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26 septembre 2016

Handicap • Mobilisation pour les INJ

Le 7 juillet, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a annoncé le transfert du financement des Instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles (INJ) vers les Agences régionales de santé (ARS). « Actuellement, les instituts sont financés à 60% par les ARS et à 40% par l’État, explique Laure Beyret, enseignante spécialisée à l’INJS de Paris et représentante FO d’une intersyndicale. Nous demandons le retrait immédiat de ce transfert inscrit dans le projet de loi de finances pour 2017, car nous savons qu’il induira une réduction des budgets pour les instituts et donc moins de moyens pour les jeunes que nous accompagnons. » Autres craintes : la perte du pilotage national de l’éducation spécialisée, la remise en cause du caractère national de l’offre de formation et du statut, à long terme, des personnels. Une première grève a eu lieu le 13 septembre, une pétition a été mise en ligne sur change.org et la mobilisation se poursuivra tant qu’une négociation avec le gouvernement n’aura pas été programmée. « Le ministère parle de transparence alors que ni les salariés, ni les familles, ni les représentants syndicaux n’avaient connaissance d’un projet de transfert imminent », souligne Laure Beyret.


22 septembre 2016

Départements : nouveau bras-de-fer avec l’Etat

« Demain, les départements ne pourront plus payer le RSA » : c’est l’un des six slogans chocs de la campagne lancée cette semaine par Dominique Bussereau (LR) au nom de l’Assemblée des départements de France (ADF) pour dénoncer leurs finances exsangues. Rassemblement devant l’Assemblée nationale, réunions publiques, affichage : l’ADF n’a pas lésiné sur la communication.

Ce bras-de-fer avec l’État ne date pas d’hier et l’approche des élections présidentielles et législatives échauffe un peu plus les esprits. Mais au fond qu’en est-il du sujet en question ? Une situation financière réellement délicate pour de nombreux départements, qui voient leurs dépenses augmenter et leurs dotations baisser. Cela ne peut pas fonctionner, c’est mathématique, comme le montre l’ODAS dans ses différents rapports, et n’en déplaise au ministère de la santé et des affaires sociales qui parle de « campagne de désinformation honteuse lancée pour des raisons purement politiciennes ». Le même ministère a toutefois de bonnes raisons d’affirmer que « l’ADF a joué la politique du pire en déclinant l’offre de l’État » lors des négociations autour de la renationalisation du RSA, soldées par un échec.

Victimes silencieuses

Hier, le gouvernement a consenti à débloquer un fonds d’urgence de 200 millions d’euros pour les départements les plus fragiles, en plus d’une rallonge de 50 millions prévue dans le projet de loi de finances pour 2017 pour des projets d’insertion.

Mais l’ADF en demande plus et fera des propositions du 5 au 7 octobre prochain à Poitiers lors de son congrès. Dans cette passe d’armes politique, certains demeurent inaudibles : les plus fragiles, que les départements sont censés protéger et accompagner. Car la liste des initiatives qui obèrent cet accompagnement s’allonge de jour en jour : fin du financement des interprètes dans les centres sociaux de la Drôme, menaces sur le versement de l’aide sociale légale aux associations dans l’Essonne, projet de versement du RSA conditionné à du bénévolat dans le Haut-Rhin, etc.

Dans les querelles de pouvoir, ce sont souvent les victimes collatérales qui ont le moins les moyens de se faire entendre...


21 septembre 2016

Accès à l’éducation • Au ban de l’école

La rentrée scolaire n’est pas une réalité pour tous les enfants. Le collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation (CDERE) rappelait le 31 août que « 80 % des enfants vivant en squat ou bidonville ne sont pas effectivement scolarisés ». Le 1er septembre, à l’initiative du Bureau d’aide aux migrants (BAAM), différents collectifs et associations de soutien aux mineurs isolés étrangers se sont retrouvés place de l’Hôtel de Ville à Paris pour dénoncer le refus de scolarisation de ces mineurs. Une classe a été improvisée sur le parvis, le « maître » rappelant que l’école est laïque, gratuite et obligatoire depuis 1882 devant une petite assemblée de jeunes mineurs. Parmi eux, Ibrahim, 15 ans, est arrivé de Guinée Conakry à Paris il y a six mois, il est « passé par le grillage », explique-t-il – qui entoure l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc – pour ensuite rejoindre la France où il espérait pouvoir reprendre ses études, « apprendre à lire, à écrire ». Impossible, malgré son acte de naissance, il a été considéré comme majeur par l’ASE. Il vit depuis lors à la rue et rêve « d’aller à l’école ».



20 septembre 2016

Lutte contre le décrochage scolaire : peut mieux faire

Depuis 2008, l’Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV) organise la Journée nationale consacrée au refus de l’échec scolaire. Si ses volontaires apportent un renfort aux équipes éducatives, 110 000 jeunes encore sont sortis du système scolaire sans diplôme en 2015.
À Paris, 500 des 5 000 décrocheurs intègrent l’École de la deuxième chance (E2C). Cet instrument de lutte contre l’exclusion par l’éducation obtient 70 % de sortie en emploi ou en formation. En 2015 pourtant, l’établissement menaçait de fermer faute de subvention suffisante.
Après un changement de direction, l’école bénéficie d’une deuxième chance. Elle ouvre même entre 30 et 50 places supplémentaires dans le cadre de conventions avec l’État et la ville de Paris. L’E2C a bénéficié du plan de 500 000 nouvelles places de formations ouvertes aux demandeurs d’emploi, lancé en mars 2016. Sauvée de justesse donc, mais jusqu‘à quand ?

À lire sur le sujet :
L’inégalité scolaire, chantier majeur
La prévention spécialisée au secours des décrocheurs



19 septembre 2016

Pauvreté : info contre intox

Pour préparer sa rentrée, le journal Valeurs Actuelles n’a rien trouvé mieux qu’exhumer un « hoax » périmé depuis… 2013. Le 29 aout, dans un dossier intitulé Les assistés : comment ils ruinent la France, l’hebdomadaire choisit d’entonner la rengaine de la famille au SMIC. Celle des travailleurs gagnant moins que les personnes dites inactives qui perçoivent le RSA. Déjà démonté en 2013, le sujet reste une fable.
Pour contrer cette intox, Claire Hédon, présidente d’ATD quart monde, adresse une lettre ouverte à Yves de Kerdrel, le directeur de la rédaction. Elle y rappelle notamment qu’une famille qui travaille perçoit au moins 500 euros mensuels de plus qu’une famille sans emploi. Elle remet également en perspective la « fraude massive à la CMU-C » de 700 000 euros, soit 14 centimes par an et par bénéficiaire. De quoi, en effet, ruiner la sixième puissance économique mondiale.
Il n’en reste pas moins que la couverture de Valeurs Actuelles a tapissé les kiosques de France pendant une semaine en pleine rentrée. De quoi essaimer la désinformation. Pour contrer cette volonté de cliver les populations, l’édition 2017 de « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté » va sortir pour 5 euros le 3 octobre. Le livre d’ATD quart monde démonte 117 idées reçues sur la pauvreté.



16 septembre 2016

Regards Croisette sur le handicap


Aujourd’hui Cannes sort le tapis rouge pour l’ouverture du premier Festival international de film sur le handicap. Avec des courts et des longs métrages, des fictions et des documentaires, des films d’animation et des clips musicaux, une sélection jeunesse… une sélection de 130 films inédits en France propose un autre regard sur le cinéma et la différence.

« Les films du FIFH sont faits par des gens, certains handicapés, certains sur des gens handicapés et surtout avec des gens handicapés, présente le co-fondateur du festival, le dessinateur Philippe Caza. On y trouve des personnages mutiques qui ne sont pas forcément muets… Des bavards qui ne sont pas forcément bipolaires… Et des gags où l’on ne rit pas des handicapés mais avec eux. »

La difficile rencontre d’un père célibataire et de son fils autiste (Po de John Asher), l’histoire d’amour d’une femme bipolaire (Alma de Diego Rougier), le retour à la vie d’une adolescente sportive après un accident vasculaire cérébral (El despertar de Camila, de Rosario Jimenez Gili), un ancien cameraman devenu aveugle qui tourne un documentaire sur la cécité dans les montagnes boliviennes (Gabor de Sébastian Alfie)… Cette compétition internationale permet de changer d’angle de vue… sur le handicap.

Du 16 au 21 à Cannes
à la Villa Whitehouse, 127 Avenue Maréchal Juin - 06400 Cannes
Programme
Bande annonce du FIFH

À lire sur ce thème :
À Cannes, hommage aux héros du social
Le cinéma entend-il les sourds ?
Le handicap se fait une toile



15 septembre 2016

2016 : la canicule tue (toujours)

Les températures commencent juste à chuter sur l’ensemble du territoire, mais cet été, silencieusement, la canicule a de nouveau été fatale à de trop nombreuses personnes âgées. C’est ce qu’établit une analyse de l’Institut de Recherche pour la valorisation des données de Santé (IRSAN).

Cette étude révèle une surmortalité de près de 15% chez les plus de 85 ans au cours de l’épisode caniculaire de cette fin du mois d’août. Malgré la prise de conscience suscitée par les 15 000 morts de la canicule de 2003, la politique de solidarité à l’égard des personnes âgées fragilisées n’est pas encore suffisamment efficace.

Manque de moyens

L’Association des Directeurs au service des Personnes Agées (AD-PA) saisit donc l’occasion pour rappeler leurs promesses à l’ex-président, Nicolas Sarkozy, et à François Hollande. « Nous attendons toujours la mise en place d’une réelle prestation d’autonomie, explique Romain Gizolme, directeur de l’association qui regroupe les directeurs de services à domicile, de coordinations et d’établissements pour personnes âgées. Nous voudrions que comme chez nos voisins européens, elle permette de réduire le coût des prestations pour les personnes âgées et le renforcement des équipes de professionnels. Aujourd’hui, le secteur est sous doté que ce soit dans l’accompagnement à domicile ou en établissement. »

L’AD-PA vise le doublement des effectifs pour atteindre le taux d’encadrement actuel des établissements accueillant des personnes handicapées.


13 septembre 2016

Vers une Europe plus sociale ?

Pour aller vers le triple A social, la Commission européenne vient d’adopter un règlement visant à mieux collecter, intégrer et partager les données provenant d’enquêtes sociales. Un objectif porté par la commissaire européenne chargée de l’emploi, des affaires sociales, des compétences et de la mobilité des travailleurs, Marianne Thyssen, qui est aussi responsable des statistiques européennes. Elle précise : « C’est d’êtres humains qu’il s’agit et pas de chiffres. Les bonnes données font les bonnes politiques. »
Cette initiative vise à fournir une base factuelle pour appuyer le projet de « socle européen de droits sociaux ». L’idée consiste à définir un certain nombre de principes essentiels afin de garantir le bon fonctionnement et l’équité des marchés du travail et des systèmes sociaux. L’expérience des quinze dernières années démontre que les déséquilibres entre États peuvent déstabiliser l’ensemble de la zone euro. Il était temps d’y penser ! Mais pour autant, la vieille Europe ne se hâte que lentement : la Commission entend mettre en œuvre le règlement-cadre à partir… de 2019.



12 septembre 2016

Retour de vacances (Désolé !)

Nadja Remadna a écrit un livre passionnant qui s’intitule Comment j’ai sauvé mes enfants. Elle se revendique « Maman », habite Sevran et a bâti en réaction à la montée de la radicalisation, mais aussi des risques de délinquances dans les quartiers sensibles, une organisation : « La brigade des Mères » fédère des femmes qui veulent se mobiliser.

Dans cet ouvrage, elle interroge et même interpelle les travailleurs sociaux en général avec quelques exemples savoureux de décalages entre les réponses stéréotypées de l’ASE ou des services sociaux et le désespoir des parents. Elle critique aussi vertement les éducateurs travaillant sur les quartiers qu’elle assimile à des sortes de « complices » involontaires des « barbus » régulateurs de la violence et garants d’une certaine morale. Bien entendu, ce sont les politiques ayant pactisé qui en prennent le plus. Nadja Remadna estime qu’ils se sont appuyés par lâcheté sur ces « médiateurs religieux » pour garantir la paix sociale sans mesurer le travail souterrain de prosélytisme, de propagande islamiste et d’éloignement des « valeurs » républicaines qu’ils opéraient.

Le psy du Djihad

La critique est sans doute un peu caricaturale et généralisée à partir d’un seul exemple mais il faut faire rentrer cette réflexion de terrain dans l’ensemble des analyses portées aujourd’hui sur les phénomènes de dérive « islamo-adolescente » et qui a le mérite de n’être sous tendu par aucun intérêt politicien, ce qui devient rare. Je serais en revanche beaucoup plus méfiant de celui qui s’est autoproclamé « le psy du Djihad ». Patrick Amoyel, devenu en quelques mois la voix officielle et « scientifique » du djihadisme, défend une position entièrement basée sur une sorte de « guerre civilationnelle » qui anéantit de fait toute action éducative de terrain.

Il ne fait pas de doute que la réflexion sur le travail des éducateurs ( s’il en reste) va se trouver au cœur des polémiques à venir. Armons-nous théoriquement et conceptuellement, nous allons en avoir besoin.

Etienne Liebig

Nota - Article publié dans Lien Social n°1190
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9 septembre 2016

Calais : une contre-manifestation solidaire

Cinq jours après la démonstration de force des commerçants et routiers à Calais pour obtenir le démantèlement du camp de réfugiés établi dans la commune, les associations de soutien aux exilés organisent une démonstration de solidarité.

Demain à Norrent-Fontes (62), elles organisent la journée « Champs de résistances » pour affirmer l’inefficacité et l’inhumanité des politiques de démantèlement. Car le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a confirmé sa volonté de détruire le camp de Calais où survivent 6000 à 9000 personnes, avant la fin de l’année.

Accords défendants

Situé à 70 kilomètres de la « jungle », le campement de Norrent-Fontes est lui aussi menacé. Pourtant il est habité par 250 exilés depuis 2008, en vertu d’un accord passé entre les collectivités locales, les associations et les exilés. Ce campement, financé par le Réseau des Élus Hospitaliers a, comme de nombreux autres, été toléré et reconnu par les autorités préfectorales. L’audience au tribunal de Béthune aura lieu le mercredi 14 septembre pour statuer sur sa destruction.

Les nombreuses associations organisatrices de cette journée appellent le gouvernement à instaurer un moratoire sur les expulsions et destructions d’abri tant que des solutions adaptées ne seront pas réfléchies. Elles souhaitent également la mise en place de Maisons des Migrants, invitent à renégocier avec la Grande-Bretagne les accords du Touquet, ainsi que le règlement Dublin III qui empêche les demandeurs d’asile de déposer leur dossier dans le pays de leur choix.

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