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► LE BILLET de Ludwig • Hedi

Ils lui ont fracassé le crâne, laissé pour mort. Encore un exemple de violence policière qu’on ne peut plus qualifier de bavure. Bavure : faute lourde, erreur, trace d’encre empâtant une écriture. Fait exceptionnel. Ce n’est plus le cas tant les débordements de violences par la police deviennent monnaie courante. Comment en est-on arrivé là ? Comment de notre place de travailleur social continuer de défendre la république, ses valeurs ? Comment travailler la question des rapports entre les jeunes et la police ? Je ne sais plus. Ce que je sais, est que la police est en train de mettre fin à l’état de droit, se sentant au-dessus des lois.
Nicolas Sarkozy a supprimé la police de proximité lors de sa mandature, pas payée pour « jouer au baby-foot », alors que celle-ci avait une réelle utilité. Il a fallu ensuite faire du chiffre, et même la police disait perdre le sens de leur métier. C’est dire ! Emmanuel Macron dans son sillage, a eu besoin d’une mise au pas de la population française par la réduction des libertés individuelles et la répression des mouvements de contestation, via une police surpuissante et surarmée qui l’a sauvé successivement du mouvement des gilets jaunes, de celui contre la réforme des retraites et lui a permis de mater la révolte des banlieues à coup de près de 700 incarcérations. Cet été, par la contestation de la détention provisoire de leur collègue dû au passage à tabac de Hedi, la police est en train d’obtenir la fin de l’Etat de droit. Après leur garde à vue, les policiers soupçonnés d’avoir commis ce passage à tabac ont été accueillis par leurs collègues qui les ont applaudis. Même leur hiérarchie a franchi un cap en déclarant qu’ « un policier n’a pas sa place en prison, même s’il a pu commettre des fautes ou des erreurs graves dans le cadre de son travail ». L’exécutif a bien tardé pour avoir un mot pour les victimes mais reçoit les syndicats policiers pour leur garantir leur revendication. Ces derniers qui parlent de « guerre contre les nuisibles ». Des propos qui en disent long sur l’état d’esprit des policiers français dont le vote majoritaire à l’extrême-droite ne fait pas de doute. La corporation policière n’a cessé, ces dernières années, d’obtenir des choses de gouvernements qui ont besoin d’elle. Il y a un réel problème systémique dans les forces de l’ordre.
Alors je ne sais vous, mais moi j’ai du mal à tenir un discours juste et distancié. La réalité est que le système capitaliste à besoin d’une population au pas, et je ne suis pas agent de la paix sociale. Non, en tant que travailleur social, je suis du côté des plus démunis, des défavorisés, des opprimés. Mon rôle vise l’émancipation, de sorte de donner aux personnes les outils de choisir leur vie et non de la subir. D’être auteur de leur vie.
Alors dites-moi, combien encore de Zined et Bouna, d’Adama, de Théo, de Nahel, d’Alhoussein ou d’Hedi ?



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