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23 décembre 2014

Crise du 115 : doublement en un an du nombre de personnes à la rue sans solution d’hébergement (baromètre FNARS)

Le baromètre du 115, réalisé par la FNARS sur le mois de novembre 2014 sur 37 départements, confirme la dégradation des réponses aux demandes d’hébergement et d’accompagnement des personnes sans abri en ce début d’hiver, dégradation qui a poussé les 115 de la Haute-Garonne et de l’Isère à engager un mouvement de grève. Au mois de novembre, sur les 17 200 personnes qui ont sollicité le 115 pour un hébergement sur les 37 départements étudiés par la FNARS, 9 000 n’ont obtenu aucune prise en charge. Ils n’étaient que 4 300 dans cette situation en novembre 2013 sur les mêmes territoires, soit un doublement en un an du nombre de personnes ayant appelé le 115 sans obtenir de solution. Sur Paris, la tendance est identique avec 54 % des demandes qui n’ont pas donné lieu à un hébergement et une progression de 43 % en un an des demandes non pourvues.

Alors que l’Etat a l’obligation de mettre en œuvre le droit à l’hébergement, 52 % des personnes ayant sollicité le 115 en novembre n’ont jamais été hébergées. L’absence de réponse frappe principalement les familles, public majoritaire qui représente 46 % des personnes ayant appelé ce numéro d’urgence. Si la pression sur le 115 reste quantitativement très élevée, le nombre d’appelants reste stable sur un an. C’est donc la réponse des pouvoirs publics aux demandes d’hébergement qui s’est fortement dégradée.

Ces chiffres confirment la situation de crise des 115 et de saturation extrême des capacités d’hébergement à l’approche des grands froids. La FNARS renouvelle son appel à une ouverture immédiate de toutes les capacités d’accueil existantes sans attendre la baisse des températures et demande au gouvernement d’engager immédiatement un plan d’action mobilisant des logements disponibles du parc social et du parc privé pour trouver des solutions pérennes aux personnes. Elle rendra public ses propositions « pour un accès au logement des personnes sans abri » à l’occasion de ses assises nationales le 15 janvier prochain au Palais de la Femme (Paris 11ème).


19 décembre 2014

Propos de Valls sur les roms (suite) : le tribunal se déclare incompétent

Le tribunal correctionnel de Paris s’est déclaré vendredi incompétent pour juger le Premier ministre Manuel Valls, poursuivi par une association pour provocation à la haine en raison de propos sur les Roms lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. L’association la Voix des Rroms poursuivait M. Valls pour provocation à la haine raciale en raison de propos tenus en mars et septembre 2013. Le tribunal a retenu, comme l’avait fait le parquet à l’audience, qu’il n’avait "pas émis une opinion comme homme politique dans le cadre d’un débat d’intérêt général, mais qu’il avait été invité par des journalistes à s’exprimer en sa qualité de ministre de l’Intérieur sur un sujet en lien direct avec la conduite de l’Etat". Dès lors, "les faits qui lui sont reprochés ont bien été accomplis dans l’exercice de ses fonctions ministérielles", selon le jugement. Ils relèvent donc de la Cour de justice de la République (CJR), comme l’avait plaidé le conseil de Manuel Valls.


19 décembre 2014

Le RSA "socle" revalorisé de 0,9% au 1er janvier 2015

Le Revenu de solidarité active (RSA) "socle"" va augmenter de 0,9% au 1er janvier, passant de 509,30 à 513,88 euros par mois pour une personne seule, a indiqué vendredi la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), sous réserve de publication officielle des décrets. Cette augmentation du RSA "socle" (revenu minimum pour personnes sans ressources) concerne la métropole et l’outre-mer et correspond à l’inflation prévisionnelle pour 2015.

Une personne seule sans enfant touchera 513,88 euros, une personne seule avec un enfant 770,82 euros et un couple avec 2 enfants 1.079,14 euros. Les montants sont différents à Mayotte. Le RSA y est aussi revalorisé de 0,9%, mais représente la moitié du montant forfaitaire métropolitain, soit 256,94 euros pour une personne seule sans enfant.

A la fin mars 2014, 1,55 million de foyers touchaient le RSA socle, selon la Cnaf. Au 1er septembre dernier, outre la hausse actuelle selon l’inflation, le RSA avait été revalorisé de façon exceptionnelle à hauteur de 2%, dans le cadre du plan gouvernemental pluriannuel de lutte contre la pauvreté, lancé en janvier 2013.


18 décembre 2014

Bordeaux : prison avec sursis pour cinq militants du DAL

La cour d’appel de Bordeaux a confirmé jeudi la condamnation par le tribunal correctionnel de cinq militants de l’association Droit au logement (DAL) à trois mois de prison avec sursis pour avoir installé des familles sans abri dans le logement apparemment inoccupé d’une octogénaire. Les avocats et militants ont immédiatement fait part de leur intention de se pourvoir en cassation. Les cinq militants du DAL étaient poursuivis à titre individuel pour "violation de domicile". Ils étaient accusés d’avoir en 2013 pénétré par effraction dans un logement du centre-ville de Bordeaux, alors inoccupé par sa propriétaire. Cinq familles d’Arménie, Bulgarie et Géorgie avaient occupé l’immeuble de deux étages du 30 juin au 15 juillet 2013, date de leur expulsion. Aucune de ces familles n’était poursuivie. "C’est la première fois que des militants du DAL sont condamnés. Cela crée un précédent, alors qu’il n’a pas été démontré que c’est eux qui étaient présents dans cette affaire", a réagi auprès de l’AFP Jean-Baptiste Eyraud, président national du DAL. "Ils ont été condamnés pour avoir aidé des gens sans abri, ce que l’État ne faisait pas", a-t-il poursuivi, dénonçant une "décision à caractère politique".


18 décembre 2014

Egalité des sexes : le monde du jouet dans le collimateur du Sénat

Un logo sur les catalogues de jouets soucieux de l’égalité des sexes ou un "prix citron" stigmatisant les pratiques contestables : des sénateurs font dix recommandations visant à lutter contre les stéréotypes dans le monde du jouet, dans un rapport publié jeudi. La séparation des univers de jeu des filles et des garçons s’est accentuée au début des années 90 : aux garçons les jouets poussant à l’action et à la réussite, permettant un apprentissage technique, aux filles les jouets
tournés vers la sphère domestique, un monde de "magie et de glamour". Autant de stéréotypes qui peuvent influencer une perception de rôles distincts dévolus aux filles ou aux garçons, et limiter leur champ d’orientation professionnelle, souligne ce rapport intitulé "jouets : la première initiation à l’égalité".

Le rapport propose une charte de bonne pratique, où fabricants et distributeurs s’engageraient par exemple à supprimer des catalogues et magasins la signalétique "garçons" et "filles" au profit de rubriques par types d’activité ou par âge, ou à mettre en scène conjointement filles et garçons sur les boîtes, quel que soit le jouet proposé. Une reconnaissance serait attribuée à ceux qui appliquent la charte, pour
attester que l’égalité des sexes fait partie de leurs préoccupations. Elle pourrait prendre la forme d’un logo, sur le modèle des pratiques concernant le "bio" ou le "commerce équitable". Les grandes enseignes étant extrêmement sensibles à leur réputation, un site internet pourrait être créé sur lequel les parents signaleraient les plus mauvais élèves, selon le système du "name and shame" ("carton rouge" ou "prix citron"). La délégation juge par ailleurs nécessaire de rendre obligatoires des
modules de sensibilisation aux stéréotypes dans toutes les formations ayant un
lien avec l’encadrement des enfants. Elle propose aussi que soit lancée une campagne nationale pour sensibiliser les consommateurs et professionnels à la question de l’égalité.


18 décembre 2014

Diplômes de travail social : la refonte validée par la CPC

La refonte des formations a été validée par 24 voix lors de la Commission professionnelle consultative (CPC) du travail social et de l’intervention sociale qui s’est réunie, ce 15 décembre 2014 (source ONES).
Ce projet a donné lieu à de vives protestations de la part des professionnels de terrains, étudiants et formateurs du secteur social et médico-social. L’ONES s’est associée aux collectifs, organisations professionnelles et syndicats (Aformeje, l’ANAS, Avenir Educs, collectifs étudiants, centres de formation, syndicats, associations du secteur) autour de la journée de mobilisation du 12 Décembre 2014. Pour l’ONES, cette refonte des formations des métiers d’éducateur spécialisé, d’assistant de service social, de conseillère en économie sociale et familiale et d’éducateur de jeunes enfants, dans la perspective d’un diplôme unique de travailleur social, programme :

La fin d’une pratique de terrain qualifiée, les métiers concernés étant placés en dehors de la relation d’aide directe aux personnes dans l’organisation fonctionnelle des établissements et services.

L’installation durable d’une déqualification des personnels au contact des publics et par conséquent une perte de chance pour les usagers, c’est-à-dire la disparition progressive de la probabilité de voir s’améliorer la situation sociale, éducative, familiale, de santé.

Un surcoût pour le système social et médico-social dans son ensemble.

Le développement sans précédent du chômage pour les métiers concernés par effet de limitation des postes disponibles.

Une décision prise sans concertation des professionnels de terrain et représentants des étudiants des filières concernés.

Pour rappel, aucun représentant des travailleurs sociaux ni étudiants en travail social ne siège à la CPC.


17 décembre 2014

La Caisse des dépôts prend le contrôle d’Adoma, ex-Sonacotra

Le groupe Caisse des Dépôts va devenir l’actionnaire majoritaire d’Adoma, l’ancienne Sonacotra, à l’occasion d’une augmentation de capital, a annoncé mercredi le constructeur et gestionnaire de logements sociaux. "Lors du dernier conseil d’administration d’Adoma, les représentants de l’Etat ont informé les administrateurs de la décision de l’Etat de mettre en oeuvre le pacte d’actionnaires conclu en 2010 en permettant au groupe Caisse des Dépôts à travers sa filiale SNI, de devenir l’actionnaire majoritaire d’Adoma à l’occasion d’une augmentation de capital de cette dernière", informe un communiqué du constructeur. Les détails de l’opération, en cours de négociation, n’ont pas été dévoilés. Avec ces moyens supplémentaires, Adoma annonce vouloir amplifier et accélérer sa politique d’investissement pour moderniser ses foyers en investissant 2 milliards d’euros dans les dix prochaines années. "A la demande de l’Etat, Adoma poursuivra son développement dans l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des demandeurs d’asile. Enfin Adoma
développera une offre nouvelle de logement au bénéfice des jeunes actifs
précaires", annonce le communiqué. L’ex-Sonacotra, devenue Adoma en 2007, avait été créée en 1957 pour loger les travailleurs algériens et résorber les bidonvilles. Elle propose 76.000 "solutions de logements" dans des résidences sociales, foyers de travailleurs immigrants, aires d’accueil des gens du voyage, pensions de famille, centres d’hébergement d’urgence, logements d’urgence et demandeurs d’asile.


16 décembre 2014

Opération "1001 radios" pour les SDF

Pour la troisième année de l’opération "1.001 radios" (le nom est tiré du nombre de radios qui avaient été distribuées la première année), l’objectif de l’association Les Enfants du Canal est de permettre à 2.200 SDF, dans 40 villes, de recevoir des radios sans pile - difficile à obtenir quand on se trouve à la rue -, qui fonctionnent avec l’aide d’une dynamo et de l’énergie solaire. Chaque radio coûte 16,5 euros et il manque 16.000 euros, soit l’équivalent d’environ 1.000 radios, à l’association qui appelle aux dons (http://www.helloasso.com/associations/les-enfants-du canal/collectes/1001-radios). La distribution commencera mercredi soir à Paris, et se déploiera jusqu’au 31 décembre, en fonction des maraudes organisées auprès des SDF. En 2013, quelque 2.000 postes avaient été distribués à Paris et dans une trentaine de villes, via des associations locales. L’opération bénéficie du soutien financier de la Fondation Abbé Pierre et de RTL.

Les Enfants du Canal est une association née pendant l’hiver 2007, dans le cadre de l’action des Enfants de Don Quichotte qui avaient installé des tentes pour sans-abri sur le canal Saint-Martin, à Paris. L’association vient en aide aux personnes à la rue, par le biais de maraudes, de structures d’hébergement et d’un accueil de jour.


16 décembre 2014

Jeunes femmes SDF : ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence à Paris

Un centre d’hébergement d’urgence réservé aux jeunes femmes SDF de 18 à 25 ans a été inauguré lundi soir, à Paris. Géré par la Croix-Rouge, ce centre situé dans le sud de Paris accueille au total 40 jeunes femmes (30 toute l’année et 10 places supplémentaires pendant l’hiver) sorties de la rue. Outre une aide matérielle et administrative, le centre offre à ces jeunes femmes un accès aux soins - certaines souffrent de graves problèmes de santé - et tente de leur redonner l’estime de soi. La durée moyenne de séjour dans le centre est de deux mois, mais les situations sont variables : si celles qui ont des papiers arrivent à intégrer des formations professionnelles, les autres, qui ne peuvent prétendre à des structures d’insertion, restent parfois plusieurs mois. Le centre, qui porte désormais le nom d’Inès Lyautey, ancienne vice-présidente de la Croix-Rouge française, a été inauguré par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, et le président de la Croix-Rouge, Jean-Jacques Eledjam. Selon une étude de l’Insee de juillet 2013, environ 141.500 personnes étaient sans domicile début 2012, dont 38% de femmes.


16 décembre 2014

Organisations caritatives : les dons en nature d’oeufs bientôt défiscalisés

Les oeufs offerts aux organisations caritatives ouvriront bientôt droit à des déductions fiscales pour favoriser les dons en nature, a promis mardi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui répondait ainsi au président des Restos du Coeur qui souhaite que cette mesure puisse entrer en vigueur "avant Noël" pour favoriser les dons en nature, comme c’est déjà le cas pour le lait. Selon le ministre, le souci est d’appliquer cette incitation fiscale à toute la chaîne, de celui qui fait le don en remontant jusqu’au producteur d’oeufs. "On l’a fait pour le lait. C’était plus facile parce qu’on a travaillé avec les coopératives, mais on va le faire pour les oeufs, si possible avant Noël", a répété le ministre. Il y a un an, le gouvernement, la filière du lait et les Restaurants du coeur étaient tombés d’accord sur un mécanisme facilitant la défiscalisation des dons en nature de lait.