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21 mai 2020

★ INITIATIVES - « Nos jeunes applaudissent leurs éducateurs à 20h10"


Rencontre 93, une association de Seine Saint Denis propose sur son site https://www.educverslavie.fr plusieurs vidéo donnant la parole tant aux professionnels qu’aux jeunes. A voir absolument

A défaut d’être reconnus par la France, les éducateurs, à Rencontre 93, sont applaudis par les jeunes, juste après qu’ils aient applaudi au balcon à 20h les personnels soignants sur le front de la lutte contre le Covid-19. L’investissement des professionnels de la sauvegarde de l’enfance "n’est pas quelque chose qu’on a beaucoup entendu dans le discours de nos politiques", estime Norbert Giuliani, directeur de Rencontre 93.

https://www.educverslavie.fr/2020/04/nos-jeunes-applaudissent-leurs.html


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20 mai 2020

★ INITIATIVES - « Je ne peux pas rester enfermé »


Rencontre 93, une association de Seine Saint Denis propose sur son site https://www.educverslavie.fr plusieurs vidéo donnant la parole tant aux professionnels qu’aux jeunes. A voir absolument !
Christian est un jeune du Service d’Accueil d’Urgence de Rencontre 93. Il nous confie ses difficultés à vivre le confinement et ce qu’il en tire malgré tout. Si, au départ, le confinement au sein du collectif avait son lot de "bagarres et d’embrouilles", il explique que la situation s’est finalement calmée. Mais il admet avoir déjà fugué du foyer. Bien qu’il ait conscience que "le confinement c’est dur pour tout le monde", pour sa part il avoue ne pas pouvoir rester enfermé.
https://www.educverslavie.fr/2020/05/je-ne-peux-pas-rester-enferme.html


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20 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Applaudir et remercier…

Par Cédric C., 18 ans suivi en Maison d’enfants à caractère social.

Pendant le confinement à 20 heures, nous nous sommes mis à nos fenêtres et avons applaudi tous les soignants en guise de remerciements pour les soins apportés auprès des victimes du Covid-19.
De ma fenêtre, à mon niveau j’ai aussi souhaité dire merci à ceux qui prennent soin de moi depuis l’âge de 16 ans.
Ceux ne sont pas des médecins, ni des infirmiers, ni des pompiers, ce sont des éducateurs. Leur mission, nous accompagner lorsque nous traversons une période difficile de notre vie et que nous sommes contraints de nous séparer de notre famille. C’est ce qui m’est arrivé. A l’âge de 16 ans, les relations avec ma mère sont devenues si compliquées et douloureuses à vivre que la solution préconisée a été l’éloignement dans le cadre d’un placement.
Dire merci aux éducateurs c’est aussi donner une autre image de leur travail et des lieux dans lesquels ils interviennent, les foyers. Souvent, l’image médiatique fait surtout état de l’accueil de jeunes délinquants. Dans mon foyer, la MECS Le Pourquoi Pas, j’ai découvert que c’était tout autre. Bien sûr il y a une proportion de jeunes qui passent à l’acte, qui font des embrouilles mais la majorité de ceux qui y vivent ne sont pas délinquants. Ce sont des jeunes comme moi. En arrivant dans ce foyer, un collectif de 14 jeunes, je pensais ne pas pouvoir m’intégrer. J’étais inquiet, j’avais subi du harcèlement scolaire pendant longtemps et je craignais qu’il se produise la même chose. Je n’avais plus confiance en les autres, ni en moi. Mais cela n’a pas été le cas, j’ai été bien accueilli tant par les jeunes que par les adultes. Bien sûr vivre en collectivité génère des hauts et des bas, nous ne pouvons pas nous entendre avec tout le monde mais cela développe aussi des ressources : l’apprentissage de la tolérance, de la compassion. Il y a une forme de solidarité qui se crée entre jeunes car après tout nous sommes tous là, un peu dans la même galère avec nos soucis. Quand il y a des coups de gueule, on se dit : « tiens il n’est pas bien aujourd’hui, y a un trop plein mais demain cela ira mieux. Aujourd’hui c’est lui demain cela en sera un autre ou moi ». Nous vivons avec les hauts et les bas émotionnels de chacun et nous finissons par les accepter. Nous ne pouvons pas nous entendre ni aimer tout le monde, mais j’ai vraiment créé des liens privilégiés avec certains jeunes qui sont devenus des amis et les éducateurs comme des membres de ma famille, de ma deuxième famille.
Peu avant la date du confinement, je vivais sur le collectif, j’ai intégré un appartement géré par la MECS Le Pourquoi pour expérimenter la vie en logement autonome. Par l’annonce que chacun devait rester chez soi, de façon un peu brutale, j’ai alors fait l’expérience de la solitude mais grâce à la présence des éducateurs pas celle de l’isolement.
Ainsi chaque jour à 20 h en applaudissant les soignants, j’ai souhaité aussi applaudir mes soignants, leur dire merci.
Merci aux éducateurs d’être venus très régulièrement me rendre visite, d’avoir continué leur service en pleine pandémie de Covid-19, d’avoir été là pour tous les jeunes, malgré les circonstances dangereuses.
Ce temps de confinement a été un temps de remise en question, un temps de réflexion, comme une sorte d’arrêt sur image, l’image de ma vie. J’ai repensé à ses différentes étapes, aux expériences vécues au foyer en pleine adolescence. Il n’y a pas à dire vivre en collectivité c’est surmonter des moments difficiles mais aussi se souvenir de bons moments, des cris, des pleurs, des rires et fous rires, des instants que l’on kiffe. Ma vie quoi ! Celle que j’ai vécue, que je vis et que je ne renie pas. Pour certains jeunes, être placé dans un foyer est honteux. Ils craignent d’être considérés comme des délinquants ou des « cassos ».
Je n’ai pas honte de ce placement, je ne suis ni un délinquant, ni un « cassos, je suis un adolescent qui avait juste besoin d’être aidé pour être et devenir.
Alors Merci aux éducateurs de m’avoir fait grandir, d’être comme ma deuxième famille.
Merci d’avoir médiatisé les relations entre ma mère et moi, nos relations sont devenues meilleures.
Merci de m’avoir aidé à renouer les liens avec mon père
Merci d’être disponible, d’être à l’écoute lorsque j’ai besoin de parler de sujets que je n’aborderais jamais avec ma mère.
Merci d’avoir pris soin de moi cela m’a permis de me reconstruire, de ne plus être dans un statut de victime et d’avoir confiance en moi. Merci pour cela
Merci de vous être fâché, me montrant votre inquiétude et intérêt.
Merci de m’avoir soutenu, rassuré dans mes choix.
Merci de m’avoir donné quelques ficelles pour aborder les filles.
Merci de m’avoir aidé à trouver les mots pour dire mes tensions, mes doutes, mes joies.
Merci de m’avoir appris à m’aimer et à m’accepter tel que je suis.
J’ai 18 ans, je ne peux oublier d’où je viens, par où je suis passé, avec votre aide je sais un peu mieux où je vais.
Merci…

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com.
*Nouveau : vous pouvez aussi nous envoyez une vidéo de 2 à 3 min
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19 mai 2020

■ ACTU - Crise sanitaire • #EtatResponsable : une vidéo coup de poing

Dans une vidéo parodique, Médecins du Monde rappelle que la crise sanitaire a exacerbé les inégalités de santé et mis à jour les dysfonctionnements du système de santé français.

Fermeture des accueils de jour, des distributions alimentaires, arrêt des maraudes, aux premiers temps de la crise sanitaire, « le choc a été dramatique pour des dizaines de milliers de personnes à la rue ou en habitat précaire », soulignait le collectif des associations unies dans un bilan mi-avril, intitulé « les oubliés du confinement ».

Depuis les crédits débloqués pour l’aide alimentaire, les 9000 places d’hébergement créées en urgence, les 80 centres dédiés Covid ouverts ont pu alléger la pression mais il reste des milliers de personnes à la rue. Dans son appel, Médecins du Monde alerte : dans les squats, les bidonvilles, les campements et à la rue, difficile de tenir les mesures sanitaires. L’association exige une délivrance gratuite des masques et des tests.

Elle demande également l’accès à l’eau et à l’hygiène « des déterminants de santé essentiels ». Le 1er mai dernier, cinq associations étaient déboutées de leur requête par le tribunal administratif de Toulouse. Elles demandaient l’accès à l’eau et à des sanitaires dans les 12 bidonvilles et campement de la métropole mais aussi la réouverture des bornes fontaines et des sanisettes publiques pour les 2500 personnes qui vivaient à la rue en pleine crise sanitaire. Le tribunal a tranché en jugeant que les collectivités avaient mis en œuvre des actions avant la crise et, selon un communique de la Ville, n’observait « aucune carence grave de nature à porter atteinte au respect de la dignité humaine ».

Enfin, Médecins du Monde dénonce les restrictions et difficultés permanentes des personnes étrangères précaires dans leur accès aux soins (refus de soins des personnes couvertes par l’Aide médicale d’Etat, restriction de l’accès des demandeurs d’asile à la couverture maladie universelle…) qui renforcent la circulation du virus.


19 mai 2020

★ INITIATIVES - Un clin d’œil revitalisant

Le confinement vous a déprimé ? Le dé confinement vous inquiète ?

Il y a un traitement qui peut vous remonter le moral. Il nous vient de l’île de La Réunion.

Le clip réalisé par l’équipe du SAMSAH de la Fondation Père Favron ne peut que vous redonner de l’énergie.

SAMSAH : quesaco ? C’est un « Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés » qui a pour vocation de permettre le maintien à domicile, en proposant des soins médicaux et paramédicaux réguliers et coordonnés, une assistance pour tout ou partie des actes essentiels de l’existence, un suivi social et un apprentissage à l’autonomie.

« Durant le confinement nous avons été amené à fermer notre service d’Accueil temporaire et notre SAMSAH, les cinquante-deux personnes handicapées qui en bénéficiaient restant confinées chez elles », explique son Directeur Philippe Yver. Le suivi a néanmoins été maintenu sous forme de visites, de contacts téléphoniques et de Visio-conférences quand c’était possible. Des sorties encadrées leur ont été proposées à moins d’un kilomètre de chez elles, durant une heure.

Le clip rend compte de tout ce travail en choisissant le registre du positif, de l’enthousiasme et de l’optimisme. A surtout ne pas manquer !


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19 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Je ne veux pas que l’on vole ton enfance et ton insouciance

Par Angélique, psychologue pour tous les enfants, virus ou non.

Pour L., 5 ans.

La Peste rôde toujours sur nos villes.
On a mis sur le bûcher les vieux, les handicapés, les enfants qui n’ont plus de parents et dont personne ne veut, les enfants placés. Les enfants victimes de violence ont été abandonnés par leur bourreau. Peut-être pour faire un peu plus de place sur la Terre, qui sait ? Et puis, dans tout ce chaos, il y a nos jolis mômes. Qui va les sauver ? Qui va préserver leur innocence ? Leur insouciance ?
Mon cœur de psychologue pour enfants battait très fort à l’idée de revoir mes petit(e)s patient(e)s et puis, il s’est fendu lorsque nous nous sommes revu(e)s.
Ma chère petite patiente, je ne veux pas que tu portes un masque qui t’empêche de bien respirer et de me raconter avec émotion(s) et entrain ce que tu vis.
Je ne veux pas que tu aies peur de t’approcher de moi pour me montrer avec fierté le dessin pour lequel tu t’es si soigneusement appliquée.
Je ne veux pas que tu grandisses trop vite en voulant nouer tes lacets toute seule alors que c’est difficile, car tu as appris par cœur que je n’avais pas le droit de m’approcher de toi à moins d’un mètre et que nous n’avions pas le droit, non plus, de toucher le même objet.
Je ne veux pas que tu nettoies le bureau sur lequel nous nous sommes installées, pour me protéger, car tu sais que les enfants peuvent être porteurs et contagieux d’un virus qui fait peur parce qu’il rend malade et peut tuer les gens que tu aimes. Je ne veux pas que tu penses que c’est ta faute si un jour cela se produit.
Je ne veux pas que tu penses que tu fais peur aux gens lorsque les mamies et les papis changent de trottoir lorsqu’ils te croisent. Ils sont très âgés tu sais, ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils n’ont pas conscience qu’ils blessent ton petit cœur d’enfant.
Je ne veux pas que tu restes seule avec tes angoisses, tes peurs, tes inquiétudes parce que certains professionnels, dont c’est le métier d’essayer de rendre les enfants les plus heureux possibles, ne veulent pas te rencontrer car ils ont peur d’attraper le virus.
Je ne veux pas que tu regardes les enfants de la famille voisine jouer ensemble, seule, depuis ton jardin.
Je ne veux pas que tu sois triste de ne plus voir tes copines à l’école car on a dû diviser les classes et les temps de présence à l’école en semaine, pour que maman et papa puissent aller travailler et donner une partie de leur vie et de l’argent qu’ils gagnent au Président. C’est le Président qui s’est trompé quand le virus est arrivé, il a toujours pensé que la santé des adultes et des enfants n’était pas très importante.
Je ne veux pas que tu joues seule dans la cour de récréation, dans ta minuscule geôle, délimitée par de la craie ou un cerceau déposé au sol.
Je ne veux pas que tes jeux d’enfants, si chers à ton cœur et nécessaires à ton bon développement soient une mascarade.
Je ne veux pas que ce virus te fasse peur. Le virus est le souci des adultes, c’est leur rôle de te protéger.
Je ne veux pas que tu aies peur, au point de ne plus pouvoir sortir de chez toi.
Je veux revoir ton sourire, comme lorsque le lien entre nous s’était créé.
Je veux que tu puisses emmener ton doudou, avec toi, pour le serrer contre ton cœur, si tu en ressens le besoin, à l’école, où tout n’est plus qu’hyper vigilance et dénaturation des relations humaines.
Je veux que ta maman puisse te confier dans les mains de ta maîtresse, les jours où il est difficile de se séparer ou les jours où tu as peur.
Je veux que tu puisses recevoir l’aide et le réconfort dont tu as besoin lorsque tu n’es pas à la maison.
Je veux que tu puisses jouer et continuer à développer ta merveilleuse intelligence, imagination et créativité.
Je veux que tu continues à faire l’expérience de l’amitié et des amours enfantines.
Je ne veux pas que l’on vole ton enfance et ton insouciance.
Je ne veux pas que ton enfance soit bafouée, maltraitée pour de mauvaises raisons qui n’appartiennent qu’aux adultes.
Je ne veux pas que tu grandisses avec l’idée que tu peux être un danger pour l’autre.
Je ne veux pas que tu grandisses avec l’idée que tu doives t’isoler, te priver de tout contact physique et affectif, pour des questions d’argent.
Je ne veux pas qu’un jour tu rentres à la maison et que tu demandes l’autorisation à tes parents de les enlacer avec tout l’amour que tu leur portes ?
Comment ton petit cœur d’enfant survivra-t-il ?

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18 mai 2020

★ INITIATIVES - "Une fois sorti de cette crise : qu’est-ce qu’on fait ?"

Rencontre 93, une association de Seine Saint Denis propose sur son site https://www.educverslavie.fr plusieurs vidéos donnant la parole tant aux professionnels qu’aux jeunes. A voir absolument !
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" Il va falloir prendre en considération tous ces professionnels et toute cette amertume. Toute cette amertume pour pas qu’elle se transforme en rage. Parce que si ça explose, faudra pas dire qu’on ne savait pas !" Il faut écouter David Frayssé, directeur adjoint du SAU 93 et de La Métis, deux structures de l’AVVEJ pour sa légitime colère !
https://www.educverslavie.fr/2020/04/il-va-falloir-prendre-en-consideration.html


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18 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - LES 55 JOURS DES PÉKINS (1) !

Par Rachel N’Doli, assistante familiale

Depuis dix-huit ans, nous partageons notre vie familiale avec des enfants en difficultés, confiés par l’Aide Sociale à l’Enfance. Mon mari et moi avons deux agréments chacun, mais compte-tenu des problématiques de chaque enfant nous avons rarement accueilli quatre enfants à la maison à temps complet… En effet, ce travail demande une rigueur, une patience, une bienveillance et une tolérance extraordinaire pour partager 24h/24h notre quotidien avec des enfants qui connaissent des troubles importants : hyperactifs, souffrance carentielle, troubles psychiatriques, troubles de l’attention, de la parole, déficience cognitive, handicap moteur, handicap mental, etc.

La pandémie du COVID19 est venue tout d’un coup nous propulser dans une bulle confinée où il n’y a plus que nous et les enfants accueillis et ce depuis maintenant 55 jours … 55 jours où nous nous sommes retrouvés seuls sans aucun soutien les institutions ayant fermé elles-aussi (écoles, ITEP, CAMSPP, hôpital de jour, etc…). Nous avons dû faire preuve d’une réactivité et d’une analyse rapides pour organiser notre quotidien. Effectivement, nous savions que l’état de crise sanitaire allait durer et qu’il faudrait inventer ou réinventer notre vivre ensemble avec les 3 enfants que nous accueillons. Fini la soupape de l’école pour Nicolas (2), six ans, en classe de CP : nous allions devoir nous improviser institutrice et instituteur pour maintenir les apprentissages et même en développer de nouveaux ! Pour le plus jeune, Luigi(2), âgé de deux ans, atteint d’un handicap sévère physique et mental, la vidéo s’est imposée pour filmer les séances de stimulations diverses et variées que nous proposions. Tout ce travail est envoyé aux professionnels du CAMSPP, afin que nous puissions avoir des retours, des axes de travail pour continuer et développer la stimulation. Quant à Maud(2), 3 ans, elle a dû s’adapter à la présence de son frère Nicolas 24h/24h ce qui n’est pas simple !

Vivre au quotidien avec des enfants en carence affective est épuisant. Le placement à notre domicile de Nicolas et Maud est tout récent. Placés au Foyer de l’Enfance depuis le mois d’avril 2019, ils ne sont arrivés chez nous que début janvier 2020. Si, dans un premier temps, ce fut l’état de grâce que connaissent tous les accueils dans les premiers jours ou semaines, et que nous nommons en équipe « la lune de miel », rapidement les carences affectives précoces apparaissent…Et le COVID 19 n’a fait que les intensifier… En effet, les visites médiatisées avec le père biologique ont été suspendues et ce dernier a « totalement disparu », ne demandant aucune nouvelle de ses enfants…. Maud et Nicolas sont alors dans des demandes « inépuisables » d’affection… Au tout début de ce métier, nous pensions qu’il suffisait d’offrir à ces enfants un bon environnement pour qu’ils s’épanouissent normalement. Or, l’expérience depuis 18 ans nous le montre, et tous les travailleurs sociaux le savent, la répétition des crises, symptômes du mal-être est inévitable. Inévitable, les crises de Nicolas qui entrainent des mots violents contre lui-même, contre sa sœur, contre nous et nos propres enfants….

Tous sous le même toit, sans autre échappatoire que sa chambre, le jardin, la nature autour (qui en somme nous aide grandement !). Notre couple, solidement uni par une connaissance et une compréhension commune de la problématique qui secoue en permanence la famille d’accueil a dû faire preuve d’une rigueur toute exceptionnelle pour que tous soient préservés au maximum. Nous avons mis en place un planning spécifique pour pouvoir mener à bien toutes nos tâches journalières et nous octroyer chacun à autre tour quelques « pauses ressources » nécessaires à notre équilibre psychologique.

Ce cadre de vie bien structuré, les moyens de ressources que sont pour nous notre jardin et notre potager, les ballades, nous permettent de reprendre de la distance, de nous rééquilibrer, de rêver. Notre maison, isolée, « perdue » dans la campagne, nous permet en ces temps de confinement de ne pas nous sentir enfermés. Si nous arrivons à avoir un cadre équilibré, il est quand bien même mis à mal par les crises de Nicolas et Maud toujours assez éprouvantes car fortes et violentes. Notre nouveau rôle d’institutrice et instituteur n’aide pas du tout dans nos relations avec Nicolas qui « n’aime pas l’école ». Si, dans un premier temps, les devoirs se sont passés assez calmement, cela s’est estompé au fur et mesure avec l’arrivée notamment des nouvelles notions qu’il devait assimiler…. Après 55 jours de confinement total, nous sommes épuisés et il va falloir encore passer l’épreuve de la culpabilité pour le retour à l’école qui risque d’être marqué par de nouveaux conflits… En effet, les nouvelles mesures et consignes qui doivent être appliquées sont draconiennes et bien loin de l’école que nous avions avant le COVID19 : distanciation d’un mètre entre chaque élève : les enfants ne peuvent donc plus se donner la main, s’approcher les uns des autres… ; les adultes ne pourront plus s’approcher pour aider les enfants à s’habiller, ou les consoler en cas de chagrin…. ; les jeux extérieurs seront interdits ainsi que tous ceux à l’intérieur : jeux de ballon, toboggan, vélos, trottinettes…. Un tel fonctionnement est bien loin des valeurs que prône l’école ! Si nous ne sommes pas motivés pour remettre les enfants accueillis à l’école compte-tenu de leurs difficultés et fragilité, il est aussi une réalité qui est celle de l’épuisement, des conflits ajoutés pour des missions qui n’étaient pas les nôtres (faire l’école à la maison). A cela s’ajoute que ce sont les parents biologiques qui donnent leur accord ou non pour la reprise scolaire (autorité parentale). Dans note cas, la mère de Nicolas et Maud ne veut pas qu’ils réintègrent l’école. Par ailleurs, la juge pour enfants a considérablement restreint ses droits de visite : suspension des visites médiatisées depuis septembre 2019 et demande d’une expertise psychiatrique par l’équipe éducative… ; une visite médiatisée une fois par semaine pour le père Il n’y a donc aucun accueil au domicile des parents. Nicolas et Maud vivent à temps complet chez nous. Compte-tenu de leur grande fragilité psychologique, ils ont besoin dans un premier temps d’un lieu d’accueil stable et sécurisant. Nous avons donc posé la nécessité de ne pas avoir de congés pendant un an afin que ces enfants trouvent sérénité, stabilité, sécurité et attachement affectif nécessaires à leur développement.

De plus, l’accueil de Luigi, que nous accueillons depuis sa naissance, nous a demandé beaucoup d’énergie et de disponibilité. Pour lui aussi, nous n’avons pas eu de congés depuis sa naissance. Cela a été voulu par nous et discuté avec l’équipe pluridisciplinaire qui a évalué elle aussi la nécessité de cette continuité affective pour permette à Luigi de sortir de « sa bulle ». C’est chose faite aujourd’hui : Luigi s’ouvre au monde et a une relation de qualité avec les personnes qui l’entourent. Il est en constante progression, malgré un handicap sévère…Âgé de plus de deux ans, il ne marche pas et ne tient pas seul debout, il ne parle pas avec des mots. Il est évalué à un âge mental de 10 mois…. Pourtant, Luigi vit avec un bonheur apparent : véritable « enfant soleil », il rit beaucoup, manifeste sa joie avec beaucoup d’expressivité.

Avec le COVID19 et les nouvelles contraintes qui en découlent, nous nous retrouvons avec une surcharge de travail au quotidien. Pendant 55 jours d’accueil à temps complet chez nous, sans lieu de soupape que sont l’école, les institutions, etc. Nous estimons que nous méritons une attention toute particulière. Nous aimons notre choix de vie, notre métier si difficile parfois. Nous aimons cette intensité, cette richesse relationnelle que nous vivons avec tous les enfants. Pour autant, nous ne nous sentons pas considérés ... Les assistants familiaux devraient en toute logique avoir droit eux-aussi à la prime comme nos collègues éducateurs et assistantes sociales, cadres techniques, etc… Dans le Tarn, nos associés vont percevoir une prime allant de 400 € à 700 €. Nous, nous n’aurions droit qu’à 3 € supplémentaires par jour, tarif approuvé par FO, soit 165€ pour toute la durée du confinement !! C’est une véritable honte, une insulte à l’égard de la profession, un mépris pour tout le travail que nous avons fait durant ces 55 jours et qui pour certains va continuer puisque des parents biologiques vont s’opposer au retour de leurs enfants à l’école….

(1) Pékin ou péquin : 1." Argot militaire (vieilli). Mot péjoratif employé par les militaires pour désigner le civil ". 2. (péjoratif) individu quelconque
(2) Les prénoms des enfants ont été modifiés

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17 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Futurs diplômés et déjà les manches retroussées La nécessité de faire appel aux étudiants en travail social.

Par Fioravanti Julie, éducatrice spécialisée en formation au sein d’Etcharry Formation Développement (établissement de formation en travail social basé au Pays Basque).

Depuis le 25 mars 2020, la commune de Bayonne a ouvert un centre de confinement pour les sans- abris situé dans la salle Lauga et piloté par l’association Atherbea.

Le gymnase accueille des sans-abris afin d’assurer leur protection et les confiner pendant cette période de pandémie. Toute une équipe de bénévoles et salariés s’organise en cette période de confinement qui n’est évidente pour personne. Ce contexte actuel, pour le moins inédit nous fait travailler ensemble avec une équipe dynamique, volontaire, prête à coopérer pour et avec toutes les personnes accueillies.

La réserve sociale a su profiter de nous tout comme nous avons su nous en saisir et profiter d’elle.

Les matinées sont rythmées par le service au comptoir où le petit-déjeuner est servi.
Chacun vaque à ses occupations et laisse le temps au temps. Les repas sont servis par les équipes qui effectuent un roulement afin d’être au rendez-vous matin, midi et soir.

L’équipe d’étudiants bénévoles d’Etcharry Formation Développement, toutes formations confondues, se mobilise dans le cadre de la réserve sociale auprès des acteurs du secteur professionnel, comme Atherbea. Toujours dans le but de tenter de faire lien avec cette période et continuer de s’investir en tant que futurs travailleurs sociaux.

Nous avons tous à nos débuts, tâté le terrain, échangé, observé et en fonction des besoins, nous organiser. Grâce à de nombreux dons, nous avons aussi pu recevoir des bouquins, de la papeterie afin que, ceux qui le souhaitent puissent laisser aller leur imagination grâce à des supports.
Nous sommes conscients que le confinement est loin d’être facile mais tâchons de faire au mieux, en fonction des aléas.

Les personnes accueillies développent le même engouement que nous tous à profiter du plein air lorsque le temps est au beau fixe malgré les conditions d’isolement. Au programme, tennis de table, badminton, ateliers manuels, cours de français, skateboard, jardinage et ateliers d’écritures. Au cours de ces derniers, les personnes accueillies se dévoilent timidement, en groupe. Tout le monde s’applaudit, rit.

Malgré certains coups durs, un sentiment de communauté plane aux dessus de nos têtes. Ce qui pourrait paraître comme un simple exercice d’écriture a finalement permis de mettre des mots sur des ressentis, pas toujours évident à partager : « ça fait du bien de pouvoir s’exprimer autrement, ça me permet de moins être penché sur la bouteille » nous révèle un accueilli.

Nous leur avons proposé un atelier appelé : « SI TU ÉTAIS FACE AU COVID-19, QUE LUI DIRAIS-TU ? ».
Nous le savons, il est parfois difficile de se livrer de façon conventionnelle. Laissons donc place à l’inventivité, nécessaire pour divertir et égayer ce quotidien pour le moins inhabituel.

En voici un exemple :
Pour toi, ennemi public numéro 1 :

Je ne comprends pas les raisons de ton existence mais je peux imaginer tes motivations, ou celles de ton créateur. A toi, organisme unicellulaire malin, toi qui es si insignifiant et qui a besoin d’un corps humain comme réceptacle pour déverser cette vague de haine et de mort.

Puis-je te poser une question ?
Es-tu le fruit d’un esprit pervers aux intentions politico-économiques ou es-tu envoyé comme une punition pour l’état de notre planète ?

A toi, dictateur universel qui est dans l’ombre, crois-tu que ton pouvoir et ton argent vont te sauver ? vas-tu pouvoir dormir sur tes deux oreilles ?

Malheureusement, je suis certain que oui.

Mais je ne veux pas m’égorger ou divaguer sur tes modes opératoires.
Parlons de ce qui compte réellement.

A toi, germe mortel, je te demande de donner une deuxième chance à l’être humain. Moi qui suis un simple écrivain, bohème et rêveur, qui croit fermement en la cohabitation entre la faune, la flore et la race humaine.

Je te demande pardon. Pardon pour la tragédie de Tchernobyl, la catastrophe de Bhopal, les incendies pétroliers du Koweït, l’inondation du fleuve jaune, le grand smog de Londres, la grande bousculade de la Mecque, les milliers de corps échoués dans la Méditerranée, la déforestation et les récents incendies de l’Amazonie, et toutes les autres innombrables erreurs humaines qui durant des siècles ont affaibli ma chère planète bleue.

Je te demande d’offrir une opportunité à l’être humain. Je suis conscient de notre désobéissance et tu as des raisons de vouloir nous exterminer. Tu as des raisons de vouloir que les fleuves reprennent leur lit, rasant toute trace humaine sur leur passage, que la faune et la végétation engloutissent des villes et ainsi, Mère Nature puisse respirer, sereine et soulagée.

Mais je t’en prie, j’implore ta clémence, aie pitié de nous, pour ne pas que les innocents expient pour les pêcheurs.

Si tout ceci est une leçon, je pense que nous l’avons compris.

Cordialement,

Une personne amoureuse de la vie qui croit ardemment en la paix mondiale et en l’être humain.

Merci de m’avoir écouté
J.S, Homme, 34 ans.
Lettre originale rédigée en Espagnol, traduite en Français.

Nous partageons, depuis maintenant plus d’un mois, la vie de plusieurs personnes réunies. Condensée dans un gymnase. Il suffit d’accrocher un regard, adresser un simple bonjour, et nous pouvons réussir à amorcer une discussion.

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué, à ce quotidien en étant présent et solidaires. Un grand merci à tous les bénévoles, avec lesquels ce fut un réel plaisir de travailler. Un véritable fondement moral s’est établie, qui renvoie à la conscience collective de groupe et à son implication qui en découle et fait de nous des travailleurs sociaux toujours plus impliqués.
Merci à tous les salariés qui apprennent à gérer cette situation d’urgence au quotidien et travaillent avec les moyens mis en place.

Il suffit d’accrocher un regard, adresser un simple bonjour.

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16 mai 2020

• TERRAIN - Journal de bord - « L’Armée des ombres » (2)

Par Claire Saillour, Psychologue Clinicienne.
Grand corps malade :
Devoir renoncer à beaucoup de choses, surseoir à une grande partie de sa liberté... de mouvement, de contacts ! Un peu de mort semble alors entrer en nous-même. Les corps pèsent d’avantage, on s’engourdit. On est triste, désœuvré. Qu’est-ce qui peut aider à tenir ? A donner un sens à ce temps, en demeurant désirant, acteur, vivant, au sens de libre (pour A. Camus la liberté c’est exercer une résistance à l’oppression) ... Transformer la contrainte imposée, en un espace créatif malgré tout. Ne pas subir. Lutter contre le mal, comme on dit d’un patient qu’il se bat, qu’il lutte contre la maladie ! La prise de conscience du collectif pourrait-elle aider ? Tout le monde est touché par cette pandémie et le confinement qui en découle : non seulement la ville, la région, le pays, mais la planète entière est concernée ! Et savoir que nous ne sommes pas seuls à le vivre, mais que notre situation est partagée, offre une possibilité d’identification aux autres, crée cette condition commune et cette représentation d’un grand corps sociétal. Un sentiment d’appartenance à la communauté humaine, de solidarité aussi. Nous faisons partie d’un grand corps malade ! Tout le monde a besoin de tt le monde et a besoin d’être soutenu, aidé... Chacun a son rôle à jouer, et celui déjà de « ne pas nuire » (primum non nocere, le premier précepte du serment d’Hippocrate) est un véritable chemin de perfection : s’abstenir de tout mal et de toute injustice... et bien sûr de n’infecter et n’affecter « presque » personne ! Tant on est tjs néfaste à quelqu’un... Une solidarité de l’ombre, une passivité efficace, « pour la bonne cause », en miroir du déploiement actif des héros-soignants.
L’imagination ne pourrait-elle être aussi une vraie ressource, une sorte de perfusion du confiné ? La chloroquine de la quarantaine ! La panacée du terrier ! Trouver en soi-même des idées, des solutions, des choses à s’apporter, à se donner pr traverser ce temps vacant. Tel qui reprend ses gammes au piano, telle qui réorganise sa maison, en ravive les couleurs, qui s’essaye à de nouvelles recettes culinaires, ou lit enfin tout son soûl, ou encore qui pratique le Qi gong avec son mari...
Aide aussi à apporter au collectif, faire ce qu’on peut pour aider,
soutenir les autres (téléphoner aux isolés, aux aînés) cultiver ce lien avec la communauté, avec ses moyens propres, ses dons, ses outils. Telles ces autres femmes d’aiguille qui piquent des blouses, des masques, ces cuisinières aux fourneaux qui mitonnent des gâteaux pour les soignants débordés, nourritures du corps qui vont droit au cœur de ce personnel épuisé... Toutes ces vidéos extrêmement créatives, instructives ou drôles qui circulent sur les réseaux et qu’on peut propager comme des forces antivirales pr stimuler la pensée, encourager la réflexion, développer l’humour, ces ressources vives de l’esprit, qui sont de vrais anticorps contre l’engourdissement, la morosité, la déprime... Ainsi travailler ensemble au-delà des différences de croyance ou de motivation, lutter contre un mal qui concerne, bien au-delà des histoires individuelles, l’Histoire collective de tous. « Nous sommes tous dans le même Exil » dit Camus.

Imagine Air !

L’occasion aussi de réfléchir sur le sens de la vie ! Qui sommes-nous ? En situation de crise, de perte de repères, comme à chaque étape de notre dvpt où un bouleversement remet en cause notre identité, nos « parties bébé » sont sollicitées. L’enveloppe groupale du collectif, du solidaire peut aider à retisser le sentiment d’identité du patient-confiné. Nous sommes forcés à penser, à ouvrir les yeux, à une attitude de recherche du sens, telle est une certaine bienfaisance de l’épidémie du coronavirus. Le confiné est convié à puiser en lui-même des capacités de résilience, à creuser en lui pour faire fond sur une nouvelle terre d’où rejaillir... S’éclairer à d’autres lumières, s’abreuver à de nouvelles sources, s’enrichir de nourritures complémentaires, accueillir des apports inédits, faire et laisser se faire un travail de pensée... Dé-couvrir pour chacun ce que ce temps-là nous dit, à quelle nouveauté il nous ouvre, à quelle initiation dans les deux acceptions du terme, il nous invite ! A la fois un début et une nouvelle connaissance ! Un forage vertical en soi-même en somme à la recherche de nouveaux espaces, de terres inexplorées (terra incognita) à oser s’autoriser ! Comme cette jeune patiente confinée rassurée par le conseil de sa thérapeute au téléphone, de « convoquer son imagination » pour sortir de l’angoisse qui l’étreint... Oui, faire preuve d’audace, d’imagination, se laisser inspirer ! Là aussi ds les deux acceptions de ce terme : oser respirer ds cette ambiance irrespirable et écouter le message du vent pr devenir créatif !
Cette situation de pandémie nous appelle finalement à répondre individuellement à une mise à l’épreuve (indépendamment de celle de tomber malade) par une capacité à mobiliser nos ressources intérieures, propres, personnelles, ensommeillées et parfois inconnues de nous-même, mais qui attendent d’être éveillées comme la princesse des contes qu’on
a su sortir de sa torpeur pour danser sa vie. Elle nous appelle également à la compassion, à « pâtir avec », à être solidaire de la souffrance et dans la souffrance ! Pour tenter de la soulager ensemble... Qu’on soit au front ou dans les terriers des confinés !

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