sidération, les choses s’organisent : des relais sont pris, des assouplissements de fonctionnement sont proposés, on fonctionne en mode dégradé, mais pas si mal, la confiance revient, on se pose, on réfléchit.

Des solidarités spontanées se mettent en place entre habitants sur des communes (nourriture, courses, solidarité de voisinage…). Les élus des communes, les associations comme en témoigne de nombreux articles dans la presse, proposent écoute, portage de médicaments, course, veille sociale, etc. dans le cadre de dispositifs communs de vigilance auprès des plus vulnérables, souvent les personnes âgées.
Des services caritatifs se mobilisent avec de nouveaux moyens, tel l’exemple de l’action AUTABUS de la Croix Rouge Française qui déjà inscrite dans une action d’aide alimentaire et d’accompagnement social ancrée sur le territoire a su s’adapter en proposant des points de dépôt de colis alimentaires répondant aux nouvelles normes requises par le confinement sur un secteur rural étendu. Cette réponse rapide et réactive n’a pu se mettre en place que grâce à un réseau d’acteurs communaux et bénévoles impliqué dans un système de coopération et d’interrelations. Pour Michel FIZE sociologue, ce fait social entraîne une résurgence des gestes de solidarité, une sociabilité exprimée dans les gestes de solidarité mais aussi par la ritualisation comme le geste de soutien aux soignants à 20 heures tous les jours.

Selon un médecin territorial, pour les personnes âgées, les associations d’aide à domicile essaient de jouer le jeu et diminuent leur personnel afin de respecter le confinement mais prennent en charge les situations urgentes et continuent souvent pour les autres à proposer un accompagnement téléphonique et une veille sociale. Il précise : « Les services privés, sont très réactifs et absorbent beaucoup plus l’ensemble des demandes sans trop de questions sur le fond et la protection de leur personnel ». Finalement au bout de quelques jours les plans d’aide deviennent opérationnels ; pour autant les personnes âgées refusent parfois leur mise en œuvre, réticents à faire entrer un inconnu à leur domicile.
Ainsi les demandes évoluent aussi, les besoins existent mais les priorités changent et les personnes opèrent des choix et arbitrent au profit des besoins primaires et de leur sécurité.

(à suivre « Les travailleurs sociaux pendant la crise du COVID 19)

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

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LIEN SOCIAL n°1271 et 1270 en accès libre


22 avril 2020

★ INITIATIVES - Le quotidien d’un foyer de vie en vidéo

Comment sera la vie après l’épidémie ? Cette question, nous nous la posons toutes et tous.
Mais, avant de pouvoir y répondre, faut-il encore ne pas oublier comment on vit ici et maintenant. Chaque jour nous montre que si le Covid-19 s’attaque à la santé en général et à celle des plus fragiles en particulier, elle ne réduit pas la créativité des professionnels et résidents du secteur médicosocial. A preuve cette vidéo pleine d’émotion et de délicatesse réalisée par les personnes en situation de handicap et les professionnels du foyer de vie « Exister », géré par l’association Unapei Alpes Provence, avec une musique composée et interprétée par une salariée.


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21 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – Une prime pour les travailleurs sociaux

Si l’annonce d’une prime pour les professionnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et de l’aide à domicile est une bonne nouvelle, les associations demandent à ce qu’elle soit étendue à tous les professionnels de "2e ligne" engagés auprès des personnes
vulnérables.


Courrier du 17.04.2020
Monsieur le Premier ministre,
Lors de votre conférence de presse du 15 avril post-conseil des ministres, vous avez annoncé l’ouverture de négociations par votre Gouvernement afin de soutenir le versement d’une prime en faveur des professionnels des EHPAD et de l’intervention à domicile. Si nous nous félicitons tant de la reconnaissance de ceux qui sont souvent appelés « la deuxième ligne de front » que de l’appui de l’Etat dans la discussion avec les Départements, limiter le versement d’une prime aux seuls EHPAD et à l’intervention à domicile revient à oublier l’ensemble des salariés des secteurs sociaux et médico-sociaux qui sont au contact des publics les plus fragiles : enfants, jeunes, adultes de l’aide sociale à l’enfance, personnes en situation de handicap, personnes sans domicile, migrants et majeurs protégés. Ces professionnels sont confrontés aux mêmes risques de contamination et ont pourtant continué, depuis le premier jour, à assurer leur mission d’accompagnement et de protection malgré l’absence totale de protection et de dépistage permettant ainsi d’éviter l’effondrement du système. A l’occasion de son allocution du 13 avril, le Président de la République a évoqué le rôle des travailleurs sociaux et des associations dans l’organisation de cette lutte contre le virus. Le ministre des Solidarités et de la Santé a salué quant à lui l’investissement sans faille des travailleurs sociaux lors des séances de questions au Gouvernement mardi dernier. Lors de la discussion que vous allez ouvrir avec les Départements, il importe que la protection de l’enfance, la protection juridique des majeurs, le secteur du handicap, l’hébergement d’urgence et l’insertion ne soient pas les grands oubliés de la deuxième ligne. Il s’agit pour nous de reconnaitre l’investissement et l’engagement des professionnels de nos secteurs d’activité auprès des personnes les plus fragiles tout au long de cette crise et ce, quelle que soit l’autorité de financement et de contrôle, Etat comme départements. Il est nécessaire que l’ensemble des chefs de file de la politique sociale et médico-sociale en France trouvent un terrain d’entente pour assurer aux professionnels la reconnaissance par la nation de leur engagement. Nos organisations se tiennent à votre disposition pour prendre une part active à ces futures négociations. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre haute considération.

Signataires :
Marianne Antunes, présidente de l’ANMECS,
Bénédicte Aubert, présidente de l’ANPF,
Josiane Bigot, présidente de la CNAPE,
Marie-Andrée Blanc, présidente de l’Unaf,
Christian Borie, président de la FNLV,
Marie-Sophie Desaulle, présidente de la FEHAP,
Patrick Doutreligne, président de l’Uniopss,
Ange Finistrosa, président de la FNAT,
Jean-Louis Garcia, président de l’APAJH,
Luc Gateau, président de l’Unapei,
Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité,
Jacques Le Petit, président de la Fn3s,
Alain Raoul, président de Nexem,
Salvatore Stella, président du CNAEMO,
Bérengère Tailleux, présidente du CNDPF


21 avril 2020

★ INITIATIVES - Coronavirus : fiches santé avec santéBD

SantéBD, ce sont des supports faciles à comprendre pour prendre soin de sa santé.
Avec des illustrations et un langage FALC (Facile à lire et à comprendre),
ils sont accessibles à tous.
SantéBD est un projet collaboratif porté par l’association CoActis Santé.
.

Retrouvez toutes les fiches
Les gestes simples contre le coronavirus
Le confinement expliqué simplement
Comment faire ses courses pendant le confinement
Je reste en bonne santé pendant le confinement
L’attestation de déplacement simplifiée et son mode d’emploi
L’attestation de déplacement simplifiée et son mode d’emploi (APHASIE)
Coloriages pour s’occuper pendant le confinement

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21 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Brèves de comptoirs éducatifs non confinées (2)

Les mots claquent, les réflexions font sourire, la révolte fait vibrer … Eric Jacquot, responsable de lieu de vie, nous adresse ses brèves de comptoir percutantes.

J’ai une équipe d’enfer, ils sont là au front dans des conditions difficiles et ils assurent. J’ai aussi une pensée toute particulière pour une stagiaire qui fait en ce moment compliqué, une chose qu’elle n’avait pas prévue et dont elle se souviendra toute sa vie. Bravo mes potos avec vous je me sens moins seul et c’est du bonheur de vivre à distance mais avec vous, cet instant si particulier.

A la fin, on fêtera ça, sans gants ni protocole et avec une prime. Faudra que j’en parle quand même au conseil d’administration de l’association et comme je l’écris ici, un fonctionnaire consciencieux pourrait en prendre ombrage.

Histoire de confinement : hier les zenfants m’ont mis à la porte de chez moi et ils m’ont dit que je pouvais fuguer.

Un enfant quand il est confiné son estomac parle pour lui.

Ronaldo 13 ans " Eric je ne voudrais pas que tu sois mon père mais j’aimerais bien être à la place de ton fils." Si là, il n’est pas question de transfert, c’est à ne plus rien y comprendre.
Le confinement c’est s’en sortir sans sortir.

Je n’impose aucun devoir scolaire, alors ils les font d’eux-mêmes. Ils n’ont pas envie de mourir cons.

«  Je ne peux pas vous laisser dire cela  » c’est la première réponse d’un technocrate à quelqu’un qui viendrait contre dire sa science infuse.

La question n’est pas celle-là. C’est comme cela que les gens qui savent, prennent la parole.

Cette question du confinement et des retours en famille de certains enfants placés par l’aide sociale doit amener à une vraie réflexion autour du sens du placement.

Interrogeons aussi les droits aux autorisations d’hébergement sur des week-ends. A certains parents, on leur demande d’être plus que parfait. Pour moi c’est du passé décomposé et moi qui est l’imparfait, on me confie leurs enfants !

Nos pratiques doivent se nourrir de l’expérience et non pas des évaluations pourrait valider Roland Gori.

Les LVA sont les structures, les mieux adaptées à la crise. Nous avons une grande souplesse d’adaptation. On sait ce que c’est que d’être dans le dur. Les grandes amplitudes horaires on connait déjà, l’abnégation et la non reconnaissance de notre travail aussi.

Hier un des garçons m’a dit, je vais appeler le 119. Je lui ai demandé pourquoi, il m’a dit t’inquiète pas, c’est juste pour dire que l’Etat te maltraite !

En période de confinement à 4, la solitude est une maladie honteuse.

Tiens, on est en avril et un département ne m’a pas payé les prix de journée pour 3 enfants depuis décembre. En période de confinement, il faut avoir les nerfs solides. Les enfants sont du bonheur, les services placeurs des machines à broyer mêmes les meilleures volontés.
Ils nous confinent même au niveau pognon.
« Eric, t’arrêtes de nous piquer, toutes nos bonnes idées pour en faire des brèles. ».

En novlangue, stabilisation de la courbe signifie entre 400 et 800 morts par jour.

Entre les normes administratives et le COVID qui est le plus rapide ?

Un mec intelligent de l’ARS qui annonce 600 suppressions de postes à l’hôpital de Nancy en ce moment me laisse dubitatif sur la question de l’intelligence et de la culture hors-sol.

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21 avril 2020

■ ACTU - Violences • Femmes au front


300 appels par jour.
Entre le 21 mars et le 5 avril, les écoutantes du « 3919 violences femmes info  » ont pris en charge 4 437 appels. « Nous en recevons plus, nous ne pouvons pas tout traiter, constate Françoise Brié, directrice de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), gestionnaire de ce numéro d’urgence. Il y a une dizaine d’écoutantes par plage horaire. L’écoute dure une vingtaine de minutes, ça permet de soulager les angoisses et le stress. Pour un certain nombre de femmes, ce face à face obligatoire et permanent avec l’agresseur déclenche une réflexion, elles mettent des mots sur la violence qu’elles vivent. Pour d’autres, ce huis clos génère des situations de violence beaucoup plus graves avec moins de possibilité d’y échapper. »

Pour pallier les arrêts de travail, l’effectif d’écoutantes a été renforcé par des mises à disposition de salariées d’autres structures du réseau. Contraintes au télétravail, ces professionnelles du sanitaire et social, formées aux violences conjugales, font face à des situations de détresse sans le soutien de l’équipe. Avec le chef de service, la directrice de la FNSF répond aux urgences et organise une réunion d’analyse des pratiques hebdomadaire. « Dès que ces professionnelles rencontrent une difficulté, elles nous sollicitent. Il y a beaucoup plus de situations urgentes avec intervention de la police et de la gendarmerie. »
Appeler le 17 ou envoyer un SMS au 114 reste une solution pour échapper aux coups. Le site solidaritefemmes.org répertorie aussi les numéros de téléphone des structures ouvertes ainsi que leur disponibilité. « Beaucoup de leurs salariés télétravaillent mais il existe encore la possibilité d’entrer en hébergement, précise Françoise Brié. Toutes les associations essaient d’organiser des réponses de mise à l’abri et d’accompagnement. » Cette logistique va devoir tenir bon jusqu’au 11 mai.


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20 avril 2020

★ INITIATIVES - Confinés mais pas isolés

Depuis le début du confinement les éducateurs de "rue" du Service de Prévention Spécialisée Avenir des Cités s’adaptent au confinement, développant des actions sur les réseaux sociaux en vue de garder le lien avec les jeunes et leurs famille (jeux, quiz, défis, atelier cuisine...)

Chaque mercredi après midi, Nicolas DUBOIS troque sa casquette d’éducateur de rue pour celle de grand chef pâtissier devant sa webcam en direct afin de permettre aux jeunes de suivre en live l’atelier et d’y participer de chez eux mais surtout de pouvoir interagir durant l’atelier. Durant les ateliers les échanges se poursuivent et l’occasion pour les jeunes de se changer les idées et de décompresser.

Le principe est simple, la recette est postée quelques jours avant l’atelier sur le Facebook de @Nicolas Avenir des Cités et du service @Avenir des Cités pour permettre aux jeunes qui souhaitent y participer d’effectuer les achats nécessaires.

Le choix du gâteau à préparer se fait avec les jeunes qui envoient leurs propositions via Messenger. On essaye de retenir les idées de recettes simples avec des produits de base peu coûteux pour permettre au plus grand nombre d’y participer et que les ingrédients ne deviennent pas un frein à la participation des jeunes.

Les jeunes y prennent du plaisir et les parents sont surpris de voir leurs enfants dans la cuisine et préparer un gâteau qui sera partagé lors du goûter avec les membres de la famille.

Mercredi dernier les jeunes ont préparé un classique le GÂTEAU AUX YAOURT

Pour le prochain atelier réalisation d’un gâteau à la frangipane le Mercredi 22 avril à 14h avec la participation d’un ancien stagiaire Yohan Sardo

Les participants devront prévoir lors de leurs prochains achats les ingrédients suivants :
3 petits œufs, 75g de beurre, 75g sucre en poudre, 75g farine, 1 sachet de levure chimique, 1 sachet sucre vanillé,
Pour la frangipane 128g de poudre d’amendes, 1 œuf, 56g de beurre, 56g de sucre.


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20 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Brèves de comptoirs éducatifs non confinées (1)

Depuis son lieu de vie, au 25ème jour de confinement avec 3 incasables dans Excel, Eric Jacquot, propose des brèves pleine de tendresse et d’humour , mais aussi de colère froide

Fabien « Zorro c’est un relou, il n’a rien compris, il a mis son masque au mauvais endroit.  »

A ce qu’elle nous donne à voir, je confirme la France est vraiment la 5ème impuissance mondiale.

Le libéralisme est à la fois inconfinable et un con fini.

C’est ça la Start up nation ? Hier 2 avril 2020, on nous livre 30 masques pour 15 personnes.
Je n’ai plus de vie privée mais je ne suis pas privé de vie. Jean CARTRY.

Hier, surprise sur le ton de l’humour, les enfants m’ont demandé si à la fin du confinement, on ne pourrait pas dire que l’on ne le savait pas pour rester tous ensemble.

Pour fabriquer de l’humain, nous n’avons pas besoin de protocoles sinon venez bosser à notre place et montrez-nous.

Je suis responsable de tout et surtout de ce que je ne fais pas.

Fais chier Fabien en 18 jours, il a pris 3 kg. Je ne vais pas devoir faire en plus le nutritionniste ? !!!

Avec les enfants, on voyage à travers les paysages qu’on invente en peinture sans signer d’autorisations de sorties.

Les référentiels techniques et la science des organisations rien de tel pour interdire un espace de pensée clinique. Le soin n’a rien à voir avec la régulation bureaucratique.

Avec les adolescents en confinement, j’ai essayé le film un jour sans fin, ça marche ! Mais un jour sans faim, ce n’est pas possible !

Mon réveil s’appelle Kevin, il est réglé sur 7h30. Ce matin j’ai eu une panne de réveil c’était 9h. Merci Kevin.

L’autre nuit, j’ai fait un cauchemar, il y avait 4 enfants chez moi et ils me maltraitaient. Le matin, je les ai vus et j’étais content qu’ils soient là, vivants et avec moi.

Je n’ai pas trouvé la case 168h par semaine dans le tableau Excel qu’ils m’ont envoyé, il me répond systématiquement réponse impossible. J’ai entendu que le gouvernement voulait nous passer aux soixante heures et je me suis dit pour le coup, c’est bien, cela me ferait 108 heures de moins par semaine. Edouard Philipe, t’es un vrai humaniste. Continue à faire des centrales nucléaires, toi l’ex numéro 3 d’AREVA, je te fais une totale confiance pour notre avenir.

Excel ne parle pas l’humain, c’est la matrice… C’est donc un virus.

Le confinement limite avec excellence la présence de cons chez moi.

Le confinement sans ceux qui sont en télétravail ce serait merveilleux parce qu’ils sont chez eux et qu’ils croient pouvoir rentrer chez nous en toute légitimité.

Soyons clair, si j’étais dans le personnel soignant d’un EHPAD et que je n’avais pas de masque, je n’irais pas au boulot. On ne peut pas déconner avec la vie des gens avec autant d’indécence !

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20 avril 2020

★ INITIATIVES - Une mine de ressources

La période du confinement est venue bousculer le quotidien des travailleurs sociaux, les missions de poursuite éducatives venant se rajouter aux contraintes liées aux distances sociales imposées.

L’association « Up Séjours », qui propose aux publics enfants et adolescents des structures sociales PJJ et ASE, des séjours de vacances a mis à profit son important réseau pour ouvrir un espace ressource « on pense à vous ».

Ont ainsi pu être mis en ligne, depuis le 4 avril dernier, plus de 2 000 supports mutualisés et accessibles gratuitement en téléchargement dans le domaines aussi variés que l’accès à la presse, actualités, lecture numérique (BD, Mangas…) et livres audios ; l’aide aux devoirs de la primaire à l’université en passant par les formations professionnelles, l’initiation à des exercices de sports, de yoga et de méditation, l’accès à des jeux éducatifs sur PC (certains avec modération), l’information sur des outils de gestion de tâches, de projets, de travail à distance pour les professionnels .

Depuis quelques jours, alors que la seconde phase de confinement a été décidée, de nouveaux services complémentaires sont mis en ligne progressivement :

- "A LA RENCONTRE DE …" ou comment échanger en visio avec des personnalités intéressantes et inspirantes, qui ont réalisé un rêve ou fait le tour du monde par exemple.

- "ON PASSE VOUS VOIR ! " … pour vous proposer en direct et en visio toujours des spectacles, des cours de sport, de cuisine…

- "ON PENSE A VOUS "… ou comment d’autres enfants et adolescents pensent à vos publics, vraiment et vous le montreront via leurs témoignages !

- "J’AI UNE QUESTION !"... sur un sujet précis d’actualité, ou un besoin précis lié à l’orientation, la scolarité… des personnes ressources répondent par chat visio.

- "C’EST AUSSI CA"… ou comment le confinement en structures peut aussi apporter son lot de sourires, de rires et des moments complices avec ces publics…

Animée par une équipe de bénévoles, cette initiative mérite d’être saluée et largement diffusée.

Pour se connecter, une adresse : https://www.upsejours.social

Cliquer sur l’onglet « on pense à vous »

Une adresse courriel et un mot de passe sont à fournir pour entrer dans la liste des ressources documentaires et recevoir les informations sur les mises à jour.


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