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17 janvier 2019

Un documentaire "accablant" ? Consternant surtout.

Comment réagit un praticien de la protection de l’enfance, spectateur de la soirée diffusée hier soir sur l’ASE par France 3 et promettant d’être "accablant" ? Ce travail journalistique comporte en premier lieu de grossières erreurs : des familles d’accueil qui ne bénéficieraient d’aucune formation (alors que le Diplôme d’état d’assistant familial existe …depuis 2006 !) ou des enfants placés à qui l’on refuserait l’adoption (alors que ce n’est possible … qu’après accord préalable parental).

Généralisation facile

Puis, vient cette surévaluation des dysfonctionnements : aussi insupportable soit-elle, la proportion des 177.000 enfants placés victimes de maltraitance reste à établir. Sans oublier l’effet pervers de généralisation. Si certains magistrats n’écoutent effectivement pas l’enfant, beaucoup le reçoivent en début d’audience, seul, avant sa famille et les travailleurs sociaux.

Si certaines ASE jettent parfois les jeunes à la rue à 18 ans, bien d’autres les accompagnent jusqu’à leurs 21 ans. Si certaines familles d’accueil continuent scandaleusement à exercer malgré leur condamnation pour maltraitance, celles qui dérapent se voient le plus souvent suspendues dès la première suspicion.

Une réalité financière, certes...

Mais cette émission renvoie néanmoins crûment aux réalités de terrain : pénurie de places dans les foyers, sous-dimensionnement des équipes d’internat, familles d’accueil insuffisamment soutenues, hébergements en hôtel compensant le manque de structures adaptées, pléthore des quarante mesures suivies par le professionnel, pathologies psychiatriques non soignées par un hôpital lui-même en surcharge, cohabitation des agresseurs et victimes par manque de solutions relais, pénurie d’intervenants qualifiés dans les établissements aux conditions les plus dégradées…

Alertes répétées

Les professionnels ne cessent d’alerter et de dénoncer ces dérives, mais leur voix pèse peu face au dogme de la réduction des dépenses sociales. Ils se sont engagés pour protéger l’enfant, mais se retrouvent à cautionner les maltraitances institutionnelles. Que faire, quand rien ne change : démissionner ou se résigner ?
Autre piste : rester mobilisé, continuer de protéger l’enfance, croire en nos métiers... Malgré tout.


7 janvier 2019

2019, année électrique

Vous avez aimé le printemps 1968 ? Vous allez adorer l’hiver 2019.

Au RSA, Léo doit se contenter d’un reste à vivre de 3 € par jour. Karima se prive de repas pour permettre à sa fille de 5 ans de s’alimenter. Il fait 12° au domicile de cette famille qui n’a pas les moyens de se chauffer. « Aucune cause ne justifie de telles violences » a réagi notre Président. Mais ce n’était pas de cette violence-là, invisible et quotidienne, dont il parlait. Non, c’était à propos de celle des damnés qui ont mis le feu aux symboles de la richesse, de l’opulence et du luxe dans les quartiers huppés de la capitale en décembre. Humiliés, méprisés et avilis, ils ont « traversé la rue » pour exprimer leur rage et leur colère.

Depuis quarante ans, les gouvernements successifs cherchent à rendre notre pays attractif aux capitaux circulant à travers le monde à la recherche des meilleurs profits : réduction des impôts pour les plus riches, diminution des charges pour les employeurs, généreuses subventions aux investisseurs. Il faut bien que quelqu’un paie. Ce sont les dépenses sociales qu’il faut réduire !

Willie est maltraité par son beau-père. Le juge a décidé de le retirer de sa famille. L’ASE n’a à lui proposer qu’un « placement à domicile ». Elle a fermé ses foyers, pour faire des économies. Youssouf vient juste d’avoir 18 ans. Mineur non accompagné, son accueil vient de s’arrêter. Ses éducateurs, l’indignation au cœur, le voient s’éloigner sans aucune solution que la rue. Le 115 refuse une nouvelle fois à Karim de dormir au chaud cette nuit : plus de place. Marina est autiste. Sa maman a été contrainte d’arrêter de travailler pour la garder les six demi-journées où elle n’est pas prise en charge dans cet hôpital de jour saturé.

Non, la violence n’est pas la bonne solution. Non, les dégradations ne sont pas la bonne réponse. Non, l’émeute n’est pas la bonne réaction. Mais, que faire d’autre quand la frustration, l’injustice et l’iniquité poussent à la désespérance ?

Jacques Trémintin

Nota - La lecture de nos infréquentables chroniqueurs reste le privilège des abonnés de Lien Social, mais pour le plaisir, nous les partagerons de temps en temps sur ce site. Attention tout de même : si vous vous attachez à eux autant que nous le sommes, vous prenez le risque de vous abonner à votre tour... Cela dit, rassurez-vous, en nous lisant tout entier, vous ne ferez que soutenir un journal indépendant !


19 décembre 2018

Droit de manifester - Jeunesse en danger

Les dernières semaines ont été marquées par des manifestations d’un nouveau type, dont certaines violentes. Les lycéens, simultanément aux Gilets jaunes, ont manifesté en nombre. Mais en face, les violences policières ont été, comme rarement, à l’ordre du jour.

Jeunes dans la rue

Des jeunes ont été blessés par des tirs tendus de flahball, brutalement arrêtés sans raison apparente, transportés dans des commissariats éloignés au mépris des procédures légales… La fin de l’année 2018 a vu, dans de nombreuses villes de France, des lycéens et des manifestants agenouillés, mains derrière la tête, évoquant l’humiliation subie pendant plus de deux heures par de trop nombreux jeunes de Mantes-la-Jolie (la Ligue des droits de l’homme a évoqué une « humiliation d’État »).

Grenades

Le Défenseur des droits s’est d’ailleurs autosaisi de cette question. Le SNPES-PJJ/FSU a fermement dénoncé « la répression policière qui s’abat sur ces jeunes manifestants et la judiciarisation outrancière de ce mouvement ». Faisant le constat d’un « usage illégitime et disproportionné » des grenades de désencerclement et des lanceurs de balles de défense (LBD), la LDH exige leur interdiction.

Criminalisation

Un communiqué de quatre organisations, dont de parents d’élèves, a dénoncé la recrudescence des violences des forces de l’ordre, la criminalisation des mobilisations, et le refus des déferrements systématiques des jeunes devant le juge des enfants. Depuis plusieurs mois, Amnesty tire la sonnette d’alarme sur les menaces pesant sur le droit de manifester : manifestations fréquemment interdites, pratiques policières contestables, stratégies de tension appuyées sur un usage disproportionné de la force, journalistes menacés… Mi décembre, la police des polices avait initié 22 enquêtes, dont quinze à la suite de plaintes déposées par des manifestants « gilets jaunes », une journaliste et six lycéens.

Pour aller plus loin :
https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/usage-excessif-de-la-force-lors-des-manifestations

http://snpespjj.fsu.fr/La-multiplication-des-deferrements-a-l-encontre-des-manifestant-e-s-mineur-e-s.html

https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2018/12/maintien-de-lordre-le-defenseur-des-droits-instruit-plusieurs-saisines


12 décembre 2018

Justes images du travail social

C’est suffisamment rare pour être salué : en quelques semaines, deux films (français) extirpent le travail social de son invisibilité, et ce avec une certaine justesse, bénéficiant tous deux d’un côté grand public dû à la présence d’actrices et d’acteurs reconnus.

Adoption

« Les gens seront heureux de voir à quoi servent leurs impôts ! » s’exclame l’acteur Gilles Lellouche, qui endosse le rôle d’un assistant familial dans le film Pupille. En effet, là, une dizaine de personnes se mobilisent pour tracer au mieux le destin d’un bébé abandonné. Quelle réponse sociétale, et comment la montrer, à ces détresses ?

Réalité de terrain

Il s’agit en effet d’accouchement sous X. La jeune mère a deux mois pour revenir sur sa décision… ou pas. Pendant cette période éminemment délicate, ce temps suspendu, les services de l’aide sociale à l’enfance vont porter cet enfant, dénicher une mère adoptante, observer, échanger, élaborer une solution.

Délicatesse

Avec un savoir faire et un savoir être touchants, les travailleurs sociaux ne cesseront de parler au bébé, mais aussi d’échanger, de croiser leurs regards sur chaque candidat à l’adoption, de faire émerger un avenir possible pour un enfant né sous X. Cette force, cette pensée collective donne des fruits évidents. L’empathie, dans les entretiens parfois hautement sensibles, y est montrée de belle manière.

Hommages

« C’est un hommage à la République française, à ses travailleurs sociaux, ses éducateurs », affirme la réalisatrice Jeanne Herry, qui dit « aimer les métiers et les gens au travail ».
Autre film, Les Invisibles (critique dans Lien Social n° 1242, en date du 8 janvier 2019). Là, face au problème croissant du sans abrisme féminin, trois assistantes sociales se démènent…

L’image de l’AS

Après un travail d’investigation et d’immersion d’une année dans des centres d’accueil de différentes villes, le cinéaste, Louis-Julien Petit, est motivé par l’humanité des travailleuses sociales qu’il côtoie. Dans un contexte de pénurie de moyens, parfois d’administrations desséchées, ce travail devient une démarche de résistance pour trouver une solution.

Justesse et drôlerie

Tourné comme une fiction, avec parfois ressorts tragi-comiques, il s’agit bien là de transformation sociale, voire de résistance. Le film s’appuie à la fois sur la justesse de jeu de deux comédiennes archi reconnues – Corinne Masiero, Audrey Lamy – et sur la résilience des femmes accueillies qui, dans leur propre rôle, contribuent à la force de ces Invisibles. En ces temps de désespérance, tout cela est fortement roboratif.


À voir

  • Pupille, film de Jeanne Herry. 1h47. Avec Sandrine Kiberlain (Karine), Gilles Lellouche (Jean), Élodie Bouchez (Alice), Miou-Miou (Irène)…
    Sur les écrans depuis le 5 décembre 2018.
  • Les Invisibles, film de Louis-Julien Petit. Avec Audrey Lamy, Deborah Lukumuena, Noémie Lvovsky, Corinne Masiero.
    Sortie en salles le 9 janvier 2019.

5 décembre 2018

Pour les associations… de la philanthropie

Le 29 novembre, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, rendait public un plan de soutien aux associations. Axe principal : faciliter les dons aux associations de la part des grandes fortunes. Une « philanthropie à la française » (dixit le ministre) à installer, en quelque sorte.

Modèle US

Sans remettre en cause les règles du droit de succession françaises, la démarche s’inspire du modèle américain, qui permet à des milliardaires – Bill Gates – de formaliser des « giving pledge » [promesses de dons] à destination d’œuvres ou de réseaux associatifs.

Objectif renforcement

Globalement, trois objectifs sont énoncés : « un appui structurel et un accompagnement renforcé des associations », « le développement de l’engagement individuel et collectif tout au long de la vie », « faire du développement associatif, l’affaire de tous ».

Logique de mutualisation

D’autres mesures sont prévues : la réduction des cotisations patronales doit bénéficier aux structures dotées de salariés ; de même, la mutualisation est à l’ordre du jour, celle des locaux comme celle des salariés, et les regroupements seront encouragés ; enfin, des certifications de compétences et de connaissances acquises pendant les périodes d’engagement sont prévues.

Secteur fort

Le secrétaire d’État a voulu rappeler l’importance du secteur associatif : 70 000 associations se sont créées entre septembre 2017 et août 2018, pour atteindre 1,3 million de structures et 1,8 million de salariés. Le nombre de bénévoles est passé, lui, de 20 à 22 millions. C’est en outre un secteur qui ne connaît pas la crise de confiance que vivent d’autres corps intermédiaires…

À suivre ?

Tout en reconnaissant un effort, le Mouvement associatif constate qu’il s’agit davantage d’un plan d’accompagnement que d’un plan de développement du secteur, qui reste toujours, selon lui, à l’ordre du jour.

Pour aller plus loin :
29 novembre 2018 : Gabriel Attal présente la feuille de route "Vie associative" du gouvernement


28 novembre 2018

Cannabis : la pénalisation pour politique

Le 23 novembre – un vendredi soir, tard dans la soirée… – l’Assemblée nationale a adopté, par 28 voix contre 14, la création d’une amende forfaitaire (200€, initialement prévue à 300€) pour sanctionner l’usage des stupéfiants. Les chiffres officiels évoquent cinq millions de consommateurs pour l’année 2017, dont 700 000 usagers quotidiens.

Échec annoncé

Ce n’est pas ce type de mesure répressive qui va améliorer l’état sanitaire du pays. Qui plus est, un caractère inégalitaire est pointé par les opposants, qui craignent la stigmatisation des jeunes de quartiers relégués. Des magistrats, des associations, des policiers ont prédit l’échec annoncé de cette énième mesure punitive.

D’autres délits

En 2016, 83% des causes d’interpellation pour infraction à la législation sur les stupéfiants l’ont été pour usage de substances, et 6% pour trafic. L’usage illicite de stupéfiants n’est d’ailleurs pas la seule infraction ciblée : la vente ou l’offre d’alcool à un mineur, le délit de vente de tabac à la sauvette… et les mauvais traitements envers les animaux se voient aussi concernés.

Associations au créneau

Cette nouvelle amende s’inscrit dans le cadre de la loi de programmation 2019–2022 de la réforme de la justice. La Ligue des droits de l’homme rappelle que tous les dispositifs de répression en matière de drogue se sont soldés par des « échecs patents ». Un collectif inter associatif réclame le retrait de l’article. En Europe, seuls six pays pénalisent encore l’usage par de la prison ferme. Dont la France.

Livre blanc

Réunis pour l’occasion dans un même combat, les professionnels de la réduction des risques et de l’addictologie ont rédigé un livre blanc appelant à ouvrir un débat national pour une nouvelle politique des drogues « fondée sur la promotion de la santé publique et le respect des droits humains ».

Pour aller plus loin :
Livre Blanc inter-associatif sur l’article 37 du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme de la justice


28 novembre 2018

À nos abonnés : un léger retard...

Suite à une erreur de notre imprimeur (la une du journal présentée à l’envers) l’ensemble des exemplaires de notre numéro daté d’hier a dû être détruit, réimprimé et réexpédié. Vous recevrez donc Lien Social à compter de demain et avant samedi selon les départements.
C’est une première en trente ans d’histoire, nous comptons sur votre compréhension... Et vous souhaitons une bonne lecture malgré tout !


22 novembre 2018

La psychothérapie institutionnelle en transmission

Il y a vingt ans, dans La Moindre des choses (documentaire de Nicolas Philibert, 1997, Lien Social n° 388), le réalisateur plantait sa caméra à la clinique de La Borde, haut lieu de la psychothérapie institutionnelle. Au fur et à mesure de la préparation d’une pièce de théâtre exigeante – Opérette, de Gombrowicz –, résidents et soignants confondus, le film évoquait la vie quotidienne de ce lieu atypique.

Accueil de la folie

Ici, dans ce Sous-bois des insensés, son fondateur, le psychiatre – psychanalyste Jean Oury, évoque le lieu qu’il a créé en 1953 et dirigé jusqu’à sa mort, en 2014. Depuis son bureau, capharnaüm de bouquins, de photos, d’objets, il raconte une vie passée à accueillir la psychose, la folie. Se revendiquant de l’héritage de François Tosquelles, avec qui il travailla à Saint-Alban, il transmet, selon la réalisatrice, « la complexité d’une pensée toujours plus élaborée au plus proche d’une pratique clinique quotidienne ».

Psychothérapie institutionnelle

Ce grand connaisseur de la psychose nous expose, avec humour, espièglerie parfois, douceur et poésie toujours, la conception et la mise en pratique de la psychothérapie institutionnelle, sur laquelle il s’appuiera toute sa vie. Une démarche avant tout humaniste, venue en heureuse alternative, à la fin de la Seconde guerre mondiale, à la brutalité asilaire qui laissait mourir, abandonnés et internés, des dizaines de milliers de personnes.

Transmission

Outre les concepts psychanalytiques qu’il explicite, Jean Oury fait appel à la philosophie, à la littérature et à l’Histoire. Tout cela est d’autant plus passionnant que, tel Fernand Deligny – à qui il fait penser sur ce plan-là –, il se moque efficacement de toutes les Hautes autorités et autres administrations tatillonnes, si éloignées du terrain.


Pour aller plus loin :
www.facebook.com/sousboisdesinsenses
www.tenk.fr/fous-a-delier/le-sous-bois-des-insenses.html


Pour organiser des projections, les associations peuvent s’adresser à : esperanzaproductions2@gmail.com


16 novembre 2018

Logements indignes, la mort chez soi

« Le logement est une des conditions sine qua non à la construction sociale de chaque individu : ne pas avoir de logement, c’est accéder plus difficilement à un travail, mettre sa santé en danger, ne pas profiter pleinement d’un accès à l’éducation et à la culture. Alors face à de tels enjeux, les habitants sont parfois poussés à accepter un logement indigne, insalubre, dangereux. » Le 14 novembre, la confédération nationale du logement (CNL) a lancé un guide intitulé Mon logement est-il décent ?

Marseille, record d’insalubrité

Triste actualité : déjà en 2015, la fondation Abbé Pierre avait évoqué 40 000 logements indignes marseillais, concernant 100 000 habitants, proportions nulle part vues ailleurs. L’effondrement meurtrier de deux immeubles, le 5 novembre dernier, est venu illustrer ce constat. Arrêtés de péril pris en vain, immeuble visé virtuellement par le plan d’habitat indigne (EHI), copropriété notoirement dégradée… mais le quartier concerné, Noailles, ne compte que 5% de logements sociaux.

Colère noire

Huit morts, et une colère noire, exprimée le 10 novembre dernier et les jours suivants : le 14 novembre, une « marche de la colère » réunissait des milliers d’habitants, aux cris de « Sang sur les mains, menottes aux poignets », ou encore « Élus, responsables, que la justice passe ». La veille, une série de perquisitions avaient eu lieu dans différents services de la mairie marseillaise et au siège du bailleur social propriétaire d’un des immeubles effondrés.

Paris Opéra

Dans la capitale, l’association des victimes de l’incendie de l’hôtel « social » Paris-Opéra (AVIPO) se bat depuis treize ans pour voir reconnue la gravité des préjudices subis en 2005 lors de l’incendie d’un hôtel dit « social » (24 morts, dont onze enfants, des dizaines de blessés, dont des personnes restées handicapées à vie). Peines minimales prononcées en 2013, victimes démunies au plan civil, errance judiciaire…

Justice reste à faire

Le 15 novembre dernier, une nouvelle procédure avait lieu, à partir du rejet des indemnisations au rabais proposées par l’assureur AXA… qu’un tiers des familles avait rejeté. « AXA refuse une négociation globale sur les préjudices spécifiques comme cela s’est fait dans d’autres affaires, et profite du désarroi des victimes confrontées aux lenteurs de la justice pour faire accepter les transactions au cas par cas et des indemnités au rabais. », dénonce Droit au logement. Le procès est prévu jusqu’au 22 novembre.


8 novembre 2018

Inégalités scolaires : peut mieux faire

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) a récemment publié une nouvelle étude faisant apparaître une offre de formation et des moyens — humains et financiers — très inégalement répartis sur le territoire.

La France, un des plus mauvais élèves

Malgré les efforts successifs des politiques d’éducation prioritaire visant à donner davantage de moyens aux écoles situées dans les quartiers dits « défavorisés » — relégués, de fait —, les inégalités persistent et signent. La France serait même l’un des plus mauvais élèves des pays occidentaux dans ce domaine.

Différences de statut

Selon la dernière évaluation PISA de 2015, « 20 % de la variation de la performance en sciences des élèves en France est associée à des différences de statut socio-économique »… contre 13 % en moyenne dans l’ensemble des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les territoires les plus mal lotis sont les régions rurales, les quartiers relégués des grandes villes, le Nord, l’Est et l’Outremer.

Handicaps accumulés

Un exemple : les enseignants des zones prioritaires sont à la fois les plus jeunes (trois fois plus d’enseignants de moins de trente ans dans les quartiers sensibles) et les plus précaires. Les établissements sont caractérisés par un grand nombre de contractuels et un grand turnover. Le taux de réussite est fortement corrélé au contexte social.

Zones stigmatisées

La réussite au brevet de dix points inférieure dans les 10 % de communes les plus pauvres (80 % versus 90 % en moyenne sur le territoire). Et si l’on prend seulement en considération les épreuves écrites du brevet, il est même de seulement 24, 3 % dans les zones rurales, les zones urbaines précaires et l’outremer, contre 42, 8 % en moyenne sur toute la France.
En réponse à ces constats, le gouvernement a annoncé… une révision des moyens accordés à l’Éducation nationale au printemps prochain.

Pour aller plus loin : www.oecd.org/fr