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11 mai 2020

**SOUTIEN FINANCIER** - Acteurs du handicap - Fonds d’urgence du CCAH


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Le Comité national Coordination action handicap (CCAH) et ses membres proposent un Fonds exceptionnel de solidarité pour répondre aux besoins urgents des publics en situation de handicap et de leurs aidants. Il vise aussi à soutenir les structures qui les accompagnent, fragilisées par la crise sanitaire.

Vous êtes un acteur du secteur handicap et votre structure connait une situation difficile en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19 ? « Nous nous mobilisons pour vous soutenir pendant cette période inédite et complexe », annoncent le CCAH et ses membres.
Vous faites face à des besoins exceptionnels ? Vous êtes concernés pas l’une des situations suivantes :
. soutien aux proches aidants
. soutien aux professionnels
. soutien aux actions de solidarité menées pour les personnes handicapées en établissement, à domicile ou isolées
. besoin d’équipement ou d’aménagement exceptionnels pour assurer les accompagnements quotidiens sur site ou à distance ou pour atténuer les impacts psychologiques liés à la crise sanitaire
. besoins exceptionnels liés à la réorganisation du travail, notamment pour les acteurs de l’aide à domicile
. besoin d’accompagnement méthodologique à la reprise d’activité sur les volets social, juridique ou financier.
Vous pouvez adresser votre dossier de demande de financement au CCAH avant le 24 mai à minuit.
https://www.ccah.fr/CCAH/Articles/Le-CCAH-et-ses-membres-se-mobilisent-pour-aider-les-acteurs-touches-par-la-crise-sanitaire-liee-au-COVID-19


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10 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Journal de confinement du 14 au 24 mars 2020 (2/2)

Par Etienne RDLR, éducateur spécialisé.
Vu comment d’eux-mêmes les jeunes sont respectueux, vu qu’ils ont des comportements civilisés, d’ailleurs on ne s’attendait pas à autre chose, ça nous fait plaisir de leur dérouler le buffet, en mode surprenant, à 3h du mat. Et c’est ce que l’on a fait. Jade nous a rejoint et quand elle est partie se coucher après les garçons, nous en avons profité pour inviter Jian à partager, lui aussi, une collation. Vu qu’il est confiné dans sa chambre H24, au cas où il soit porteur du virus, nous ne pouvons prendre le risque qu’il contamine le groupe. C’est un peu brusque comme relations humaines. Le mec a eu de la fièvre 5 jours auparavant et bim, du jour au lendemain, il devient suspect numéro 1. T’as un peu de fièvre et hop, CONFINÉ !! Fais gaffe quand tu finis ton sport, tu risques d’être détecté par les « termomètres-preneur-de-température-corporelle »…

Et puis cette nuit, on a remis ça. On s’y attendait pas, Fauzi nous a demandé si il pouvait grignoter un p’tit quelque chose. Y’avait un reste de cordon bleu, Halid l’a rejoint et nous, on a préparé la potion gingembre-citron-miel.
Faut dire que depuis ce midi on luttait pour empêcher Jade de fuguer. Mais elle a décidé de partir, c’était éprouvant, on a tout fait pour la dissuader et tout fait pour lui permettre de ne pas atteindre le point de non-retour, celui d’un contact avec les gens à l’extérieur… Avant qu’elle ne monte dans la rame du métro, ça aurait été entendable qu’elle réintègre le groupe. Mais quand elle est montée dans le métro, on a su que c’était foutu, qu’on ne pourrait pas la reprendre, au risque qu’elle n’ait déjà été contaminée. Ça devient de la Science-Friction, des mains, des poignées de porte, des exclusions-stigmatisations.
Après cette situation qui, sur l’instant nous paraît être un échec, on s’est recentré sur notre présence auprès des autres jeunes et on s’est dit que si elle se présentait à nouveau au service on négocierait pour pouvoir l’accueillir dans l’aquarium, la salle d’en haut, à l’écart total du groupe, histoire qu’elle soit en sécurité sans nous mettre en insécurité.
On a réussi à décompresser un peu en partageant cette collation avec les autres et puis fallait qu’on se retrouve ensemble, que l’on développe une nouvelle dynamique en l’absence de Jade. Pour la première fois depuis 10 jours enfermés on a invité Jian à se joindre à nous, on lui a mis une table à bonne distance… Comme celle de l’éduc !!! Avec nous, mais pas trop proche. Ensemble mais pas collés !
La bonne distance éducative, celle d’un postillon, un bon mètre. Et ouais, faut dire que le petit, séquestré dans sa chambre, à part dormir, fumer et jouer en ligne, on ne le sollicite pas beaucoup. Alors maintenant qu’on le sort, il faut qu’il participe. Il s’y met. On lui parle en français pour qu’il apprenne et surtout parce que quand on lui parle mandarin, il ne s’exécute pas ou bien il fait mine de ne pas comprendre. Je me demande si c’est vraiment sa langue maternelle !!! Ou bien c’est qu’on parle pas mandarin, va savoir ?!!
En tout cas c’est l’école de la vie ici, on fait un peu de tout, sauf l’école justement. C’est une micro-société, y’a des règles, y’en a des négociables, d’autres pas, elles bougent, se déplacent mais aux commandes, c’est nous les chefs de meute. On les embarque dans notre monde, celui de l’apaisement, du dynamisme constructif et de l’autonomie. C’est beau, riche d’échanges et exceptionnellement intense. On ne sait pas à quoi s’attendre, certes on impulse une vision, des attendus, mais on sait que c’est un équilibre fragile, que l’on doit tenir compte de chacun, avec son caractère, son parcours, son unicité, avec humilité.
On réalise que l’on attend des jeunes qu’ils s’adaptent à notre lieu, nos personnalités, le groupe de jeunes, comme si ce devait être inné en eux. On oublie sûrement combien nous, adultes, nous avons du mal à nous adapter entre nous, en famille et au travail… on se rend compte que l’on ne tient pas assez compte des difficultés que les jeunes rencontrent. Dans notre service d’accueil d’urgence, chaque 2 jours le groupe de jeunes est modifié par les entrées/sorties de nouveaux arrivants.
Sur quels « phénomènes », quels hurluberlus le groupe va-t-il tomber ? Et celui qui arrive ? Comment va-t-il vivre de débarquer dans un nouveau lieu ? Est-il timide pour s’intégrer au groupe ? A-t-il un caractère dominant qui va imposer son ambiance. ? Comment on accueille ? Comment on intègre ? Comment on peut exiger de lui qu’il se plie à NOTRE fonctionnement si on n’accepte pas de s’imaginer à sa place. Ils sont forts mentalement pour ne pas craquer et nous envoyer bouler. Comment on ferait à leur place ? Comment on est à notre place ?

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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9 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Journal de confinement du 14 au 24 mars 2020 (1/2)

Par Etienne RDLR, éducateur spécialisé.

Jeunes présents : Abdoul et Françoise jusqu’au 16/03/2020 et Halid, Fauzi, Jian, Jade (fugue le 24/03).

Il était une fois, dans une rue déserte, un sous-sol dans le noir. Là-bas, des bruits de voix, des cris d’enfants attirent la curiosité de l’initié. Tu descends et y’a un type qui t’accueille et qui te raconte que : Hier soir, la collègue qui devait être présente le matin, n’a pas pu venir. Une intérimaire, Anne, est arrivée à la rescousse. En soirée, c’est Frédéric, un remplaçant qui est venu. Il fait la nuit, je me couche. Frédéric s’en va à 8h30 et j’attends Constantin, un autre intérimaire, qui ne viendra jamais. Donc je suis seul depuis 9h30. Deuxième abandon d’un collègue, comment imaginer une suite sereine ? Je décide de partager mes sentiments (mail réflexion confinement) auprès de la Direction : me confiner, sans avoir recours aux relais de mes collègues, pour éviter le risque d’une contamination. Le Chef de service me dit qu’il va porter mon idée, qu’il est convaincu, lui aussi de sa pertinence.
19 mars 2020. En résumé, on est un peu sur une autre planète, compliqué de rendre compte de tout ce que l’on fait du matin au soir dans cet immense loft, avec les jeunes, pour eux et pour nous. Beaucoup de ménage, nettoyage, désinfections...x100... et repérage des lieux. Franchement, les lieux sont crados, ils ne semblent pas tenus ni animés par des adultes et le ménage n’est pas fait. Ni dans les coins, recoins, ni même sur les vitres, les portes des WC salles d’eau. En gros, y’aurait que le sol ? Et encore, c’est pas fait sous les meubles, derrière les armoires, derrière les portes…
Ça s’organise. Préparations des repas par les jeunes car on est tous dans la même galère, en mode SURVIE. Fauzi, Halid, Jade participent de plus en plus. Ils ont bien capté que j’étais là pour eux et que je ne pourrai pas tout faire… Direct, faut qu’ils prennent leur destin en main d’autant plus qu’ils réclament à manger, alors ils se mettent à faire l’inventaire des ingrédients et réfléchissent à ce qu’ils aimeraient partager ensemble, sans oublier Jian qui est dans sa chambre. Ils sont loin d’être autonomes mais ils font les choses avec cœur, ils essaient, et même si c’est « raté », on dégustera avec plaisir. Et comme on n’est pas loin, on fait avec, ils ne ratent pas et on se régale.

Je reprends mon clavier… Déjà le 24 mars, on a enchaîné les journées à un rythme décalé, 11h du matin jusqu’à minuit et nous on explose le quota d’heures, d’ailleurs on ne les a jamais comptés, on vit, on veille, on vrille (non pas encore). Souvent on est actif encore à 3h du matin, parfois 4h,5h,6h : rangement, ménage, désinfection, bureau, gestion de la paperasse, quelques appels… On a récupéré plein de matos à l’accueil de jour pour améliorer notre quotidien (feuilles dessins, bombes de peinture, djembé, jeux de société, bouquins scolaires, matos de ménage, caisse à outils (bienvenue, trop précieuse), ballon de foot, raquette/ filet/balles de tennis de table, plateau repas, plaquettes partenaires, annuaires…)
Deux nuits Halid et Fauzi ont eu un petit creux. Ils ne s’y attendaient pas, on a sorti le grand jeu, thé gingembre-citron-miel, biscuits nature, fourrés chocolat ou fraise. On a tellement de choix que l’on ne fait pas les goinfres, au contraire, on apprend à partager, déguster, répartir nos ressources dans la durée, être reconnaissant face à cette abondance.
On mange deux fois par jour, le premier repas, entre 14h et 16h, Le deuxième, c’est le diner, entre 20h et 22h, copieux et équilibré, salade, légumes avec viande ou poisson, une sauce et un dessert. Le soir, rebelote, mais sans l’entrée. On mange tellement bien que l’on est rassasié et il n’y a ni grignotage, ni de : « je me sers sans demander », ni « vol » de nourriture dans le frigo… D’ailleurs, ce n’est pas du vol que de se servir dans un frigo, c’est une mauvaise gestion de sa consommation de protéines, sucres et liquides. On jette rien, les restes sont améliorés et servis le lendemain. Pas d’abus, pas de gâchis, juste ce qu’il faut.

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8 mai 2020

• TERRAIN - Témoignage - Enfance en Danger : un satisfecit gouvernemental qui masque une situation bien plus complexe et inquiétante

La Ligue des droits de l’homme de Saint Nazaire a réagi au communiqué de presse du secrétaire d’Etat à la protection de l’Enfance paru le 22 avril. Adrien Taquet y laisse apparaitre sa satisfaction quant à l’efficacité de la campagne de sensibilisation du gouvernement à destination du grand public puisque sur la semaine du 13 au 19 avril, il y a eu une augmentation de 89,35 % des appels au 119. Le confinement a aggravé la situation des femmes et des enfants vivant sous la coupe de conjoint ou proche violent et ne pouvant plus bénéficier de respiration sociale tels que le travail, l’école, les loisirs y est-il précisé. Si le Service National d’Accueil Téléphonique pour l’Enfance en Danger (SNATED) a bénéficié d’un renforcement de ses moyens, une partie de la chaîne de traitement des informations préoccupantes a manqué de moyens à la hauteur des enjeux. « Évidemment, le gouvernement pourra toujours dire que la responsabilité incombe aux Conseils Départementaux. Il faut rappeler que les services sociaux départementaux fonctionnent majoritairement en distanciel durant cette pandémie » témoigne Jean-Luc Boero, le Président de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme. Des départements ont en effet priorisé des tranches d’âge (par exemple les 0-3 ans) et demandé à leurs agents de s’enquérir de l’état de santé de la famille avant d’effectuer des visites à domicile. Face à l’impossibilité de faire un travail de fond, cela s’est souvent traduit par des évaluations brèves et souvent sans possibilité d’accompagner les familles vers un mieux-être. « Nos cabinets ministériels, nos experts et nos politiques auraient pu envisager cette situation. Croire que sans services sociaux de proximité ouverts, sans école, sans centres de loisirs pouvant aussi repérer les situations et ne faire appel qu’à une campagne de sensibilisation au 119 protègerait les enfants est une navrante simplification de la réalité. Ne tombons pas dans le leurre du gouvernement ni dans la croyance que le travail social à distance peut produire des réponses adaptées aux situations. Dans une situation de confinement, les plus fragiles d’entre nous sont bien souvent des invisibles et continueront à vivre l’invisibilité tant qu’aucun regard professionnel ne pourra détecter leur souffrance. » conclue-t-il.

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7 mai 2020

★ INITIATIVES - Un répit pour les familles

Les établissements recevant des personnes avec handicap ne sont pas restés inactifs durant le confinement. Conscients des difficultés démultipliées par le handicap mental, des solutions de répit ont été initiés un peu partout en France. Celle proposée par l’IME Lalande Villeneuve d’Ascq, géré par les Papillons Blanc, en est une bonne illustration. Six enfants et adolescente âgés de 6 à 16 ans sont accueillis pour des séjours temporaires permettant de relayer les familles. Un court reportage en fait la description.


7 mai 2020

■ ACTU - Violences intrafamiliales • Jeunes homosexuels sous le coup du rejet

Le confinement est particulièrement douloureux pour des jeunes lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queers, intersexes (LGBTQ+) enfermés avec une famille qui les rejette, les insulte ou les jette à la rue.

« J’ai 13 ans et mes parents sont transphobes, ils me traitent tous les jours de "pédé"... Du coup, je reste dans ma chambre toute la journée. Je sors uniquement le soir pour me laver, manger et aller aux toilettes quand ils dorment », témoigne un jeune auprès de l’Association Stop Homophobie. Depuis le début du confinement, les associations LGBT dénoncent l’ampleur des violences intra-familiales subies par les filles et les garçons LGBT+ de moins de vingt-cinq ans. Des constats qu’étaye une enquête réalisée en 2014 par Christelle Hamel, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (Ined) avec le soutien du Défenseur des Droits (1). Elle souligne que le sexisme et les LGBT-phobies, encore très présents dans la société, constituent des facteurs majeurs d’émergence des violences au sein de la famille pouvant aller jusqu’à la mise en danger des jeunes.

Écoute renforcée

« Les jeunes livrent une expérience intime très dure à partager : insultes, brimades, propos violents de la part de leurs parents : ʺ On aurait mieux fait de te cramer à la naissance ʺ ; ʺ Tu vois la porte ? Tu la prends, tu dégages ʺ », s’inquiète Mathilde Vechambre, assistante de service social pour la ligne d’urgence et déléguée adjointe du Maine-et-Loire de la Fondation Le Refuge. Certains partent de chez eux avec juste un sac, quand les parents n’ont pas fait appel aux forces de l’ordre pour les mettre à la porte. « Filles et garçons se retrouvent dehors en état de choc, complètement perdus. Les centres d’hébergement sont saturés, les hôtels et les restaurants fermés. Ils nous appellent après avoir obtenu notre numéro (2) par un passant, la police, une maraude du Samu Social…, poursuit l’assistante de service social. Pour les soutenir, nous avons renforcé nos lignes d’écoute et ouvert un dispositif de mise à l’abri quasi systématique, le plus souvent à l’hôtel.  »
Depuis le début du confinement, la Fondation Le Refuge accompagne deux cent quatre-vingt-quatre jeunes sur le territoire avec l’aide de quatre-vingt-dix bénévoles. Ceux-ci sont en contact quotidien avec un ou plusieurs jeunes, assurent visites et repas. La Fondation a aussi mis en place une cellule de veille interne accessible 24 h / 24 permettant le signalement et le suivi des mesures de confinement et d’isolement des jeunes infectés ou suspectés d’infection, en lien avec les services médicaux. Elle a établi un partenariat national avec l’association l’Autre Cercle pour offrir aux jeunes en difficulté la possibilité de gérer le plus positivement possible cette période d’isolement, en leur permettant de se projeter dans leur projet d’orientation ou dans leur projet professionnel.
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(1) Violences et rapports de genre : contexte et conséquences de violences subies par les femmes et les hommes, disponible en ligne https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/21423/document_travail_2014_212_genre_violence.fr.pdf
(2) La ligne 06 31 59 69 50 fonctionne 24 h / 24 et 7 jours / 7.

À lire sur le site du magazine TÊTU :

« Ils pourraient m’emmener chez un exorciste » : confiné avec ma famille homophobe, le témoignage de Georges, 18 ans, qui a contacté la Fondation Le Refuge.

Jeunes LGBT en situation d’urgence : la lettre des assos à Marlène Schiappa


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7 mai 2020

• TERRAIN - Témoignage -Garder le cap au-delà des doctrines...

Par Les équipes d’encadrement et de direction de l’Établissement Médico-Éducatif Social Départemental d’Isle (Haute Vienne).

Dans un contexte d’urgence sanitaire, en dehors de la production toujours plus importante de « doctrines » et de « mémos » pas toujours descriptibles, les professionnels de l’EMESD (établissement public hospitalier), ont rapidement pensé aux lendemains, guidés par la nécessité d’accompagner autrement les usagers.

Un élan de mobilisation, dès l’annonce de la fermeture de l’établissement, a vu poindre des initiatives nombreuses de la part de la direction, de l’encadrement, des personnels de terrain. Ces derniers ont alors fourni une générosité d’efforts pour s’adapter avec ce qui devait être une continuité pédagogique, éducative, thérapeutique. Ainsi, les pratiques portées par l’ingéniosité des professionnels ont été guidées par un même élan de solidarité et de collaboration afin d’aider à mieux vivre cette période. Des groupes Whattsapp, des Padlets, des blogs, des rallyes lecture en ligne, des concours de création solidaire sont alors venus agrémenter les journées des usagers et de leurs familles.

On pointera que le « phoning social » fut accentué, approuvé voire demandé par bon nombre d’usagers, que cette évolution des pratiques ne vaudra pas pour accompagnement physique en présence des usagers mais cela est resté un lien rassurant, étayant et nous a tous ramené à l’essentiel : la nécessaire continuité de donner vie au lien social dans une période où nous vivons tous reclus dans l’entre-soi.

On applaudira les soignants, on attestera que les professionnels du travail social (notion approuvée par décret depuis 2017) ont aussi généreusement œuvré et pris des risques durant cette période. De soutien téléphonique en interventions au domicile ou sur site, ils ont montré que cet engagement ne s’appuie pas seulement sur des raisonnements d’ordre scientifique mais sur une volonté portée par un projet d’établissement au service des usagers, loin des conflits d’intérêts et corporatistes. Ce processus aura pris sa source dans une force d’intelligence collective mise au profit de la continuité d’accompagnement par la mise en commun de leurs compétences. Durant cette période, se seront également invitées de nouvelles zones de partages de pratiques par le biais d’outils numériques tout en alimentant les liens directs avec les usagers et leurs familles.

Nul doute que, de cette épreuve non choisie communément en équipe, il restera une évidente dynamique de forces collectives inscrite dans une étape de parcours singulière. Il en résultera également un potentiel accru de créativité, de coopération, de dépassement parfois de sa fonction propre de la part des professionnels d’ensemble. C’est de cette mobilisation sans failles au service des usagers, de cet engagement réel allant au-delà des repères, des références habituelles et de dépassement des « doctrines paradoxales » dont nous voulions témoigner.

L’épisode Covid-19 aura donc été un révélateur, voire un catalyseur des liens interprofessionnels dans des circonstances inédites tout en maintenant une conscience et une implication professionnelles de qualité. Il est donc évident d’écrire et d’affirmer la reconnaissance (dont on sait qu’elle ne sera pas forcément financière) qui revient aux professionnels médico-sociaux ayant fait vivre ces logiques de solidarité et d’utilité sociale durant cette crise.

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6 mai 2020

★ INITIATIVES - Le droit des femmes n’est pas confiné


Le Planning Familial, cette association féministe qui se bat depuis soixante ans pour que toutes les femmes aient accès à une contraception ou à l’interruption volontaire de grossesse, y compris les mineures, n’est pas restée inactive face à l’épidémie. Il continue à accompagner les personnes, les écoutant et les informant sans jugement mais avec pour seul but qu’elles puissent vivre une sexualité épanouie.
Dans cette émission enregistrée, une journaliste s’entretient avec la présidente et l’une des animatrices du comité local de Marseille, répondant à beaucoup de questions sur les mesures d’urgence et notamment sur le régime instauré pendant le confinement passant le délai de pratique d’IVG de sept à neuf semaines d’aménorrhées.

https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial/le-planning-lance-le-podcast-au-coeur-du-planning-1255


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6 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Brèves de comptoirs éducatifs non confinées

Eric Jacquot a encore frappé : attention aux yeux ! Et pour paraphraser Georges Brassens : « Bien sûr, si l’on ne se fonde /Que sur ce qui saute aux yeux / (il) semble une brut’ raffolant de nuire à tout l’ monde / Mais une attention profonde / Prouv’ que c’est chez les fâcheux / Qu’il préfèr’ choisir les victim’s de ses petits jeux »

Intelligence artificielle et technocratie, on parle évidement ici d’un concubinage incestueux. Je ne sais pas ce qu’on va faire des gosses, il faudra voir avec l’ASE.

Au mois d’avril, ne te découvre pas d’un fil de masque, enfin si t’en as un.

J’en connais qui ont le Moi très confiné.

Ascenseur social : Je passais en blouse blanche et avec un masque devant les locaux de BFM TV. Ils m’ont embarqué illico pour devenir expert sur un plateau télé.

En cette période de confinement, j’ai découvert que les sodas pouvaient avoir une grande valeur thérapeutique sur les enfants. Parfois mieux que les psychotropes et autres antidépresseurs. Je vais appeler le professeur Raoult pour lui en parler.

Pour les effets indésirables du soda, il y a la courbe de poids mais pour les psychotropes c’est pareil.

Le bon sens, tu peux le tuer juste par inaction.

Le transfert habite la relation éducative et pour les loyers, il faut voir avec les psys.

L’éducateur est à l’image de la démocratie, c’est une force pleine de faiblesses.

La débrouille, le bricolage que critiquent habituellement les élites car ce n’est pas une science exacte, semble devenir par moment la seule stratégie pour se procurer des masques.

J’ai une amie qui en fabrique et qui fournit plein de soignants et qui a eu le droit à un article dans le journal local. La préfecture a censuré une partie de l’article pour interdire d’écrire qu’elle en avait fait beaucoup pour les EHPAD, hôpitaux et cabinets d’infirmiers. Le monde de maintenant m’impressionne mais celui d’après à tendance à me faire encore plus peur. Bravo Marion si t’es recherchée par la police vient te réfugier chez moi.

Tiens aujourd’hui, j’ai reçu une nouvelle directive pour me dire que la prochaine directive serait encore plus directive.
Le COVID est un des révélateurs de l’esclavage moderne. Les petits, les sans grade que l’on gaze habituellement quand ils se plaignent sont aujourd’hui au front pour sauver la planète.

On les applaudit et j’espère qu’ils ne vont se contenter que de cela.

La START UP NATION est en mode avion, genre aux abonnés absents.

Je suis des cours à domicile et ce sont les enfants qui sont mes professeurs.

D’habitude il n’y a jamais un sou et là, les promesses de milliards affluent. Cela laisse un gout bizarre.

C’est dommage, je crois qu’il n’y a que la connerie qui n’ait pas d’obsolescence programmée.

Lundi prochain vous aurez des canaux de sauvetage, voilà à quel effet d’annonce ont échappé les passagers du TITANIC. Deux époques et une seule logique très libérale.

Le novlangue c’est des mots creux et vides de sens qui prennent toute la place.

Le gouvernement a toujours besoin de deux semaines de réflexion. Le COVID lui non.

Annonce officielle : Décathlon fournira la totalité de son stock de masque de plongée aux passagers du TITANIC.

Quand le monde d’avant, c’est le monde d’après, il y a une distorsion dans le temps et l’uchronie reste en suspension.

Les enfants nous révèlent à nous-mêmes, ce sont des tueurs d’illusion.

Attention, sortez à mots couverts.

Quand tu es seul, tu ne poses jamais la question, tu trouves la réponse.

Le confinement est un oxymore. C’est le mélange de « huis clos » et de « fenêtre sur cours ».
Tout seul pendant le confinement, c’est une rencontre avec soi-même. Moi j’ai décliné l’invitation, je sais déjà que je m’insupporte.

Le masque en latin se traduit par persona. En COVID c’est persona non grata.

En observant les enfants placés en période de confinement, je me pose la question s’ils ne s’étaient pas déjà, eux-mêmes placés avant en confinement, de cette société adulte qui les agresse.

Rien ne change : Par non décret, le port du niqab n’est pas encore devenu un geste barrière.
Dieu est parfait, tant qu’il n’existe pas.

« Alors que j’allais juste pisser, elle m’a fait chier » Commentaire à peine énervé de Grelin sortant des toilettes avec le chat. Confinement et intimité, bienvenue dans le réel.
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6 mai 2020

🎥 Film - Monsieur Deligny

Il devait sortir le 18 mars 2020. Un virus en a décidé autrement. « Monsieur Deligny, vagabond efficace » raconte la vie de cet éducateur célèbre qui, de l’hôpital d’Armentières près de Lille jusqu’au hameau de Graniers dans les Cévennes, inventa des lieux de vie pour faire sortir les enfants psychotiques, autistes, aux problématiques multiples, de l’enfermement.

La personnalité multifacette de Deligny attire le réalisateur du documentaire, Richard Copans, « C’est un homme habité par les images, habité par le désir de faire du cinéma ». Son film révèle la correspondance que Deligny entretient pendant vingt ans avec François Truffaut. « Il va l’aider et Truffaut l’aidera », explique-t-il.

Richard Copans a été le directeur de la photographie du film « Ce gamin là », produit par François Truffaut et dont le scénario a été écrit en partie par Fernand Deligny. Il a donc été au côté de l’éducateur dont il dit admirer « la constances de ses initiatives, parce que j’y vois la quête d’une liberté ». En attendant sa sortie en salles, le documentaire en VOD est visible en ligne.

MONSIEUR DELIGNY, VAGABOND EFFICACE un film de Richard Copans - Bande annonce from Shellac films on Vimeo.


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