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8 septembre 2020

■ ACTU - Lutte contre l’exclusion • Parent pauvre du plan de relance

« Le gouvernement a une nouvelle fois fait l’impasse sur les plus pauvres, pourtant premières victimes de la crise », s’étonne dans un communiqué le collectif Alerte. Le plan de relance économique de 100 milliards d’euros sur deux ans, présenté le 3 septembre par le Premier ministre Jean Castex, déçoit le secteur associatif. « C’est une occasion manquée de lutter contre la pauvreté, regrette la fondation Abbé Pierre, seuls 800 millions sont dédiés aux personnes précaires », soit « moins de 1% ».

Humaniser

Parmi les annonces, 100 millions d’euros sont prévus pour la construction et la rénovation d’hébergements d’urgence, dont 10 millions pour « humaniser les centres d’hébergement ». Une autre enveloppe de 100 millions d’euros vise les associations d’aide aux personnes vulnérables, notamment sur le volet alimentaire. La hausse de 100 euros de l’allocation de rentrée scolaire était déjà connue.

Cibler les jeunes

Par ailleurs, le plan de relance mobilise 1,3 milliard d’euros en direction des jeunes éloignés de l’emploi : 400 millions d’euros pour la Garantie jeune et les dispositifs d’accompagnement ; 900 millions d’euros pour les contrats aidés et l’insertion par l’activité économique. Un investissement de 1,6 milliard d’euros dans la formation des jeunes vise notamment les secteurs du soin et du numérique.

Les associations auraient voulu des mesures plus fortes, telles que la revalorisation du RSA et son ouverture dès 18 ans, la revalorisation des APL, ou encore des relogements massifs dans le cadre du plan Logement d’abord.
Le gouvernement a promis d’autres mesures dans la loi de finances pour l’année prochaine.


7 septembre 2020

✖ TRIBUNE - Pourquoi je préfère être éducateur que policier !

Le ministère de l’intérieur ne sait plus où donner de la tête pour éteindre les incendies allumés aux quatre coins du pays par les bavures policières. Arrestations brutales provoquant la mort de la personne interpellée, discours racistes banalisés, violence récurrentes, arbitraire dans l’usage de l’autorité, mensonges et dissimulation dans les témoignages, provocations et humiliations régulières, instrumentalisation de la justice pour faire condamner les victimes de bavures, etc. N’en jetez plus, la coupe est pleine ! Le livre que vient de publier le journaliste Valentin Gendrot, qui s’est infiltré dans la police en s’y faisant recruter, est édifiant … mais risque malheureusement d’avoir peu d’effets, tant les témoignages s’accumulent, sans que rien ne change.

Pourquoi l’impunité règne ?

Cynisme, déni et contre-vérités sont les seules réponses d’un gouvernement à qui les syndicats policiers rappellent régulièrement que les forces l’ordre sont les derniers remparts entre le pouvoir et la rue en colère. Message reçu 5/5 ! On peut comprendre le calcul : mieux vaut défendre les exactions de certains policiers que d’affaiblir le dispositif de maintien de l’ordre. Personne n’a oublié l’épisode du 25 avrill 2019, le jour où 48 des 61 CRS d’une compagnie basée à Orléans s’étaient mis en arrêt maladie. Nos gouvernants moins que quiconque !

Du côté des syndicats de police, le réflexe corporatiste est tout aussi compréhensible. Le travail qui est demandé à ce corps de fonctionnaires est éprouvant : sous effectifs chroniques, locaux parfois délabrés, surcharge de travail (accumulation de 23 millions d’heures supplémentaires), pression psychologique pesant sur le taux de suicide (supérieur de 36% à celui de la moyenne des français) etc. Et puis, il y a cette situation paradoxale qui les amène à réprimer le mouvement social qui s’oppose aux politiques néolibérales dont ils ont été parmi les premières victimes (9 000 postes supprimés sous la présidence Sarkozy). Alors oui, on peut comprendre la volonté syndicale de protéger le corps professionnel qu’elle représente. Mais, si l’on doit attendre que les politiques se montrent eux-mêmes exemplaires dans les moyens d’action fournis, avant d’exiger que tous les policiers le soient, on est mal parti !

Mais, d’un côté comme de l’autre, le refus de combattre les violences illégitimes commises par une minorité est un pari contreproductif qui ne peut que se retourner contre les forces de l’ordre envers qui la méfiance, voire la haine, montent dans une partie de la population et plus particulièrement de la jeunesse.

Pourquoi l’ASE 44 a bien fait son travail ?

Après tout, n’est-ce pas là un registre traditionnel qu’une direction défende ses salariés et que des professionnels en fassent autant pour leurs pairs ? Un fait divers récent vient démontrer que ce n’est pas le cas pour l’Aide sociale à l’enfance de Loire Atlantique. Et on ne peut que s’en réjouir.

Pourtant, cette administration s’était couvert de honte, fin juillet 2015, en décidant de cesser toute prise en charge des mineurs isolés non accompagnés. Certes, le flux de leur arrivée dans le département était passé de 51, quatre ans plus tôt, à 265. Pour autant, la loi faisant obligation aux ASE de prendre en charge tout mineur bénéficiant d’une ordonnance judiciaire de placement provisoire, la décision de refuser de s’y soumettre revenait à se placer hors-la-loi. Et c’est ainsi que cette ASE s’afficha alors, refusant plusieurs fois d’affilées d’obtempérer aux injonctions du tribunal administratif qui avait été saisi en référé, pour la contraindre à accueillir deux jeunes maliens de 15 et 16 ans dormant dans un squat. Il avait fallu une condamnation à une astreinte quotidienne de 100 euros par mineur, pour que cette administration cède enfin. Bel exemple que cette institution dédiée à la protection de l’enfance qui fut alors obligée d’accomplir sa mission … sous la menace d’une amende ! La réaction récente de cette même administration, à la suite d’un fait divers traumatisant, a emprunté une direction totalement opposée, faisant de sa gestion de crise un cas d’école quasiment exemplaire.

L’ASE de Loire Atlantique avait confié aux Pupilles de l’enseignement public (PEP), association expérimentée dans l’animation, la mission d’organiser une « colonie apprenante » du 6 juillet au 21 août. Ces séjours d’une durée d’une semaine ouvert à chacun à vingt participants, étaient destinés en priorité aux enfants âgés de 3 à 17 ans pris en charge soit au titre d’un suivi en milieu ouvert, soit dans le cadre d’un placement. Le poste de directeur adjoint de l’un des deux centres concernés, celui de La Ducherais, fut confié à un éducateur spécialisé. Le 14 août, les PEP le licenciait pour faute grave, tout en déposant plainte contre lui : il était accusé d’attouchements sur trois enfants. La réaction de la direction de l’ASE fut immédiate : intervention sur les lieux en soutien à l’équipe, rapatriement des enfants présents, information transmise aux familles et aux enfants ayant séjourné depuis le début de l’été, écoute singulière assurée à l’intention des enfants ayant été en contact avec le professionnel suspecté, cellule d’écoute psychologique mise à disposition des professionnels du département souhaitant y avoir recours… Une volonté de transparence et de réactivité, une prise en compte du traumatise à tous les niveaux, une coordination de tous les acteurs concernés, la réaction fut à la hauteur de la situation et les réponses adaptées à sa gravité. Seul regret exprimé par un acteur proche du dossier : « les moyens mis en œuvre par la justice pour mener une telle enquête semblent dérisoires avec un simple enquêteur pour une affaire qui concerne potentiellement soixante-dix victimes, ce qui va conduire les enfants, les parents et les professionnels à attendre longtemps avant d’avoir une vérité judiciaire ». La « colo apprenante » n’est pas allée à son terme, les professionnels qui l’encadraient étant trop choqués pour pouvoir continuer sereinement. A la suite de l’enquête menée sur place par la gendarmerie, le mis en cause a été placé en garde-à-vue, déféré au parquet, mis en examen pour agression sexuelle sur mineurs de 15 ans et incarcéré. Il ne nous revient pas d’avoir à condamner cet éducateur spécialisé, ni de le maudire pour avoir sali notre profession. Ce n’est pas parce que ce dont il est accusé nous répugne qu’il n’aurait pas le droit de bénéficier de la présomption d’innocence (il nie les faits et parle d’une cabale contre lui). Laissons la justice suivre son cours. Mais, nous pouvons au moins être sûr d’une chose : si la violence subie par un enfant de la part d’un parent proche est l’une des pires situations qui puissent lui arriver, il y a sans doute encore plus grave : une agression par la personne qui est chargée de le protéger !

Pourquoi la confiance ne doit pas être rompue ?

Quelles leçons retirer de cet événement particulièrement nauséabond ?

Constatons tout d’abord, quand même, qu’aucun de ses collègues n’a fait de faux témoignage pour couvrir le mis en cause qui n’a pu déposer plainte pour « outrage à agent , qu’aucune hiérarchie n’a fait traîner l’enquête, qu’aucun ministre n’a déclaré qu’il n’y avait pas eu de violence et que le professionnel n’avait fait que son travail. Cela ne vous rappelle rien ? N’insistons pas !

Quel impact cet évènement aura-t-il ?

Certains parents d’enfant placé en profiteront sans doute au mieux pour affirmer ne plus avoir confiance dans les services sociaux, au pire pour les accuser d’être encore bien pire qu’eux !

Des associations se revendiquant comme les champions des droits de l’enfant vont peut-être, elles aussi, s’en prendre aux professionnels en prétendant, comme d’habitude, qu’ils auraient du savoir ce qu’il allait se passer et réussir à éviter de tels dégâts.

La justice et l’administration vont éventuellement enclencher des enquêtes pour rechercher des responsabilités connexes.

D’autres encore vont considérer qu’on en a fait trop ... ou pas assez.

Tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que nul n’est à l’abri de recruter un professionnel, sans se douter des pulsions malsaines qui le rongent. Faut-il pour autant faire peser sur chaque adulte en contact direct avec des enfants un soupçon systématique ? Faut-il dorénavant que chacun exerce une surveillance sur ses collègues (masculins de préférence) ? Faut-il à l’avenir proscrire toute présence isolée d’un adulte avec des enfants ? Tout cela apparaît tout à fait déraisonnable.

Que faut-il donc faire, alors ? Peut-être, commencer par éviter la psychose collective, en rappelant que pour insupportable que soit cet évènement, il ne peut être généralisable aux 65 000 éducateurs spécialisés en fonction dans notre pays.

Ensuite, mesurer que le risque zéro ne pourra jamais être atteint et que les mesures prises pour tenter d’y arriver peuvent parfois être encore pire.

Enfin, si les violences faites aux enfants doivent être combattues sous toutes leurs formes, sans aucunes hésitations, il en existe qui sont elles aussi destructrices, sans que cela n’émeuve grand monde : mineurs étrangers isolés laissés à l’abandon, manque de places de scolarisation pour certains enfants porteurs de handicap, délais d’attente à rallonge pour les mesures de soutien éducatif au risque de voir leur situation s’aggraver, parents avec enfants laissés à la rue par manque de solutions d’hébergement au 115 etc.

Dans tous les cas, à défaut de remplir la mission impossible de tout prévoir et tout prévenir à l’avance, être en capacité de réagir avec célérité et pertinence. Ce que l’ASE de Loire Atlantique et ses partenaires ont su mettre en œuvre dans cette affaire particulièrement glauque.

Au final, dans cette situation, les principales victimes restent ces enfants qui ont été confrontés une fois de plus à la violence adulte. On peut compter sur la bienveillance, l’empathie et la congruence des professionnels qui les entourent pour accompagner au mieux le nouveau traumatisme qu’ils viennent de subir.

Jacques Trémintin


1er septembre 2020

■ ACTU - Usage de drogue • À l’amende

Elle venait tout juste d’être expérimentée depuis juin dernier à Rennes, Reims, Créteil, Lille et Marseille. L’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants vient d’être généralisée depuis ce 1er septembre à l’ensemble du territoire. Une accélération qui a pris de court les associations qui oeuvrent dans ce champ même si cette mesure était inscrite dans la loi depuis 2018.

Cette décision, portée par le premier ministre, sanctionne l’usage d’une amende forfaitaire de 200 euros qui peut être minorée à 150 euros et majorée à 450 euros en fonction des délais de paiement. « Nouvel avatar d’une posture de guerre à la drogue dont l’échec est depuis longtemps consommé », cingle une coalition d’associations (dont la Fédération addiction, Médecins du Monde, ASUD, Aides…) qui rappelle que le nombre d’amendes prononcées entre 2007 et 2012 pour usage de stupéfiants a été multiplié par deux, « sans avoir le moindre effet sur le niveau de consommation en France ni sur l’ampleur de la circulation des produits ».

Echec annoncé

Ces associations avaient publié dès 2018 un livre blanc prévoyant déjà « l’échec » de cette mesure et une dégradation de l’accès à la santé, à la réduction des risques et à la prévention : « placer les forces de l’ordre en première ligne est un contre-sens sanitaire », écrivaient-elles. Cette mesure a déjà été expérimentée à l’étranger et elle ne fait pas baisser les consommations, pas baisser les reventes, par contre, elle a des effets délétères sur l’accès aux soins, elle pose des questions d’inégalités entre les territoires et vis à vis des publics », explique Laurène Collard de la Fédération addiction. Elle sera en effet un outil supplémentaire de pression policière dans les quartiers de trafics et elle touchera essentiellement l’usage de rue donc les consommateurs les plus précaires.

Arsenal répressif

Cette amende vient rejoindre l’arsenal déjà existant de la pénalisation. Elle ne se substitue pas aux autres peines, l’usage pourra toujours être puni d’un an d’emprisonnement comme le prévoit la loi. Le nombre d’interpellations pour infraction à la législation sur les stupéfiants a explosé ces dernières années, passant de 81000 en 1995 à 198 000 en 2018, selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies. Malgré une politique parmi les plus répressives d’Europe, la France reste, selon les données de l’observatoire européen des drogues et des toxicomanies, le pays européen au plus fort taux de consommation de cannabis.


1er septembre 2020

• TERRAIN - Journal de bord - LA DÉNONCIATION : ACTE DE COURAGE OU DE MALVEILLANCE ?

Par Laure Dourgnon, juriste spécialisée en droit de la Dignité et en droit de l’action sociale et médicale.

Alors que certains hésitent à dénoncer des actes inacceptables, la dénonciation sert trop souvent à détruire son prochain. Elle évoque les heures noires de Vichy, alors que des millions d’hommes et de femmes ont été tués, déportés ou torturés sur dénonciation d’appartenances vraies ou supposées à la religion juive, à la Résistance, à des origines ethniques, à leurs idées ou leurs attirances sexuelles, ou sur leurs handicaps. Parallèlement, ces actes criminels sont sortis du silence grâce au courage de ceux qui les ont dénoncés.

Après-guerre, les autorités politiques ont voulu éviter le débat sur la dénonciation, au risque de recommencer un nouveau conflit. Mais plus de soixante-dix ans plus tard, cette question reste sensible et très floue dans l’âme des Français. En témoignent les dénonciations massives pendant le confinement. Le terme dénonciation désigne toute transmission d’informations nominatives à une autorité compétente pour prendre une sanction contre la personne désignée. Cette définition peut être étendue aux divulgations via les réseaux sociaux, mais je n’en parlerai pas ici.

A retrouver dans le numéro 1278 de Lien Social

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en lien avec la crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous ou envoyez-nous une vidéo de 2 à 3 min à red@lien-social.com.
(Plus de précisions)


31 août 2020

★ INITIATIVE - Conférence ANAS/FAS # 5 : Le travail de rue au défi du confinement

Afin d’outiller les intervenants sociaux dans leurs pratiques professionnelles en cette période de réaménagements nombreux, la Fédération des acteurs de la solidarité et l’ANAS s’associent pour élaborer des mini conférences de témoignages en ligne sur des sujets clés et pour lesquels intervenant sociaux de tous métiers ont dû s’adapter, innover et faire évoluer leurs pratiques.

L’idée générale est de se poser ensemble la question de ce que nous retenons de cette période de confinement en matière d’intervention sociale. Cette cinquième session s’est déroulée sur le sujet du Travail de rue.

Les intervenants ayant participé directement aux échanges :
David, Responsable du service urgence sociale, Samu Social - Médiation de rue, Montpellier
Sabine, Accueil de jour - Equipe mobile, Marseille
Leila, Intervenante sociale au sein d’une équipe mobile, Grand-Est


28 août 2020

★ INITIATIVE - Pratiques émergentes du travail social et de l’intervention sociale : questionnaire

Le groupe de travail « pratiques émergentes » du Haut Conseil du travail social lance un questionnaire sur les pratiques émergentes du travail social et de l’intervention sociale.

Par « pratiques émergentes », il désigne l’ensemble des pratiques, manières de faire, postures et outils que les travailleurs et intervenants sociaux adoptent et adaptent, pour répondre aux mieux aux besoins des personnes.

Elles peuvent être naissantes (non encore normée et institutionnalisée), renaissantes (disparues elles réapparaissent) ou confidentielles.

Sont appelés à répondre à ce questionnaire l’ensemble des acteurs qui ont participé à et/ou bénéficié de l’émergence d’une pratique sur leur territoire.

Le temps de réponse estimé est d’une trentaine de minutes maximum. Il n’est pas obligatoire de répondre à l’ensemble des questions.

accéder au questionnaire ici


28 août 2020

• TERRAIN - Journal de bord - « Le déconfinement c’est (pas si) facile !! »

Par Vincent (42),
Moniteur éducateur dans un Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) auprès de personnes en situation de handicap moteur avec troubles Infirmes Moteurs Cérébraux, le déconfinement a été progressif !
Après plus de deux mois, au cours desquels nous sommes restés cloitrés en respectant ces satanés gestes barrières il a fallu ré-apprendre à sortir, à faire, à aider ... pour les jeunes bien sûr !!!
Pour complexifier le tout, le SAVS dans lequel je travaille est à mi-chemin entre un quotidien « domicile » et le quotidien d’un foyer…donc un quotidien à rythmer entre vie en collectivité, désir d’autonomie voire d’indépendance, maintien des acquis ….et respect des gestes barrières….
La quadrature du cercle, quoi !!
Le comble c’était que certaines personnes prises en charge auraient bien aimé sortir pendant le confinement. Mais qu’à force de rester enfermées, elles se sont (plus ou moins) habituées et quand est arrivé le déconfinement, ça n’a pas été si simple que cela de sortir !!
Les consignes strictes, pour se « concentrer » sur l’essentiel et faire passer l’éducatif au second plan, ont obligé les éducateurs à se transformer en auxiliaires de vie. Les jeunes ne pouvaient plus rien faire, ni rien toucher,… l’accompagnement extérieur n’était pas possible …. Quel dilemme pour les travailleurs sociaux engagés dans leurs pratiques !!
Au final, après cette période bizarre, l’accompagnement individuel a retrouvé tout son sens… sans toutefois davantage de moyens !!!!
Vivement un Ségur du médico-social !!! l’éducateur, un pilier du lien social !!

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en lien avec la crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.
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27 août 2020

■ ACTU - Mort d’un pionnier

Le psychologue et pédagogue Rémy Filliozat, père de la psychothérapeute Isabelle Filliozat, s’est éteint dimanche 19 avril à près de 89 ans.

Pionnier de la psychologie humaniste, esthète et pédagogue, il a marqué son époque et joué un rôle déterminant dans le paysage de la psychologie positive en France.

Il obtient, à 17 ans, le deuxième grand prix de la fondation nationale Zellidja pour son rapport de voyage sur Les Homes d’Enfants. Il suit une formation de moniteur-éducateur à Genève et travaille dans une maison pour soins d’enfants et dans un centre pour handicapés. Découvrant que l’on peut prendre soin des enfants sans violence, il ne cessera de promouvoir une éducation respectueuse. Dans les années qui suivent, il s’inscrira une formation universitaire en psychologie à la Sorbonne.

Après avoir découvert l’Analyse Transactionnelle en 1975, il décide de la faire connaître en France. Avec quelques autres, il crée l’Institut Français d’Analyse Transactionnelle. Il continue à se former aux diverses autres thérapies de ces années 70 et suivantes (Gestalt, bioénergie, Touch for health, PNL, L’Ecoute Active de Thomas Gordon et les cercles du Programme de Développement Affectif et Social….), en invitant des psychothérapeutes américains à venir donner des stages à Paris.

Il a exercé comme psychothérapeute et enseignant jusqu’à l’âge de 77 ans.

Il sera inhumé au cimetière du Père Lachaise le 1er septembre 2020.


27 août 2020

■ ACTU - Pauvreté • Voyants rouges

La crise liée à la pandémie de la Covid-19 pourrait faire basculer 100 millions de personnes supplémentaires à travers le monde dans l’extrême pauvreté, a alerté le 20 août, le président de la Banque mondiale, David Malpass. Combien en France ? Personne ne le sait mais les associations de lutte contre la pauvreté s’inquiètent. « La crise sanitaire a eu un impact plus fort sur les publics déjà en situation de précarité », affirme Jérôme Voiturier, directeur général de l’Uniopss.

Le Secours catholique voit arriver dans ses permanences de nouvelles personnes : des étudiants qui n’ont pas pu avoir de job d’été, des personnes au RSA qui ont perdu leur petit boulot au noir, des nouveaux chômeurs… des personnes qui basculent de la précarité à la pauvreté.

Explosion des aides alimentaires

Les distributions alimentaires explosent : Les banques alimentaires constatent une augmentation de 20 à 30% des demandes d’aide selon les territoires. Selon l’ancienne secrétaire d’Etat auprès du ministère de la Santé et des Solidarités, Christelle Dubos, 8 millions de personnes pourraient se tourner vers l’aide alimentaire en 2020 contre 5,5 millions avant le confinement. En avril, le gouvernement avait débloqué une enveloppe de 55 millions d’euros pour soutenir ces réseaux d’aide alimentaire. Le Secours catholique assure ce mois d’août avoir déjà distribué 5 millions de ces chèques service pendant le confinement.

Quelle lutte contre la pauvreté ?

Sa président, Véronique Fayet craint « une rentrée difficile », au micro de France Inter le 23 août, et appelle à une revalorisation des minimas sociaux. Ces inquiétudes sont-elles entendues par le gouvernement ? « Il y a eu des aides ponctuelles pendant le confinement, mais cela ne répond qu’en petite partie aux besoins », avance Jérôme Voiturier qui s’inquiète de l’invisibilité de la lutte contre la pauvreté dans l’actuel gouvernement. L’absence de nomination au cœur de l’été d’un secrétaire d’Etat en charge du plan pauvreté parmi les onze secrétaires nommés apparaît comme un « mauvais signal », avance Florent Gueguen directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Revenu universel en berne

Le plan pauvreté semble « au point mort », pas de calendrier sur le déploiement de cette stratégie, les derniers travaux sur la construction du revenu universel d’activité (RUA) datent du début de l’année… « J’ai le sentiment que le projet de RUA tel qu’il était imaginé en septembre 2018 a été plus ou moins enterré », ajoute-t-il. Or, la paupérisation grandissante des plus précaires exigerait, selon lui, une réponse plus massive que des primes sectorielles qui sont « des fusils à un coup ». Comme le Secours catholique, la FAS et d’autres associations appellent à une revalorisation des minimas sociaux et l’ouverture du RSA au moins de 25 ans.


27 août 2020

★ INITIATIVE - « Pour que j’apprenne »

Sorti le 23 août 2020, c’est le titre du septième clip du « Collective Music Charity », qui a été imaginé avec l’association ATD Quart Monde et créé avec cinquante auteur(e)s.

Cette dynamique collective est née pendant la période de confinement à l’initiative de Pierre-Etienne Michelin, batteur de Michael Jones et d’autres artistes. L’idée est de proposer à des professionnels et amateurs non pas de reprendre ensemble un « tube » français ou étranger, mais de créer de toutes pièces un « clip solidaire » qui invite chacun(e) à agir pour construire un meilleur avenir que celui qui nous guette.

Cette chanson évoque le thème de l’éducation nécessaire à chacun(e) pour trouver sa place dans la société et nécessaire également pour dépasser les préjugés que l’on a les uns sur les autres et qui nous empêchent souvent de vivre et d’agir ensemble.