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10 juin 2020

■ ACTU - Détenus dits "radicalisés" • La CGLPL critique leur prise en charge

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté critique, dans un nouveau rapport rendu public ce mercredi 10 juin, la prise en charge des personnes dites radicalisées, poursuivies ou condamnés pour terrorisme dans les prisons. Deux premiers rapports en 2015 et 2016 jugeaient sévèrement la politique de regroupement des personnes puis celle de l’ouverture d’unités dédiées.

Depuis 2018, une nouvelle politique prévoit le développement des capacités d’évaluation des détenus dits radicalisés dans des quartiers dédiés (QER), la mise en place de quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR), le développement de programmes de prévention de la radicalisation violente (PPRV) dans tous les 79 établissements susceptibles d’accueillir des personnes poursuivies pour terrorisme.

Au cours de la même année, cinq QER ont ouvert notamment à Fresnes, Fleury-Merogis, Osny, chacun dotés de 12 places. Les quelques programmes de prévention de la radicalisation, menés par un binôme éducateur spécialisé - psychologue rattaché au service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) « peinent à atteindre son public », souligne le rapport.

Critères opaques

La CGLPL pointe l’absence de toute garantie procédurale dans le processus de repérage et la création d’une catégorie spécifique selon des critères opaques. Dans un des centres visités, le personnel devait remplir des fiches de repérage signalant « un comportement prosélyte, le refus de s’adresser à un personnel féminin, les commentaires tenus sur les attentats, les liens noués en détention avec d’autres personnes suivies, les signes ostentatoires de radicalisation, la violence ».

Une fois inscrit dans ces listes, il devient impossible d’en sortir. « Les critères présidant à l’intégration de personnes détenues au sein de la catégorie des « personnes radicalisées » sont opaques et discriminants, laissés à l’appréciation de chaque établissement, voire de chaque agent », note le rapport.
Par ailleurs, les détenus de droit commun repérés comme susceptible de radicalisation n’en sont pas informés et n’ont aucune possibilité de recours. Or, le fait d’être classé dans ces différentes catégories entraîne des prises en charge différenciées. « Surveillance accrue ; accès fréquemment impossible au travail, à l’enseignement, à la formation professionnelle, aux unités de vie familiales ; contrôle accru des communications et des correspondances ; mise en œuvre de régimes de fouille exorbitants pour la plupart ; présence quasi-systématique du personnel de surveillance pendant les soins, etc. », liste la Contrôleure.

Professionnels embarqués

Elle s’intéresse également aux professionnels qui ont la charge de ces personnes, conseillers d’insertion et de probation, psychologues chargés de l’évaluation des personnes détenues, indiquant que ces professionnels se posent des questions déontologiques et éthiques. « Il n’est pas admissible que certains professionnels camouflent les objectifs de leurs entretiens avec les personnes », souligne-t-elle, rappelant que cette attitude « doit être rigoureusement interdite et des consignes strictes transmises ».

Enfin, le rôle du renseignement pénitentiaire doit être, selon elle, clarifié : « les professionnels partagent devant les agents du renseignement des informations sans avoir la moindre idée de l’usage qui peut en être fait, ce qui les place régulièrement en porte à faux par rapport à la déontologie de leurs professions respectives ».

Selon le rapport de la CGLPL, au 30 décembre 2019, 525 personnes étaient incarcérées pour des faits en lien avec le terrorisme islamiste et 904 personnes poursuivies ou condamnées pour des faits de droit commun étaient suivies par l’administration pénitentiaire car considérées comme « radicalisées ».


10 juin 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Appel au service social départemental sur fond de crise liée à la pandémie déclenchée par le coronavirus (1)

Par Thérèse Gallot-Tenneroni, assistante sociale de formation, à la retraite après avoir exercé comme Polyvalente de secteur, a été aussi Responsable d’unités territoriales (ex-circonscriptions), Conseillère technique d’un conseil général lors de la décentralisation, Cadre de l’action sociale départementale dans le même département
et enfin Chargée de mettre en place et de piloter un observatoire social

S’il y a un constat qui revient sans cesse dans les médias c’est celui que cette crise révèle les inégalités existantes au sein de chaque pays (et aussi entre les pays), assorti à ce constat celui que la pandémie les augmente. Experts, politiques, acteurs divers de tous bords se manifestent pour évoquer leurs points de vue sur la question sociale. Si pour certains cela semble être une révélation, pour d’autres c’est une réalité très profonde et sérieuse qui ne date pas d’hier. Et beaucoup d’affirmer qu’il est grand temps que l’on regarde en face cette question sociale, que l’on s’interroge sur ses causes profondes et que l’on invente des réponses appropriées. Toutefois dans ce concert de voix on n’entend pas celle d’un acteur pourtant important. Je veux parler du service social départemental. Ce silence n’est pas nouveau. En effet, on ne l’a pas entendu, par exemple lors des événements de banlieues en 2005-2006 alors que les voix de multiples acteurs intervenant dans ces quartiers, ou connaissant cette population s’élevaient (animateurs de rue, éducateurs, médecins, pédiatres, juges, élus, etc.…) ?
Lors des manifestations des gilets jaunes en 2018-2019. Mais il est aujourd’hui de plus en plus assourdissant alors même qu’associations humanitaires et caritatives s’élèvent elles aussi

Alors, aujourd’hui, par ce message je veux m’adresser à vous, vous le service social départemental. Cette crise ne serait-elle pas l’occasion, pour vous, de manifester et d’affirmer l’autre volet de votre mission car, outre, celui d’accompagner les personnes en difficulté vers plus d’autonomie, vous avez celui d’aider à ce que la société réponde au mieux aux difficultés des personnes ?

Rappelez-vous la définition que l’ONU en 1962 a donnée du travail social : « Le service social (ou travail social) est une activité organisée visant à aider à l’adaptation réciproque des individus et de leur milieu social ; cet objectif est atteint par l’utilisation de techniques et de méthodes destinées à permettre aux individus, aux groupes et aux collectivités de faire face à leurs besoins, de résoudre les problèmes que posent leur adaptation à une société en évolution et grâce à une action coopérative, d’améliorer les conditions économiques et sociales »

Rappelez-vous aussi l’exemple des « pionnières » du service social : confrontées à la question ouvrière dès la fin du XIXème siècle en mettent en place des actions émancipatrices en lien avec les autres forces et en pratiquant l’action collective.

Rappelez-vous ce que disait Madeleine Delbrêl, assistante sociale, dans un livre publié en 1937 juste avant qu’elle soit employée comme polyvalente à la mairie d’Ivry (1) : «  .. Il est peut-être plus touchant de visiter, dans sa journée, cinq ou dix familles nombreuses, de leur obtenir à grand renfort de démarche tel ou tel secours ; il serait sans doute moins touchant mais plus utile, de préparer le chemin à tel texte légal qui améliorerait l’état familial de toutes les familles nombreuses connues ou inconnues de nous. » (2)

Ecoutez et faites vôtre ce qu’a dit sur ce sujet la conférence internationale du travail social réunie à Séoul, en Corée du Sud en juin 2016 et à laquelle plus de 200 pays participaient. Alors que le sujet traité était «  le travailleur social est-il prioritairement là pour aider au changement de société et à son évolution ou doit-il limiter son intervention à l’aide aux personnes ? » et ce dans un monde en mutation : « La réponse a penché dans le sens de l’investissement pour un changement social. »
Extraits de l’article qui lui a été consacré (3) : « Je souhaite vous demander : pouvons-nous parler du travail social sans parler… sur le pouvoir, la politique, et sur ceux qui détiennent le pouvoir et les leviers de décision ? (…) Ne pas traiter ces questions nous met dans la position de rendre les personnes que nous aidons responsables de leur situation d’échec comme si le système social n’y était pour rien (…) cela consiste à limiter le travail social à des actes de « simple assistance et de soutien (…) Si nous nous limitons à ce type de pratique [l’aide et l’assistance], même si c’est noble, nous contribuons à cacher la réalité plutôt que de la révéler. Nous allons simplement agir sur la surface d’un ordre social absolument cruel et inégal. Nous allons tourner le dos à l’égalité sociale, nous allons tourner le dos à l’essence même du travail social. »
Propos extraits de l’intervention de Silvana Martinez, présidente de la Fédération internationale des travailleurs sociaux (FITS) « …les gouvernements néolibéraux dans le monde occidental ont donné lieu à une vision du monde qui contredit l’expérience du travail social, en mettant l’accent sur la responsabilité personnelle de chacun face à la pauvreté. L’exclusion est considérée comme relevant de la responsabilité des personnes pauvres, plutôt que d’en reconnaître les causes plus larges.  » De là s’est développé un type de travail social professionnel et redoutablement efficace : « un travail social qui est mesuré, un travail social qui cible efficacement et fixe les individus déviants, considérés comme étant à contrôler dans un cadre politique néolibéral (…) Je pense que dans le climat actuel, les travailleurs sociaux doivent être plus agressifs dans la défense des droits. Ils doivent ‘affirmer leurs propres positions et valeurs qui permettent de comprendre et d’expliquer l’injustice structurelle et de l’inégalité structurelle plutôt que de blâmer les individus pour leurs circonstances. » (suite demain 8h00)
Et d’exhorter les travailleurs sociaux pour qu’ils portent une voix de la dissidence : « Nous pouvons soit laisser faire et ne pas affirmer notre identité, ou nous pouvons parler pour nous-mêmes et de prendre la parole pour les personnes que nous accompagnons, pour celles et ceux pour qui nous visons à apporter la justice et la dignité  » (propos extraits de l’intervention du Professeur Ian Hyslop de l’université d’Auckland)

(1) in « Ampleur et dépendance du service social, Bloud et Gay, Paris, 1937. L’auteur sera embauché comme assistante sociale par la mairie d’Ivry en 1939.
(2) Ce texte est cité dans un article intitulé « histoire du travail social collectif des centres sociaux a la création de la polyvalence de secteur » et écrit par Didier Dubasque, assistant social, ancien président de l’ANAS. On trouvera l’article entier sur le site de l’auteur : « écrire pour et sur le travail social »
(3) Compte-rendu sur le même site que précédemment. La traduction est celle d’un article paru dans le journal « the Guardian » : « What’s the role of social work : to change society or to help individuals ? » elle a été faite par Didier Dubasque

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

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9 juin 2020

★ INITIATIVES - Quotidien d’une cité en podcast

À Nantes, une sociologue, Elvire Bornand, et une sociologue-journaliste, Frédérique Letourneux, arpentent La Boissière, quartier d’habitat social. De leurs rencontres avec les habitants qui y vivent et les personnes qui y travaillent comme les travailleurs sociaux, elles tirent un documentaire sonore en plusieurs épisodes La bonne cage, à écouter en podcast.

Elles s’inscrivent dans le temps long, prennent le temps de la rencontre, écoutent le vécu des habitants, des professionnels, approfondissent des thématiques, comme la question de l’accès au logement, de la démocratie alimentaire, avec des interviews de chercheuses. « Parler du quotidien permet des mises en perspective beaucoup plus larges sur des grandes thématiques qui traversent notre société », pense Frédérique Letourneux.

Débuté mi-mars, leur initiative a été bousculée par le confinement, en maintenant un lien téléphonique avec les personnes rencontrées, elles ont poursuivi leur travail. Le documentaire vient questionner la solitude, les émotions dans le travail confiné, notamment des professionnels du social. « Si vous aviez demandé avant le confinement à un.e travailleur.se social.e s’iel pensait que son métier pouvait se télé-travailler, il y a fort à parier qu’iel vous aurait dit non », écrivent-elles en appui de l’épisode qui interroge ces nouvelles formes de travail.

En posant leurs valises dans ce quartier, elles souhaitent montrer la vie de cette cité pendant un an, au rythme d’un épisode tous les quinze jours. « Nous voulions sortir des images spectaculaires, médiatiques, par lesquelles on voit ces quartiers populaires et témoigner de l’infra-ordinaire qui fait la vie dans ces quartiers », explique Frédérique Letourneux.


9 juin 2020

★ INITIATIVES - La parole aux enfants de foyer

La Sauvegarde du Nord donne la parole à huit jeunes accompagnés au sein de la MECS de l’Institut Fernand Deligny.
Une journée de confinement, après les devoirs, ce fut des moments collectifs, comme les ateliers cuisine, tous les deux jours environ. Parmi eux, il y a eu un atelier spécial, des cookies destinés aux soignants de l’hôpital St Vincent de Paul.
Des professionnels, en plus du personnel éducatif, sont également intervenus pour proposer des activités un peu différentes.

Témoignage à retrouver sur :
https://www.lasauvegardedunord.fr/le-confinement-en-mecs-vu-par-les-jeunes


9 juin 2020

• TERRAIN - Vidéo - Danser avec les femmes vulnérables

« Dans quel état vais-je retrouver ces femmes, très isolées pendant le confinement ? », Emmanuelle Rigaud, chorégraphe de la Compagnie les alouettes naïves (1).

Depuis 20 ans nous allons à la rencontre de nombreuses personnes souvent isolées, les femmes incarcérées, les tsiganes, les femmes victimes de violences. C’est la danse qui constitue la plupart du temps notre outil de rencontre, la danse orientale, la danse tsigane, les danses présentes dans le quotidien des personnes.

Nous ne faisons pas des actions culturelles autour de nos créations, ce sont les rencontres que nous menons dans le cadre de nos ateliers qui nous donnent envie de créer des spectacles afin de parler d’eux et d’elles. Des spectacles pluridisciplinaires : nous collaborons souvent avec des auteurs ou autrices, comme Denis Lachaud et Penda Diouf qui a écrit le texte de notre prochaine création qui part de nos rencontres avec les femmes prises en charge par la Maison des femmes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Intitulée À corps retrouvé, elle sera créée en janvier 2021, à Paris dans le Tiers-Lieu d’art et de culture Le Vent Se Lève (2).

POUR ALLER PLUS LOIN :
Lien Social vous offre ces lectures (À lire ou relire )  :

- Lien Social n° 1235 : "Un peu de douceur dans un monde de bruit" consacré aux ateliers de Feldenkrais en centre pénitentiaire pour hommes

- Lien Social n°1206 :" Maison des femmes : attention fragile" sur les femmes vulnérables

(1) www.lesalouettesnaives.com
(2) https://leventseleve.com/
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8 juin 2020

★ INITIATIVES - « Paroles de confinés : aux oubliés, la double peine »

Pauline Bandelier, auteure de « Paroles de migrants  » (voir Lien Social 1272) lance un nouvel appel à témoignages, dans le cadre d’un livre sur lequel elle travaille et qui paraîtra à la rentrée (aux Editions Hugo et cie).

Alors que le déconfinement a commencé, la perspective d’une deuxième vague reste présente dans tous les esprits. Si vous été parmi les oubliés de cette pandémie, prisonniers, SDF, migrants en centre de rétention ou livrés à eux même dans des campements ou des centres d’hébergement précaires, personnes âgées isolées, écrivez sans tarder votre plus belle lettre pour témoigner de votre colère, de votre peur, de votre espoir ou de votre gratitude. Postez-la avant le 15 juillet 2020 par mail à paulinebandelier@gmail.com


8 juin 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Pourquoi je démissionne

Par S. K., assistante sociale.

Le confinement de la plus grande pandémie mondiale, le début d’une prise de conscience.
Quand c’est la prise de décision qui est jugée et non la décision elle-même
Quand le retour au travail est synonyme d’angoisse et de colère, il faut prendre une décision, la fuite ou le changement. Je prends la décision du changement, de l’abandon mais pas du regret.

Adieu,

Vendredi, dernier jour. Je suis assistante sociale pour la dernière fois, vous ne devez pas nous connaître parce que vous ne savez pas ce qu’on fait dans vos services.

Pour vous, je fais des dossiers MDPH, je mets en place des mutuelles et je « gère » les problèmes de logement, je cherche des solutions pour que les patients achètent des caravanes. Pourtant, ça représente 10% de mes compétences. Parce que je suis capable de faire des choses que vous ne pourriez même pas imaginer. Par exemple ...

J’ai accompagné un paraplégique de naissance à faire de la moto ; j’ai accompagné une jeune infirme motrice à faire de la plongée ; j’ai accompagné un jeune cérébrolésé à participer à un match de son équipe de foot avec 0 € de budget ; j’ai accompagné une personne atteinte de la maladie de Charcot à déménager de Lyon à Hendaye ; j’ai récolté 1400€ pour financer un voyage au Japon pour une jeune ataxique ; j’ai animé un groupe de parole pour jeunes en situation de handicap autour de leur sexualité ; j’ai écrit le projet de l’école de la vie autonome ; j’ai permis à une personne complètement dépendante d’aller en Laponie ; j’ai soutenu l’écriture d’un livre ; j’ai créé un répertoire et un guide des établissements médico-sociaux ; j’ai animé un Comité de Promotion de la Bientraitance et soutenu des cuisiniers à obtenir une formation aux repas mixés ; j’ai organisé un échange d’équipe inter établissement pour mieux comprendre la Chorée de Hungtinton ; j’ai animé un atelier cuisine ; j’ai participé à la création du jeu de Lois ; j’ai accompagné une femme non voyante à avoir un enfant ; j’ai soutenu un homme ataxique contre un grand groupe de prévoyance devant les tribunaux ; j’ai permis l’attribution de la PCH Aide Humaine au titre du Répit ; j’ai animé un groupe de travail et soutenu la création d’une association pour 6 jeunes en situation de handicap autour de la communication ; je suis sortie en discothèque avec des jeunes adultes en situation de handicap ; j’ai soutenu un projet intergénérationnel avec des jeunes filles en situation de déficience intellectuelle, un EHPAD et une école de travailleurs sociaux ; j’ai permis à un atelier IMPRO d’apprentissage cuisine de préparer et de servir le buffet de Noël de la Mairie ; j’ai assisté au décès d’un bénéficiaire ; d’ailleurs, j’ai aidé à la rédaction de 60 directives anticipées ; j’ai organisé un mariage dans un foyer ; j’ai placé deux enfants en famille d’accueil ; j’ai travaillé jusqu’à 22h, jusqu’à l’arrivée de la police ; j’ai évité l’expulsion de deux familles ; j’ai soutenu et obtenu des titres de séjour ;
Mais hier mon quotidien, c’était 5 patients, 30 mails, un dossier MDPH ; trois appels ; un passage aux toilettes et 3 cafés ; j’ai fait un DIU Répit ; je forme des professionnels ; je corrige des examens ; …

La CAF a suspendu le versement de vos droits pour les raisons suivantes : “Dossier suspendu.
La CPAM a suspendu votre majoration tierce personne car vous n’avez pas répondu à notre courrier.
La MDPH a statué sur une diminution de vos heures d’aide humaine.
Nous ne pouvons répondre favorablement à votre demande d’admission, la perspective d’une entrée est supérieure à 10 ans.
Nous ne pouvons pas vous communiquer l’information, nous devons avoir l’accord de M. Tuutt (aphasique)

Et si vous prenez deux secondes pour regarder votre collègue, vous ne voyez que 10% de ce qu’il est. Laissez-lui l’opportunité de se déployer. Laissez-lui un espace pour faire preuve de créativité, pour donner son avis, pour penser, pour réfléchir, pour prendre du recul.
Si on laissait à chaque salarié l’opportunité de se saisir de l’enjeu institutionnel et si le projet de l’établissement qu’elle qu’il soit, faisait l’objet d’un travail avec TOUS, le virage ambulatoire serait pris depuis 1985. Il faut revoir le social en mode Agile. Comment peut-on comprendre les enjeux alors qu’ils ne sont pas expliqués ?

Il faut innover. Et l’innovation n’est jamais née de l’intelligence d’une seule personne, elle naît du partage, des échanges et surtout elle est l’affaire de TOUS !
Et si on permettait aux concernés, la personne handicapée mais aussi le salarié, l’infirmier, l’ASH, le moniteur éducateur, de faire partie de l’aventure et pas seulement de la subir, quels seraient les risques ?

Mais arrête de rêver. Ce monde n’existe pas. Aujourd’hui, il y a deux catégories, les savants et les faisants.
Les savants du 21e siècle n’ont pas découvert l’électricité, mais dans la signature de leur mail et au bout de leur fiche de paie, on trouve la légitimité qu’ils se sont auto-attribués à mieux connaître cet immense terrain de jeux que les autres.
Les faisants, ce sont ceux qui se taisent et qui jouent malgré que les jeux ne soient pas appropriés, dangereux, inaccessibles. Comme sur une plaine de jeux pour enfants, il y a le Maire et les ingénieurs qui ont élaboré cet espace et les enfants qui jouent, se brûlent les genoux, tombent mais il n’y a pas de morts, en tout cas pas assez, pour qu’on se dise qu’on devrait réfléchir à améliorer encore ces espaces pour assurer le bien-être et la sécurité des enfants.

On a demandé le changement d’intervenant pour l’analyse de la pratique professionnelle, ce temps précieux pour une prise de recul, ce temps de liberté. Et finalement, il a juste disparu, sans explication. Envolé le temps de liberté.
Pas de formations, pas d’APP, pas de fédération pour créer une cohésion, une vraie équipe de travailleurs sociaux, … Parlons-en, de FEDERER. C’est difficile de fédérer mais le football y arrive pourtant, dans un pays divisé en trois peuples comme la Belgique. Vous trouvez ça impossible de fédérer une équipe pluridisciplinaire de 10 individus autour d’un bon sens commun ? OUI ! Parce qu’il n’y a pas de bon sens et pas de commun, dans cette “équipe”. Parenthèse terminée. Pas d’assistants sociaux dans les espaces collectifs thérapeutiques, pas d’assistants sociaux dans les groupes de travail, pas de clinique en travail social, et pourtant …

Elle est probablement là, dans son bureau, derrière son ordinateur, au téléphone, avec pleins de papiers partout, mais vu qu’on ne sait pas qui elle est, on ne va pas l’inviter.

Le monde du social et du sanitaire, c’est une entreprise lucrative dictatoriale sous couvert de la charité et du soutien aux pauvres. Ne sont-ils après tout pas sous le chef de nos ministres qui montrent un exemple remarquable d’honnêteté et de transparence ? Divisez pour mieux régner. Le management par l’intimidation. L’accompagnement par la procrastination. La présence et le soutien par le silence.

J’ai regardé Hors Norme et j’ai pleuré, beaucoup. C’est tellement pour ça que j’ai choisi ce métier, pour sortir du cadre, innover, faire, agir, être là. Mais dans le fonctionnement de la société, dans nos institutions protocolisées à l’extrême, le sens n’est plus qu’une question d’absence et de handicap. Le métier d’assistante sociale, je l’ai choisi parce que j’aime les gens, j’aime l’être humain, sa complexité, son potentiel. J’aime jouer avec les lois, j’aime les challenges et j’aime l’innovation. Ce n’est pas un salaire qui sera au mieux de 1700 € net, pas un beau bureau qui mettra un bout de bois entre eux et nous, pas une chaise ergonomique qui me permettra de passer 8h derrière un PC, ce n’est rien de tout ça qui m’animent mais la réussite des projets personnalisés et chaque petite victoire du quotidien. Enfin, c’est ce qui m’a animé jusqu’à ce qu’une grosse tempête vienne éteindre toutes ces flammes.

Je souhaite à tous ceux qui n’ont pas les moyens de faire leurs courses sans regarder le prix au kilo, à tous ceux qui passent au zéro déchet pour des raisons économiques avant écologiques, à tous ceux qui ont déjà versé une larme au travail, à tous ceux qui viennent la boule au ventre, à tous ceux qui ont peur de leur entretien annuel, à tous les absents des protocoles, aux ASH, aux cuisiniers, aux auxiliaires de vie, aux infirmiers, aux travailleurs sociaux, aux secrétaires et aux assistants, je vous souhaite à tous bon courage et surtout bonne chance.

Alors adieu,
Adieu à ce merveilleux métier incompris, malmené et maltraité.

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5 juin 2020

★ INITIATIVES - Les GEM sur la toile

Les GEM, qui sont organisés sous forme associative, sont dédiés aux personnes présentant un handicap résultant de troubles psychiques, d’un traumatisme crânien ou de toute autre lésion cérébrale acquise, d’un trouble du spectre de l’autisme ou autre trouble du neuro-développement, leur offrant la possibilité se soutenir mutuellement dans les difficultés rencontrées, notamment en termes d’insertion sociale, professionnelle et citoyenne.

Un blog partageant des ressources par et pour les Groupe d’entraide mutuelle est accessible à l’adresse https://www.mut-gem.com. On peut y trouver des idées, en proposer d’autres, entrer en contact avec d’autres GEM.

Illustration le document mis en lignes reprenant les 35 lettres quotidiennes envoyées aux GEM qui ont souhaité les recevoir. Chacune des ces lettres s’articule en deux parties :
- des contributions écrites par les GEM eux-mêmes, et qu’ils ont proposées pour être mises en partage ;
- des ressources retenues par Mut-GEM, suite à de recherches documentaires sur le Net.
Vous pouvez consulter ces lettres sous leur forme initiale en visitant le site
Dans cette compilation, vous trouverez tout d’abord des contributions libres, « à chaud », envoyées le plus souvent par les professionnels (ce sont eux qui restent les plus joignables en ces temps de confinement) mais aussi par des membres de bureaux. Certains se sont faits les porte-paroles des membres de leur GEM, d’autres ont fait part de leurs actions et de leurs ressentis.
Vous y trouverez d’autre part des liens, documents, ressources, conseils qu’il nous paraissait utile de connaître dans le contexte du confinement-Covid19
Enfin, pour conclure cette synthèse, des contributions « à froid », envoyées post-confinement témoigneront du recul pris mais aussi des interrogations quant à ce qu’il est possible de retirer de cette épreuve à laquelle personne n’était préparé ...

Accéder au document


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5 juin 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Confinement : créativité et usure (2)

Par JS, chef de service éducatif.

Transition. Il faut l’exfiltrer du territoire ennemi ! Car l’ennemi, c’est le contact humain. C’est de plus en plus chaud cette histoire. Une éducatrice m’appelle. Elle veut revenir au front depuis sa Bretagne, malgré ses peurs et l’avis de sa famille. La ouf ! On organise l’exfiltration de notre volontaire et notre revenante courageuse mais flippée prend le relais par tranche de 48h. Alors il faut trouver sa doublure. Ça marche, mais le confinement a du plomb dans l’aile et on n’est pas au bout de nos surprises.
Retour à notre volontaire. Je lui prends un rendez-vous pour qu’il aille faire le test. La relation contamine, on l’a compris. Il ne veut pas. Ok, je respecte. Tu vas voir ton médecin, tu te reposes et je prends de tes nouvelles régulièrement. La culpabilité m’envahit. « Jusqu’ici tout va bien ! Mais l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage  » (4). Chaque jour qui passe est un jour de gagné quand tout le monde va bien ! Ça tourne dans ma tête, allez prends un verre de vin, ça ira mieux ! Pas si sûr !
Injonction paradoxale pour de vrai ou l’impossible mission d’accueillir en urgence en plein confinement. Le réel impitoyable et glacial nous rattrape. Il va falloir penser à réaccueillir des nouveaux et à orienter les gamins présents comme si de rien n’était : « Vous voulez dire comme avant la crise sanitaire ? Vous savez que c’était déjà tendu avant. Mais là, c’est complétement insensé ! Vous n’avez pas réfléchi à cette question là-haut ? Il y avait peut-être des choses à mettre en place, transformer des lieux, en ouvrir d’autres adaptés à la situation. Cela éviterait des fermetures en raison des contaminations et cela préserverait les lieux qui fonctionnent et les personnes qui y sont. Inventez, créez ! Venez voir sur le terrain comment on s’y prend, pour vous inspirer et nous aider… pour de vrai. Nos locaux ne sont pas vraiment adaptés à la situation. Pas sûr que quelqu’un les ait au final !  », « Et on peut fermer si les personnes ne veulent plus venir travailler ou tombent malades ?  » « Non, vous resterez ouvert quoi qu’il arrive ! »
Quitte à travailler avec des inconnus auprès des jeunes, nous avons compris. On marche sur la tête et les éducateurs sont de la chair à canon. Combien sont morts, d’ailleurs ? Juste du descendant absurde, pas d’innovation, aucune logistique aidante. Ah, si pardon ! Ils nous ont donnés des masques chirurgicaux, du gel, des gants, un peu de blouses et un seul thermomètre au bout de quelques semaines. Cela évitera que les éducateurs exercent leur droit de retrait. Mais il a fallu que notre petite association s’organise pour nous livrer ce matériel et on ne sait pas si ce sera renouvelé dans la durée. En revanche, on a reçu plein de consignes sanitaires à mettre en œuvre avec nos seuls moyens et notre huile de coude.
Sidération. En une phrase, nos chères tutelles venaient de balayer un travail digne de Fernand Deligny et de Jean Cartry réunis où nous étions passés en un temps record de l’accueil d’urgence à un lieu de vie quasiment autogéré. Mais au fait, orienter où ? La plupart des foyers ont gelé leurs admissions. Nous savions que le questionnement du début allait se poser concrètement.
On n’était pas du tout à l’aise, partagé, ambivalent et flippé : assurer nos missions, accueillir en urgence d’un côté, protéger les gamins déjà présents et les éducateurs au passage. Intenable. Le confinement commençait à prendre l’eau, d’accord mais là, tout cède ! Puis l’urgence est partout, pas que chez nous.
Les éducateurs résignés accueillent finalement un gamin fugueur gentiment déposé par les policiers. On remonte à 4 gamins. Le lendemain, un éducateur de son foyer d’origine vient le chercher. Les gamins continuent de fuguer pendant le confinement ! Le binôme éducatif fraichement constitué dans le service doute, se questionne. Il y a quelque chose qui continue à ne pas tourner rond. Et si les gamins que nous accueillons sont contaminés, on fait comment ? Et comment le savoir ? On a tenu avec notre jeune symptomatique ultra-confiné mais ce n’est pas sûr que ça marche à chaque fois.
Rupture. Papa-radiateur fatigue et voit partir en vrille tout ce qu’il avait mis en place. Moi aussi, je fatigue à distance, je craque à en pleurer, une fois de plus. Deux autres gamins sont accueillis. J’ai été appelé en pleine nuit par le service orienteur. Je connais un des gamins, je sais que ça ne va pas tenir. Pourquoi est-il toujours sur une place d’urgence, d’ailleurs ? On monte à cinq jeunes. Les deux fuguent au bout de quelques heures pour aller « faire de l’argent ». Ça sent le réseau prostitutionnel ! Encore une déclaration de fugue pour chacun. C’est la réponse toute faite. Leurs accueils n’avaient aucun sens ni pour eux ni pour nous et tout le monde a pris des risques.
Le lendemain matin, le couperet tombe à 7h30. Papa-radiateur jette l’éponge. Je n’ai pas dormi depuis l’appel téléphonique de cette nuit, car je savais que ça allait arriver. Deuxième exfiltration à organiser. Avant de partir, il blinde l’organisation du lieu de vie redevenu accueil d’urgence, en affichant les consignes de fonctionnement pour ceux qui vont prendre le relais. Mais qui ? Avant de partir, il faut faire un signalement pour ces fugueurs brutalisés par la marchandisation de l’être humain.

(4) Hubert dans La Haine, Mathieu Kassovitz, 1995

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Retrouvez les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

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4 juin 2020

■ ACTU - Protection de l’enfance • Vacances méritées

Pour permettre aux enfants de partir en vacances après une période de confinement difficile, les équipes de protection de l’enfance ont anticipé : organisation de transferts et appel à des agences de voyages sociales.

Ouf ! Depuis le 2 juin, les centres de vacances et les hébergements collectifs rouvrent en zone verte ; les enfants et les jeunes de tout le territoire pourront partir en colonies de vacances à partir du 22 juin. Mais tout cela, les professionnels de la protection de l’enfance l’ignoraient avant le déconfinement. Ils ont dû réfléchir en amont à un mode de vacances permettant aux mineurs confiés de changer d’horizon durant l’été.
Le groupe Capso (1) qui gère vingt-huit établissements et services de protection de l’enfance en Auvergne-Rhône-Alpes, accueille six cents jeunes et emploie quatre cents professionnels, a pour sa part, choisi d’organiser des transferts. «  Nous avons négocié un accord d’entreprise temporaire en adaptant la durée des séjours et le ratio d’encadrement : deux professionnels pour sept mineurs », explique Nicolas Hermouet, le directeur général. L’association a loué des locaux (centres de vacances fermés, gites) dans un rayon de deux cents kilomètres pour faciliter les déplacements des enfants bénéficiant des droits de visite et d’hébergement, la logistique mais aussi la rotation des équipes tous les sept jours. « Nous tenons compte du besoin de vacances et de repos des professionnels, très mobilisés durant la crise sanitaire. » Capso a loué des locaux suffisamment vastes pour permettre des activités à l’intérieur en cas de pluie avec respect de la distanciation sociale. Les enfants pourront changer de lieu de vacances plusieurs fois durant l’été.
Les conseils départementaux, les directions territoriales de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (DTPJJ) du Rhône et de la Loire, la métropole du Grand Lyon lui apportent leur soutien en prenant en charge une partie des surcoûts liés à la crise sanitaire et à ses impacts.
Durant l’été, Capso maintiendra aussi des astreintes éducatives dans des maisons d’enfants à caractère social (Mecs) pour l’accueil éventuel de jeunes touchés par le Covid-19 durant les séjours. Sur les lieux de vacances, en sus des distanciations sociales, des masques obligatoires pour les professionnels, la température des enfants et des adultes sera prise chaque jour. En cas de suspicion, le mineur sera rapatrié dans une mecs et testé ; s’il est négatif, il rejoindra ses camarades.

Éviter les exclusions

Dès janvier, Capso a tenté d’anticiper l’organisation de séjours avec des organismes spécialisés qui, faute de visibilité sur le déconfinement, ne pouvaient pas lui certifier l’accueil des mineurs durant l’été. « Des grands opérateurs nous ont sollicités afin que nous les inscrivions quand même, sans visibilité mais avec un paiement d’arrhes, ce que nous avons refusé », dénonce Nicolas Hermouet. «  Nous avons reçu une vingtaine d’alertes de structures sociales, démarchées par ce type d’opérateurs proposant des promotions et leur demandant une réponse rapide pour leur garantir une place », confirme Laid Hamoudi, directeur général de Up’ Séjours (2), une agence de voyage associative dédiée aux enfants, adolescents et jeunes relevant de l’Aide sociale à l’enfance. Caspo lui a confié le séjour d’une trentaine d’adolescents en difficulté dans le cadre de leur parcours personnalisé. Up’ Séjours sert en effet d’interface entre les professionnels de la protection de l’enfance et les associations qui organisent des séjours de vacances - plutôt issues de l’éducation populaire. Elle propose des parcours individualisés, assure une astreinte 24 h sur 24, 7 J / 7 pour accompagner les jeunes et les animateurs en difficulté. « Cela nous évitera les appels d’organismes de séjours nous demandant de venir chercher un jeune en urgence à cause de troubles du comportement, ce qui arrive de plus en plus fréquemment depuis quelques années et place le jeune en échec  », conclut Nicolas Hermouet.

Encadrer les jeunes en difficulté

« De plus en plus d’organismes de type agences de voyages / opérateurs privés doublent l’inscription d’un enfant relevant de la protection de l’enfance. Ils partent de l’hypothèse qu’il pourra être exclu dès la première semaine et qu’il convient de ʺvendreʺ sa place à un autre », dénonce Laid Hamoudi. Une étude réalisée par Up’ Séjours confirme l’augmentation des exclusions de jeunes confiés à la protection de l’enfance des colonies de vacances (voir cartographie ci-dessous). « Des exclusions parfois justifiées mais que leurs éducateurs référents doivent gérer dans les 48 heures et ce sans avoir reçu d’alerte avant ni de rapport d’incidents. »
Pour prévenir les problèmes et éviter les expulsions, l’association suit les jeunes qu’elle inscrit dans un séjour pour régler les difficultés au jour le jour.

Voir cartographie rapatriements

(1) https://www.adaear.org/
(2 )https://www.upsejours.social/

À lire sur Lien Social n° 1245 : Colonies de vacances. Un idéal à sécuriser


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