L’Actualité de Lien Social RSS


12 janvier 2018

Handicap et délinquance : lever le voile sur une réalité méconnue

Impossible de connaître les chiffres concernant les mineurs pris en charge par le secteur médico-social et pénal, successivement ou simultanément, ni de saisir les caractéristiques et la double réalité de ces jeunes : la dernière étude sur la santé des jeunes de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) date de 2005. Elle faisait état de 7% d’enfants en situation de handicap psychique ou mental.
La Convention nationale des associations de protection de l’enfant (CNAPE) a donc mené une étude auprès d’une centaine d’établissements de son réseau sur « les enfants et les adolescents à la croisée du handicap et de la délinquance ».

Délinquance ordinaire

Les jeunes sont souvent pris en charge d’abord par un établissement pénal puis orientés vers un service médico-social, en majorité en Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). Par exemple, sur 9 ITEP, 18 enfants avaient fait l’objet de mesures pénales. Selon les structures, leur parcours pénal antérieur est rarement rapporté au moment de l’accueil du jeune.
Les types d’actes et de comportements délinquants des mineurs relevant du médico-social relèvent de la « délinquance juvénile ordinaire » (atteinte aux biens essentiellement).

Il existe une forte corrélation entre les troubles du comportement repérés chez les jeunes et le passage à l’acte, considéré par les équipes « comme un symptôme nécessitant une réponse éducative ou thérapeutique appropriée » (surtout dans les Institut médico-éducatifs). La saisine de l’autorité judiciaire n’est donc pas systématique, faisant alors l’objet d’une réponse en interne.

La protection de l’enfance en difficulté

Sur l’échantillon de 298 enfants accueillis dans le cadre pénal (pour les 20 établissements répondants), 52 présentent des troubles du comportement ou de la personnalité et 29 disposent d’une reconnaissance de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Ils sont majoritairement pris en charge dans des Centres éducatifs fermés (CEF). Les établissements constatent une augmentation importante des mineurs venus d’ITEP, IME et IMPro ces dernières années.

Côté protection de l’enfance, l’accompagnement des jeunes avec des troubles psychiatriques reste difficile et les structures médico-sociales peinent à gérer leurs passages à l’acte. Le manque d’articulation, les temporalités différentes ou la disparité des outils sont autant d’obstacles à un accompagnement adapté.

Pour une politique « multidimensionnelle et transversale »

La CNAPE recommande donc la mise en place d’un suivi statistique national et d’une étude longitudinale auprès des jeunes concernés par cette double problématique. Elle préconise également de décloisonner MDPH et PJJ, de réaliser des bilans de santé systématiques, y compris psychiatrique, à l’arrivée d’un jeune à l’Aide sociale à l’enfance ou la PJJ, de former ensemble les professionnels des deux secteurs et de mettre sur pied des équipes mobiles ressources en cas de difficultés sur les établissements.


10 janvier 2018

Grenoble en lutte contre le non-recours aux droits

Avec dix-sept actions pour favoriser l’accès aux droits, le plan d’action de la ville de Grenoble s’adapte aux nouvelles précarités. Annoncé à l’automne, il va se déployer dès cette année avec les associations et les partenaires. « L’idée est de repérer et d’accompagner les personnes en difficultés avant qu’elles ne s’enferment dans une spirale à la fois coûteuse humainement et financièrement, par exemple si leur santé se dégrade », explique Emmanuel Carroz, adjoint à l’égalité des droits et à la vie associative.

« La ville est moteur, poursuit l’élu mais ne peut pas tout faire, donc ce plan de lutte repose sur un multi-partenariat avec l’Agence régionale de la santé (ARS), la faculté de droit, la Fondation Abbé Pierre, les citoyens et tous les soutiens envisageables dans cette démarche ».

Équipes mobiles

Les publics les plus touchés par le non-recours aux droits ont été identifiés : les personnes âgées, les jeunes, les travailleurs pauvres et les familles migrantes. Réalisé en concertation avec l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), ce « plan d’action pour l’accès aux droits et contre le non-recours » repose sur « l’aller vers » et l’outil numérique.

Pour que les institutions aillent davantage à la rencontre des publics en difficulté, la mairie souhaite la création d’une « équipe juridique mobile » et d’une « caravane des droits ». Elle va également recruter des médiateurs pairs de santé afin d’établir le contact avec les personnes en grande précarité. Côté numérique, la Ville met en avant sa plateforme Solidarités Grenoble, ainsi qu’une formation des professionnels des Maisons des habitants.

Une autre politique sociale locale

« Nous travaillons sur le budget puisque nous avons nos contraintes, mais nous ne voulons pas réduire les financements de l’urgence, raconte l’élu Rassemblement citoyen, de la gauche et des écologistes. Il va falloir transformer la politique sociale de la mairie avec les équipes mobiles qui iront au-devant des personnes apeurées ou dégoutées par la complexité administrative ».

La municipalité tient également à mettre l’État face à ses responsabilités en ayant recours au droit à l’hébergement opposable (DAHO) et au droit au logement opposable (DALO). « On ira jusqu’au contentieux s’il le faut, ce qui permettra éventuellement d’établir une jurisprudence », poursuit-il. Le plan, qui va se mettre en place progressivement dans l’année, fera l’objet d’une modélisation et d’une évaluation.

Lire aussi dans nos archives


8 janvier 2018

Prostitution : les droits, sans condition

Décriminaliser le travail du sexe, c’est l’appel lancé par Médecins du Monde à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux travailleuses·eurs du sexe le 17 décembre. Un appel qui résonne alors que la loi de pénalisation des clients, votée en 2016, provoque des effets délétères.

Médecins du Monde observe une précarisation et invisibilisation des personnes, ainsi qu’une très nette augmentation des violences envers les travailleuses·eurs du sexe en 2016, un niveau qui se stabilise en 2017 mais ne diminue pas. Face à l’approche idéologique qui a permis le vote de la loi de 2016, MDM défend une approche pragmatique de réduction des risques avec un credo : l’inconditionnalité des droits.

Chantage à l’agrément

Or l’accès aux parcours de sortie de la prostitution, version pommade de la loi, est conditionné à l’arrêt de la prostitution ; l’agrément associatif pour pouvoir proposer ce parcours n’est donné qu’aux associations qui auraient fait allégeance à ce principe par un vote de son assemblée générale… Impossible pour Médecins du Monde qui veut rester auprès des travailleuses·eurs du sexe et les accompagner quelle que soit leur situation.

Si l’association dénonce « toute forme d’exploitation, de contrainte, de trafic et de violence », elle souligne « la nécessité de mettre en capacité les travailleuses·eurs du sexe, population marginalisée et réprimée, à exercer leurs droits fondamentaux ».


1er janvier 2018

L’équipe de Lien Social vous souhaite une excellente année 2018

Et vous donne rendez-vous à la rentrée scolaire pour de nouvelles actualités.


22 décembre 2017

Étudiants ASS : moins de candidats et toujours une majorité de femmes

Le nombre de candidats à l’entrée en formation d’assistant de service social a fortement chuté depuis 2006 (-47%) selon une récente étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Ce chiffre questionne sur l’attractivité de la profession mais pourrait aussi s’expliquer par la mise en place de concours communs aux différentes formations du secteur. Le métier d’ASS reste toutefois celui qui connait le plus grand nombre de professionnels et d’étudiants au sein du secteur social : 7800 étudiants sont inscrits en formation pour l’année 2016, un chiffre en légère diminution sur dix ans (-7%).

Un profil différent des autres étudiants

La grande majorité (93%) des étudiants ASS sont des femmes, un chiffre constant avec les années et qui demeure supérieur à toutes les autres professions du secteur social. Près de 70% des étudiants ont uniquement ce statut et sont dans un cursus de poursuite d’études après le lycée. Là encore, cette proportion d’étudiants est plus forte que pour les autres formations sociales. Une minorité est en reconversion professionnelle avec un statut de demandeur d’emploi, agent de la fonction publique ou en congé de formation. De fait, la moyenne d’âge est plus basse qu’ailleurs, 24 ans pour les ASS et 30 ans pour les autres formations.

Aides financières

Avant l’entrée en formation, 60% des étudiants ont obtenu un bac général et seulement 7% un diplôme directement lié au social. Pour 56% d’entres eux, la formation se déroule dans un établissement du département de résidence avec une forte proportion de mobilité chez ceux qui ont un statut uniquement étudiant. Enfin, les entrants en formation d’ASS sont essentiellement des enfants de parents employés, une population surreprésentée par rapport à d’autres secteurs et aux autres formations sociales qui comptent un nombre plus important d’enfants d’ouvriers.
Un ou plusieurs financements pour la formation d’ASS sont accordés à 64% des étudiants de première année. Cette aide provient essentiellement du Conseil régional, départemental, d’une bourse et parfois de Pôle emploi.

Source : DREES, Études et résultats n° 1044, décembre 2017


20 décembre 2017

Hôpital psychiatrique de Rennes : une grève depuis 6 semaines

Depuis le 7 novembre, des membres du personnel de l’hôpital psychiatrique Guillaume Régnier de Rennes sont en grève. « Nous subissons de plein fouet les politiques d’austérité, explique Jacques Mény, secrétaire Sud santé pour l’établissement. Au-delà de l’épuisement professionnel des agents, c’est la qualité des soins qui est attaquée ». Manque d’agents pour assurer les soins en sécurité, chambres où il fait 15°C l’hiver, deux douches pour vingt personnes, des unités où les patients ne voient jamais la lumière du jour, des malades attendant huit heures sur une chaise pour avoir un lit, d’autres placés sous contention toute la nuit, usage quasi systématique de camisole chimique : les grévistes, du médecin à l’infirmière, déplorent le fonctionnement interne. Selon Sud santé, la direction a reçu en 2016 près de quatre signalements par jour d’événements liés à des dysfonctionnements.

La direction minimise

Les salariés en grève se relaient depuis six semaines dans un barnum planté au sein de l’établissement. Ils débraient quelques heures, une journée ou viennent en soutien pendant leurs RTT. La direction tempère le mouvement en signalant qu’il ne touche que 2% des salariés. Les assemblées générales hebdomadaires mobilisent toutefois jusqu’à 30% du personnel. « Ce mouvement survient au moment où nous opérons des modifications importantes notamment au niveau du développement du soin ambulatoire et de l’alternative à l’hospitalisation, explique Anaïs Jehanno, directrice de la communication. Le personnel s’interroge sur ces nouveautés qui représente 80% de nos activités ». Elle déplore une vision caricaturale de l’hôpital psychiatrique, tout en reconnaissant l’insalubrité d’un des bâtiments de cet établissement qui compte 802 lits et 20 chambres d’isolement.

Une situation généralisée

Selon elle, la difficulté repose notamment sur un budget annualisé qui ne prend pas en compte le nombre de patients, or l’hôpital rennais connaît une augmentation annuelle des consultations de 2% depuis 2012. « C’est au niveau des ministères et de l’Agence régionale de santé que ça doit bouger, souligne le syndicaliste. Nous avons rencontré des députés, François Ruffin de la France Insoumise et Barbara Pompili de La République en marche. La pression médiatique semble vouloir faire réagir la ministre de la Santé. Agnès Buzyn a assuré qu’elle comptait lancer un « plan psychiatrie » et un groupe de travail va se réunir en janvier ».

Après une rencontre avec les grévistes, l’ARS a annoncé le dégel de 532 000 euros. Mais l’enjeu est national et touche de nombreux hôpitaux. Des mouvements de grève semblables à celui de Rennes ont eu lieu ces derniers mois, notamment dans des hôpitaux psychiatriques d’Allonnes (Sarthe), Amiens (Somme), Bourges (Cher) et Cadillac (Gironde). À Rennes, les grévistes ont décidé du suspendre le mouvement pendant les fêtes, pour reprendre le 9 janvier.


18 décembre 2017

Exil : la droite en a rêvé, M. Macron le fait

Dans le pays des droits de l’Homme, la journée internationale des migrants ce 18 décembre est placée sous le signe de la régression. Après la présentation de la circulaire du 12 décembre visant à mettre en place des équipes mobiles pour contrôler les personnes étrangères hébergement en centres d’accueil, une réunion ministérielle vendredi a confirmé, selon Le Monde, la « ligne dure » du gouvernement. Répression policière, refus d’entrées sur le territoire, accélération des expulsions : le projet de loi sur l’immigration qui doit être discuté au Parlement au printemps, marque pour le quotidien du soir « une politique migratoire d’une dureté sans précédent ».

« Défaillance nette » de l’État

Les associations sont très fortement mobilisées : les 470 collectifs locaux et nationaux qui ont lancé les États généraux des migrations en novembre devraient se faire entendre toute la journée. Elles ont aussi saisi le Défenseur des droits contre la remise en cause de l’inconditionnalité de l’accueil. Sur France Inter, Jacques Toubon taxait dès ce matin la politique migratoire de « défaillance nette par rapport au respect des droits fondamentaux ». Il précisait également avoir alerté le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui « n’a rien répondu pour l’instant », sur la circulaire du 12 décembre.

Hier, dans une tribune publiée par Le Monde, sept maires de grandes villes, dont Martine Aubry (Lille) et Alain Juppé (Bordeaux), ont dénoncé le manque de moyens mis à disposition par l’État pour l’accueil des personnes exilées. Hier encore, une cordée solidaire réunissant 300 personnes s’est engagée vers le col de l’Échelle, dans les Hautes-Alpes, où de nombreuses personnes et mineurs en exil s’aventurent malgré le froid, la neige, le danger de mort. Hier toujours, le Président de la République, déambulant dans l’Élysée dans le cadre d’un exercice de communication diffusé sur France 2, et enregistré en milieu de semaine, ne disait pas un mot de cette actualité.


15 décembre 2017

Chez M. Wauquiez, le métier d’éducateur ne serait plus en tension

En région Auvergne-Rhône-Alpes, une décision prise au cœur de l’été bouleverse l’avenir professionnel de plus d’une centaine d’étudiants en formation d’éducateur spécialisé (ES) et de moniteur éducateur (ME). En effet, selon un arrêté préfectoral du 26 juillet, applicable le 5 septembre, ces deux professions sont sorties de la liste des métiers en tension, c’est-à-dire à fort besoin de recrutement.

Cela signifie concrètement que Pôle emploi n’accorde plus d’allocation de rémunération de fin de formation (RFF) pour les élèves ME et ES. Un coup dur pour les personnes en reconversion qui comptaient sur cette somme pour poursuivre leurs études pendant deux ou trois ans. « Pôle emploi m’a incité à devenir éducateur spécialisé parce que c’était un métier en tension, explique Christophe Ladret, étudiant en première année d’ES. J’ai donc entamé les démarches d’inscription dans ce parcours professionnel dès fin 2016 pour pouvoir passer le concours. La formation est géniale, mais je ne suis pas sûr de pouvoir aller au bout sans aucun moyen de subsistance. »

Impossible de travailler en parallèle

Un collectif d’étudiants en première année tente donc d’infléchir cette décision afin qu’elle ne soit appliquée qu’à partir de la nouvelle promotion de septembre 2018. « Nous sommes solidaires de nos étudiants, parce que cette formation demande un investissement à plein temps, qui ne permet pas de trouver des ressources en travaillant à côté, souligne Eric Ferrier, responsable des formations initiales de l’Association régionale pour la formation, la recherche et l’innovation en pratiques sociales (ARFRIPS), à Lyon.

Et d’ajouter àu-delà de cette promotion, cette décision va impacter cette formation qui, de tout temps, a eu pour principe d’être ouverte à un public qui a déjà de l’expérience professionnelle. Aujourd’hui, nous avons des étudiants au parcours scolaire classique soutenus par les parents et des plus de 40 ans. La moyenne d’âge et de 25 ans, si nous n’avons plus que des jeunes, nous allons perdre une richesse d’expérience nécessaire dans ces métiers ».

Changer les règles au milieu du match

Le collectif fait appel au bon sens des instances décisionnaires qui, en changeant les règles du jeu au milieu du match, créent une situation d’iniquité dans une même promotion. Il rappelle que « la responsabilité de la Région est de soutenir la formation de ceux qui accompagnent les situations sociales les plus difficiles ». Pour l’instant leurs courriers au préfet et aux élus du Conseil régional restent lettre morte, sauf de la part de l’opposition.

Les deux présidents du Groupe socialiste, démocrate, écologiste et apparentés, Jean François Debat et Anna Aubois s’interrogent sur le fond en s’adressant à la vice-présidente de la région et à son président, Laurent Wauquiez : « Il est incompréhensible de voir retirer le métier d’éducateur spécialisé de la liste des métiers en tension dans notre région alors même que le métier attire moins et que les besoins sont grands. Mais s’agissant de professionnels de l’action sociale, peut-être est-ce purement un choix idéologique qui a guidé votre décision car la réalité du marché du travail pour ce secteur ne justifie aucunement le retrait de ces métiers à l’éligibilité de la RFF. »


14 décembre 2017

Le décrochage scolaire marque le pas

Un net recul du taux de décrochage scolaire des jeunes en France : voilà l’enseignement du dernier état des lieux publié par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO), avec le Centre international d’études pédagogiques (CIEP). Tous les indicateurs montrent que la lutte contre le décrochage porte ses fruits, grâce à une « impulsion européenne forte », à la continuité des politiques scolaires et à une forte mobilisation des acteurs impliqués depuis dix ans. Ainsi, en 2016, environ 450 000 jeunes de 18 à 24 ans ne sont pas ou peu diplômés et n’ont pas suivi de formation au cours de quatre dernières semaines, soit une baisse d’environ 100 000 jeunes par rapport à 2006. Les données clés montrent toutefois des inégalités territoriales très marquées, un écart qui se creuse entre diplômés et non diplômés, et désignent l’absentéisme comme le premier et principal indicateur du décrochage.

Prévention, intervention, compensation

Si en France la triple politique - prévention, intervention, compensation - est déjà mise en œuvre par les établissements, un coup d’œil sur les dispositifs proposés à l’étranger montre qu’il est possible d’aller plus loin. Au Danemark par exemple, les politiques publiques de la petite enfance et les dispositifs mis en place en concertation avec les acteurs de terrain permettent une meilleure qualité de l’enseignement avant six ans.
Sur le volet « intervention », la Finlande mise sur des assistants sociaux scolaires pour aider les élèves en difficulté et le Portugal intervient auprès « des jeunes à risque » en proposant un soutien psychologique. La compensation quant à elle permet de pouvoir raccrocher le système et d’obtenir des qualifications. En Irlande, le développement social et personnel est mis en avant pour favoriser l’estime de soi, l’autonomie et la citoyenneté tout au long de la vie.

Pour une politique globale

Parmi les solutions préconisées par le CNESCO : développer un sentiment d’appartenance à l’établissement, entrer en relation avec les parents les plus éloignés, améliorer le climat scolaire, créer des outils de repérage du décrochage. Le document présente des projets innovants en France comme à Montreuil où un dispositif permet de ne plus exclure les élèves des établissements et de leur proposer des solutions alternatives : débats autour de l’école, activités valorisantes, actions bénévoles, etc. Une école maternelle expérimente également des journées « portes ouvertes » avec des activités parents-enfants-enseignants.
Enfin, au Lycée des Possibles dans les Yvelines, une cinquantaine de jeunes peuvent reprendre une formation, accompagnés par une équipe éducative composée de professeurs, d’une psychologue, d’une assistante sociale et d’une infirmière.


13 décembre 2017

Refonte des diplômes : le dernier round ?

Le 15 décembre aura lieu la dernière réunion de la commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale (CPC). Chargée en février 2016 de repenser les formations, ses travaux ont remué profondément le secteur. Le premier rapport d’étape en septembre 2016 préfigurait une refonte qui inquiète les professionnels.

Derniers travaux pour la CPC

Aujourd’hui, la dernière phase se penche sur l’élaboration d’un socle commun des compétences et connaissances nécessaires aux cinq métiers. Trois d’entre eux s’alarment, dans une tribune publiée sur notre site, d’un « manque de vision d’ensemble de la méthodologie utilisée » pour construire ce socle commun. « Dans ce processus, les représentants des salariés tentent de ramener à tâtons l’essentiel des métiers alors même qu’ils sont peu nombreux dans les groupes métier et encore moins représentés lors des comités de coordination », expliquent-ils.

Une lettre de L’IRE

L’Inter-REgionale des formatrices et formateurs en travail social lance à son tour une lettre ouverte aux directions des écoles de formation et à l’UNAFORIS pour tenter, une dernière fois, de se faire entendre avant la fin des travaux. « Nous craignons le retour du travailleur social unique, vu les taux de socle commun dans les formations qui sont discutés en sous-main », souligne Julien Parent, co-président de L’IRE. Leur lettre rappelle l’importance des stages long en contact direct avec les publics pour élaborer et transmettre les pratiques ; souligne les spécificités sur lesquelles se sont construits les métiers du travail social ; soutienne l’importance du travail en équipe et en institution pour forger le cadre des futurs professionnels. La réforme devra émerger des travaux de la CPC en janvier pour une mise en œuvre dès la rentrée 2018.