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24 mars 2020

■ ACTU - Comment gérer la grande vulnérabilité des personnes polyhandicapées au COVID-19 ?

DOCUMENT D’ALERTE : Comment gérer la grande vulnérabilité des personnes polyhandicapées au COVID-19 ?

Nous avons reçu, du ministère, une demande émanant de Madame Clarisse Ménager, conseillère chargée de la transformation de l’offre d’accompagnement auprès de Sophie Cluzel.

Nous leur avons renvoyé la fiche, ci-dessous, réalisée par les médecins du GPF et des médecins amis sous l’égide du Dr Bruno Pollez. Elle va être diffusée à toutes les ARS, avec instruction de la transmettre à leurs directions départementales et à leurs contacts. Nous vous demandons de la faire circuler autant que vous le pourrez.

Télécharger le document d’alerte

Source : http://gpf.asso.fr


24 mars 2020

■ ACTU - Le Planning Familial et IVG

Le planning Familial continue de vous accompagner das vos démarches d’accès à l’IVG.
numéro vert gratuit : 0 800 08 11 11.
Les permanences de soins urgents, dont l’IVG, restent assurées pendant la crise
Les démarches et conditions d’accès restent identiques.
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1551


24 mars 2020

■ ACTU - Coronavirus - Versement automatique des aides sociales

La solidarité nationale doit se poursuivre, surtout en période épidémique : le Gouvernement annonce que le versement des aides sociales par les Caisses d’allocations familiales (CAF) sera assuré et que la continuité des droits sera garantie.

Tous ceux qui doivent faire maintenant ou prochainement une déclaration trimestrielle de ressources sont encouragés à le faire par internet. Cependant, toute personne dans l’incapacité de renouveler sa déclaration trimestrielle auprès des services des CAF verra le versement des prestations auxquelles elle avait droit jusqu’alors automatiquement renouvelé. Ce dispositif mis en place par les CAF permettra la continuité des droits pour celles et ceux qui en ont besoin.

Sont en particulier ainsi concernés : le revenu de solidarité active (RSA), le revenu de solidarité (RSO) dans les outremers, l’allocation adulte handicapés (AAH), l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), et l’ensemble des aides sociales versées sous condition de ressource par les CAF. Les aides au logement seront automatiquement maintenues.

Par ailleurs, les droits à l’allocation adulte handicapées (AAH) et à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) qui arriveraient à échéance seront automatiquement prorogés de six mois.

De la même manière, les droits à la complémentaire santé solidaire et de l’aide au paiement d’une assurance complémentaire de santé dont le bénéfice expirera au cours des prochains mois seront prolongés de 3 mois.

Ces dispositions seront votées dans le cadre du Projet de loi d’urgence présenté au Parlement cette semaine.

Les ministres tiennent à remercier l’ensemble des agents des CAF, des Caisses primaires d’assurance maladie et des caisses de Mutualité sociale agricole qui malgré un contexte difficile assurent la continuité du soutien aux Français les plus fragiles.


24 mars 2020

■ ACTU - Mesures Handicap - ESAT

Mesures concernant le maintien de salaires des travailleurs handicapés accompagnés en établissements et services d’aide par le travail (ESAT) et le soutien économique au secteur protégé dans le contexte de l’épidémie de Covid-19
Communiqué du 23 mars 2020
Pour compenser les effets de la perte d’activité affectant tout particulièrement les établissements et services d’aide par le travail (ESAT), le Gouvernement prend des mesures pour garantir le pouvoir d’achat des travailleurs handicapés et soutenir les gestionnaires.
A ce titre, les ESAT continueront de verser aux travailleurs handicapés privés d’activité, et n’entrant pas dans les catégories de personnes à risques de complications sévères pouvant bénéficier d’un arrêt de travail indemnisé, la part de rémunération directe qu’ils assuraient jusqu’alors. Le revenu des travailleurs handicapés sera donc totalement préservé pendant la crise.
En contrepartie, les ESAT confrontés à des réductions d’activité seront intégralement compensés : la part de la rémunération des travailleurs que les ESAT assument directement sera prise en charge par l’Etat pour les personnes handicapées dont l’activité est suspendue.
Le Gouvernement soutient aussi les ESAT confrontés à des réductions ou fermetures d’activité en leur garantissant le maintien de l’intégralité de leurs dotations et aides aux postes pendant toute la période.
Il est par ailleurs rappelé que les ESAT peuvent bénéficier des facilités de trésorerie déjà en place pour l’ensemble des entreprises : mesures de report de charges sociales et fiscales, prêts de trésorerie, médiation bancaire. Ils peuvent également solliciter par demande amiable le report des factures de loyer, d’eau, de gaz et d’électricité.
Le Gouvernement tient à remercier les gestionnaires, les professionnels et les travailleurs d’ESAT qui garantissent la continuité d’activités essentielles pour la vie économique du pays, ainsi qu’à saluer l’engagement des professionnels dans l’accompagnement et le maintien du lien auprès des travailleurs maintenus au domicile.


24 mars 2020

■ ACTU - COVID-19 : mobilisation des étudiants en travail social

Mme Christelle Dubos, Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, annonce la constitution d’une réserve sociale avec la mobilisation des étudiants en travail social volontaires pour prêter main forte aux établissements sociaux et médico-sociaux en période épidémique.

L’épidémie de COVID-19 que connaît la France ne doit pas mettre en danger l’accompagnement de nos concitoyens les plus fragiles, qu’ils soient pris en charge par des structures sociales ou médico-sociales. Afin de soutenir ces établissements qui du fait des mesures de confinement ou de l’épidémie seraient en difficultés, le Gouvernement prévoit la mobilisation des étudiants en travail social.

Les étudiants en travail social pourront, en stage ou en CDD, continuer à assurer la continuité de la prise en charge de leurs publics. Les préfectures avec l’appui des commissaires à la lutte contre la pauvreté font remonter les besoins des établissements et permettront de faire le lien avec les centres de formation.

Cette mobilisation peut concerner 40 000 étudiants en travail social qui ne sont pas actuellement en stage et qui pourront s’engager pour soutenir l’activité des établissements sociaux et médico-sociaux :

Les EHPAD et établissements d’accueil de personnes en situation de handicap.
Les établissements d’hébergement : Centre d’hébergement d’urgence (CHU), les Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) et les accueils de jour.
Les établissements de protection de l’enfance et d’accueil d’enfants en situation de handicap : Maisons d’enfants à caractère social (MECS), les foyers et Instituts médico-éducatifs (IME)
Les établissements d’accueil du jeune enfant : crèches réquisitionnées, micro-crèches.

Cette réserve sociale est d’ores et déjà en cours de constitution et a vocation à contribuer activement au maintien de l’action sociale et médico-sociale.

« Nous devons tout faire pour éviter qu’à la crise épidémique ne s’ajoutent des drames sociaux. L’accompagnement qu’apportent les travailleurs sociaux aux personnes les plus en difficultés dans la vie ne peut pas s’arrêter sans faire peser de lourdes conséquences. C’est notre devoir et notre responsabilité de maintenir l’accompagnement des plus fragiles en cette période de crise. » Christelle Dubos, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé.


24 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Corona ou pas : que font les départements ?

Par Laura, éducatrice spécialisée dans un service d’aide éducative à domicile.
Reçu le lundi 23 mars, 10h31
 

Lundi 16 mars, avec les collègues on a attendu des directives. On a attendu toute la journée. On savait que le confinement allait nous tomber sur le coin du nez !
 15h00...rien....16h00...rien...17h00 « bon les meufs ça vous dit on appelle ». 17h15 les directives tombent : pas de visite à domicile avant mardi voire vendredi, que des contacts téléphoniques. On fait partie des privilégiés qui ont un portable professionnel. Alors on rentre chez nous, on met en place le télétravail. J’ai un rapport à finir ça tombe bien, d’ailleurs la conclusion de l’écrit ne va pas dans le sens de ce que souhaite le département !
Ah oui, je m’explique : mon service est expérimental. Grossièrement, le prix de journée est bien plus bas que celui en Maison d’enfants à caractère social (MECS), dans un département qui compte à peu près 230 000 habitants. Avec cette démographie, il y a trois MECS, dont une spécialisée en MNA : celle de mon association !
Ce département, j’y suis née et j’y suis revenu à l’aube de mes 30 ans. Très vite, je me suis rendu compte que mes préconisations, mes conseils dans certaines situations n’étaient pas pris en compte. Si ce n’était que ça ! En étant expérimental, ce cher département nous fait comprendre qu’on est pour l’instant pas grand-chose et que du jour au lendemain il peut nous couper les vivres ! Il est comme un sale parent à qui on aurait avoué notre homosexualité ou qu’on a remplacé Jean-Eudes par Rayan ! Comme si nous étions le mauvais élève, le vilain petit canard !
A l’heure de cette crise, Monsieur Taquet leur a laissé de nouveau les pleins pouvoirs ! Alors, encore une fois, les personnes que nous accompagnons au sens large sont bradés. Mais là, c’est leur santé qui est bradée … et la nôtre avec ! Au-delà du port de masques et de gants, le temps c’est de l’argent. Alors ? pour la continuité des services on y va et point barre ! Les foyers suffoquent ! Et ils sont de tous types : Foyer d’accueil médicalisé ; Maison d’accueil spécialisée AM, MAS, MECS ! Au-delà du fait, on est d’accord, certaines structures avant la crise était déjà mises à mal par des directions éloignées du terrain, il y a aussi ces foutus départements qui doivent très certainement mettre la pression sur les différentes associations en France ! « Vos salariés sont à l’arrêt, alors les sousous aussi  »
L’angoisse, l’anxiété gagne toutes les couches sociales, les plus fragiles se retrouvent isolés, mais l’angoisse gagne toutes et tous, et nous travailleuses et travailleurs sociaux nous n’y échappons pas !
Mercredi 18 mars : je suis en astreinte éducative. Appel d’une mère : sa fille à fuguée et elle mère ne peut pas sortir pour déclarer la fugue, car sa santé est fragile. Il est 20h30 et je sors retrouver la jeune qui m’a indiquée où elle était. Je tente de respecter les distances, mais en vain. Elle monte dans la voiture, nous décidons qu’elle sera conduite en famille d’accueil.
Jeudi 19 mars : ma direction décide que c’est moi qui dois aller chercher la jeune pour la ramener chez elle. Il est 17h30 et cela ne dépend pas de l’astreinte. Mais je suis la salariée qui habite le moins loin du service. Alors, vogue la galère : j’y retourne.
La crise actuelle du social n’est que le révélateur des nombreux dysfonctionnement déjà existants avant cette crise sanitaire !
Alors oui j’ai peur, peur de chopper cette saloperie dans le cadre de mon travail comme lorsque je vais sortir pour récupérer des courses ! Je vais sûrement déclarer des symptômes, mais tout cela sera sûrement psychologique. Je suis dans un département où nous avons été épargnés. Mais plus maintenant, chaque jour de nouveaux cas sont détectés !
Je n’ai pas eu besoin de cette crise sanitaire pour remercier les soignants, les pompiers. Ma vie personnelle a fait que j’ai eu à faire à eux pour des proches ou pour moi-même. Et je les ai toujours remerciés à leur juste valeur ! Toutes ces infirmières doivent se souvenir de mémé Ginette qui leur a hurlé dessus parce que sa prise en charge n’allait pas assez vite et Patricia qui amenait Jessica, sa fille, pour une vulgaire entorse à 2h00 du matin et qui n’a cessé de crier son mécontentement en salle d’attente pendant que Votre grand-mère fait un AVC. On ne devrait rien dire, parce que Ginette, Patricia et Jessica applaudissent tous les soirs à 20h. Alors on leur pardonne !
J’ai fais ce métier pour un monde plus juste, pour ne pas laisser certains en dehors du cercle, pour apporter à des personnes un peu de gaieté et de joie, pour les accompagner et leur proposer de tenter de faire différemment, pour construire avec elles des outils pour qu’elles se sentent moins exclues !
Mais aujourd’hui j’ai peur, peur pour eux, pour mes proches, pour moi ! Mais le département s’en fout !

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

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23 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Nous sommes là…

Par Pascal Seynave, Assistant de service social.
Reçu le vendredi 20 mars 17h16

Nous sommes présents, dans les établissements, les institutions. Les travailleurs sociaux et médico-sociaux sont là. Pour faire leur travail auprès des personnes les plus vulnérables. Auprès des personnes précipitées dans la précarité par un système impitoyable. Auprès des personnes ignorées par une idéologie économicopolitique inhumaine. Auprès des personnes stigmatisées par des dispositifs d’aide de plus en plus restrictifs. Auprès des personnes de plus en plus soupçonnées de se complaire dans l’assistanat.

Le travail social est parfois dénigré par les dominants, oublié par les décideurs. Il est de plus en plus regardé comme une sorte d’émanation superflue et dispendieuse de deniers publics par ces nouveau décideurs et manageur qui s’expriment en « ing », les spécialistes du « vous allez voir ce que vous allez voir », les persécuteurs des bénéficiaires du RSA « on va les mettre au boulot ».

Tout comme le secteur de la santé martyrisé depuis des années par la politique du rendement et de l’austérité, le travail social est démantelé, abimé, affamé. Au niveau sanitaire, nous payons aujourd’hui cette casse organisée de l’hôpital en perte de vie humaine et en rupture du lien social. Les applaudissements ne feront pas oublier la responsabilité des gouvernants même si, hypocritement, ils s’en réjouissent médiatiquement.

Cette pandémie aura une fin, il faudra reconstruire, envisager l’avenir, refaire société. D’aucuns (et parmi eux, les dominants ne sont pas les derniers) nous promettent des lendemains qui chantent. Le monde sera donc plus beau, plus solidaire, plus raisonnable…

Je ne sais pas…Tant les dégâts sont déjà si importants. Je pense à la situation des prisons, aux minima sociaux qui permettent à peine de vivre, au système scolaire dont le confinement accentue le rôle de reproduction des inégalités, aux travailleurs de la nouvelle économie dont la crise révèle la situation d’extrême précarité et aux gens qui vivent dehors : SDF, Migrants sans toit...

Mais nous seront présents, comme nous le sommes aujourd’hui. Et nous ferons notre travail avec l’espoir de changer le monde…QUAND MEME !

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23 mars 2020

■ ACTU - La prison ne peut faire face au confinement

Dans un communiqué commun, l’Association des avocats pour la défense des droits des détenus, l’Association nationale des juges de l’application des peines, l’Observatoire international des prisons-section française, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature s’inquiètent de la situation dans les prisons.

La France vient d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions de détention indignes qu’elle impose à ses détenus : 144 établissements pénitentiaires ou quartiers sont en situation de suroccupation. Les personnes incarcérées y vivent à 2, 3 voire 4 dans des cellules exiguës, quand ils ne sont pas dans des dortoirs de 6 ou 8.

Difficile à l’extérieur, le confinement imposé par la pandémie du Coronavirus y est presque impossible. A la promiscuité en cellule s’ajoute la multiplication des contacts à l’occasion des promenades ou des douches collectives. Si l’épidémie devait se diffuser en détention, les unités sanitaires des établissements pénitentiaires, déjà surchargées et en sous-effectif, ne seraient pas prêtes à faire face à un afflux massif de malades.

La situation déjà difficile risque de s’aggraver encore et de devenir explosive, suite à la suppression des cours, ateliers, interventions, formations et surtout parloirs, les rares facteurs d’apaisement en détention qui apportent un peu de respiration et de possibilité de sortir des cellules. Seules les promenades ont été maintenues.

Pourtant, des solutions existent. Charline Becker, coordinatrice de l’Observatoire international des prisons pour le Sud-Est les énumère « il est possible de suspendre les comparutions immédiates qui sont sept huit fois plus pourvoyeuses d’incarcération que les procédures de jugement ordinaires, mais aussi d’éviter les détentions provisoires quand il y a décision de report, en privilégiant les contrôles judiciaires.
Quand il y a jugement, on peut aussi multiplier les mesures alternatives à la prison. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit, notamment pour les placements sous surveillance électronique, du fait de la carence d’agents capables de gérer la mise sous bracelet. Chaque juridiction fonctionnant de manière autonome, chaque parquet et tribunal réagit de manière dispersée
 ».

Pour ce qui est des équipements de protection, Charline Becker déplore qu’aucun des 100 000 masques que l’administration pénitentiaire affirme vouloir mettre à disposition de son personnel ne soient proposés aux détenus, pas plus d’ailleurs que les solutions hydroalcooliques interdits en détention. Elle en appelle « à un geste fort qui pourrait se concrétiser sous forme de gratuité des communications téléphoniques passées depuis la détention qui sont actuellement beaucoup plus couteuses qu’à l’extérieur.  »

Voilà des propositions simples et pas chères qui qui pourraient tenter de prévenir les risques des mutineries qui ont éclaté en Italie dans vingt-sept prisons, entraînant la mort de 12 détenus et laissant 40 surveillants blessés.


23 mars 2020

■ ACTU - Crise COVID-19 : Le 3919 - Solidarité Femmes poursuit son activité

Le 3919 - Solidarité Femmes poursuit son activité
La FNSF met en place son plan de continuité pour la ligne nationale d’écoute VIOLENCES FEMMES INFO pendant la crise du COVID-19.
Le réseau d’associations Solidarité Femmes reste aussi mobilisé pour faire fonctionner les centres d’hébergement et les structures de proximité locales.
De la ligne d’écoute nationale 3919 Violences Femmes Info aux centres d’accueil et d’hébergement des 67 associations Solidarité Femmes, La Fédération Nationale Solidarité Femmes reste pleinement mobilisée aux côtés des femmes victimes de violences, durant la crise due au Coronavirus.
Le central d’appels, qui porte la ligne d’écoute nationale 3919, Violences Femmes Info, a été transféré vers des téléphones portables, et les écoutantes de la FNSF peuvent ainsi poursuivre leur mission de soutien, de conseil, d’information et d’orientation. Le système fonctionne depuis 9 heures samedi 21 mars, date à laquelle environ 200 appels se sont présentés.
Le 3919 sera opérationnel du lundi au samedi de 9h à 19h.
Le numéro est toujours gratuit et confidentiel.
Les écoutantes et chargées de pré-accueil, proposeront des orientations vers les structures de proximité, en lien avec les équipes des associations Solidarité Femmes et les partenaires de la FNSF.
Les femmes et enfants mis en sécurité dans les centres d’hébergement du réseau Solidarité Femmes (2 800 places) sont confinés mais leur suivi s’organise avec les équipes professionnelles. Pour les femmes accompagnées dans les centres d’accueil ou les femmes qui souhaitent contacter ces dispositifs pour la 1ère fois, elles peuvent appeler le 3919 et les numéros indiqués via les infographies du site de la FNSF.
Pour la gestion des situations de femmes en urgence, en particulier celles évaluées comme à risque, le 3919 et les associations locales restent en lien avec les services de police, de gendarmerie, de justice et l’hébergement d’urgence.


23 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - « Quintes-sens [c]e »

Par Adeline Lavigne, Educatrice Spécialisée, Diplômée en Sciences Humaines.
Samedi 21 mars, 10h03.

Le contexte actuel que nous traversons et qui file la toile de l’Histoire présente, qui nous relie les uns aux autres, est source de préoccupations majeures, d’interrogations multiples, d’incertitudes innombrables, teintées d’émotions plurielles, manifestes, vives, légitimes.

Cette situation de grande alerte sanitaire, nous frappant, tous, tout un chacun, et chacun des nôtres, à échelle planétaire, mondiale, nationale, sur le versant professionnel, amical, familial, sur le plan personnel, privé, intime, au et par-delà les langues, les cultures, les sociétés, les civilisations, dans une universalité embrassée touchant de plein fouet notre condition d’Homme, notre statut d’Être Humain, notre état d’Être Vivant, vient suspendre nos vies aux fils des Parques, fines tisserandes de l’existence, du destin, du sort.

Depuis plusieurs décennies déjà, et avec force, s’enracine puissamment, dans nos esprits, dans nos consciences, dans notre praxis, la question du « sens » et de sa « quête perpétuelle », de notre dynamique de « questionnements », de l’élaboration permanente de notre « positionnement », le plus juste, le plus adapté , le plus respectueux, mis au service de la notion d’ « humanité » — d’« humanitude » (1) —, soutenant le concept de « valeurs », étayant l’idée même d’« accompagnement », dans une (dé)marche se réclament d’une conduite éthique, résolument humaine.
Aujourd’hui, plus que jamais, la notion, la nature, le fondement même du « sens » apparaît, dans cette marche inexorable de l’Humanité, en route vers une quête d’infini et d’absolu.

Plus que jamais, il apparaît. Plus éclatant, plus lumineux, plus aveuglant. Plus certain, plus sûr, plus évident. Plus pur, plus brut, plus franc. Plus cristallin, plus authentique, plus transparent, il paraît, se révélant sur la ligne d’horizon, dans sa magie et sa puissance, éclaboussant de sa lumière la face du monde de sa présence.

Le sens, ce sens, tant recherché, tant convoité, tant sacralisé, semble enfin avoir trouvé toute la nature, la profondeur et l’ampleur de son âme, toute l’envergure de sa raison d’être, toute sa raison d’exister. Plus que jamais.

Plus que jamais, le sens, ne semble plus à rechercher. Il n’est plus à trouver. Il est là. Il existe. Il se révèle et s’impose à nous comme une Vérité et une Réalité absolue. Voyons-le. Nous n’avons qu’à regarder…

Dans cette houle qui déferle sur l’Humanité toute entière, capable d’un anéantissement conséquent, certains demeurent, bien présents. ILS sont là, ILS subsistent, ILS résistent.

Souvent (dis)qualifiés, et répondant parfois à des qualificatifs aux tons dépréciatifs, fréquemment dépeints sous les traits d’un caractère revendicatif, contestataire, réfractaire, frondeur, révolté, entêté, rebelle, ILS se dressent, s’édifiant en personnalités complexes, difficilement domptables, laborieusement canalisables.
Personnalités au tempérament parfois qualifié de belliqueux, séditieux, subversif, ILS portent, dans les discours et au travers du langage, les a priori, les représentations, les clichés, les jugements, les regards et les propos-sanctions de certains, par condamnation anticipée, par accès d’impulsivité, par raccourcis empressés, par ignorance, ou par phénomènes-réponses purement réactionnels.

Accoutumés à cette cohorte de qualificatifs à connotation négative, tout autant qu’habitués à ce silence le plus complet concernant leur métier, leur engagement, leurs missions, leurs fonctions, leur travail, ILS s’accommodent, modestement, humblement, placidement, de cette place — ou de son absence — qu’on leur accorde dans l’esprit, l’inconscient collectif, et le cœur de cette société, composée de leurs semblables, dont ILS partagent le statut d’Homme.

Chevaliers Secrets, Invisibles, Méconnus, ILS ont fait de la résistance leur cheval de bataille, portant leur esprit critique en bannière, pourfendant l’air du temps de leur parole tranchante, martelant leurs arguments dans une cadence effrénée, galopant l’épée hors du fourreau, pour servir le sens de leur actions, et signer, de leur présence éloquente, un courage et une témérité rarement inégalés.
Brandissant leur investissement chevaleresque, en qualité de défenseurs des personnes accompagnées, servant leurs intérêts, dans une grande visée d’amélioration de la démarche qualité, et une quête éperdue d’une cohérence et d’une cohésion, de l’ordre du sacré, guidés par leur foi et leur ferveur, dans l’exercice héroïquement banal de leur accompagnement trivial, ILS ennoblissent le monde de leur cœur — de leur courage —, s’érigeant en remparts contre l’égoïsme et l’individualisme.

Chevaliers, à la noblesse de cœur et d’esprit avérée, ILS se veulent gardiens et défenseurs des droits comme des personnes.

Justiciers masqués d’anonymat, Super-Héros costumés de philanthropie, ILS mettent leur identité combative, leur engagement, leur investissement, leur ferveur, leur foi, leur âme, au service des publics accompagnés, coûte que coûte, en toute circonstance, au travers de leur positionnement éducatif, relevant d’un militantisme caractérisé.

Au sein d’Institutions diverses et variées, de Foyers de Vies, d’Accueils ou d’Hébergements, servant l’Aide Sociale à l’Enfance, comme la Maison Départementale des Personnes Handicapées, en structures ou à domicile, par delà les rues, dans les quartiers, dans le vaste champ du social, comme du médico-social, servant la prévention, au service d’une veille sociale prégnante, ils œuvrent, investissant les lieux d’accompagnement de leur présence.
ILS sont là, ILS demeurent, ILS résistent.

Véritables Cerbères et sentinelles à l’affût des incohérences, de l’incongruence et de l’illogisme, qu’ILS dénoncent tout autant qu’ILS combattent, ILS se réclament de toutes les batailles et font face, fièrement, fidèlement, en assurant l’arrière-front. Et, aujourd’hui encore, ILS veillent, ILS luttent, ILS combattent.
Héros du quotidien, du banal, du trivial, des temps jadis, des temps modernes et des temps futurs, voilés d’anonymat et habillés de discrétion, dont le superpouvoir est de passer inaperçu, ILS nourrissent le « sens », de par leur abnégation insondable, leur dévotion incommensurable, leur présence significative.

Dans leur grandeur d’âme infinie, ILS participent de la marche des Hommes, grande, humble, triomphale, accompagnant de leur pas engagé, les parcours au gré des méandres de la vie. Et aujourd’hui encore, et plus que jamais, ILS sont là.
ILS sont là. Bien présents. Et dans leur engagement manifeste et significatif, et, participant de cette grande marche du monde et de l’Humanité, ILS viennent définir, par leurs actes, leurs actions, leur assiduité, leur présence, l’essence même du mot « sens ».

Le sens n’est plus à chercher. Il n’est plus une question, une quête, un Graal sacré… Il est devenu réponse. Le sens…C’est EUX. ILS l’incarnent. ILS en sont la substance, la quintessence.
Parce qu’« Être présent, c’est bien plus qu’être là  » (2), ILS se manifestent dans toute leur conviction, ILS sont là, ILS veillent, ILS guerroient, en étant présents dans les structures, en n’abandonnant pas leur poste, en livrant une bataille rageuse contre l’ennemi invisible, annihilateur d’Humanité, en soutenant le lien social, couronné de solidarité et de bienveillance.
Je veux bien sûr parler d’Eux, de Vous, de Nous : LES TRAVAILLEURS SOCIAUX.

(1) Gineste, Y., Pellissier, J., (2007). Humanitude, Comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes vieux (Armand Colin). Paris, France : Hors collection.
(2) Tels sont les propos de Malcolm Forbes.

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