L’Actualité de Lien Social RSS


8 décembre 2016

Isère : le service SALTo en grande précarité

« Il nous semble important d’informer tout le monde du mauvais traitement réservé par les politiques à l’action sociale. » Le service SALTo de l’association l’Oiseau bleu appelle aujourd’hui à une mobilisation entre 12h et 14h30 devant l’hôtel du département de l’Isère. « On ne peut pas continuer éternellement à faire plus avec moins, explique Sophia Dlimi, une des six travailleuses sociales de l’équipe. Cette fois c’est l’ensemble de notre action qui est mise en danger. »

120 ménages sans

logement

Après vingt ans d’accompagnement global d’un public en situation de non logement, SALTo se voit amputer par le Conseil départemental d’un tiers de son budget. « Cela représente 2 à 3 postes, précise l’assistante sociale. Notre file active compte 120 ménages, des personnes très vulnérables, leurs besoins touchent la santé, la scolarité, l’accès au droit… Notre objectif est de réunir les conditions pour qu’elles puissent sortir de l’hébergement, et avoir un « après ». Si cette vision budgétaire à court terme les prive d’accompagnement aujourd’hui, cela coutera beaucoup plus cher demain. »

« 
Six rendez-vous par

an »

Déjà en 2013, le Conseil départemental avait imposé une augmentation du nombre de suivis, avec 25 familles supplémentaires, soit 43 adultes et 96 enfants. Cette fois, après une réduction de budget de 30 000 euros en 2016, il annonce une baisse de 100 000 euro pour 2017 et… une augmentation du nombre de bénéficiaires. « Pour eux, la solution consiste à limiter nos accompagnements à six rendez-vous par an, sans aucune prise en considération de la singularité des problématiques de chacun. On assiste à une bureaucratisation et une marchandisation du travail social. »


7 décembre 2016

Discussions de haut vol entre État et Départements

Depuis plusieurs mois, les rapports entre l’État et les départements ne sont pas au beau fixe. En cause : l’argent, qui manque dans les caisses des institutions décentralisées alors que les besoins et le nombre de prestations augmentent. Et chaque partie est toujours prête à jeter de l’huile sur le feu.

Ce fut encore le cas récemment avec la secrétaire d’État aux personnes âgées Pascale Boistard, à propos de la difficile mise en œuvre de la loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV). Interrogée par l’association des journalistes de l’information sociale (AJIS), elle rejette la responsabilité sur les départements et lance une flèche au président de l’Assemblée des départements de France, (ADF) héraut de la lutte contre l’Etat : « M. Bussereau ne connaît pas la loi ASV. En revanche, il a dû suivre le Cours Florent ». Ce à quoi l’intéressé rétorque, dans un courrier rappelant que cette loi entraîne de nouvelles charges supplémentaires : « Je n’ai jamais été pensionnaire du Cours Florent même s’il m’est arrivé de m’y rendre pour rencontrer mon ami d’enfance Jacques Villeret ».

Chacun appréciera la teneur des discussions sur des questions de fond, qui restent non résolues...


6 décembre 2016

PJJ : la radicalisation du budget

Les missions de la protection judiciaire de la jeunesse vont-elles se résumer à la lutte contre la radicalisation et le terrorisme ? La hausse de 31 millions du budget 2017 vise principalement la création de 165 équivalents temps-plein, dont 145 (115 éducateurs et 30 psychologues) dédiés au nouveau plan d’action contre la radicalisation et la lutte contre le terrorisme.
La direction de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) indique que ces crédits restent inférieurs aux besoins identifiés pour assurer l’efficacité des mesures ordonnées à la PJJ par les autorités judiciaires. Il manquerait des moyens pour améliorer l’accompagnement des personnels et renforcer la dotation du secteur associatif habilité.

Moins de moyens dans le milieu ouvert

Par ailleurs, les syndicats s’inquiètent de la dégradation des moyens matériels dont ils disposent pour la prise en charge des mineurs, des restrictions budgétaires imposées à certains services, notamment dans le milieu ouvert. « Depuis l’alternance gouvernementale, la situation des jeunes en grande difficulté ne s’est pas améliorée alors qu’elle était une priorité du candidat Hollande : aucune réforme d’ampleur de la justice des mineurs n’a été menée. De plus, les conditions de travail des agents de la PJJ ne permettent pas des prises en charge soutenues à la hauteur des besoins de ces jeunes » constate le SNPES (Syndicat national des personnels de l’éducation et du social)-PJJ-FSU, lors d’un appel à la grève le 24 novembre.

Selon la sénatrice Cécile Cukierman, rapporteure dans le cadre du projet de loi de finances 2017, l’augmentation du budget de la PJJ entre 2015 et 2017 s’explique à 65 % par les moyens complémentaires débloqués dans le cadre de la lutte contre la radicalisation et le terrorisme... Quid des actions préventives ?


5 décembre 2016

CNAPE : L’avenir de la prév’ ? La communication...

La prévention spécialisée a-t-elle encore un avenir ? Organisée les 29 et 30 novembre à Paris par la Cnape, fédération d’associations de la protection de l’enfance, cette conférence se voulait volontairement provocatrice. « Nous avons choisi ce thème parce que la profession vit un paradoxe, explique Laure Sourmais, responsable du pôle protection de l’enfance de la CNAPE. On n’a jamais autant parlé de la prévention spécialisée dans les ministères, mais sur les territoires des équipes disparaissent, où sont tellement réduites qu’elles ne peuvent plus exercer correctement leur métier. »

De la posture à l’imposture

Trois cent professionnels se sont réunis pour échanger sur ce sujet. Il en ressort que l’avenir de la prévention spécialisée passe par un changement de son mode de communication avec les élus. « Certains éducateurs de rue sont dans une posture qui relève de l’imposture, dénonce Alexis Coutin, porte-parole du collectif des éducateurs de rue de la Drôme. Refuser d’expliquer ce que l’on fait sous prétexte de ne pas vouloir stigmatiser le public n’a pas de sens, la prév’ s’est construite autour de la lutte contre la délinquance. Nous ne faisons pas que ça, mais nous le faisons depuis toujours. Nous ne pouvons pas quantifier la prévention, mais nous devons montrer nos actions collectives. On peut le faire sans trahir nos fondamentaux, la libre adhésion et la confidentialité. »

Défendre et valoriser le métier

La Cnape s’engage donc à aider ses adhérents à dire ce qu’ils font et comment ils travaillent. « Nous allons élaborer un argumentaire pour défendre le travail réalisé avec les jeunes auprès des politiques, précise Laure Sourmais. Il faudra évidemment l’adapter aux pratiques de chaque équipe en fonction des territoires. »

En octobre, la signature d’une convention entre acteurs de la prévention, ministères et associations d’élus, rappelant les fondamentaux du travail de prévention et de ses modes financements, est passée quasiment inaperçue. « Si tout le monde l’a signée, c’est qu’il n’y a rien dedans, ironise Alexis Coutin. Cela démontre que nos représentants sont incapables de défendre et de valoriser notre profession face à des politiques économiques idéologiques. C’est pour ça qu’il y a une telle émergence de collectifs, qui défendent leur métier plus que leurs emplois. »
Les organisations professionnelles tergiversent depuis longtemps sur l’intérêt de rendre visible le métier, et son intérêt : il semble qu’il y ait urgence.


1er décembre 2016

Logement social : la politique du bâton à l’oeuvre

Les communes réticentes à construire des logements sociaux payent le prix de leur obstination. Le ministère du Logement a récemment publié le bilan 2016 de l’application de la loi SRU (Solidarité et rénovation urbaine), qui instaure un système d’amende en cas de non respect des quotas de construction. Sans surprise, c’est en région PACA que les sanctions infligées sont les plus lourdes, parmi les 615 communes en déficit de logement social sanctionnées.

La palme revient à la municipalité du Cannet (Alpes-Maritimes), qui doit verser 1 373 586 euros (avec seulement 7,32 % de logements sociaux), suivie d’Aix-en-Provence qui écope d’une amende 1 117 223 euros (près de 19 % de logements sociaux). La loi impose aux communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) de disposer d’ici à 2025 de 25 % de logements sociaux.

En 2016, les pénalités se sont élevées globalement à 51 millions d’euros et sont reversées dans le financement du logement locatif social. Actuellement, 1 218 communes sont en déficit de logements sociaux, mais la moitié est exonérée de pénalités car elles bénéficient de la dotation de solidarité urbaine (DSU) ou parce que leur périmètre vient d’être recomposé.

Mobilisation du parc privé

Peu après l’annonce de ce bilan, la Fondation Abbé Pierre a présenté un rapport sur la mobilisation du parc privé à des fins sociales, pour « fournir aux mal-logés des solutions immédiates, présentes sur tous les territoires y compris dans les communes manquant de logements sociaux ». L’association préconise la création d’un « package clé en main » pour « recréer un parc privé à bas niveau de loyer ». Parmi les ingrédients du « package » : un crédit d’impôt, une exonération de taxe foncière, une gestion locative adaptée et une garantie contre les impayés, la vacance et les dégradations.

En réponse, Emmanuelle Cosse, ministre du logement, a annoncé des mesures fiscales visant à remettre sur le marché locatif 50 000 logements privés vacants en trois ans.


30 novembre 2016

Les premiers « contrats à impact social » ont été signés


La signature, le 24 novembre, des deux premiers contrat à impact social (CIS) s’est faite en grandes pompes : président de la République, ministre de l’Économie et secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire étaient réunis pour plébisciter ce nouveau dispositif d’investissement privé dans le social. Ces deux premiers CIS (sur vingt dossiers actuellement à l’étude) devraient être opérationnels dès janvier 2017.

L’État « payeur au résultat »

L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) propose un programme d’accompagnement à l’insertion économique par le microcrédit pour des publics habitant en zone rurale isolée. L’État est « payeur au résultat » pour un coût total de 1,5 millions d’euros incluant les 195 000 euros de « prime de succès » versés par l’État en cas de dépassement des objectifs soit l’insertion de 320 personnes. Les investisseurs privés sont La BNP Paribas, la Caisse des Dépôts, Renault, AG2R la Mondiale, la Fondation Avril.

Un fonds d’investissement

L’autre signataire, Impact Académie propose la création d’un fonds d’investissement Impact Partenaires, dédié à la création de commerces franchisés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville par des primo-entrepreneurs peu qualifiés. Le programme vise la création au mieux de 300 entreprises, 1 500 emplois et la formation de 500 personnes. Le coût total du programme est d’un million d’euros. Les intérêts reversés aux investisseurs privés seront dépendant de la réussite du fonds d’investissement.

« Il n’y a jamais eu de dialogue de fond sur ce nouveau mode de financement, regrette Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif, qui fédère plusieurs associations dont l’Uniopss et l’Unaf. C’est quoi la performance sociale ? Ne risque-t-on pas la marchandisation du social ? Comment évaluer ces dispositifs ? Nous ne sommes pas opposés à l’orientation d’investisseurs privés vers le social a priori, mais il ne faut pas que cela se substitue à l’action publique. Or, cela semble vouloir se généraliser, alors que c’est un champ qui reste inexploré et qui mérite réflexion ».

L’accroissement potentiel de ces contrats nouveaux n’a pas fini de faire débat, et reste évidemment sujet à caution. À suivre dans les colonnes de Lien Social...


29 novembre 2016

Zéro chômeurs de longue durée : dix territoires retenus

Dix territoires sur quarante-deux candidats viennent d’être retenus par le ministère du Travail pour expérimenter le programme « Zéro chômeur de longue durée » initié par ATD Quart Monde : les communes de Colombelles (Calvados), Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle), Jouques (Bouches-du-Rhône), Mauléon (Deux-Sèvres), la Métropole de Lille, la communauté de communes Nièvre et Forêt (Nièvre), le XIIIe arrondissement de Paris, Pipriac (Ille-et-Vilaine), Thiers (Puy-de-Dôme) et Villeurbanne quartier Saint-Jean (Rhône).

Ce programme, déjà évoqué sur notre site et dans les colonnes de Lien Social, vise à tester pendant cinq ans l’embauche, en CDI et au SMIC, de chômeurs de longue durée inscrits depuis plus d’un an à Pôle emploi, dans ces micro-territoires urbains ou ruraux. Auparavant, tous les acteurs locaux — élus, associations (notamment de chômeurs), partenaires sociaux, entrepreneurs — ont identifié leurs besoins et leurs attentes.

Synergie de l’ensemble des acteurs locaux

« Cette expérimentation s’appuie sur trois données de base : personne n’est inemployable, les emplois existent et il y a de l’argent, explique Louis Gallois, président du Fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée. L’idée est d’utiliser le coût d’un chômeur longue durée, 18 à 20 000 euros, soit un SMIC chargé pour le rémunérer. Pour que ça marche, il faut contacter tous les chômeurs de longue durée et les embarquer dans le projet. Les entretiens durent jusqu’à deux heures pour déterminer le travail que chacun peut et veut accomplir ».

Identifier des postes non financés

Les entreprises à but d’emploi créées pour embaucher ces salariés ne recruteront que les volontaires, sur le temps qui leur convient et les emplois proposés ne doivent pas concurrencer le secteur marchand. En amont, des tables rondes réunissant les acteurs du territoire ont permis sans difficulté d’identifier des postes non pourvus et non financés : mise en valeur du patrimoine, débroussaillage de forêt, ressourcerie, renfort dans les maisons de retraite…

Si l’activité débute, reste encore à définir les modalités de financement de l’encadrement des personnes accompagnées vers l’emploi.


28 novembre 2016

Diplômes et métiers : nouvelle mobilisation

«  On ne lâche rien ! » : alors que la lutte contre la réarchitecture des diplômes dessinée par la Commission professionnelle consultative (CPC) se poursuit chez un certain nombre d’acteurs, syndicats et collectifs, les travaux portant sur la revalorisation de la filière sociale de la fonction publique nourrissent aussi les inquiétudes.

Le collectif Avenir Éducs appelle donc les professionnels et les étudiants des trois versants de la fonction publique à rejoindre la mobilisation organisée demain par plusieurs syndicats, dont la CGT et la FSU. Appel relayé par les EGATS (Etats Généraux Alternatifs du Travail Social) pour l’ensemble des travailleurs sociaux et étudiants.

Les parisiens ont rendez-vous entre 12h et 14h métro Solférino, les strasbourgeois à 11h devant la permanence du député Philippe Bies, les toulousains à 12h30 devant la préfecture ou encore les rennais à 12h devant l’ancienne préfecture.

Revalorisation de la filière sociale

Les travaux de revalorisation de la filière sociale de la fonction publique, ouverts le 15 novembre, s’appuient sur le protocole relatif aux parcours professionnels, carrières et rémunérations. Ce document prévoit que les fonctionnaires de la filière sociale bénéficieront d’une revalorisation à partir de 2018 avec une reconnaissance de leur diplôme au niveau licence.

Ce qui pourrait passer à première vue pour une bonne nouvelle suscite pourtant des craintes chez les professionnels. La plus forte : ce rapprochement de la filière sociale avec la filière paramédicale reste lié… à la réingénierie des diplômes du travail social, « première étape d’une reconnaissance de ces diplômes au niveau licence » selon un document de travail ministériel. Ensuite, les grilles indiciaires proposées, et donc les revalorisations salariales à venir en 2018, sont jugées insuffisantes par plusieurs syndicats.

Crainte sur le contenu

La réarchitecture des diplômes et le passage au niveau licence ont alimenté les discussions lors des journées d’études sur l‘éducation spécialisée organisée vendredi et samedi à Toulouse par la maison d’édition érès. Si certains professionnels défendent une simplification des diplômes actuels, si beaucoup voient d’un bon œil le socle commun de connaissances, de nombreux autres s’inquiètent du « contenu » des formations, craignant un manque de spécialisation et donc un appauvrissement de l’essence même des métiers.

D’autres pointent le risque de déqualification introduit par le passage au niveau licence, déjà à l’œuvre aujourd’hui dans les établissements. L’inter-régionale des formateurs en travail social, créée cet été pour proposer une autre vision de la formation et retrouver du sens, s’est d’ailleurs réunie en marge de ce colloque pour prolonger leur réflexion.

« L’énigme de la rencontre avec l’autre », cette clinique qui nécessite de croiser de nombreux savoirs avec la pratique, reste une affaire « éminemment complexe » rappelait Joseph Rouzel, éducateur spécialisé et psychanalyste. Une complexité à laquelle les professionnels restent attachés et qu’ils estiment menacée.


25 novembre 2016

Les œuvres d’enfants burkinabé exposées à Paris

L’exposition de la Soupape Ailée ce week-end au Secours Populaire est la vitrine d’un projet éducatif et artistique, généreux et autofinancé. Depuis 2002, cette association veut initier à la pratique artistique « comme facteur d’intégration ». Portée par deux artistes parisiennes, Blandine Gautier et Marika Leccia, elle anime un atelier d’arts plastiques pour enfants et des résidences d’artistes à Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso.

40 artistes, des centaines d’enfants

Cet atelier permet à des enfants qui n’ont pas accès à l’art d’exprimer leur créativité. De leur côté, les artistes européens viennent y découvrir un pays africain par l’échange et le partage avec des enfants et des artistes locaux. Depuis 2002, une soixantaine de résidences ont été menées bénévolement par près de 40 artistes. Elles ont permis à des centaines d’enfants entre 6 et 17 ans de pratiquer la peinture, l’illustration, la sculpture, la photo, la vidéo, le son…

Espace d’art, de détente et de culture

Ouvert gratuitement aux enfants du quartier à partir de 6 ans, l’endroit est devenu un espace d’accueil, de détente et de plaisir. Ils s’y retrouvent pour jouer à des jeux de société, lire, réviser leurs leçons, assister à des séances de cinéma, de clowns, de contes, de chants et autres découvertes. Sans subvention, le maintien du lieu et de ses activités est financé par les adhérents et les bienfaiteurs. Ce week-end, l’exposition réunit les œuvres réalisées cette année.

•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
Vernissage le vendredi 25 novembre de 18h à 21h30
Le samedi 26 et dimanche 27 novembre de 14h à 20h
Le lundi 28 novembre de 14h à 18h
Secours populaire français,
 6 Passage Ramey - 75018 Paris


24 novembre 2016

Lettre ouverte des éducateurs de jeunes enfants

Ils veulent être entendus. Les professionnels de la petite enfance, rassemblés dans l’association pour la formation au métier d’éducateur de jeunes enfants (AFORMEJE) se sentent totalement exclus du processus de réforme des formations.
Dans une lettre ouverte, envoyée lundi 21 novembre, « aux acteurs et décideurs de la réachitecture des diplômes du travail social », ils demandent à ce que leurs propositions pour le diplôme d’éducateur de jeune enfant (EJE) soient prises en compte. À l’heure où les groupes de travail sur les référentiels d’activité se mettent en place, ils s’inquiètent de n’être pas invités autour de la table. « Nous voulons y faire entendre une autre voix que celle de l’UNAFORIS où le secteur de la petite enfance n’est pas du tout prise en compte », plaide Véronique Tiberge, la présidente de l’AFORMEJE.
L’association s’interroge notamment sur les conséquences de l’apparition dans le dernier rapport de la commission consultative professionnelle d’un nouveau métier : manager des établissements d’accueil du jeune enfant. « Le projet proposé, en faisant monter le diplôme d’EJE au niveau II et en l’adossant à une licence professionnelle de responsable des services d’accueil petite enfance, l’éloigne de la fonction éducative au quotidien auprès des enfants », alertent-ils. Avec pour conséquence, une baisse de la qualité d’accueil au plus près des jeunes enfants.