L’Actualité de Lien Social RSS


26 mars 2020

■ ACTU - Handicap : des professionnels envoient un message positif

La maison d’accueil spécialisée (Mas) de Oignies (Pas-de-Calais), gérée par APF France Handicap, partage une vidéo pleine d’espoir sur l’accompagnement des personnes en situation de handicap en période de Covid-19. Le confinement n’empêche pas l’humour.


26 mars 2020

■ ACTU - Quartiers populaires - La coordination Pas sans Nous appelle à solidarité

Covid-19  : parce que nous avons toujours su montrer que la solidarité est très forte dans nos quartiers, aujourd’hui plus que jamais, soyons solidaires.

Respectons les règles de confinement et d’hygiène.

Continuons aussi à soutenir, quand nous le pouvons, nos voisins et nos anciens (imprimer et/ou écrire des dérogations pour les autres, faire des courses, garder les enfants, prendre juste des nouvelles de ceux qui sont isolés, fragiles et peut-être malades, donner ou troquer des denrées, etc...).

Enfin soyons courageux-ses et fort-es car nous savons que nos quartiers, qui sont déjà frappés par la misère, subiront plus durement cette crise. En effet, on y trouve un grand nombre de logements insalubres ou surpeuplés, un plus grand nombre d’emplois précaires, un plus grand nombre de personnes avec une santé fragile...

Donc faisons attention à nous, faisons attention aux autres, soyons solidaires et les plus responsables possible.


25 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Directives et Foutage de gueule, le quotidien d’un éduc de MECS (1)

Par G. M., éducateur spécialisé en MECS
Vendredi 20 mars à 17h25

Partie 1
J+1, On est social nous ! pas Sanitaire !

On déclenche le confinement dans l’établissement, en répondant aux demandes du département, en terme de prise en charge et de continuité de service. Les « Visites A Domicile » s’arrêtent pour certains des collègues, on annule tous les RDV de la semaine (Ecole, psy, rencontres avec les parents, etc...).

On commence à avertir les parents de la fermeture physique de certains services (dont le mien) et bien sûr on appelle aussi les jeunes pour leur donner les paramètres qui s’imposent à nous comme à eux. Pour tous, nous rappelons les consignes des gestes barrières et les numéros d ’urgence. Le chef de service double les appels aussi de son coté, au nom de l’institution, et un courrier part le jour même en direction des familles pour relayer officiellement la position et les mesures prises.

Les éducs de tous les services seront mis à dispo pour venir en renfort du collectif de neuf jeunes filles et devront par ailleurs continuer d ’être en lien avec les familles et les jeunes très régulièrement. Oui, tout le monde attend la déclaration officielle du gouvernement ce soir, mais les arrêts maladie commencent déjà à tomber, en ce début de semaine et certains salariés ont des pathologies plus lourdes que les autres. Il va falloir aussi les protéger.
Nous sommes lundi soir, il est 20h je suis rentré à la maison, je sais déjà que j’embaucherai sur le collectif dès le lendemain matin, avec des jeunes que je ne connais pas, avec des collègues et un fonctionnement à découvrir. J’attends 22h pour en savoir plus sur les règles de confinement à la française. Mon mari est déjà en mise à dispo salariale, réceptionniste en hôtellerie avec des antécédents d’hyperactivité… je n’ose pas lui dire que les quinze jours de confinement annoncés seront triplés.

(à suivre)

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


25 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Directives et Foutage de gueule, le quotidien d’un éduc de MECS (2)

Par G. M., éducateur spécialisé en MECS
Vendredi 20 mars à 17h25

Partie 2
J+2, Et en pratique ça se passe comment ?
8h00 du matin, Je retrouve mon service initial. Ma directrice m’appelle pour m’éclairer sur les choses à penser et à rapatrier sur le bâtiment administratif avant de fermer l’unité. Deux heures plus tard, j’arrive sur le collectif après avoir récupéré un pass. Ce collectif est en plein travaux d’agrandissements. Y a du bruit de partout. Je rejoins ma collègue du foyer qui est plutôt contente d’avoir l’occasion de travailler en doublure avec de nouvelles personnes. Les filles qui sont prises en charge apprennent à me connaitre et inversement. Le passage régulier des cadres de l’institution nous met en réflexion : nous les bombardons de questions auxquelles de toute façon, ils n’ont pas la réponse. On commence à faire les premiers constats sur les gestes barrières, le repas en groupe, qui touche quoi, qui s’occupe des clopes ? …. On est tous sous tension et quelques éclats de voix apparaissent entre direction et salariés. Nous apprenons que mon service sera un éventuel lieu de confinement pour des jeunes atteins du Covid-19 et que notre idée de diviser le groupe sur deux lieux n’est pas réalisable. L’idée est définitivement enterrée quand deux arrêts supplémentaires tombent en fin de journée. Les filles posent des questions concrètes ; nous leur expliquons qu’il faut économiser le gel hydro et qu’il faut qu’elle se lavent les mains, en rentrant et en sortant, pour aller d’un endroit à l’autre, dans l’enceinte de l’établissement. Nous les informons au fur et à mesure des espaces qui vont être créés en intérieur et à l’extérieur. Le plus dur pour elles c’est qu’on a dû leur interdire de profiter du grand jardin à cause de ce putain de chantier en cours, fermé par le BTP depuis douze heures. Les salariés présents récupèrent au fur et à mesure leur attestation employeur et leur nouvelle carte professionnelle.
Il est 16h00, je débauche. Je reprends ma voiture pour rentrer à la maison. Y’a du monde sur la route, bcp de camions, j’ai encore 40 kilomètres à faire et certains font n’importe quoi. Je croise la gendarmerie, plusieurs fois. Pendant le trajet, je me dis que je suis bien content d’avoir un petit jardin et qu’il faut que je me fasse une « attestation de déplacement », pour sortir le chien. Ce mardi soir, je me couche à coté de mon mari avec un message collectif d’une de mes collègues qui nous annonce qu’au vu de sa pathologie et de son âge, son médecin va la mettre en arrêt. C’est mieux comme ça.

(à suivre)

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

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25 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Directives et Foutage de gueule, le quotidien d’un éduc de MECS (3)

Par G. M., éducateur spécialisé en MECS
Vendredi 20 mars à 17h25

Partie 3
J+3, Mise en place…
J’arrive en début d’après-midi sur le foyer un peu en avance pensant me faire contrôler sur la route. Le repas du midi s’est fait en deux fois. Ma collègue part en congés à 16h00. Elle est remontée pour plein de raisons. Les filles l’ont un peu cherchée. Les chefs de service ne communiquent pas assez. Et puis mine de rien, ça fait aussi trois ans qu’on n’avait pas bossé sur du collectif. Je prends mes quarante-cinq minutes d ‘avance, pour passer plusieurs appels téléphoniques aux jeunes et aux parents qu’on suit à distance. Les parents sont compréhensifs. Sûrement, que certains sont très satisfaits de ne pas nous avoir dans les pattes. Les jeunes, c’est plus compliqué pour certains. Ils sont souvent mis à contribution pour garder les plus petits, quand leurs parents ne sont pas là et doivent aussi s’occuper de leur scolarité via internet, pronote and CO.
Ma directrice me parle pendant quelques minutes pour mettre les choses à plat et m’expliquer qu’on n’est plus sur une logique de service, mais d’urgence sanitaire. Je comprends le message : mes propositions de scinder le collectif en deux n’ont plus lieu d’être. Je n’aurais jamais pensé qu’autant de collègues ne répondraient pas présents pour travailler.
Ma collègue s’en va en congés à contre-coeur et une autre du foyer arrive, la troisième est en train de faire de la scolarité avec des gamines. Nous n’avons pas d’agent d’entretien ce jour, pas de cuisinier… il va falloir que nous soyons sur tous les fronts et que nous mettions les filles à contribution. Et croyez-moi, même pour les plus « chieuses », elles contribuent. En plus, il y a plein de nouveaux professionnels qui viennent s’occuper d’elles. Alors, c’est parti pour quelques élans de discussions et l’aménagement du parking en espace de détente extérieur et de jeux.
Il est 22h00. J’ai passé un bon moment sur ce collectif. J’ai fait comme j’ai pu, je commence à prendre mes marques. Par contre, je me sens en colère. J’ai des collègues qui nous ont lâché. Le Conseil département, là-dedans ? A part, dire « y a qu’à » ou « faut que »… putain les gars !? On met un truc en place en 48h et on n’a toujours pas de gants, de masques ou plus de gel hydro, fournis par la collectivité ?
1h00 du mat : je me couche, toutes mes attestations sont prêtes pour le lendemain. On est tous en lien, ce soir, avec mes collègues qui étaient en repos. Eux aussi, ils vont devoir avoir les explications que j’ai eu.

(à suivre)

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25 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Directives et Foutage de gueule, le quotidien d’un éduc de MECS (4)

Par G. M., éducateur spécialisé en MECS
Vendredi 20 mars à 17h25

J+4 Heu…En fait, nous on va faire comme on le sent, surtout.
Toujours pas de contrôle des forces de l’ordre pendant mes trajets. L’organisation des interventions prend forme. Chaque chef de service passe dans la journée pour faire des points réguliers. Quelques petites tensions apparaissent entre les filles ou certaines filles avec nous. Mais, en décalant un peu les choses et les gens on y arrive. Elles sont toutes preneuses de temps individuels. Et pour le moment, on est en mesure de le faire. Nous savons déjà que le planning prévu la semaine prochaine pour les salariés ne tiendra pas. Je crois qu’on est tous au fait qu’il va falloir en préserver certains qui viendront en remplacement des salariés et qui seront en arrêt par la suite. Donc, en attendant, notre seul objectif est de faire en sorte que les jeunes qu’on accompagne au quotidien ou à distance se retrouvent dans une organisation qui bougera surement au fur et à mesure du confinement. Les filles sortent parfois de la structure, puis reviennent. On essaye de maintenir le fameux mètre de distance… on essaye de faire en sorte que « le placement n’existe pas trop » et de rythmer tout ça. On nous demande parfois d’être dans quelque chose de très organisé. Mais, ne nous leurrons pas, dans ces conditions-là, avec des profils considérés difficiles, ce n’est pas vraiment le moment de nous demander des comptes sur ce qui est fait ou pas et à qu’elle heure. Nous sommes présents, nous sommes là pour limiter une situation potentiellement explosive. Alors l’action la plus éducative, à mon sens, durant cette période que nous pouvons exercer, c’est simplement d’être présent, faire ce que l’on sait faire, écouter, partager et vivre. Alors merci des « il faut », on fera bien ce qu’on peut et comme on l’entend.
Ma seule appréhension pour le moment quand je rentre ce soir, c’est que demain, mon J+5, c’est mon repos. Et, pour moi, commence mon confinement J+1, spectateur du fait que le gouvernement ne se soucie guère des travailleurs sociaux et qu’on doit adopter le système D permanent.

Note de la rédaction :
G.M. a transmis un message à Lien Social, jeudi 26 mars en fin d’après-midi, pour signaler qu’il venait d’être diagnostiqué comme porteur du Covid-19, suite à une suspicion de contamination au virus dans le groupe d’adolescentes où il travaillait jusque-là. Même si les symptômes restent bénins, un arrêt de travail de deux semaines lui a été prescrit, afin qu’il respecte une quarantaine. Deux autres collègues de son service présentant les mêmes symptômes sont aussi en arrêt, depuis jeudi. Aucun dépistage de confirmation n’aura lieu pour l’instant, le médecin estimant que c’est trop tard.
LA RÉDACTION DE LIEN SOCIAL SALUE ET SOUHAITE BON COURAGE À CES PROFESSIONNELS QUI ONT FAIT PASSER LEUR MISSION AVANT LEUR SANTÉ.
«  Nous avons tenu une semaine et demi. Des masques et des gants sont arrivés à J+10, uniquement grâce à la solidarité d’un autre service et la mobilisation des cadres. Bon courage à tous. J’espère vraiment que les choses changeront après ça. » conclue G.L.


25 mars 2020

■ ACTU - Pas de disparités territoriales pour les établissements

L’Uniopss, dans un courrier envoyé le 23 mars au Premier ministre, appelle à une meilleure coordination entre acteurs publics dans les territoires.
Objectif : éviter les différences de traitement entre les établissements, notamment s’agissant de la fourniture de masques.

Voir le courrier


25 mars 2020

• TERRAIN - Journal de bord - Le poids des ruptures qu’implique le confinement n’est pas toujours bien appréhendé

Par C. C., assistante de service social hospitalier.
Reçu mardi 24 mars, 12h10.
Je travaille dans une clinique privée du Département de l’Oise. En tant qu’ancienne auxiliaire de vie, j’ai choisi ce poste, dans le but de pouvoir articuler la dimension du soin et celle du social. Jusqu’à présent, notre travail se voulait respectueux du bien-être de notre patientèle.
Ce que nous vivons depuis trois semaines est accablant. La situation s’est considérablement tendue. Non en raison directement de la pandémie (puisqu’à ce stade, aucun de nos patients n’est atteint du COVID- 19) mais à cause du confinement.
Nous sommes en lien direct avec l’un des premiers clusters de contamination.
Alors, depuis 3 semaines, aucune visite n’est autorisée à nos patients. Les contacts physiques avec leurs proches, leurs conjoints, leurs enfants leur sont désormais interdits.
Cette rupture des liens avec l’entourage provoque beaucoup d’angoisse de part et d’autre. Une grande part de mon travail consiste alors à des nouvelles rassurantes aux familles et aux personnes hospitalisées, à tenter de préserver leurs liens.
Cette situation soulève une question éthique évidente : celle de la violence que constitue cette rupture imposée des liens entre les personnes. De par ma fonction, c’est un des aspects qui m’apparaît le plus saisissant.
Au début, l’inquiétude a joué un rôle prépondérant dans la décision de tout centrer sur le sanitaire : il fallait protéger la santé de nos patients très fragiles. La place et le rôle de l’entourage affectif familial se situe alors dans une zone d’ombre, jugés probablement non essentiels compte tenu de la crise sanitaire à laquelle nous faisons déjà face. Les équipes soignantes commencent enfin les prendre en considération. Nous essayons donc de mettre en place des outils de compensation avec des communications téléphoniques ou des appels visio. Malheureusement, ils viennent se heurter aux handicaps de notre public (faible audition, aphasie…). Et puis, ils ne remplaceront jamais un contact physique.
En tant que travailleurs sociaux, nous sommes en première ligne pour recevoir la souffrance des patients isolés, de leurs proches et tenter de minimiser les effets de la barrière établie entre l’intérieur et l’extérieur.
Nous agissons du mieux que l’on peut et nous nous soutenons entre nous. Mais, dans la durée, la charge mentale commence à peser considérablement. Et, nous nous interrogeons pour savoir combien de temps nous allons réussir à tenir sur cette ligne. »

Retrouvez tous les jours les témoignages de travailleurs sociaux en pleine crise sanitaire sous la thématique "Terrain, journal de bord" de notre rubrique Actualité.

si vous aussi, vous souhaitez nous faire part de votre témoignage, écrivez-nous à red@lien-social.com. (Plus de précisions)


24 mars 2020

■ ACTU - FAQ Handicap COVID-19

Secrétariat D’état chargé des personnes handicapées
FOIRE AUX QUESTIONS – 23 mars 2020
- Je suis une personne handicapée en emploi
- Mon accès aux droits
- Mon accès aux soins
- Pour les parents de personnes & d’enfants autistes
- Je dois m’arrêter de travailler pour garder un proche
- Mon enfant handicapé est scolarisé
- J’ai un proche en établissement
- Je travaille dans un établissement ou service pour personnes handicapées
- etc.

Toutes les réponses : télécharger la fiche


24 mars 2020

■ ACTU - Comment gérer la grande vulnérabilité des personnes polyhandicapées au COVID-19 ?

DOCUMENT D’ALERTE : Comment gérer la grande vulnérabilité des personnes polyhandicapées au COVID-19 ?

Nous avons reçu, du ministère, une demande émanant de Madame Clarisse Ménager, conseillère chargée de la transformation de l’offre d’accompagnement auprès de Sophie Cluzel.

Nous leur avons renvoyé la fiche, ci-dessous, réalisée par les médecins du GPF et des médecins amis sous l’égide du Dr Bruno Pollez. Elle va être diffusée à toutes les ARS, avec instruction de la transmettre à leurs directions départementales et à leurs contacts. Nous vous demandons de la faire circuler autant que vous le pourrez.

Télécharger le document d’alerte

Source : http://gpf.asso.fr