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4 avril 2020

★ INITIATIVES - La Délégation APF France handicap Haute-Garonne lance un groupe Facebook pour échanger, partager, se soutenir durant la période de confinement pour cause du COVID-19

La Délégation APF France handicap Haute-Garonne se mobilise toute l’année pour sensibiliser le grand public au handicap. L’association œuvre au quotidien pour une prise de conscience du grand public au fait qu’une personne en situation de handicap est une personne comme une autre, ayant droit au même respect et aux mêmes droits.

APF France handicap agit pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap : droit, comme tout citoyen à se former, se divertir, travailler, à un accès à la cité, sa voirie, ses espaces publics, à une vie sentimentale et sexuelle ; à la parentalité…
Tout en se montrant résolument optimiste et en faisant preuve de conviction, la Délégation APF France handicap Haute-Garonne a le souci de ses adhérents.
À la suite de l’allocution présidentielle diffusée le 16 mars 2020 à 20 heures, un confinement national est annoncé.
Afin de pallier ces mesures gouvernementales, la délégation APF France handicap Haute-Garonne se donne pour objectif durant cette période de produire un moyen de maintenir le lien social et de briser la morosité ambiante.
L’objectif principal serait de partager : de parler de soi, des autres, de la culture, de faire rire, sourire, émouvoir…
Résultant de cette nouvelle idée, un groupe Facebook est créé dans la semaine qui suit.
Son nom : « Ce qui nous lie. Notre virus... la solidarité. ».
Une seule règle est donnée : créer un environnement chaleureux en bannissant les informations liées au COVID-19.
En effet, toutes discussions, débats, blagues, photographies ou vidéos portant sur le sujet du COVID-19 sont bannies de ce groupe.

De nombreuses personnes, adhérentes ou non à l’association APF France handicap, se rassemblent autour de ce réseau social pour partager leur quotidien de manière positive. Entre challenges, photos du jour, films préférés ou même minutes culture, les publications ne cessent de s’accroître chaque jour.
Depuis le 19 mars 2020, date de création du groupe Facebook, plus de 250 personnes échangent de leur domicile entre elles et à l’aide d’activités proposées par la Délégation APF France handicap Haute-Garonne.

Malgré ces temps tumultueux, chaque personne peut être assurée que ce groupe Facebook lui apportera une ambiance positive à son confinement.
La Délégation APF France handicap Haute-Garonne espère vous compter parmi ses collaborateurs de bonne humeur !


LIEN SOCIAL n°1270 en accès libre


4 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Un quotidien tricoté dans la bienveillance

Par Tristan, Educateur de Jeunes Enfants dans une MECS.
Mercredi 1er avril, 15h37
Je n’étais pas présent la première semaine de confinement. Arrêté pour cause d’asthme allergique, j’ai pu reprendre rapidement. Au départ le choc puis la culpabilité de ne pas accompagner les jeunes et les collègues et enfin l’appréhension d’aller travailler mais le sentiment d’être où je le dois.

Je retrouve une partie des jeunes qui sont restés confinés avec nous tandis que l’autre partie des jeunes sont chez leurs parents. L’étrangeté de savoir des jeunes qui nous sont confiés pour X raisons chez leurs parents à plein temps s’estompent peu à peu. Les appels et les visites se succèdent. Les parents et les jeunes jouent le jeu.

Les derniers jours sont lourds en émotions. Une mère tombe malade, elle est hospitalisée, l’inquiétude de la fratrie, palpable.
Une autre mère coincée au pays, à court de traitement, avec qui il va devenir impossible de communiquer.
Le genre de situation qui ne reste pas à sa porte d’entrée, ni lorsque vient le moment de mettre au sale tous les vêtements qui pourraient être contaminés.

Nos dix gamins de 7 à 17 ans, ces gamins-là, qu’on ne veut décidément pas voir, sont la lumière de nos journées. La peur d’aller travailler et de choper ce virus s’évanouit, chaque jour, grâce aux moments passés avec eux. Le bonheur du partage l’emporte, plus que jamais, sur tout le reste. Ils sont courageux. Ils font chacun des efforts pour faciliter l’entretien de la maison et la vie du groupe.

Nous passons du temps à table, comme ces longs repas familiaux qui s’éternisent. Mais, cette fois sans oncle un peu gênant. Nous enchaînons avec le travail. La scolarité devient difficile pour certains et, pour d’autres, c’est un réel soulagement de ne plus aller à l’école. Nous jonglons, tant bien que mal, entre les différents niveaux de classes de jeunes, de tous les mails reçus, de tous les devoirs à envoyer.

Nous tentons de laisser place, autant que faire se peut, au plaisir et à la convivialité. Les plateaux télé y participent autant que les moments de lectures de BD tous ensemble (nous les harcelons pour qu’ils lisent des romans !).

La petite cour que nous avons la chance d’avoir nous soulage grandement. Il s’y joue dans l’après-midi des parties de ping-pong endiablée. Il s’y déroule des discussions alimentées par un soleil réconfortant. Il s’y étale du chocolat sur le visage quand le goûter est trop bon.

Puis, la peur encore qui revient. Surtout le soir, quand la nuit se prépare et que tout devient plus fragile. Il faudra rentrer et laisser les jeunes avec leurs peurs, avant de rejoindre les nôtres. Quelques derniers câlins pas vraiment réglementaires (le mètre barrière n’est pas respecté), mais indispensables.

Mes collègues viennent et rentrent, quoi qu’il en coûte. Des métros encore en circulation au vélo de ville un peu brinquebalant. De magnifiques vagabonds efficaces.

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


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4 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ - Le Conseil d’État refuse la fermeture des centres de rétention : protection au rabais pour les étrangers


Par une ordonnance du 27 mars 2020, le juge des référés du Conseil d’État, saisi par l’ADDE, La Cimade, le GISTI, le SAF et le CNB, vient de refuser la fermeture temporaire des centres de rétention administrative pour cause d’épidémie de COVID-19. Le Conseil d’État impose cependant au Ministère de l’intérieur des limites dans l’utilisation de ces lieux de privation de liberté.
L’ADDE, La Cimade, le GISTI, le SAF et le CNB regrettent que le Conseil d’État ait refusé de tirer les conséquences nécessaires de l’exceptionnelle gravité de l’épidémie de COVID-19, qu’il a pourtant longuement soulignée, et ceci, alors même que la Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, le Défenseur des droits, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté et le bureau de la Commission nationale consultative des droits de l’homme appellent à libérer tous les migrants en rétention administrative pendant la crise du COVID-19.
Le juge des référés reconnaît pourtant que le droit de recevoir les traitements et les soins appropriés à son état de santé constitue une liberté fondamentale au sens des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.
Il considère en outre que le placement ou le maintien en rétention d’étrangers faisant l’objet d’une mesure ordonnant leur éloignement du territoire français ne saurait, sans méconnaître l’objet assigné par la loi à la mise en rétention, être décidé par l’autorité administrative lorsque les perspectives d’éloignement effectif du territoire à brève échéance sont inexistantes.
Il ressort donc de cette décision qu’aucune rétention administrative n’est désormais possible en dehors du cas où le départ des personnes concernées peut être organisé à brève échéance.
Cela suppose que l’administration soit en possession du passeport en cours de validité de la personne placée en rétention ou que la délivrance d’un laisser-passer consulaire soit donnée comme imminente et certaine, que les frontières du pays de destination soient ouvertes au transport international de voyageurs en provenance de France et qu’un mode de transport soit immédiatement disponible pour un départ effectif à brève échéance.
La majorité des personnes actuellement encore enfermées en rétention ne remplissent pas ces conditions et doivent être libérées, leur expulsion étant impossible à brève échéance.
Cela suppose également que le nombre de personnes enfermées dans les centres de rétention administrative soit drastiquement réduit, afin d’éviter toute forme de promiscuité qui serait manifestement incompatible avec la lutte contre l’épidémie, et que les personnes retenues ainsi que le personnel des centres de rétention aient un accès constant et effectif aux moyens d’hygiène permettant d’éviter la propagation du COVID-19.
Nos organisations constatent que tel n’est pas le cas et rappellent que les centres de rétention ne sont pas destinés au confinement sanitaire des personnes qu’ils renferment.
Puisque le Conseil d’État a pris sa décision en considération des « circonstances particulières du temps présent » (point 14), chacune des organisations signataires se réserve la possibilité de le saisir de nouveau, seule ou conjointement avec d’autres organisations, en fonction de l’évolution des circonstances.
Au-delà de cette décision, nos organisations comme de nombreuses autorités administratives indépendantes réitèrent leur demande au ministère de l’intérieur de fermer les centres de rétention au regard de la crise sanitaire et compte tenu de l’impossibilité d’exécuter les expulsions de la plupart des personnes visées.


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3 avril 2020

★ INITIATIVES - Les jeunes du foyer Salengro s’expriment en direct

Si les médias papier ont du mal à continuer leur diffusion (Lien Social en premier), il n’en va pas de même de l’audio-visuel. Radio Larsen a pris l’initiative d’une émission donnant la parole aux jeunes placés à la maison d’enfants de Salengro, située à Lille.
Alors que les professionnels ont pu s’exprimer, voilà une occasion unique d’entendre les ressentis, vécus, attentes de ces enfants face à cette « drôle » d’actualité.
«  Compliqué de ne pas voir notre famille et nos copains », explique Christopher.
« Les éduc’ sont un plus sévères que d’habitude  », complète Chloë.
« On est six à la maison, je préfère rester ici  », rajoute Sylvia.
Plus grande participation au fonctionnement du foyer (ménage, cuisine …), le nécessaire partage des consoles de jeux, la présence d’adultes de la réserve sanitaire venant en renfort des travailleurs sociaux …
A retrouver sur : https://radioscarpesensee.com/emissions-jeunesse/radio-larsen/


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3 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ - COVID-19 : Ouverture de la plateforme solidaires-handicaps.fr

Communiqué du 31 mars 2020 du CNPH ; ANCREAI, secrétariat général du Comité interministériel du handicap

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Où chercher assistance et accompagnement lorsque l’on est en situation de handicap ? Où trouver des ressources lorsque l’on aide un proche handicapé ? Vers qui peuvent se tourner les professionnels qui souhaitent s’engager auprès des publics concernés par les handicaps ? Ce sont les missions de la nouvelle plateforme solidaires-handicaps.fr lancée lundi 30 mars 2020.

La plateforme en ligne solidaires-handicaps.fr, lancée aujourd’hui, facilite la mise en relation entre les personnes handicapées, leurs aidants, les professionnels et les dispositifs d’accompagnement et d’appui qui leur sont destinés. Une initiative du Conseil national consultatif des personnes handicapées et de la Fédération des Centres Régionaux d’Études d’Actions et d’Informations (ANCREAI), sous l’égide du Secrétariat d’Etat chargé des Personnes handicapées et avec l’appui du Secrétariat général du Comité interministériel du handicap (SG CIH).
Face à la crise sanitaire sans précédent que traverse la Nation, de nombreuses initiatives et dispositifs solidaires, privés, associatifs, publics, émergent sur les territoires. Nombre d’entre eux concernent les personnes en situation de handicap, leurs aidants et leurs soignants, perpétuant une solidarité forte qui marque ce champ depuis de nombreuses décennies. Ces initiatives viennent en soutien de l’action des professionnels des structures sociales et médico-sociales déjà en première ligne depuis le début de la crise.
La plateforme solidaires-handicaps.fr, en recensant l’ensemble de ces initiatives sur les territoires, et en facilitant leur mise en relation avec les publics, permettra :
• aux personnes en situation de handicap, à leurs aidants et aux professionnels, de trouver des solutions à proximité de chez eux. Par exemple : Je suis seul(e) avec mon proche en situation de handicap, j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à faire mes courses, aller chercher mes médicaments à la pharmacie.
• aux structures et organismes de proposer leurs services. Par exemple : fournir aux aidants un coaching à distance pour les aider à gérer la période de confinement avec leur proche en situation de handicap.
• aux volontaires de proposer une aide bénévole (ouverture prochaine de cette fonctionnalité). Par exemple : je suis psychologue, je veux apporter mon aide à distance.

Vous ne trouvez pas immédiatement de réponse à votre demande ? Un système d’alerte vous prévient en temps réel lorsqu’une solution peut vous être apportée.
L’utilisation de la plateforme est accessible et gratuite. Elle possède également d’une base de ressources avec de la documentation, des tutos, les numéros utiles.
Elle est destinée à s’enrichir au fil de l’eau de toutes les initiatives déclarées. Pour référencer une initiative de solidarité, il suffit de remplir le formulaire suivant : https://www.solidaires-handicaps.fr/action/new/perimetre


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3 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Ne pas oublier le travail des familles d’accueil

Par l’Association « Ass Fam 17, ensemble ! ».
Mercredi 1er avril « 16h22 »

La France vit en confinement depuis plus de 15 jours.
Nous sommes Assistants Familiaux comme 40 000 autres collègues en France et nous accueillons la moitié des jeunes placés à l’Aide Sociale à l’Enfance.
Pour permettre à ces jeunes de vivre et de s’inscrire ou de se réinscrire dans la vie sociale, l’Assistant Familial doit etre un tuteur solide, capable de supporter les problématiques que l’enfant ou l’adolescent emporte avec lui et apporter une base sécure et enrichissante, appropriée à l’ensemble de ses besoins et indispensable à sa construction.
Nous accompagnons, soutenons, éduquons des enfants « écorchés », « abimés » par la vie.
En Charente Maritime, nous sommes aujourd’hui environ cinq cent Familles d’Accueil (FA) à prendre en charge des jeunes de 0 à 21 ans, confiés au Département majoritairement par le Juge des Enfants.
Et, nous aussi, nous sommes en confinement ... Tous ces jeunes sont avec nous (entre un et quatre jeunes suivants les FA) et nous les accompagnons 24h/24 et 7jrs/7, comme tout au long de l’année. A la différence que pendant la durée du confinement, nous n’avons pas le moindre répit, plus la possibilité de prendre un congé sur nos 35 jours annuels, plus de WE « repos », plus de moments intimes avec nos propres enfants et nos conjoints.
Nous constatons que bien qu’étant des soignants, à part entière, des maux de personnes fragiles, on ne parle quasiment ni des Familles d’Accueil, ni des enfants pris en charge même si on commence à apercevoir quelques articles concernant les Maisons d’Enfants à Caractère Social ou les Foyers.
Notre métier est complexe et méconnu. En ce temps de confinement, il est oublié.
Ces jeunes portent avec eux leur "sac à dos" de souffrance, d’histoire familiale difficile, violente et parfois ont des handicaps, développant des troubles de l’attachement, de la personnalité (violence, agressivité), troubles de l’apprentissage. Mais le soin, dont ils ont tant besoin est aussi « suspendu » à cause du confinement. Ils n’ont plus leur rendez vous en hôpital de jour, leurs ateliers et leurs prises en charge dans les Centres d’Action Médico Sociale Précoce ou les Centres Medico Psychologiques sont annulées ou éventuellement « remplacées » par des entretiens par téléphone , ce qui n’est pas adapté à un nombre important d’enfants.
Actuellement, ces jeunes, tout comme nous, ne peuvent plus sortir : leur école, leur IME ou leur ITEP sont fermés.
Alors que nous faisons de notre mieux et allons continuer à faire de notre mieux afin de les accompagner à grandir, à accepter, comprendre et décrypter ce difficile moment. Nous avons dû rajouter à toutes nos casquettes portées jusque-là au quotidien, celle d’instit, de prof, en l’absence d’un cadre scolaire qui est le plus souvent indispensable pour un grand nombre de nos jeunes accueillis.
Nous recevons les émotions diverses et variées de ces jeunes et nous devons les aider à les gérer bien entendu. Ensuite, il nous faut pouvoir les travailler, les évacuer.
Nous, assistants familiaux, devons « assurer », être forts pour eux, pour éviter qu’ils aillent encore plus mal, pour accompagner leur mal-être qui va s’amplifier avec le temps : ils ne voient plus leurs familles, ne rencontrent plus leurs pairs, ne sortent plus.
Tout comme nous... nous ne sortons plus, nous ne voyons plus ni amis, ni collègues, ni nos familles élargies, nous travaillons sans relâche, sans répit, mais nous sommes là pour les enfants accueillis.
Notre Direction a mis en place des accueils téléphoniques, nous adressent des mails, la majorité des référentes sont joignables et disponibles et ça c’est important, car ce temps de confinement va être long.
Nous ne lâcherons pas, car il n’est pas question de laisser ces enfants et adolescents qui ont besoin de nous. Mais, certains moments vont être difficiles, conflictuels, dans la gestion de crise, dans la gestion de certains handicaps tel que l’Autisme ...
Nous, Assistants Familiaux, sommes des êtres humains et la fatigue psychologique et physique va s’installer au fil des semaines de confinement, mais toujours présents au travail.
Après le confinement, notre métier riche de pleins de petits Bonheurs, mais si complexe, va avoir besoin de bienveillance et de reconnaissance au vu de ce que nous aurons traversé.
Reconnaissance en permettant aux Assistants Familiaux qui le souhaitent de prendre des congés, en convainquant nos élus de nous accorder une prime. Et même, obtenir des temps de repos supplémentaires pour récupérer toute l’énergie que nous déployons.
Bienveillance, mot clé de notre association de Familles d’Accueil qui questionne : une fois le confinement fini, les Assistants Familiaux et leurs familles auront, chacune et chacun besoin d’être écoutés, entendus, compris dans ce qu’ils auront traversé.

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2 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Brèves de comptoir éducatives non confinées

Par Éric Jacquot, Directeur de lieu de vie et d’accueil.
Mardi 31 mars, 12h23

Pendant la crise du coronavirus et aussi avant, les éducateurs sont absents du discours politique et médiatique, ils n’existent pas, ils sont les invisibles d’un système. Ils sont pourtant au front sans masque, ni gel, un peu comme sur le toit de Tchernobyl sans protection. Ce sont les anonymes d’une société particulière fournisseur officiel de gilets jaunes.

Attention les ultras riches, il ne va pas falloir vous contenter de réparer la toiture de Notre Dame. Je ne suis pas certain que cela va suffire.

Il faudra faire les comptes après, on ne va pas pouvoir laisser passer ça.

N’y a-t-il que les paniques collectives pour redonner aux gens, un peu d’humanité ?

La veille sanitaire des bureaucrates, c’est les 35 h à la maison sur un minitel dédié en signant le formulaire A45-b2 w516 alinéa 3 du décret du 11 septembre 2001 ?

Vu le nombre d’appels, de SMS, de mails que j’ai en cette période de crise, je sais maintenant que je ne pourrai jamais être standardiste.

Bon en même temps, je fais l’éducateur avec trois enfants placés chez moi en confinement total. Je fait les courses, je suis aussi directeur, homme de ménage, veilleur de nuit, maitresse de maison, cuisinier et l’éducation nationale qui d’habitude s’empresse de foutre les gamins dont on s’occupe à la porte de leurs établissements m’inonde de mails pour les faire travailler à la maison. J’ai dû rater un épisode !

Le moment exceptionnel, c’est une seconde et après une autre.

Bas les masques où sont les masques ?

Dans une situation quand cela va trop bien, trop vite, il faut déjà se préparer au pire avant d’ouvrir le champagne.
L’origine de la maltraitance se cache souvent derrière un tableau Excel qui ignore son pouvoir de nuisance.

Il ne suffit pas de croire, encore faut-il se donner les moyens de ne pas trop y croire.
On peut décider de tout et n’arriver à rien.

Entre les effets d’annonces et la réalité, il y a nous.

Question à trois points : Quelle différence y a-t-il entre un scientifique et un technocrate ?

L’absence de masque contribue à la diffusion de la parole.

En période de COVID 19, l’abnégation est la reine des vertus mais enfin pas pour tout le monde.

La réalité, le moindre geste, la moindre des choses ne supportent pas le confinement dans un tableau Excel.

L’urgence ne se traite pas à coup de protocoles, de recommandations de sociétés de savants. Ceux qui parlent du front feraient bien d’y aller et y mètrent les mains mais pas que dans un hôpital militaire encore vide avec un masque dernière génération.

Les chiffres ne reflètent jamais une réalité, les mots sont beaucoup plus précis.

J’ai parlé à la N-1 du dircab du dispositif résilience 23HBD. Elle va convoquer le DRH dans ces prochains jours afin de définir un protocole pour évaluer un dispositif rapide de sauvetage du TITANIC.

Hier, j’ai trouvé une bouteille à la mer avec un message à l’intérieur « ici le capitaine NEMO, vous en êtes où pour la livraison des masques ? ».

Le changement c’est pour demain. Circulaire AK47COVID19, contact : demain-on- rase gratis@changer de gouv.org

Mes deux chatons apprécient cette histoire de confinement avec trois enfants de plus à la maison, c’est trois fois plus de câlins.

Le confinement est bon pour la clinique.

Aujourd’hui je leur ai fait écouter ARNO « Dans les yeux de ma mère » et après on a bossé sur le texte. Passé l’étonnement, sont venus les commentaires et les questions. On a fait la classe de la vie !

Le confinement apporte des choses concrètes sur notre façon d’être au monde.

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2 avril 2020

✖ TRIBUNE - Des jeunes réservés

Le 24 mars, la secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé a lancé un appel aux étudiants en travail social volontaires pour constituer une « réserve sociale ». En réaction, un Comité de mobilisation publie une tribune.

Lire la tribune


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2 avril 2020

✚ COMMUNIQUÉ - COVID-19 : versement des prestations sociales le 4 avril 2020

Face à la crise épidémique, le Gouvernement a fait du maintien de la solidarité nationale une priorité. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics et Christelle Dubos, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, ont travaillé de concert avec les caisses nationales de sécurité sociale - la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (MSA), l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) – la Banque de France, la Fédération bancaire française et les acteurs bancaires concernés afin que les personnes les plus précaires continuent de percevoir les aides auxquelles elles ont droit et d’exécuter les opérations bancaires dont elles ont besoin dans les meilleures conditions.

Le Gouvernement a décidé le versement anticipé par les CAF et caisses de MSA des prestations sociales qu’elles gèrent, afin qu’elles soient disponibles sur le compte bancaire de tous les allocataires concernés dès le 4 avril 2020. Cette décision s’applique à l’ensemble des allocations et prestations versées par ces organismes : minima sociaux (RSA, allocation adulte handicapé, …), prime d’activité, aides personnelles au logement, allocations familiales.

Les personnes bénéficiant de ces aides et souhaitant retirer de l’argent liquide, pourront dès samedi le faire soit auprès des distributeurs automatiques de billets au moyen de leur carte de retrait, soit, à défaut, en se rendant dans leur agence bancaire. Compte tenu de l’épidémie de Covid 19, et afin de permettre de respecter les gestes barrières, les autorités recommandent chaque fois que cela est possible de retirer les sommes versées dans les distributeurs de billets plutôt qu’en agence.

Les allocataires ont été informés par les CAF et caisses de MSA de ce versement précoce depuis dimanche 29 mars.

Le Gouvernement a par ailleurs réuni l’ensemble des acteurs bancaires comptant dans leurs clients des bénéficiaires des minima sociaux, et leur a demandé de prendre les mesures nécessaires pour accueillir dans de bonnes conditions les personnes qui auront besoin d’exécuter des opérations bancaires en agence.

Les établissements bancaires ont ainsi veillé :

A l’approvisionnement en liquidités suffisantes pour répondre à la demande de retrait et à l’augmentation exceptionnelle des plafonds de retraits si nécessaire.

Aux mesures de protection des publics accueillis et des agents, en lien avec les préfectures.

A la bonne information de leurs clients quant aux moyens d’exécuter leurs opérations bancaires, en leur notifiant par exemple les agences les plus proches restées ouvertes pendant la période.

Les ministres saluent l’engagement et la mobilisation des groupes bancaires et tiennent à remercier l’ensemble des personnels mobilisés, au sein des banques, des CAF, des caisses de MSA et de l’ACOSS, afin de permettre le bon versement des prestations sociales à nos concitoyens les plus fragiles.

le Gouvernement rappelle que le versement des minima sociaux par les CAF et MSA sera assuré et que la continuité des droits sera garantie. Les allocataires qui doivent faire maintenant ou prochainement une déclaration trimestrielle de ressources sont encouragés à la faire par internet. Cependant, toute personne dans l’incapacité de renouveler sa déclaration trimestrielle auprès des services des CAF verra le versement de ces aides sociales auxquelles elle avait droit jusqu’alors automatiquement renouvelé.

En France en 2018, les minima sociaux représentaient 4,25 millions d’allocations versées. 7 millions de personnes sont ainsi couvertes par les minima sociaux.


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2 avril 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Les carences des départements

Par F. C. Educatrice Spécialisée dans un Foyer départemental de l’enfance.
Reçu le lundi 30 mars 8h08
Nous sommes éducatrices, éducateurs, maitresses de maison et veilleurs de nuit dans un foyer de l’enfance. Structure du département, le département chef de file de la protection de l’enfance, et nous sommes là.
Dès les premières annonces, fermeture des écoles, fermeture des restaurants, annonce du confinement, les rangs se sont éclaircis : il y a ceux qui ont été obligés de rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants, ceux qui ont été obligés de se confiner aux premiers symptômes suspects, et ceux qui se sont mis en télétravail.
Et nous sommes restés là, à réorganiser dans l’urgence nos planning pour assurer une continuité de service de manière à demeurer au service du service. Travail le week-end, allongement des amplitudes horaires, petit à petit, nous nous sommes retrouvés là où nous ne devrions pas être. En cuisine ou en course pour assurer nos subsistances et nourrir les enfants, dans la lingerie pour entretenir le linge, serpillère en main pour désinfecter les locaux, dans les hôtels à servir des repas pour toute la population se déclarant mineurs non accompagnés en cours d’évaluation, ou à effectuer des contrôles de température. La liste est longue, ce sont tous ces moments qui jalonnent la vie quotidienne.
Les premiers symptômes apparaissent chez les enfants, symptômes réels ou imaginaires, et nous sommes là à essayer de prendre du recul, agir de manière à les protéger et à prendre en compte leur besoin. Faute de moyen et de professionnels, nous sommes en situation d’évaluer ces symptômes !
Nous sommes en crise sanitaire, « en guerre » pour reprendre les mots du président Macron, et nous n’avons qu’une seule infirmière, aucun médecin et ceci pour pas moins de 200 mineurs accueillis dans cet établissement. Très rapidement, nous faisons remonter nos besoins : nous avons besoin d’aide médicale pour prendre en charge ces mineurs et d’une aide psychologique que nous n’avons plus ceci pour évaluer leur état physique et psychique ! C’est une crise ! Et elle est sanitaire !
Nous avons besoin de personnel qui prenne le relais sur l’intendance de ces maisons : entretien des locaux, entretien du linge, confection des repas, approvisionnement. Les éducateurs se retrouvent en ces lieux et places, alors que leur place devrait être de s’occuper des enfants, et uniquement de cela. Faire les devoirs, jouer avec eux, les rassurer, tout faire pour que leur vie en soit au minimum impacté.
Les protocoles tombent, les notes de services aussi, mais pas les moyens.
En l’absence de moyens réels de protection, on nous demande de respecter les mesures barrières. Nous voilà à rire du burlesque de la situation : servir une assiette à 1m de distance, s’asseoir à côté d’un enfant qui fait ses devoirs pour l’aider est évidement à proscrire.
Nous ne rions pas longtemps : contenir, consoler, partager, nos gestes du quotidien sont devenus source de danger, pour nous mais aussi pour eux.
Comment faire sans ? Comment faire avec ?
Autour de nous, le secteur privé s’adapte : des entreprises fournissent leurs moyens de protection au personnel médical ou d’autres exposés, d’autres les fabriquent. Les entreprises se mettent au service du public cet de cette crise.
Et nous, nous ne voyons rien arriver....
Nous sommes en guerre, il faut redéployer les troupes Mesdames, Messieurs les représentants du département : 2400 agents au sein de notre collectivité, et on nous oublie ! Qui pour nous aider à confectionner des repas ? Qui pour nous aider pour entretenir les locaux ? Qui pour nous aider à contenir ces enfants ? Qui pour nous aider à prendre soin d’eux ! Qui pour nous aider tout court ?
Il y a 2400 agents au sein de la collectivité !
Le département, chef de file de la protection de l’enfance, ne protège plus ses enfants ni ses agents d’ailleurs.

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