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6 octobre 2020

■ ACTU - Journée des aidants • Appel à l’aide

Au quotidien, les aidants familiaux d’un million de personnes en situation de handicap intellectuel et cognitif exercent une multitude de fonctions : transport, rééducation, enseignement, etc. « Nombre d’entre eux pallient, au quotidien, les manquements de notre pays et de notre prise en charge par la solidarité nationale », dénonce l’Unapei à l’occasion de la journée nationale des aidants ce 6 octobre.

Leur qualité de vie passe nécessairement par une réponse adaptée aux besoins et aux attentes de l’enfant ou de l’adulte accompagné. Cette Journée nationale qui leur est dédiée donne l’occasion de rappeler que leur vie est mise à rude épreuve. S’ils continuent d’accompagner, sans relâche, leur proche, beaucoup d’entre eux souffrent d’isolement et d’épuisement, des difficultés que la crise sanitaire a encore accentuées.

Filet de sécurité

Il n’existe pas d’aidant type. Les rôles que celui-ci endosse dépend des besoins du proche, de son handicap et de l’accompagnement par des professionnels dont il bénéficie au quotidien. Le rôle d’aidant apparait, très souvent à la naissance de l’enfant et impacte fortement sa vie tout au long de son existence.
Du jour au lendemain, l’aidant familial - très souvent la mère – multiplie les tâches au quotidien, revêt différentes casquettes pour combler le manque d’accompagnements dont son proche devrait bénéficier.

Tous les pans de vie de l’aidant en subissent les conséquences : travail, famille, loisirs, santé, finances. Et l’Unapei de marteler qu’il n’existe : « qu’une seule réponse durable à la situation de ces aidants : des solutions pour un accompagnement réalisé par les professionnels, global, coordonné et adapté à la personne handicapée ».

En attendant, l’association demande des mesures intermédiaires pour instaurer un « filet de sécurité » : recrutement et formation d’un plus grand nombre de professionnels au service des aidants dans leurs démarches administratives (caisse d’allocations familiales (CAF), maison départementale des personnes handicapées (MDPH), caisses de retraites) ; aménagement du cadre de travail pour assurer les rendez-vous médicaux ou médico-sociaux de leur proche ; effectivité de leurs droits notamment ceux prévus dans la stratégie gouvernementale « Agir pour les aidants » ; amélioration des droits à la retraite ; développement des solutions de répit sans reste à charge ; création d’un parcours médical du proche aidant. Ce dernier point implique une prise en charge médicale régulière qui permettrait de prévenir d’éventuels troubles et de mieux les accompagner dans le suivi de leur santé.


6 octobre 2020

★ INITIATIVE - Design inclusif : une collaboration fertile entre APF et SEB

D’un côté, le leader mondial du petit électro-ménager, à la tête d’un portefeuille de trente marques : le groupe mondial SEB.

De l’autre, APF France handicap, forte de ses 100 000 salariés, adhérents, bénévoles, élus.

Ayant candidaté ensemble dans le cadre de l’appel à projets sur le design social lancé par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), leur proposition a été retenue.

Le premier a mis à disposition des designers aux compétences reconnues emploie. Le second a pu mobiliser des personnes handicapées qui, fortes de leur expertise d’usage, sont les mieux placées pour imaginer des améliorations concrètes que les professionnels concrétiseront ensuite.

Ce partenariat a duré une grosse année de travail. Le résultat ? Un guide pour concevoir des objets et services du quotidien accessibles à tous. Le Good Design Playbook vient de sortir. Il est en accès libre :

Voir aussi : https://apf-conseil.com/good-design-playbook/


5 octobre 2020

■ ACTU - Ehpad à domicile • Expérimentation dans dix régions

Le concept "d’Ehpad à domicile" gagne du terrain. Il répond au souhait d’une majorité des personnes âgées dépendantes de rester chez elles le plus longtemps possible. Après des expérimentations locales, trois acteurs du médicosocial - la Croix-Rouge, la Mutualité et l’Hospitalité Saint-Thomas - vont déployer la formule au niveau national dans 19 départements, sur la base d’un cahier des charges commun.

Destiné à des personnes avec une forte perte d’autonomie (de GIR 1 à 4, selon l’outil qui évalue le degré d’autonomie), le dispositif propose de coordonner l’ensemble des acteurs intervenant au domicile : service d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD), service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), kiné, ergothérapeute, portage de repas, etc. « Une équipe pluridisciplinaire réalise une évaluation gériatrique pour déterminer le plan de soins, les besoins de coordination et d’accompagnement, puis met en place l’accompagnement avec les ressources du territoire », explique Audrey Bouchaud, chef de projet pour la Croix-Rouge.

Chaque équipe est rattachée à un Ehpad d’une des trois associations. "La personne peut bénéficier des différents services de l’Ehpad : ateliers collectif, consultations, restaurant. Des véhicules avec chauffeur pourront l’accompagner", poursuit-elle. Le dispositif prévoit aussi de sécuriser la personne à son domicile par un service de téléassistance classique, voire l’installation d’objets connectés (détecteurs de chute). Une astreinte de nuit est prévenue en cas de problème, et des places d’hébergement temporaire à l’Ehpad sont par ailleurs prévues dans le dispositif.

Un budget de 20 millions d’euros pour trois ans a été alloué au titre de l’innovation en santé (dispositif Article 51) : « Il permettra de financer la partie évaluation, coordination, astreinte, sans reste à charge pour le bénéficiaire ».


5 octobre 2020

✖ TRIBUNE - La lutte contre le séparatisme, à la sauce Macron

En tirant à la chevrotine, Emmanuel Macron atteint bien au-delà de ce qu’il vise. Une fois de plus, il s’attaque aux conséquences et non à la source de l’extrémisme islamiste.

La première cible visée, ce sont les établissements hors contrat de l’Éducation nationale qui seraient sous la coupe d’intégristes religieux. Ces écoles sont aujourd’hui au nombre de 1 700 et scolarisent 85 000 enfants (dont 50 000 dans le primaire et 35 000 dans le secondaire). La plupart de ces structures s’inspirent de pédagogies alternatives (Montessori, Steiner…), s’adressent à des publics spécifiques (écoles bilingues telles Calandreta pour l’occitan, Diwan pour le breton...) ou se centrent sur des territoires défavorisés (espérance banlieue, espérances ruralités…). Sur les trois cent écoles à caractère spécifiquement confessionnel, on imagine que la pieuvre islamiste étend ses tentacules sur tout le territoire. Surprise ! Seule une quarantaine sont d’obédience musulmane. L’immense majorité sont protestantes (40), juives (50) et surtout catholiques (200 écoles). S’il y a une prédominance, c’est donc bien celle de la calotte, plutôt que du Coran ! Ce qui n’en diminue pas la dangerosité. Dans son réquisitoire d’avril 2019, pour obtenir la fermeture d’une école musulmane, le Procureur de Grenoble en faisait une description inquiétante : « Les connaissances sont rabâchées. Il n’y a pas de production orale et écrite, pas d’enseignement artistique, pas de travail de groupe, pas d’ouverture sur le monde, pas d’encouragement à développer l’esprit critique. C’est du lavage de cerveau » (Sud-Ouest). Que dire alors de certaines de ces écoles traditionnalistes catholiques faisant l’apologie de Pétain et de la « race » blanche et refusant d’enseigner la théorie de l’évolution (1) ? De certaines de ces écoles évangélistes où l’on enseigne que les maladies ne sont pas dues à des facteurs chimiques, biologiques ou psychologiques, mais à l’influence de Satan (2) ? De certaines de ces écoles juives qui consacrent la moitié du temps d’enseignement à l’apprentissage de l’hébreu, de la Thorah et du Talmud, imposant la non-mixité, dès le CP et une tenue vestimentaire distincte entre garçons (costume noir, port obligatoire de la kippa) et filles (jupes longues) ? (3) Si l’objectif est bien de s’en prendre aussi à ces bastions de la superstition et de l’obscurantisme, ce serait une bonne nouvelle ! Il y a néanmoins comme un doute : on ne va quand même pas miner les fondements judéo-chrétiens de notre civilisation !

La seconde cible visée, c’est l’école à la maison. C’est tout à fait légal. Ce que la loi Ferry rend obligatoire depuis 1882, ce n’est pas l’école, mais l’instruction. L’éducation nationale est censée exercer, chaque année, un contrôle pour vérifier que chaque enfant concerné accède au « socle commun de connaissances, de compétences et de culture », correspondant à son âge. Ils sont près de 50.000 élèves à être ainsi scolarisés à domicile. Ils étaient entre 30 et 35.000 en 2017 et 41.000 en 2019. Cette croissance inquiétante ne résulte-t-elle pas d’une influence croissante de l’intégrisme ? Là aussi, le fantasme de l’hydre islamiste n’est qu’un leurre. Car, les raisons de ce choix des familles est bien plus diversifié. La motivation la plus courante relève du handicap ou de la maladie de l’enfant, de sa phobie scolaire ou du harcèlement qu’il a subi. En outre, certains parents, refusant l’élitisme du système scolaire officiel, opte pour une pédagogie alternative, plus respectueuse de l’épanouissement de l’enfant. Les raisons politiques ou religieuses ne sont pas exclues, mais elles sont loin d’être majoritaires. Avant de supprimer l’école à la maison et rendre obligatoire la scolarisation dans un établissement, il eut été pertinent de commencer par essayer de comprendre pourquoi ces familles refusent le système scolaire actuel. Et au passage de régler le problème des plus de 100 000 enfants non scolarisés dénoncé par la « défenseure des enfants » en septembre 2019. L’Éducation nationale se contenta alors de contester les chiffres !

La troisième cible visée concerne les dérives sectaires dont sont victimes les mineurs. Si le fondamentalisme islamique représente effectivement une véritable menace pour leur épanouissement, celle-ci ne vient pas que du seul salafisme. Les dernières estimations font état de cinq cents groupes sectaires dans notre pays. Ce qui représenterait 500 000 adeptes dont une estimation allant de 60 000 à 80 000 enfants. On ne compte plus les refus de soins au prétexte que la foi, la prière, le surnaturel ou la magie pourraient supplanter avantageusement médicaments ou interventions chirurgicales. Mais, il y aussi l’alimentation carencée : végétarisme strict, crudivorisme, macrobiotique, jeûnes purificateurs ... qui provoquent un déséquilibre alimentaire catastrophique provoquant un risque de retard staturo-pondéral, de décalcification, d’anorexie ou de rachitisme. Les sévices physiques sont parfois édifiés en méthode pédagogique suprême voulue par Dieu, seul moyen pour l’enfant de trouver la bonne voie. On peut comprendre que notre gouvernement cherche à préserver les jeunes générations d’une influence aussi perverse. Mais pourquoi, alors, s’être attaqué cet été, à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui a amplement fait ses preuves depuis sa création en 2002 ? Son personnel a été réduit de 14 à 8 membres et a été contraint de déménager de ses locaux pour être absorbés par le SG-CIPDR (organisme de lutte contre la radicalisation) ?

Emmanuel Macron l’a constaté lui-même : « nous avons concentré des populations en fonction de leurs origines, nous n’avons pas suffisamment recréé de mixité, pas assez de mobilité économique et sociale  » et, « sur nos reculs, nos lâchetés, ils (les organisations islamistes) ont construit leur projet ». Tel est bien le problème ! Cela fait des décennies que sévissent le racisme ; la ségrégation par la scolarité, l’emploi, le logement … ; les contrôles policiers au faciès ; l’enfermement dans les ghettos etc… Autant de réalités qui ont fait le lit d’un intégrisme prétendant apporter fierté, reconnaissance et identité à ces populations stigmatisées. Emmanuel Macron a rejeté le plan ambitieux qui lui était soumis par Jean-Louis Borloo en 2018, pour répondre massivement à cette situation. Assécher les sources de la radicalisation passe d’abord par la lutte contre la précarisation, l’aggravation des inégalités et la détérioration des droits sociaux. Ce sont bien ces conditions de vie de plus en plus difficile qui contribuent à jeter une fraction infime de ces personnes ainsi poussées au désespoir dans les bras des intégristes. « Avant de blâmer autrui, examinez-vous » dit un proverbe. Le problème perdurera tant qu’on se contentera de s’attaquer aux effets et non aux causes.

Jacques Trémintin

(1) « A l’école de la Fraternité Saint-Pie-X : la Révolution, cette imposture satanique » Doan Bui, L’obs, 2017
(2) « Rentrée des cla&sses : qu’apprend-on dans une école évangélique » Alice Papin - « Le Monde des Religions- (2014)
(3) in « Refus et refusés d’école » PUG, 2020


5 octobre 2020

★ INITIATIVE -Journal de bord de Trifon (2)- Braver la tempête

Embarqués sur le Trifon, un voilier de 16 mètres, quatre adultes dont un éducateur et quatre jeunes suivis en protection de l’enfance naviguent vers la presqu’île de Crozon. Partis le 28 septembre du port de la Rochelle, leur voyage devrait durer quinze jours, Guillaume Castellanos, l’éducateur à bord, nous envoie son deuxième billet :

À l’image de la météo, L’aventure est loin d’être un long fleuve tranquille.

Nous vous avons quittés, il y a six jours, avant de prendre le large... S’en est suivi une multitude de moments, certain plus intimes, d’autres plus volcaniques. Mais après la rencontre vient le moment de l’apprentissage du vivre ensemble, le tissage méticuleux de la relation.

48h00 de navigation à venir, mer assez agitée, à l’origine, de simples membres d’équipage, nous apprenons notre rôle de marins. « border, choquer, la drisse, cardinal, amarres... » voilà notre nouveau vocabulaire, à chaque mot correspond un geste, une technique.

La nuit arrive, nous nous répartissons en équipe pour assurer les quarts afin de permettre à tout le monde de garder ses forces. C’est également un moment privilégié pour apprendre à se connaître, se confier un peu plus, renforcer les relations.

Accompagnés parfois de quelques dauphins, du soleil, de la pluie et du vent, nous partageons nos vécus, nos expériences, les uns au service des autres voilà l’idée de l’équipage en construction.
La presqu’île de Crozon en vue et le pied posé sur la terre ferme, nous rangeons les voiles pour sortir les baudriers, les lignes de vie et les mousquetons. Une autre pratique au service de la relation.

La météo est partie prenante de l’aventure et les conditions qui diffèrent du quotidien de chacun, viennent impacter pleinement l’équipage et ses relations. Peur, anxiété, fatigue, lassitude, excitation, voilà que s’entremêlent différentes émotions, inégalement exprimées par chacun d’entre nous.

Là prend tout son sens, la posture à adopter dans la relation. En effet, outre les tâches à accomplir au quotidien pour permettre à l’autre de participer socialement au moment partagé, la question du temps est primordial. Partager, ce n’est donc, ni imposer, ni forcer l’autre à prendre ce qui lui est tendu par l’adulte. La relation nécessite de prendre en compte le temps et la stabilité dans le lien. Celui-la seul permet à l’autre de participer activement à l’élaboration de ce qui fait son cheminement de vie.

La météo, les événements et les émotions viennent soumettre à dures épreuves les relations... La capacité à tenir et résister permettra au groupe d’en ressortir grandi et à chacun d’expérimenter la fiabilité d’une relation apaisée.

Nous sommes le samedi 03 octobre, nous revenons d’une randonnée de 17 km sous le vent, et le sourire semble présent malgré la fatigue du corps.


2 octobre 2020

■ ACTU - Contrats à impact social • Le retour

Les contrats à impact social sont de retour. Ces outils financiers d’un genre particulier calqués sur les social impact bond anglais permettent à des financeurs privés d’investir dans des programmes sociaux avec retour sur investissement. L’Etat rembourse l’investissement avec intérêt selon les résultats fixés par des indicateurs de performance aux opérateurs sociaux.

L’entrée de la finance dans le social a été à l’origine portée par Sir Ronald Cohen, un financier britannique, père du capital risque et de l’investissement social qu’il qualifie de « cœur invisible » des marchés. Le concept avance l’idée que l’Etat est incapable de répondre à certains besoins sociaux. Les associations sur les territoires ont de bonnes idées, qu’il faudrait « passer à l’échelle », grâce à des financements privés et des méthodes calquées sur le monde de l’entreprise avec un paiement aux résultats par la puissance publique. Pour le collectif des associations citoyennes, l’outil ouvre surtout un nouveau marché au monde de la finance tout en lui apportant une caution morale. Mais « Comment peut-on se faire de l’argent sur le dos des plus démunis ? », questionne-t-il.

Nouveaux contrats

Les contrats à impact social arrivent en France en 2016 via un premier appel à projet au succès mitigé, lancé par la ministre de l’époque Martine Pinville. Ce 23 septembre, la secrétaire d’Etat à l’économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire, vient d’annoncer un nouvel appel à projet sur des contrats à impact non seulement sociaux mais élargi désormais à l’environnemental. Des contrats « modernisés » pour tenter de contourner les critiques issues de la première expérience. Opaques : rien ne filtre sur les taux de retour sur investissements et les contrats restent secrets. Complexes : dans ces contrats interviennent de multiples acteurs, Etat, collectivités, financeurs privés, associations, structurateur pour le montage financier, agence d’évaluation, évaluateur final… Et par conséquent coûteux, notamment pour la puissance publique à la fin qui rembourse avec intérêts si les objectifs fixés sont atteints. Peu de retour sur les sept contrats à impact social première génération signés en France ; tous restent discrets sur leurs concrétisations.

Industrialiser les CIS

Le nouvel appel à projet, porté par l’Ademe, vise la réduction des déchets et la lutte contre le gaspillage. Mais le gouvernement en promet deux autres avant la fin de l’année, l’un concernera l’insertion par l’activité économique et l’autre la lutte contre le sans-abrisme. Chacun bénéficiera d’une enveloppe de 10 millions d’euros. La volonté du gouvernement, poussée par le fort lobbying des entrepreneurs sociaux au niveau français et de la finance à impact au niveau mondial, est clairement énoncée par Olivia Grégoire qui prévoit à terme d’ « industrialiser les contrats à impact et en faire un outil ordinaire de l’action publique ». Bercy regarde avec envie vers la Finlande qui a lancé le plus gros contrat à impact social : 17 millions d’euros pour un seul projet. « C’est notre grand objectif », assure-t-il.

Le prétexte d’innovation sociale avancé lors du premier appel à projet pour contrer les critiques de privatisation des politiques sociales publiques n’est plus à l’ordre du jour. Désormais, les appels à projet visent des thématiques et veulent trouver un espace entre un Etat « patouf », comme l’a qualifié Olivia Grégoire interrogée sur France Inter le 26 septembre dernier, et des associations parfois de taille très modestes, « si leur idée n’est pas innovante, ce n’est pas un souci, nous voulons un projet nouveau pour le mettre à l’échelle et combler un besoin spécifique », explique Bercy.


1er octobre 2020

★ INITIATIVE - Il y a entreprendre et entreprendre

L’association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) propose aux personnes n’ayant pas accès au système bancaire traditionnel de créer leur propre entreprise, grâce au microcrédit accompagné.
Entre le 5 au 9 octobre, l’ADIE organise dans tout le pays des ateliers thématiques, forums, journées portes ouvertes, cafés créateurs... et web conférences accessibles gratuitement à tous les jeunes qui ont des projets d’entreprenariat et ont besoin d’infos et de soutien.

Pour trouver les évènements proches de son domicile, il suffit d’utiliser la carte interactive à l’adresse : https://www.adie.org/nos-ateliers/

La création d’une entreprise peut prendre une forme lucrative. Mais elle peut aussi se donner comme objectif l’utilité sociale, la viabilité économique et la gouvernance démocratique ou solidaire : c’est l’économie sociale et solidaire. Un site peut accompagner les porteurs de projet dans cette démarche : https://www.avise.org


30 septembre 2020

■ ACTU - Atteintes répétées au droit de manifester en France

L’enquête menée pendant 18 mois, par Amnesty France, est sans détour : depuis fin 2018, la répression des manifestations a été d’une ampleur inédite, dans notre pays.
« Manifester pacifiquement expose au risque de violences policières, mais aussi à celui de finir en garde-à-vue. En effet, les autorités ont instrumentalisé des lois contraires au droit international pour verbaliser, arrêter arbitrairement et poursuivre en justice des gens qui n’avaient commis aucune violence (…) Des milliers de personnes ont été verbalisées, interpellées, arrêtées et poursuivies en justice pour des activités pacifiques qui n’auraient pas dû être considérées comme des infractions. »
Le délit d’outrage concerne « tout écrit, toute image ou toute parole qui porte atteinte à la dignité ou au respect dû à une fonction publique ». Il est passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. En 2019, 20 280 personnes ont été reconnues coupables de cette infraction. A Narbonne, au mois de mai 2019, quatre manifestants ont fait l’objet d’une enquête pour outrage. Ils avaient déployé une banderole sur laquelle était écrit « Oui au muguet, non au LBD ».
Depuis avril 2019, dissimuler son visage pendant les manifestations peut valoir 15 000 euros et un an d’emprisonnement. Entre avril et octobre 2019, 210 personnes ont été placées en garde à vue et 41 manifestants condamnés pour cette infraction.
La crise du Covid-19 a permis aux autorités publiques de restreindre un peu plus le droit de manifester. Les arrestations et les poursuites arbitraires qui se sont multipliées au prétexte du non-respect de la distanciation sont une atteinte au droit à la liberté de réunion pacifique en France. Un grand nombre des personnes hésitent désormais à manifester.

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/video-rapport-amnesty-international-parfois-le-droit-francais-depasse-les-limites-par-rapport-au-droit-international-denonce-l-ong_4122093.html


30 septembre 2020

■ ACTU - Frontières • Zones de non-droit

« Refuser l’enfermement », c’est la seule solution préconisée par l’association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé). Dans son rapport d’observations 2018-2019, sorti le 29 septembre, le groupement de dix des treize associations habilitées à visiter les zones d’attente des aéroports, ces lieux de privation de liberté, dresse une longue liste de graves dysfonctionnements qui bafouent les droits humains. Depuis 30 ans, malgré ses plaidoyers et ses signalements, l’Anafé constate des refus d’enregistrement de la demande d’asile, des entretiens sans interprète, l’absence d’avocat et de possibilité de téléphoner, des expulsions sans examen de la demande d’asile, l’enfermement de mineurs…

Entre janvier 2018 et juillet 2019, près de 23 000 étrangers se sont vus refuser l’entrée sur le territoire français. Plus de 15 000 ont été maintenus dans une des 96 zones d’attentes aménagées dans les ports, les gares ou les aéroports internationaux. Perçue par les autorités comme le « dernier rempart contre l’invasion », cette procédure de maintien est encadrée juridiquement et limitée à 26 jours, le temps de déterminer s’ils peuvent entrer ou doivent quitter le territoire. En théorie, des droits sont garantis à l’étranger et il bénéficie de voies de recours. Mais le prétexte du « risque migratoire » amplifié par la crainte du terrorisme engendre au quotidien des violations des droits et des décisions arbitraires.

Entrave au droit de regard

Le rapport alerte sur la difficulté grandissante pour les associations habilitées par le ministère à remplir leur rôle de contrepouvoir démocratique. En tant qu’observatoire des pratiques de maintien et de refoulement aux frontières, l’Anafé a pour objectif de faire évoluer la législation, les pratiques et de dénoncer les violations du cadre légal. Cette évolution repose sur un dialogue avec les policiers lors des visites, mais aussi avec les services centraux. Or, couverte par sa hiérarchie, la police au frontière se sent légitime à entraver ce droit de regard.

Malgré ces difficultés, les militants associatifs parviennent à s’opposer aux atteintes à la légalité. En 2018 et 2019, l’Anafé a permis à 101 personnes de parvenir à faire enregistrer leur demande d’asile, à 98 de dénoncer des pressions et des violences policières. L’association a procuré un accompagnement à quinze enfants dont la minorité était remise en question. Ponctué de témoignages de visiteurs et d’étrangers maintenus en zone d’attente, ce rapport de 218 pages décrit un État qui bafoue le droit d’asile. Face à cette menace pour notre démocratie, l’Anafé appelle à « la mobilisation contre l’enfermement administratif des personnes étrangères, une nécessité pour garantir la sécurité, la santé physique et mentale, voire la vie des personnes en migration. » Une manière de replacer le débat : c’est une crise de l’accueil et non de la migration.


29 septembre 2020

■ ACTU - Manifestation de jeunes sans-papiers à Clermond Ferrand

Le 26 septembre, une cinquantaine de jeunes majeurs, et quelques-uns de leurs soutiens, se sont rassemblés à Clermont-Ferrand pour réclamer le droit à la dignité. Après avoir lutté pour survivre pendant plusieurs années, ils demandent la régularisation de leur situation, pour construire pleinement leur avenir et vivre librement. Au départ, seul un regroupement statique était prévu.
Mais, les jeunes ont décidé de partir en manifestation pour se rendre devant la préfecture, portant de nombreuses banderoles et cartons confectionnés par leurs soins et criant des slogans évoquant leurs revendications :
«  assez de récépissés », «  un titre de séjour !  ».

Les prises de parole ont fait état des difficultés pour avoir un logement, un travail, pour poursuivre des études, du colonialisme français, de l’égalité des droits, du racisme. Le préfet a accepté de recevoir les jeunes et leurs soutiens, pour faire avancer leur situation.
Un vœu de soutien a été voté par la majorité du Conseil municipal
de Clermont-Ferrand.