L’Actualité de Lien Social RSS


8 juillet 2016

20 ans de Résistances

Le 7e art contre le prêt-à-penser, c’est ce que propose pendant 9 jours le festival Résistances à Foix, au pied des Pyrénées. Cet événement majeur de la contre-culture cinématographique célèbre cette année sa vingtième édition. Le collectif Regard Nomade a sélectionné une centaine de films et documentaires rares autour de quatre thèmes :

  • Une éducation joyeuse
  • Étrangers à domicile
  • Voyage entre désirs et désastres
  • Parole sous presse
  • Zoom géographique sur la Grèce.

Avec des avant-premières, un programme « spécial jeunes », des invités, des concerts, des expos et des débats, ce festival a pour objectif de promouvoir un cinéma rarement diffusé sur les écrans, de créer un salutaire étonnement et de faire connaître d’autres regards. L’événement se veut conscient des urgences politiques, écologiques, sociales, culturelles. Mais l’enjeu est également convivial : inspirer une énergie collective porteuse du plaisir de construire et partager.

Programme complet ici


7 juillet 2016

Nouvelle atteinte au secret professionnel

Faire du personnel médical, social et éducatif, une plateforme de renseignements grâce à une adaptation du secret professionnel, après les lois santé, renseignement, droits des étrangers, la tendance se confirme : une trentaine de députés LR proposent une nouvelle dérogation afin que des personnes en voie de radicalisation ou radicalisées soient signalées au préfet.

Il suffirait pour cela de s’appuyer sur un « faisceau d’indices ». Tiens, tiens… En levant à nouveau le devoir de confidentialité, ce projet de loi touche à l’essence du travail social. « Sa particularité est d’intervenir auprès de personnes pouvant être perçues comme problématique voire dangereuses par la société, souligne l’assistant social Antoine Guillet sur le blog secret pro. À partir de là, la question qui se pose au professionnel est “où est ma limite d’intervention ?" . C’est cette compétence qu’il faut développer : la gestion du risque et la capacité à différer notre jugement pour analyser une situation donnée, malgré l’émotion qu’elle suscite. » Si cette proposition de loi a peu de chance de passer, elle met en lumière une évolution lente mais continue qui tend à faire du secret professionnel l’exception et non plus la règle.

À lire aussi »

6 juillet 2016

La FNARS devient la FAS

Pour ses 60 ans, et dans le souci de s’adapter aux réalités sociales, politiques et économiques actuelles, la FNARS a adopté un nouveau nom et redéfini son projet fédéral lors de son Assemblée Générale le 17 Juin à Paris.
Ainsi, la Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale deviendra en Janvier 2017 la Fédération des Acteurs de la Solidarité et entend par là réaffirmer son identité.
Ce nouveau projet de vie de la Fédération a été voté à l’unanimité par ses 850 adhérents venus d’horizons bien différents mais pour qui se rassemblent autour d’une vocation claire : « lutter contre l’exclusion et la stigmatisation en développant l’accès aux droits et la citoyenneté. »
Avec ce nouveau nom, la solidarité est mise au cœur du projet associatif et la Fédération se veut davantage ouverte et proche de la société civile. Quant au nouveau projet fédéral adopté pour la période 2016-2021, il est centré sur la citoyenneté et le militantisme. La participation des personnes accompagnées et le développement du pouvoir d’agir restent un point fort de l’action.
À cette occasion enfin, le Président de la FNARS Louis Gallois a été reconduit à son poste, qu’il occupe depuis 2012).



5 juillet 2016

Jeunes majeurs : la Moselle et l’Europe

C’était où, déjà, les dernières assises de la protection de l’enfance ?
En Moselle, où les grandes vacances risquent de virer au cauchemar pour les jeunes majeurs isolés. « Sans décision écrite, le département a reçu plusieurs jeunes de 18 ans pour leur signifier l’arrêt des contrats jeunes majeurs à compter du 5 juillet, affirme Eric Florindi, secrétaire départemental de Sud santé sociaux. Ensuite il négocie avec le 115 au cas par cas pour qu’ils aient au moins un hébergement ».

Une gestion à la petite semaine dans un département où, plus globalement, « les contrats jeunes majeurs sont menacés pour tous les enfants sortant de l’ASE depuis plusieurs années » poursuit le syndicaliste. Une soixantaine de jeunes risquent ainsi de se retrouver sur le carreau, faute de pouvoir se payer un hébergement. « Tout l’investissement, non seulement financier mais surtout humain et éducatif prodigué à ces jeunes arrivés depuis des mois, risque d’être anéanti » décrit Eric Florindi.

Face au désengagement de nombreux départements envers les jeunes majeurs, le CNAEMO et Eurocef, Comité européen d’action spécialisée pour l’enfant et sa famille dans leur cadre de vie, avaient lancé un appel à témoignages en décembre 2015. Ils déposeront une réclamation collective auprès du Comité européen des droits sociaux début 2017.


4 juillet 2016

Cogitations sociales

Cette semaine, champ et travail social sont placés sous le signe de la réflexion, avec l’Université d’été sur les Nouvelles figures du social à l’Université Paris Diderot et le premier salon du livre en travail social à l’IRTS d’Hérouville Saint-Clair.

L’université d’été a pour objectif, selon son initiateur Patrick Cingolani, professeur de sociologie et directeur du laboratoire de changement social et politique de Paris, « de réunir les citoyens, les travailleurs du social, les professionnels de l’action publique confrontés aux enjeux sociaux, et les enseignants chercheurs afin qu’ils puissent se rencontrer et échanger. » Une approche pluridisciplinaire pour explorer des thèmes comme : Revisiter l’émancipation ; Art, culture : le lien sensible ; Territoires : entre expulsion et partages.

Vendredi, cap sur la Normandie où l’IRTS (Institut régional de travail social) organise son premier salon « Plumes et ancres sociales ». Trente auteurs liés à l’action sociale viennent à la rencontre de leurs lecteurs : étudiants, travailleurs sociaux, militants associatifs, grand public sensible à ces questions… L’éducateur spécialisé, écrivain et chroniqueur de Lien Social, Jean Cartry, participera à cette première, qui vise à mieux comprendre les populations, actualiser ses connaissances, favoriser les échanges d’idées et le débat.


2 juillet 2016

Un one-woman show assis au Off d’Avignon

Parmi les plus 1400 spectacles de l’édition du festival off d’Avignon, la compagnie Les Arts Loufoques présentera son spectacle Rolling Woman. Porté par la comédienne Marielle Rivière, paraplégique, il tourne en dérision le handicap moteur.
Autour d’une série de personnages et de saynètes, des plus drôles aux plus choquantes, elle surprend, émeut et fait rire. Après avoir tourné dans de nombreuses villes depuis la création du show en 2009, la comédienne a rendez-vous du 7 au 30 juillet à 16h15 à la salle les Baladins, au Tremplin, pour présenter sa nouvelle mise en scène et des textes inédits.



30 juin 2016

Haute-Garonne : nouvelle mobilisation pour la protection de l’enfance

Travailleurs sociaux du 115, des foyers d’hébergement et de la protection de l’enfance se sont rassemblés hier 30 juin devant le Conseil départemental (CD) de Haute-Garonne. Ils dénoncent le manque de places d’hébergement d’urgence et demandent l’annulation d’une délibération du CD en date du 12 avril. Cette délibération, qui fait l’objet d’un recours déposé par plusieurs associations (GISTI, LDH, Syndicats des avocats de France) devant le tribunal administratif, va à l’encontre de l’obligation d’accueil des mères isolées avec enfants en bas âge, des mères sortantes de service maternité et des mineurs.

« Deux cents places ont été fermées depuis début mai, de nombreuses familles ont été remises à la rue alors que certaines ont des problèmes de santé particulièrement graves », explique Annabelle Quillet, conseillère en économie sociale et familiale. Des professionnels de l’équipe du SAMI (Service d’accueil des mineurs isolés) avaient fait valoir leur droit de retrait ces derniers jours, faute de pouvoir exercer leur mission de protection.

« Cette délibération est tout simplement illégale, je pense qu’élus et administration s’en rendent compte mais qu’ils ont du mal à revenir en arrière » ajoute Gaëlle Miramont, assistante sociale, du syndicat SUD.


30 juin 2016

Handicap et accessibilité : un « décret sanction » nommé désir

Les associations de soutien aux personnes en situation de handicap l’attendaient depuis plusieurs mois. Le décret devant sanctionner les Etablissements Recevant du Public (ERP) pour leur défaut d’accessibilité a enfin été promulgué : depuis mi-mai 2016, les ERP qui n’ont pas déposé leurs Agendas d’Accessibilité Programmée (Ad’AP) sont passibles de sanctions… Aujourd’hui, aux yeux des associations, l’application de ce décret reste encore laxiste.

Pour rappel, les ERP devaient se mettre aux normes d’accessibilité depuis janvier 2015. Un délai leur avait été accordé avec la mise en place du dispositif Ad’AP, ils avaient donc jusqu’en septembre 2015 pour remettre leur agendas.
Lors des Assises Nationales de l’accessibilité qui ont eu lieu à Paris les 9 et 10 Juin 2016, la Sénatrice Claire-Louise Campion, chargée du suivi des agendas d’accessibilité a souligné une dynamique et une mobilisation certaine des acteurs, mais a déploré un nombre trop grand d’établissements encore hors la loi. Aujourd’hui, 300 000 ERP accessibles ou en voie de l’être et 500 000 établissements sont entrés dans le dispositif Ad’AP. 200 000 ERP encore inaccessibles aux personnes en situation de handicap se verront appliquer les sanctions prévues par le décret du 11 Mai 2016.
Ces sanctions demeurent cependant trop peu coûteuses, et longues à mettre en place, au regard du préjudice subi par les usagers de ces établissements. En effet, avant les répercussions financières, les ERP recevront deux courriers d’avertissements demandant de produire des justificatifs d’accessibilité ou de démarches liées au dispositif Ad’AP. Ensuite seulement, les amendes s’appliqueront. Concernant les ERP qui se sont engagés à faire des travaux, la mise en accessibilité sera également surveillée et des sanctions pourront être prises pour les retardataires.

Malgré tout, les associations se félicitent de ce que le cadre règlementaire du dispositif Ad’AP soit enfin complet, même s’il reste loin d’être achevé. Par ailleurs, elles préparent leur prochaine bataille, le projet de loi pour une République numérique. « L’accessibilité ne peut plus se concevoir aujourd’hui uniquement pour le bâti et la voirie » exprime la sénatrice.
À venir également, les mesures liées aux annonces d’Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, sur l’adaptation des logements des parcs social et privé.


29 juin 2016

Yvelines : moins de prév’, plus de golf

Le Tonton flingueur, surnom du président (LR) du conseil départemental des Yvelines, prend pour cible la prévention spécialisée. En décembre 2015, Pierre Bédier lance les hostilités : « La protection sociale, façon après-guerre, c’est terminé... Il faut bien organiser la fin. » En juin, ce discours se traduit par la disparition des éducateurs de rue dans 12 des 22 communes du département et l’hégémonie de l’IFEP, association proche de l’élu, pour mener l’ensemble des actions éducatives.
Face au mépris affiché, notamment lors du vote d’une baisse de 25% du budget de la prév’ tout en attribuant 700 000€ à un tournoi de golf, 27 organisations publient un tract pour que la résistance s’organise.

À lire aussi » Éducs en voie de disparition


28 juin 2016

On enferme bien les enfants

« Moi président » avait promis de mettre fin à la rétention des enfants. Au vu du rapport annuel des cinq associations intervenant dans les centres de rétention administrative, c’est encore raté. En 2015, la France a enfermé 105 enfants contre 45 en 2014 en métropole. À Mayotte, 4 378 enfants sont passés par la rétention ! Comble du cynisme, beaucoup sont rattachés arbitrairement à des adultes qui ne sont pas leurs parents. Condamnée par le Conseil d’État, la préfecture ne change rien à sa méthode d’expulsion expéditive et illégale.

Autre tendance : les centres de rétention deviennent des outils facilitant la dispersion de camps ou squats. Ainsi en novembre, 1 100 réfugiés expulsés de la « jungle » de Calais y ont été enfermés un peu partout en France. Provenant en grande majorité de pays en guerre, 95 % d’entre eux ont été relâchés après quelques jours.

Ces prisons administratives servent également à réguler l’immigration européenne, comme celle des Albanais qui passent par la France pour se rendre en Angleterre. « Il serait plus pertinent de trouver des accords de libre circulation, de même qu’à Mayotte, il faudrait trouver un mode de coopération avec les Comores » explique David Rohi, responsable de la commission éloignement de la Cimade.

Cette année encore, la Cimade réclame la fermeture des centres de rétention. « La solution qui consiste à fermer les frontières en dressant des murs illusoires démontre son inefficacité. Notre priorité est de trouver des politiques alternatives à ces procédures traumatisantes. » La loi du 7 mars 2016 qui entrera en vigueur en novembre irait plutôt dans la direction inverse. Elle réintroduit l’intervention d’un juge des libertés au bout de 48 heures et non plus de 5 jours, mais elle entérine la possibilité d’enfermer les enfants pour faciliter l’expulsion de la famille et réduit les délais de procédures et de recours.

À lire aussi » Le grand flou des Centres d’accueil et d’orientation