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19 octobre 2018

Handicap : précarité pour les AESH

La majorité présidentielle a récemment rejeté une proposition de loi d’un député LR visant à améliorer le statut et la rémunération des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Pour justifier sa position, le gouvernement a évoqué des orientations déjà inscrites dans sa feuille de route, dont la pérennisation de ces emplois.

Qui sont-ils ?

Actuellement, on compte environ 75 000 postes d’AESH (dont un tiers en contrats aidés) pour 175 000 élèves en situation de handicap. Anciennement appelés AVS (auxiliaires de vie scolaire), ces professionnels accompagnent des enfants scolarisés en milieu ordinaire, de la maternelle jusqu’au lycée. Les élèves concernés peuvent être en situation de handicap physique (déficients auditifs, visuels, moteurs,..) ou cognitif (autistes, hyperactifs, troubles du langage et des apprentissages…).

Que font-ils ?

Ils ont pour mission de favoriser l’autonomie des élèves, à la fois au niveau des actes de la vie quotidienne (déplacements, habillage, communication), des apprentissages (se concentrer sur la tâche, prendre des notes, comprendre la consigne…) et des relations sociales (prévenir l’isolement, favoriser les échanges). Ils peuvent soit intervenir pour un seul élève, soit pour plusieurs élèves d’une même classe, soit de manière collective dans les classes ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire).

Faiblesse du statut… et de la formation

Le manque de formation de ces agents (60 heures de formation seulement) et leur statut extrêmement précaire pose problème. Payés 700 € pour 24 heures par semaine, ils sont, en plus, très souvent recrutés en CDD. Des contrats parfois renouvelés jusqu’à six fois avant de déboucher sur un CDI. Pour faciliter les embauches, le gouvernement vient d’assouplir les conditions de recrutement. Désormais, une expérience de neuf mois dans le secteur du handicap (elle était auparavant de deux ans) ou simplement le bac (même sans expérience) suffisent pour postuler.


16 octobre 2018

Un travail de génie

Par Stéphane Rullac, professeur en innovation sociale à la Haute École Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO) de Lausanne
Ce texte est paru dans Lien Social n°1237 (16–29 octobre), 30 ans d’indépendance, p.46. L’auteur y plaide pour un corpus spécifique au travail social.

Le débat franco-français à propos du travail social est piégé par son histoire. Penser l’évolution et la reconnaissance de ce champ professionnel nécessite d’abord de prendre conscience de ce qui nous détermine, autant dans la richesse du passé que dans les impasses dont nous héritons. […] Pour le dire simplement, la France a développé deux rationalités distinctes pour penser le travail social, dans une
dichotomie malheureuse. La première consiste à partir de la pratique comme point de départ et d’arrivée, dans une logique clinique qui porte en elle le rejet d’une standardisation des processus professionnels.

Deux postures

La seconde consiste, à partir de savoirs scientifiques, en passant par le champ
de pratiques comme terrain de recherche, pour revenir aux savoirs scientifiques.
Malgré leurs divergences, ces deux postures se rejoignent sur le refus d’institutionnaliser d’un corpus scientifique spécifique au travail social. Dans le premier cas, il s’agit de sauvegarder la liberté nécessaire dont la relation a besoin pour s’épanouir, en dehors d’une formalisation scientifique qui repose sur une représentation caricaturale d’un scientisme radical. Dans le second cas, il s’agit de sauvegarder le statu quo des disciplines, dans lesquelles le travail social est exclu en France, dans une représentation caricaturale de ce champ professionnel comme un champ de pratiques ne formant pas un corpus de connaissances spécifiques. Dans les deux cas, le travail social est exclu de la sphère des professions complexes « sur autrui », qui disposent d’un droit à se penser par elles-mêmes.

Génie de l’expertise

Cette autorisation repose notamment sur la possibilité de développer une expertise scientifique, et notamment le doctorat dans le cadre d’un champ disciplinaire. Finalement, ces deux représentations empêchent d’obtenir ce qu’elles revendiquent, c’est-à-dire une reconnaissance du travail social dans le « génie » de son expertise qui se construit au plus près des personnes accompagnées. Cet état de fait laisse un trou de la pensée qui pèse sur la capacité des travailleurs sociaux à se penser par eux-mêmes et à aider à faire penser la société à partir de son point de vue ancré dans les relations avec les plus faibles.

Harmonisation, stagnation

Cette situation problématique est un construit historique qui a amené ce champ professionnel à s’institutionnaliser en dehors du monde académique, en créant un appareil de formation indépendant. Dès lors, les écoles du travail social forment à des pratiques qu’elles ne contribuent pas à penser, et les universités forment à des théories qu’elles ne contribuent pas à pratiquer. Malgré l’harmonisation de Bologne qui oblige aujourd’hui à intégrer cet appareil de formation professionnel dans le champ académique, le statut de ces écoles restent en l’état. Pire, pour préparer les nouveaux diplômes gradés Licence, elles doivent subir une tutelle universitaire, par convention, qui est le garant de la qualité scientifique. En 2014, à Melbourne, une définition internationale définit pourtant le travail social comme un champ professionnel et disciplinaire.

Vers une reconnaissance entière

Pour sortir aujourd’hui de notre impasse française, qui s’avère être une curiosité à l’échelle mondiale, il nous faut résoudre cet héritage du passé dichotomique et construire un système de formation et de recherche académique (et non strictement universitaire), qui syncrétique enfin la pratique et le savoir dans un même paradigme au service de la professionnalisation du travail social, jusqu’au doctorat.
C’est à ce prix que l’expertise du travail social pourra se développer et être reconnue.


11 octobre 2018

Exclusion numérique et vieillesse : du pain sur la planche

On le savait : l’« illectronisme » concerne pour beaucoup les personnes âgées, et d’autant plus si celles-ci sont précaires. Le mois dernier, le secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, avait annoncé un plan gouvernemental « pour un numérique inclusif ». Probablement insuffisant. Quelques jours plus tard, le Défenseur des droits avait appelé le gouvernement « à respecter les droits des usagers dans la dématérialisation des formalités administratives ».

Plus âgé, moins connecté

Une étude des Petits frères des Pauvres vient enfoncer le clou, soulignant que le plan gouvernemental ne s’intéresse pas suffisamment aux personnes âgées et réclamant un nouveau plan « national d’envergure de lutte contre l’exclusion numérique » de celles-ci. L’écrit avance des chiffres forts : 27 % des plus de 60 ans n’utilisent jamais internet. Mais ce taux grimpe à 53 % chez les personnes de plus de 80 ans et à plus de 60 % chez les personnes vivant avec moins de 1000 € mensuels.

Disparités

L’inégalité est aussi territoriale : cette exclusion numérique va de 21 % dans la région Île-de-France à 40 % en Normandie et 36 % dans les Hauts-de-France. Un phénomène général, n’épargnant aucun territoire. Phénomène à prendre en compte, d’autant plus qu’internet est un outil de lien social, permettant de rester en contact avec ses proches. Les démarches administratives sont considérées comme souvent inaccessibles.

Propositions

Les Petits frères des Pauvres en formulent quatorze, dont l’incitation aux opérateurs de proposer un tarif social pour l’abonnement, l’aide à la mise en place des équipements, la proposition de services d’assistance de proximité gratuit. Le rapport préconise enfin d’installer un univers « web friendly » dans le quotidien des personnes âgées. Histoire aussi de susciter leur désir.

Pour aller plus loin :


5 octobre 2018

Réduction des risques : la polémique des seringues

Une décision incompréhensible : le 31 août, le Préfet de Seine-Saint-Denis ordonnait la fermeture de deux distributeurs de matériel d’injection stérile à Aulnay-sous-Bois, arguant de la présence de seringues usagées dans l’espace public. L’Agence régionale de santé (ARS) faisait, dans la foulée et sans autre réflexion, désinstaller les automates.

Professionnels au créneau

Immédiatement, les professionnels d’une douzaine d’associations et certains élus montent au créneau et arguent d’une régression sanitaire : les usagers iront trouver le matériel d’injection ailleurs, mais reviendront à l’endroit où ils se procurent la substance consommée ; pire, certains d’entre eux seront amenés à s’échanger des seringues usagées. Le risque de contamination - VIH et hépatite C au premier plan - s’en trouvera alors accru. Et en amont, la mise à disposition de ce matériel d’injection est désormais reconnue comme une intervention de santé publique, faisant l’objet de recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Marche arrière toute

Face à cette bronca, les pouvoirs publics cèdent. L’ARS annonce que les distributeurs supprimés seront réimplantés le 3 octobre. À cette occasion, élus et professionnels rappellent la nécessité impérieuse de l’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque (SCMR) dans le département. Or la loi votée en 2015 impose l’expérimentation de ces salles pour six ans, avec une durée de fonctionnement qui ne soit pas inférieure à trois ans. Par conséquent, les futures SMCR doivent être mises en service avant octobre 2019.

Bientôt d’autres SCMR ?

L’ARS 93 se dit décidée à engager une réflexion sur l’installation de nouvelles SCMR ou de salles de repos, mobiles ou fixes. Le centre d’accueil, d’accompagnement et de réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud), situé dans l’enceinte de l’hôpital Ballanger à Aulnay, à proximité duquel sont situés les deux distributeurs de seringues, a vu son nombre d’usagers augmenter considérablement en 2017-2018. Il s’agit bien maintenant de renforcer la politique de réduction des risques construite depuis des années sur ces territoires.

Informations complémentaires


3 octobre 2018

Violences au sein du couple : mobilisation

En France, 138 personnes — en grande majorité des femmes — sont décédées en 2016 des suites d’actes violents de leur partenaire ou ex partenaire. La Haute autorité de santé (HAS) vient de publier des recommandations à l’usage des professionnels exerçant dans les structures d’hébergement social. Les enfants sont également touchés, soit comme témoin, soit en tant que victimes directes. Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ont un rôle important dans la prise en charge des familles concernées : on compte plus de 800 structures offrant environ 41 000 places.

En réseau

Le CHRS, en premier lieu, doit s’inscrire dans un réseau d’acteurs sensibilisés dans la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple ; il est recommandé également de « renforcer et soutenir les compétences des professionnels », mais aussi de les accompagner avec des outils tels que l’analyse de la pratique ou la supervision.

Côté victimes

Les besoins sont multiples, en termes de sécurité, d’élaboration de stratégies de protection, de suivi de procédure judiciaire, de restauration physique et mentale, de retour ou accès au logement, à l’emploi, etc. Les besoins des enfants doivent, eux, faire l’objet de réponses spécifiques : « accueil bienveillant, programmation de visite médicale, repérage des conséquences des violences, des difficultés et des ressources de l’enfant, soutien à la fonction parentale ».

Quant aux auteurs…

La HAS recommande aux CHRS de travailler en lien avec les ressources — judiciaires, associatives, institutionnelles spécialisées… — présentes sur le territoire. Les professionnels ont alors à construire un projet d’accompagnement « global, coordonné et proportionné aux besoins des auteurs de violences ». De fait, il s’agira de les accompagner dans la compréhension de la procédure et dans la prise de conscience de leurs actes.

Plan gouvernemental

Plus globalement, un « grand plan inédit » gouvernemental contre les violences conjugales a été annoncé le 1er octobre, muni de quelques mesures : campagne TV en direction des témoins sous le mot d’ordre #nerienlaisserpasser, financement de trois postes supplémentaires d’écoutantes au 3919, numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels. Une plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles doit être lancée pour faciliter la plainte ; de premiers contrats contre les violences seront engagés sous forme de partage d’alertes entre travailleurs sociaux et professionnels de la justice, de la police, de la santé. Enfin, une plateforme de géolocalisation des places d’hébergement d’urgence sera mise en place, accessible aux professionnels.

Pour aller plus loin :
Repérage et accompagnement en Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) des victimes et des auteurs de violences au sein du couple
Grand plan inédit du gouvernement contre les violences conjugales


25 septembre 2018

Pauvreté : Un revenu universel sous conditions

« Je souhaite que nous créions un revenu universel d’activité qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations ». Le 13 septembre dernier, lors de la présentation de la stratégie de lutte contre la pauvreté, le Président avance cette mesure aux contours encore flous. A minima, elle comprendra le revenu de solidarité active, l’aide personnalisée au logement et la prime d’activité, a indiqué Agnès Buzyn. Mais elle pourrait aussi élargir son périmètre et inclure l’allocation adulte handicapé (AAH) ou l’allocation de solidarité spécifique… Tout dépendra du résultat de la concertation qui va être mise en place pour construire ce revenu. Ce dernier sera inscrit dans une loi « d’émancipation sociale » prévue en 2020.

Faux revenu de base ?

Ce futur revenu universel d’activité semble, dans ses premières intentions, très loin du revenu de base prôné, notamment, par le mouvement français pour un revenu de base. Il est conditionné à la recherche d’une activité. L’allocataire devra - c’est déjà le cas - signer un « contrat d’engagement et de responsabilité » qui l’obligera à un parcours d’insertion « qui empêche de refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi ou d’activité ».

Vigilance

La philosophie de la stratégie est bien là : le retour vers le marché du travail. Avec cette fois le sous-entendu que les personnes restent dans la pauvreté parce qu’elles ne sont pas bien accompagnées. Un « service public de l’insertion » garanti par l’État, présenté comme un « guichet unique », devrait donc être mis en place. Le collectif Alerte, qui a participé à la consultation préalable, « sera vigilant à ce que ce dispositif, très intéressant, constitue un moyen concret de mieux coordonner les politiques de l’insertion ». Le collectif salue les « mesures importantes » de cette stratégie, il estime qu’elles demeurent « insuffisantes pour corriger les effets néfastes des choix politiques antérieurs sur lesquels la stratégie pauvreté ne revient pas » : la baisse des contrats aidés, la diminution des APL, la fragilisation des bailleurs sociaux, les coupes budgétaires pour les CHRS…

Stratégie pauvreté


21 septembre 2018

Stratégie santé : Dé – cloi – so - nnée

Présentée le 18 septembre en grandes pompes par Emmanuel Macron puis par Agnès Buzyn, la nouvelle stratégie de santé, intitulée Ma santé 2022 – Un engagement collectif*, brasse large : vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques, accès aux soins, entrée du numérique dans le monde de la santé, inadaptation du système actuel, décloisonnement entre médico-social et sanitaire, entre public et privé, formation des professionnels… La coopération de proximité est par exemple à l’ordre du jour, dont entre la médecine de ville, l’hôpital et le médico-social.

Psychiatrie, parent pauvre

D’ici 2022, un espace numérique personnel de santé sera disponible et 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) seront déployées, avec coordination de différents secteurs. De premiers hôpitaux de proximité seront labellisés en 2020. Des assistants médicaux pourront épauler les médecins libéraux si ceux-ci travaillent en groupe. La suppression du numerus clausus est actée. La psychiatrie et la santé mentale sont élevées « au rang de priorité » : obligation de mettre en œuvre des projets territoriaux de santé mentale (PTSM) d’ici juillet 2020, augmentation [et non systématisation, ndlr] du nombre de stages en santé mentale pendant les études de médecine, extension des formations d’infirmiers de pratiques avancées à la psychiatrie l’an prochain, développement de la réhabilitation psychosociale avec appel à projet, etc. À noter que le jour de l’annonce du plan, le centre hospitalier Pinel, à Amiens, en était à 96 jours de grève pour cause de dégradations croissantes des conditions de travail…

Démocratie sanitaire, au-delà des mots…

Les métiers et formations devront être adaptés, avec en ligne de mire une meilleure attractivité. Passerelles à créer entre différentes formations, exercice décloisonné entre établissements de santé et médico-social [il en est question depuis des années, ndlr], liens renforcés avec l’université… Peu d’annonces sur le rôle des patients experts, si ce n’est des déclarations d’intention sur la démocratie sanitaire, et qu’ils interviendront dans les cursus de formation de santé en… 2022.

* Ma santé 2022 – Un engagement collectif


14 septembre 2018

Des mineurs marocains dans les rues de Paris

Un « arrangement administratif », tel est l’intitulé du document qui a permis l’arrivée, cet été, de policiers marocains au commissariat du XVIIIème arrondissement de Paris. Ils sont chargés d’appuyer leurs confrères français et d’aider à organiser le retour de mineurs marocains en errance dans le quartier de la Goutte d’Or. «   Un dispositif policier totalement contraire aux Droits de l’enfant » alerte le Gisti. Fin juillet, le Défenseur des droits a saisi par courrier les ministères de la Justice et de l’Intérieur pour en savoir plus sur son application. Le 4 septembre, il attendait toujours la réponse.

Ces enfants sont très jeunes, 10 ans pour les plus petits selon la recherche-action publiée par l’association Trajectoires en avril dernier. Polytoxicomanes, parfois enfants des rues dans leur pays d’origine ou venant de familles aux problématiques complexes, ils « présentent de multiples carences affectant leur capacité de socialisation et générant de la violence, tant vis-à-vis de leurs pairs que vis-à-vis des adultes » souligne l’étude. De février 2017 à février 2018, environ 300 mineurs non accompagnés se disant marocains seraient passés par la Goutte d’Or ; ils sont actuellement entre 40 et 70 présents, chaque jour, avec des problématiques de délinquance.

L’association Hors la rue avait tenté de créer un lien, sans résultat. « La difficulté majeure du travail avec ces jeunes tient à leur mobilité. En 3 ans, certains sont passés par plus de 15 villes en Europe » note Trajectoires. Un centre d’accueil, géré par le CASP et soutenu par la mairie de Paris, tente des prises en charge. L’arrivée des policiers marocains risque d’ajouter à la complexité de la situation. « Une coopération avec les services sociaux ou de protection de l’enfance marocains aurait été souhaitable pour organiser l’identification, les contacts avec la famille, éventuellement proposer un retour aux jeunes, affirme Jean-François Martini du Gisti, mais l’arrangement administratif parle de lutte contre l’immigration irrégulière ». Très loin de la protection de l’enfance et du respect de ses droits fondamentaux.


7 septembre 2018

Exil : Étude de la souffrance psychique

Un rapport du Centre Primo Levi et de l’association Médecins du Monde dresse un bilan alarmant de l’état de santé des personnes exilées en France*. Non seulement ces réfugiés ont souvent vécu le pire dans leur pays d’origine (guerre, violences, torture, discriminations), ont risqué leur vie pour arriver ici, mais en plus ils subissent des attitudes hostiles et des conditions de vie dégradantes à l’arrivée, écrivent les auteurs. Pas étonnant donc que cela se traduise par un risque accru de troubles : addictions (surtout à l’alcool), idées suicidaires, troubles du sommeil ou encore problèmes somatiques.

« La durée de la procédure d’asile et la crainte du renvoi, cumulées aux expériences pré-migratoires, créent un phénomène d’usure et débordent les capacités de résilience des personnes », peut-on lire dans le rapport. 60% des demandeurs d’asile présenteraient un syndrome psychotraumatique et 8% des traumas complexes de type « état limite ».

Les auteurs entendent dénoncer l’absence de prise en compte des problèmes de santé mentale chez les réfugiés et un manque de formation chez les acteurs de terrain.

Autre problème ciblé : le manque de traducteurs faute de financements, qui empêche les réfugiés de pouvoir raconter leurs parcours aisément. Des conclusions alarmantes rejoignant celles de la Cimade qui, dans un rapport intitulé Personnes malades étrangères. Soigner ou suspecter ? Bilan des effets de la réforme du 7 mars 2016, s’inquiète des personnes étrangères gravement malades de plus en plus souvent renvoyées dans leur pays d’origine. Les auteurs du rapport dénoncent une obsession de lutte contre la fraude, des préfets qui passeraient outre les avis médicaux en expulsant des personnes malades censées pouvoir se soigner dans leur pays d’origine. En somme un droit à la santé de plus en plus souvent bafoué pour les personnes exilées.

* La souffrance psychique des exilés – Une urgence de santé publique, rapport du Centre Primo Levi et Médecins du Monde.


4 septembre 2018

L’équipe de Lien Social est... rentrée !

Et avec elle, le premier numéro de septembre, à découvrir ci-dessus :)
Les brèves d’actualité reprennent leur service dès demain.
À très vite donc,
L’équipe LS