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8 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – Le 119 met un formulaire en ligne

Depuis le 2 avril 2020 il est possible de contacter les professionnels du 119 en passant par un formulaire dédié aux situations d’enfant en danger ou en risque de l’être.
Tu es un enfant, un adolescent et tu penses être victime de violences ou que l’un de tes camarades est en danger, tu peux appeler le 119 à tout moment (ton appel sera prioritaire), mais tu peux également nous écrire en utilisant le formulaire "besoin d’aide".
Vous êtes adulte, témoin, préoccupé par une situation d’enfant ou d’adolescent en difficultés... vous pouvez aussi nous écrire via ce formulaire.
Vous êtes un parent en difficultés avec vos enfants, vous avez besoin d’aide ... vous pouvez aussi nous écrire.
Attention, ce formulaire n’est pas destiné à gérer des situations de danger grave et immédiat sur un mineur. Pour toute situation urgente, il convient de contacter les services de première urgence : la police, la gendarmerie (17 ou 112), les pompiers (18 ou 112) ou le Samu (15).
https://www.allo119.gouv.fr/recueil-de-situation


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8 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Lettre d’une oubliée

Par Elodie, éducatrice spécialisée
Reçu le samedi 4 avril, 10h26

Je suis éducatrice spécialisée. Ce métier ne vous dit sûrement pas grand-chose car peu de personnes y sont confrontés. Si vous n’êtes pas un enfant placé, une personne handicapée, une femme violentée ou un SDF affamé, peu de chance de nous croiser...

A l’heure où la France s’est arrêtée, une minorité de gens continuent à travailler, le personnel soignant bien sûr mais aussi... des éducateurs spécialisés. La détresse sociale ne se met pas en pause durant l’épidémie, le confinement aggrave bien au contraire des situations déjà bien affaiblies.

Je vais vous partager un bout d’mon quotidien en toute sincérité et ainsi espérer sortir de la case des oubliés...

J’accompagne des enfants abandonnés, délaissés, maltraités, cabossés par une vie qu’ils n’ont pas choisie. A l’heure où on nous impose cette fameuse « distance sociale », vous allez voir que pour nous c’est juste une terrible injonction paradoxale...
Je suis...
A côté de toi, pour t’aider à franchir la porte de la classe,
Derrière toi, dans les gradins, pour t’aider à réussir cette dernière passe,
Devant toi, pour te protéger et attendre que l’orage passe,
Tout près de toi, pour t’aider à enlever cette carapace,
Loin de toi, pour admirer ton envolée, la grande classe !
Je suis...
Cette brise qui t’aide à souffler ta douzième bougie,
Ce vent qui te pousse à exprimer au juge ce que tu vis,
Cette tornade qui te fait sortir de ton lit,
Tantôt le méchant, tantôt le gentil...
Je te prête mes mots, quand je te sens bégayer,
Je te laisse mon épaule pour que tu puisses pleurer,
Je te tends la main pour t’éviter de glisser,
Je te prends dans mes bras quand tu es prêt à exploser...
Mon corps est mon seul outil de travail, mais il est en permanence attaqué. Malgré toi, tu essaies parfois de l’abimer, avec des griffures, des morsures, des coups de poings ou des coups de pieds...
Je n’ai pas d’arme pour me défendre quand je me sens attaquée, juste des mots et mes convictions pour t’aider à avancer... le métier d’éducateur est difficile à évaluer, tous ces actes ne rentrent pas dans des cases ni dans aucun rapport d’activité.
Mais moi ce qui me fais vibrer, c’est toute cette partie immergée, c’est tous ces moments impalpables qui ne sont pas comptabilisés, des fous rire en pagaille et des moments à jamais gravés... des émotions qui s’entrechoquent, on passe du rire aux larmes, l’adrénaline comme moteur et ma détermination comme seule arme.
Des liens tissés au fil de mois sont solidement ancrés. On s’est attaché, tu as tiré sur la corde mais on n’a pas lâché, on a résisté contre vents et marées. Tu nous as détestés, tu nous as insultés, tu as déversé toute la haine que tu as contre la société, mais on est resté là, on n’a pas bougé. Ça y est, le lien de confiance est créé, maintenant y’a plus qu’à dérouler...
L’arrivée au foyer t’a souvent fait pleurer, et au moment où tu commençais à te poser viens souvent l’heure de se séparer... J’ai l’espoir que les graines semées puissent prendre sens pour toi dans quelques années...
Partagez, faites tourner, et peut être que ce soir à 20 heures quand vous applaudirez, vous aurez une petite pensée pour nous, les oubliés...

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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7 avril 2020

• TERRAIN - Commentaire sur l’intervention de J.M. Blanquer

Jean Michel Blanquer réagit ici, tout comme le reste du gouvernement, comme un pompier incendiaire. La Circulaire du 22-3-2017 avait organisé le redéploiement progressif des Assistants de service social du second degré de l’Éducation nationale vers le premier degré des REP+. Résultat : les établissements ne relevant pas de l’éducation prioritaire ou d’un secteur rural défavorisé ainsi que les lycées généraux et technologies ont vu petit à petit disparaitre les professionnel(le)s en poste qui y avaient jusque-là tissé un lien fort avec les équipes pédagogiques et les élèves. L’action sociale s’y trouve morcelée, quand elle n’est pas carrément dilapidée.

Est-ce du cynisme ou une perte de mémoire de la part d’un ministre de l’Éducation nationale rendant hommage aux assistants de service social … qui ont été retirés de leur poste ? Comment ose-t-il parler d’une « connaissance des élèves » et du « suivi au jour du jour des situations les plus complexes » exercés par des intervenants qu’on a fait disparaître des établissements ?

C’est là, une fois de plus, le résultat d’une politique délibérée de réduction des dépenses sociales d’un État néo-libéral qui a préféré répartir l’existant, plutôt que de créer des postes répondant aux besoins. On en paie aujourd’hui les conséquences, comme dans beaucoup d’autres secteurs.

Revoir la vidéo de
✚ COMMUNIQUÉ – COVID-19 - Message du Ministre de l’Éducation nationale aux assistants de service social


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7 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Le quotidien confiné d’une famille d’accueil

Par Pat., assistante familiale.
Reçu le Dimanche 5 avril, 8h52

Je suis famille d’accueil embauchée par le Conseil départemental de Meurthe et Moselle, depuis plus de 12 ans. J’en suis à mon 4e accueil à présent. L’enfant que j’accueille depuis 7 ans à présent est assez caractérielle. Pour résumer la situation, elle présente des comportements parfois dérangeants mi ange, mi-démon ! Bien sûr, comme une majorité d’enfants placés depuis leur plus jeune âge, elle présente des troubles du syndrome abandonnique (comportement déroutant, troubles du sommeil etc…). Elle est suivie par une psychothérapeute. A force de patience, d’écoute et d’empathie souvent, on peut arriver à la canaliser. Je tiens à préciser qu’elle a bon fond et lorsqu’elle déborde, ensuite, après réflexion, elle vient me demander pardon et m’offre un petit présent (dessin) ou un mot d’excuses (que je garde précieusement évidemment !) Enfant vive et intelligente, elle réussit très bien à l’école, parce qu’elle est volontaire et se bat pour y arriver.

Ainsi, en ces temps de confinement, il nous a fallu réadapter le programme de la journée.
Les jours d’école (normalement), on travaille sur les devoirs reçus par email (envoyés par sa maîtresse), 1 h le matin, puis 1h l’après-midi. Avec mon mari, on s’est improvisé professeurs : lui pour les maths, et l’anglais ; moi pour le reste (français, histoire-géographie, sciences, arts plastiques). Et on s’est ainsi partagé la journée :lui le matin, moi l’après-midi. Entre temps, on coupe la journée avec une promenade en forêt (située juste au-dessus de la maison), un jeu de société l’après-midi, du jardinage ou encore une petite séance de gymnastique de yoga ou étirements (présentée sur youtube), le tout agrémenté de lectures.
Les jours de repos (mercredi et week-end) sont réservés aux activités manuelles ou à la cuisine. Ainsi, la fillette nous a déjà confectionné (non sans fierté) une fois une mousse chocolat, une autre un pudding vanille et ce week-end un roulé à la confiture de fraises. A chaque fois, je l’ai valorisée en prenant une photo afin de l’envoyer à maman. En ce qui concerne les visites parentales, cela fait deux mois qu’elle n’a pas vu maman. Mais on s’appelle en visio par « snap chat », afin de compenser ce manque. On en a fait de même pour qu’elle voie sa maîtresse qui lui manque aussi.

Cet enfant souffre d’un asthme sévère. Par conséquent, elle fait partie des sujets à risque, ainsi lorsqu’on sort dans le village, elle doit porter un masque. On a dû suspendre les jeux avec son petit frère placé dans une autre famille d’accueil du village. Elle l’a bien compris, même si c’est difficile pour elle.

Pour échapper à la routine, on lui a autorisé un jour et une nuit à camper à l’intérieur de la maison. Ça changeait de l’ordinaire et elle en était ravie ! Hier, on a organisé une petite promenade (moi à pied, elle sur le vélo) dans un rayon d’un kilomètre autour de la maison, munies d’une attestation de sortie bien sûr ! Tout est bon pour « casser » la routine. Elle a droit à une heure de télévision et une heure d’ordinateur ou de portable par jour. Mais, elle a hâte de retrouver les copains-copines d’école et sa maîtresse ! Voilà notre quotidien en ce moment.

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

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7 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – COVID-19 - Message du Ministre de l’Éducation nationale aux assistants de service social

Un message du Ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, aux assistants de service social durant la période de confinement.


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7 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – La crise sanitaire met en évidence les inégalités dont sont victimes les personnes en situation de handicap

Le 7 avril c’était la journée mondiale de la santé
Communiqué du lundi 6 avril 2020

En cette période de crise sanitaire, la Journée mondiale de la santé prend une résonnance toute particulière. Pour APF France handicap, cette crise démontre l’engagement des professionnels de santé et du médico-social, notamment. Mais elle met aussi en évidence de manière plus marquée les lacunes de notre système : le manque de moyens des secteurs sanitaire et médico-social, l’absence de réel accès aux soins pour toutes et tous et les inégalités dont sont trop souvent victimes les personnes en situation de handicap.

En effet, les personnes en situation de handicap font partie des grandes oubliées de la société.

Dès aujourd’hui, APF France handicap demande que toutes les dispositions soient effectivement prises sur les territoires pour assurer la protection et la santé des personnes en situation de handicap, de leurs proches et des professionnels, à domicile et en établissement.

Et dès l’après-crise, l’association demande aux pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour donner à l’ensemble des citoyennes et des citoyens les moyens de se soigner et aux professionnels les moyens de soigner dans le respect de la dignité de chacun. Parce que le droit à la santé est un droit humain fondamental et que la santé n’a pas de prix.

Dès le 17 mars 2020, Catalina Devandas, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées soulignait dans un communiqué : « Les personnes handicapées ont le sentiment d’avoir été laissées pour compte. Les mesures de confinement, telles que l’éloignement social et l’auto-isolement, peuvent être impossibles pour ceux qui comptent sur le soutien des autres pour manger, s’habiller et se laver. (…) Les États doivent prendre des mesures de protection sociale supplémentaires pour garantir la continuité du soutien de manière sûre tout au long de la crise. »

Depuis, le gouvernement a mis en place un certain nombre de dispositifs mais ils restent notoirement insuffisants.

En effet, la crise exacerbe les inégalités en santé dont sont victimes les personnes en situation de handicap et leurs proches.

D’abord leurs capacités d’adaptation au confinement peuvent être limitées : quand on est dépendant, que l’on a des difficultés de compréhension, tout devient compliqué que ce soit pour accomplir les gestes de la vie quotidienne, mettre en œuvre les gestes barrières, faire ses courses, respecter les règles de déplacements.

En outre, un certain nombre de personnes en situation de handicap auront des conséquences somatiques ou psychologiques plus importantes. La déprogrammation des soins chroniques à l’hôpital ou à domicile (ex. : kinés), la difficulté à prendre soin de soi, le renoncement aux soins par peur de la contagion, l’angoisse de ne pas bénéficier des mêmes soins que les autres en période de pénurie vont avoir un impact sur l‘état de santé globale des personnes (par exemple dénutrition, douleur aggravée, perte d’autonomie) et de leurs aidants. Cela peut entraîner une vraie perte de chances en termes de qualité de vie future.

La crise met encore plus en lumière le morcellement des parcours de santé.

En effet, la contribution du médico-social aux parcours de santé des personnes en situation de handicap reste largement sous-estimée. Preuve en est : la difficulté à obtenir des équipements de protection individuelle pour ses acteurs dans les mêmes conditions que pour les professionnels du sanitaire.

De plus, les soins en proximité physique ne sont pas l’apanage des seuls professionnels de santé, mais également des aidants familiaux, des auxiliaires de vie, de certains éducateurs selon le type de handicap des personnes auprès desquelles ils interviennent.

Cette crise révèle également la limite de la stratégie de mise en œuvre du virage ambulatoire sans allouer les moyens financiers et organisationnels nécessaires pour l’accompagnement au domicile (maintien des soins à domicile, aides humaines…). Cela conduit de fait à précariser les plus dépendants.

Plus globalement, la crise montre enfin la dépendance aux stratégies économiques des industriels de santé en matière de médicaments, produits de santé…

APF France handicap demande donc une réelle prise en compte des personnes en situation de handicap, de leurs proches et des professionnels qui les accompagnent. Elle appelle dès à présent à prendre en compte les conséquences somatiques et psychologiques de cette crise sans précédent dans la stratégie de déconfinement à venir.

Comme le stipule l’article 11 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées : « Les États Parties prennent, conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international, notamment le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, toutes mesures nécessaires pour assurer la protection et la sûreté des personnes handicapées dans les situations de risque, y compris les conflits armés, les crises humanitaires et les catastrophes naturelles.  »

En outre l’association demande que les pouvoirs publics se saisissent de la question de la santé comme un investissement et non un coût : la santé n’a pas de prix !

Ainsi, une des cibles de l’Objectif de Développement Durable (ODD) numéro 3 de l’Agenda 2030 de l’ONU est de « faire en sorte que chacun bénéficie d’une couverture sanitaire universelle comprenant une protection contre les risques financiers et donnant accès à des services de santé essentiels de qualité et à des médicaments et vaccins essentiels sûrs, efficaces, de qualité et d’un coût abordable. »


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7 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ – COVID-19 - Le point de situation du 6 avril sur l’épidémie de coronavirus en France par Olivier Véran, ministre de la Santé.

Le 6 avril, Olivier Véran a annoncé une vaste opération de dépistage dans les Ehpad ; auprès des "publics vulnérables", dont les personnes en situation de handicap ainsi que des professionnels qui les accompagnent en établissements comme à domicile.


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6 avril 2020

★ INITIATIVES - L’entretien par téléphone

Que la relation directe nous manque !
Identifier les communications non verbales, détecter le degré de compréhension, les réticences, les émotions, moduler nos propos en fonction de l’interaction visuelle. C’est notre travail au quotidien. Et puis, nous voilà réduits à n’user que du son … sans l’image !
La Fondation Rais, située en Espagne, travaille avec les personnes en souffrance psychique. Elle a conçu un guide des relations par téléphone respectueuse de la personne accompagnée. L’équipe de l’association Logement d’Abord de Lyon l’a traduit et légèrement adapté.
Un outil précieux nous permettant de nous adapter à ce moyen de communication banal mais si peu prisé jusque-là !
Le site de l’ANAS le diffuse : qu’il en soit remercié
https://www.anas.fr/Recommandations-pour-l-accompagnement-par-telephone-dans-les-services-de-logement-accompagne-pendant-la-periode-de_a1575.html


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6 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ - appel à projet pour les associations et établissements œuvrant auprès de personnes vulnérables.

Au sein d’une alliance « tous unis contre le virus », la Fondation de France, l’AP-HP et l’Institut Pasteur ont décidé d’unir leur force et de mobiliser tout leur réseau. Les dons collectés sont destinés à venir en aide aux personnels soignants, en milieu hospitalier ou non, à financer des projets de recherche ainsi qu’à soutenir des acteurs de terrain et des associations qui œuvrent auprès des plus vulnérables.

Axe 1 : Soutenir les personnels soignants
• fournir du matériel pour accroître les capacités d’accueil des personnes malades et de leurs proches dans les hôpitaux ;
• déployer des services de proximité pour soutenir et aider les personnels soignants dans leur vie quotidienne ;
• accompagner la mise en place de cellules d’aide psychologique pour les soignants.

Axe 2  : Venir en aide aux plus vulnérables soutien aux associations de proximité, pour aider :
• les personnes âgées confinées seules chez elles ou en établissements ;
• les personnes vivant dans la rue ;
• les personnes atteintes de troubles psychiques dont les soins doivent être absolument maintenus dans le contexte de confinement ;
• les personnes fragiles qui se retrouvent très isolées.

« Tous unis contre le virus » : Pour déposer un projet

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6 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ - Covid-19 – nouvelles actions pour soutenir les établissements et services médico-sociaux dans la gestion sanitaire de la crise, garantir l’accès aux soins des personnes handicapées et prévenir l’épuisement des aidants

Covid-19 – Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, et Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées, mettent en place de nouvelles actions pour soutenir les établissements et services médico-sociaux dans la gestion sanitaire de la crise, garantir l’accès aux soins des personnes handicapées et prévenir l’épuisement des aidants.

10 millions de Français handicapés et 8 millions de proches aidants s’adaptent chaque jour face à la crise. Pour certains, la période épidémique accentue le niveau de risque et de difficultés rencontrées. Ils peuvent être exposés à des complications sévères de santé, ils peuvent être isolés ou vivre dans des structures collectives qu’il convient de protéger, et les troubles dont ils sont atteints peuvent mal s’accommoder des changements brutaux de mode de vie imposés par le confinement.

Depuis le début de la crise, plusieurs séries de mesures ont déjà été prises par le Gouvernement pour accompagner les personnes, leurs proches aidants et les professionnels. Ce sont ainsi près de 150 000 enfants et adultes en situation de handicap dont les portes des externats ou accueils de jour ont fermé, avec la nécessité d’organiser la continuité de l’accompagnement à domicile. Parallèlement, les quelque 350 000 personnes handicapées vivant au sein de structures d’hébergement ont dû s’adapter à des consignes strictes de protection sanitaire, telles que l’interdiction des sorties collectives et des visites sauf cas exceptionnel.

Avec la prolongation du confinement et les difficultés attachées à la situation de crise sanitaire, le Haut Conseil de santé publique a été sollicité sur les évolutions possibles des modalités d’accompagnement des personnes handicapées. En se fondant sur l’avis rendu le 30 mars dernier, ainsi que sur les propositions émises par les associations et fédérations du secteur, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé et Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées mettent en place de nouvelles actions pour soutenir les établissements et services médico-sociaux dans la gestion sanitaire de la crise, garantir l’accès aux soins des personnes handicapées et prévenir l’épuisement des aidants.

Olivier Véran, ministres des solidarités et de la santé : « Je veux d’abord rappeler, au vu des préoccupations que j’ai entendues, que les personnes atteintes de handicap doivent bénéficier des mêmes soins que le reste de la population. Le handicap ne doit pas être un critère de refus de soins, que l’on parle d’une hospitalisation simple ou d’une réanimation. ».

5 principes d’action sont retenus en complément des mesures déjà mises en œuvre :

1. Mettre en place un suivi renforcé et en temps réel de l’évolution de l’épidémie dans le secteur du handicap. Le portail de signalement des cas de COVID-19 et des décès dans les ESMS, mis en service le 28 mars, permettra notamment d’évaluer de façon très réactive les besoins de renfort dans le secteur médico-social et les capacités hospitalières à mobiliser. Des cellules médico-sociales (transversales aux secteurs personnes âgées et handicap) sont mises en place par les agences régionales de santé dans les territoires pour appuyer les structures, en lien avec les conseils départementaux.

2. Renforcer les mesures de prévention au sein des établissements accompagnant des personnes en situation de handicap.
- il est très fortement recommandé aux responsables d’établissement, en lien avec le personnel soignant, de limiter les déplacements au sein de l’établissement.
- la réalisation des tests PCR sera facilitée au sein des établissements, par la mobilisation renforcée des professionnels mobiles de prélèvements (équipes mobiles, infirmiers libéraux).

3. Ne pas laisser les établissements et services seuls pour prendre en charge les cas Covid +.
- Les établissements pourront s’appuyer sur la cartographie des ressources sanitaires disponibles réalisée par les ARS. Un maximum de ressources extérieures seront mobilisées en appui de la prise en charge en établissement, grâce à des mesures d’urgence  : simplification réglementaire de l’accès à l’hospitalisation à domicile ; ouverture exceptionnelle de l’intervention des soins infirmiers dans les établissements (infirmiers libéraux, services de soins infirmiers à domicile) ; accès à une astreinte territoriale « soins palliatifs » ; extension aux établissements pour personnes handicapées de l’intervention des équipes mobiles d’hygiène hospitalière ; mobilisation et réorientation des professionnels des 34 plateaux de consultation dédiées au handicap (type « handiconsult » et « handisoins ») en expertise et appui pour les établissements confrontés à des cas suspects ou confirmés de Covid-19.
- Lorsque les ressources internes sont insuffisantes, le recours aux professionnels de santé sera facilité par la mobilisation de professionnels de santé volontaires, la réserve sanitaire, les étudiants en santé et, le cas échéant, si les difficultés ne peuvent être résolues, par la réquisition de professionnels de santé. La mobilisation de ces solutions sera assurée par la cellule médico-sociale mise en place par les agences régionales de santé.
- Pour les populations les plus fragiles, notamment les personnes en situation de polyhandicap, le recours aux professionnels (spécialistes hospitaliers) qui les suivent habituellement sera également recherché et mis en place via la sollicitation des médecins des filières maladies rares. Les solutions de télémédecine/télé-expertise/télé-suivi seront déployées au maximum dans les établissements qui accompagnent ces populations.

4. Anticiper et organiser une prise en charge à l’hôpital lorsque cela s’avère nécessaire.
- Les ESMS ou les proches aidants sont invités préventivement à renseigner systématiquement le dossier de liaison de la personne handicapée, en vue d’une éventuelle hospitalisation en urgence.
- Pour assurer la nécessaire prise en compte des fragilités propres à certains handicaps par les centres 15/114 et assurer une prise en charge adaptée, des fiches-réflexes élaborées avec les associations et fédérations, entre autre, leur seront transmises dans les plus brefs délais. A terme, il faut tendre vers un système dans lequel, dans chaque centre 15, un médecin régulateur est référent pour la prise en charge des personnes en situation de handicap. C’est déjà le cas dans certains endroits et cela doit devenir le standard.
- Lorsque l’hospitalisation est nécessaire, les personnes en situation de handicap, particulièrement les personnes handicapées vieillissantes, bénéficieront de la filière d’admission directe dans les services hospitaliers (associant capacités hospitalières de court séjour, SSR, hôpitaux de proximité, établissements privés) prévue par la stratégie de prise en charge des personnes âgées.
- En cas d’hospitalisation, la présence d’un aidant professionnel ou familial auprès de la personne handicapée devra être envisagée à titre exceptionnel et dans des conditions très strictes de sécurité, lorsque l’établissement de santé n’est pas en mesure d’apporter l’accompagnement nécessaire.

5. Renforcer la continuité de l’accompagnement médico-social pendant la durée de l’épidémie, et apporter la plus grande vigilance à l’identification des besoins de répit des aidants exposés à un risque d’épuisement physique et psychique, ainsi qu’aux besoins de soutien des personnes isolées.
- Le soutien des personnes et de leurs proches aidants est renforcé, avec notamment la possibilité de relayage à domicile dans des conditions sécurisées du point de vue sanitaire, ou celle, exceptionnelle et sous réserve d’un accord de l’autorité sanitaire, d’un accompagnement de manière individualisée par un professionnel dans les espaces extérieurs des établissements médico-sociaux.
- En cas de difficulté très importante dans le maintien à domicile, l’accueil temporaire en hébergement peut être proposé par les professionnels, sans formalité auprès de la maison départementale des personnes handicapées, pour 7 à 14 jours renouvelables dans le respect des consignes sanitaires nationales en vigueur.
- Ces solutions sont également mobilisées à destination des assistants et accueillants familiaux qui accompagnent des enfants et jeunes en situation de handicap confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance.

Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées : « Je tiens à redire tout le soutien du Gouvernement aux personnes, à leurs proches aidants, ainsi qu’à tous les soignants et les accompagnants, les professionnels du médico-social et de l’aide à domicile, les auxiliaires de vie, les associations qui mobilisent leurs forces et leur capacité d’innovation, avec le soutien de toutes les administrations de l’Etat comme des collectivités, pour organiser la continuité de l’accompagnement, et son adaptation aux difficultés particulières qui émergent dans la crise. »

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