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4 juillet 2016

Cogitations sociales

Cette semaine, champ et travail social sont placés sous le signe de la réflexion, avec l’Université d’été sur les Nouvelles figures du social à l’Université Paris Diderot et le premier salon du livre en travail social à l’IRTS d’Hérouville Saint-Clair.

L’université d’été a pour objectif, selon son initiateur Patrick Cingolani, professeur de sociologie et directeur du laboratoire de changement social et politique de Paris, « de réunir les citoyens, les travailleurs du social, les professionnels de l’action publique confrontés aux enjeux sociaux, et les enseignants chercheurs afin qu’ils puissent se rencontrer et échanger. » Une approche pluridisciplinaire pour explorer des thèmes comme : Revisiter l’émancipation ; Art, culture : le lien sensible ; Territoires : entre expulsion et partages.

Vendredi, cap sur la Normandie où l’IRTS (Institut régional de travail social) organise son premier salon « Plumes et ancres sociales ». Trente auteurs liés à l’action sociale viennent à la rencontre de leurs lecteurs : étudiants, travailleurs sociaux, militants associatifs, grand public sensible à ces questions… L’éducateur spécialisé, écrivain et chroniqueur de Lien Social, Jean Cartry, participera à cette première, qui vise à mieux comprendre les populations, actualiser ses connaissances, favoriser les échanges d’idées et le débat.


2 juillet 2016

Un one-woman show assis au Off d’Avignon

Parmi les plus 1400 spectacles de l’édition du festival off d’Avignon, la compagnie Les Arts Loufoques présentera son spectacle Rolling Woman. Porté par la comédienne Marielle Rivière, paraplégique, il tourne en dérision le handicap moteur.
Autour d’une série de personnages et de saynètes, des plus drôles aux plus choquantes, elle surprend, émeut et fait rire. Après avoir tourné dans de nombreuses villes depuis la création du show en 2009, la comédienne a rendez-vous du 7 au 30 juillet à 16h15 à la salle les Baladins, au Tremplin, pour présenter sa nouvelle mise en scène et des textes inédits.



30 juin 2016

Haute-Garonne : nouvelle mobilisation pour la protection de l’enfance

Travailleurs sociaux du 115, des foyers d’hébergement et de la protection de l’enfance se sont rassemblés hier 30 juin devant le Conseil départemental (CD) de Haute-Garonne. Ils dénoncent le manque de places d’hébergement d’urgence et demandent l’annulation d’une délibération du CD en date du 12 avril. Cette délibération, qui fait l’objet d’un recours déposé par plusieurs associations (GISTI, LDH, Syndicats des avocats de France) devant le tribunal administratif, va à l’encontre de l’obligation d’accueil des mères isolées avec enfants en bas âge, des mères sortantes de service maternité et des mineurs.

« Deux cents places ont été fermées depuis début mai, de nombreuses familles ont été remises à la rue alors que certaines ont des problèmes de santé particulièrement graves », explique Annabelle Quillet, conseillère en économie sociale et familiale. Des professionnels de l’équipe du SAMI (Service d’accueil des mineurs isolés) avaient fait valoir leur droit de retrait ces derniers jours, faute de pouvoir exercer leur mission de protection.

« Cette délibération est tout simplement illégale, je pense qu’élus et administration s’en rendent compte mais qu’ils ont du mal à revenir en arrière » ajoute Gaëlle Miramont, assistante sociale, du syndicat SUD.


30 juin 2016

Handicap et accessibilité : un « décret sanction » nommé désir

Les associations de soutien aux personnes en situation de handicap l’attendaient depuis plusieurs mois. Le décret devant sanctionner les Etablissements Recevant du Public (ERP) pour leur défaut d’accessibilité a enfin été promulgué : depuis mi-mai 2016, les ERP qui n’ont pas déposé leurs Agendas d’Accessibilité Programmée (Ad’AP) sont passibles de sanctions… Aujourd’hui, aux yeux des associations, l’application de ce décret reste encore laxiste.

Pour rappel, les ERP devaient se mettre aux normes d’accessibilité depuis janvier 2015. Un délai leur avait été accordé avec la mise en place du dispositif Ad’AP, ils avaient donc jusqu’en septembre 2015 pour remettre leur agendas.
Lors des Assises Nationales de l’accessibilité qui ont eu lieu à Paris les 9 et 10 Juin 2016, la Sénatrice Claire-Louise Campion, chargée du suivi des agendas d’accessibilité a souligné une dynamique et une mobilisation certaine des acteurs, mais a déploré un nombre trop grand d’établissements encore hors la loi. Aujourd’hui, 300 000 ERP accessibles ou en voie de l’être et 500 000 établissements sont entrés dans le dispositif Ad’AP. 200 000 ERP encore inaccessibles aux personnes en situation de handicap se verront appliquer les sanctions prévues par le décret du 11 Mai 2016.
Ces sanctions demeurent cependant trop peu coûteuses, et longues à mettre en place, au regard du préjudice subi par les usagers de ces établissements. En effet, avant les répercussions financières, les ERP recevront deux courriers d’avertissements demandant de produire des justificatifs d’accessibilité ou de démarches liées au dispositif Ad’AP. Ensuite seulement, les amendes s’appliqueront. Concernant les ERP qui se sont engagés à faire des travaux, la mise en accessibilité sera également surveillée et des sanctions pourront être prises pour les retardataires.

Malgré tout, les associations se félicitent de ce que le cadre règlementaire du dispositif Ad’AP soit enfin complet, même s’il reste loin d’être achevé. Par ailleurs, elles préparent leur prochaine bataille, le projet de loi pour une République numérique. « L’accessibilité ne peut plus se concevoir aujourd’hui uniquement pour le bâti et la voirie » exprime la sénatrice.
À venir également, les mesures liées aux annonces d’Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, sur l’adaptation des logements des parcs social et privé.


29 juin 2016

Yvelines : moins de prév’, plus de golf

Le Tonton flingueur, surnom du président (LR) du conseil départemental des Yvelines, prend pour cible la prévention spécialisée. En décembre 2015, Pierre Bédier lance les hostilités : « La protection sociale, façon après-guerre, c’est terminé... Il faut bien organiser la fin. » En juin, ce discours se traduit par la disparition des éducateurs de rue dans 12 des 22 communes du département et l’hégémonie de l’IFEP, association proche de l’élu, pour mener l’ensemble des actions éducatives.
Face au mépris affiché, notamment lors du vote d’une baisse de 25% du budget de la prév’ tout en attribuant 700 000€ à un tournoi de golf, 27 organisations publient un tract pour que la résistance s’organise.

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28 juin 2016

On enferme bien les enfants

« Moi président » avait promis de mettre fin à la rétention des enfants. Au vu du rapport annuel des cinq associations intervenant dans les centres de rétention administrative, c’est encore raté. En 2015, la France a enfermé 105 enfants contre 45 en 2014 en métropole. À Mayotte, 4 378 enfants sont passés par la rétention ! Comble du cynisme, beaucoup sont rattachés arbitrairement à des adultes qui ne sont pas leurs parents. Condamnée par le Conseil d’État, la préfecture ne change rien à sa méthode d’expulsion expéditive et illégale.

Autre tendance : les centres de rétention deviennent des outils facilitant la dispersion de camps ou squats. Ainsi en novembre, 1 100 réfugiés expulsés de la « jungle » de Calais y ont été enfermés un peu partout en France. Provenant en grande majorité de pays en guerre, 95 % d’entre eux ont été relâchés après quelques jours.

Ces prisons administratives servent également à réguler l’immigration européenne, comme celle des Albanais qui passent par la France pour se rendre en Angleterre. « Il serait plus pertinent de trouver des accords de libre circulation, de même qu’à Mayotte, il faudrait trouver un mode de coopération avec les Comores » explique David Rohi, responsable de la commission éloignement de la Cimade.

Cette année encore, la Cimade réclame la fermeture des centres de rétention. « La solution qui consiste à fermer les frontières en dressant des murs illusoires démontre son inefficacité. Notre priorité est de trouver des politiques alternatives à ces procédures traumatisantes. » La loi du 7 mars 2016 qui entrera en vigueur en novembre irait plutôt dans la direction inverse. Elle réintroduit l’intervention d’un juge des libertés au bout de 48 heures et non plus de 5 jours, mais elle entérine la possibilité d’enfermer les enfants pour faciliter l’expulsion de la famille et réduit les délais de procédures et de recours.

À lire aussi » Le grand flou des Centres d’accueil et d’orientation


27 juin 2016

Le travail social, ce nouveau produit financier

Dans trois jours, une première série de projets financés par les contrats à impact social (CIS) va être sélectionnée. Le gouvernement a lancé en mars 2016 un appel à projets pour expérimenter ce montage financier.

Les CIS offrent la possibilité à des opérateurs privés (banques, fonds d’investissement…) de placer de l’argent dans une action sociale. L’objectif est évidemment d’en tirer profit. Apparus en 2010 en Grande-Bretagne, ce nouvel instrument est présenté comme un facteur d’économie pour les États, puisqu’ils se déchargent sur le privé de certains programmes sociaux. Un facteur d’économie à court terme car les collectivités territoriales sont amenées, si le programme réussit, à rembourser avec intérêts l’investisseur privé.

Le Collectif des Associations Citoyennes (CAC) et Avenir Educs viennent de publier un livret : Quand le social finance les banques et les multinationales. Cet outil de contre lobbying présente ce nouveau produit financier, et analyse les effets pervers d’une telle politique : obligation de résultats, dévoiement de la mission des travailleurs sociaux, disparition des petites associations, coût finalement élevé pour les finances publiques…

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25 juin 2016

Vacances : trop de laissés pour compte

Le 9 juin 1936, il y a 80 ans, était déposée une proposition de loi historique instaurant le bénéfice de congés payés (votée à la quasi unanimité des députés et sénateurs). À l’occasion de ce bel anniversaire, le Secours populaire rappelle que près d’un enfant sur trois et qu’un Français sur deux sont en situation de «  non-départ en vacances  ». Une campagne, intitulée "Les vacances, c’est pas du luxe, c’est un droit" a été initiée pour «  décupler le nombre des départs  ».


24 juin 2016

Médias : faire apparaître les invisibles

Se donner les moyens de rêver d’un monde plus solidaire, et créer un outil pour faire de ce rêve une réalité. A 20 ans, Martin Besson est le créateur de Sans A, un magazine en ligne consacré aux sans abris, sans argent, sans affection, sans avenir… Avec une équipe bénévole de journalistes, photographes, graphistes, il offre une vitrine aux anonymes qui peuplent les trottoirs, les squats, les chambres de bonne, les bidonvilles. Chaque reportage, chaque portrait prend le temps d’une rencontre de qualité. Grace à de belles photos et de beaux textes, derrière les problèmes se dessinent des personnalités riches en débrouille et en dignité.

Au-delà de donner à voir l’histoire de précaires pour briser les a priori et les stéréotypes, l’objectif de Sans A est de devenir un média d’impact. « Grace aux réseaux sociaux, nous pouvons facilement avoir une diffusion importante et être au plus proche du lecteur. Les gens veulent agir, ne pas rester passifs face à l’information. Notre objectif est de les aider à avoir des initiatives généreuses. »

Après un an d’existence, cette entreprise sociale et solidaire parisienne a réuni mi juin 37 630 euros grâce à un crowfunding pour poursuivre son travail de témoignage. « À partir de septembre, nous voulons publier 8 articles et soutenir un projet par mois. Par exemple, si un SDF souhaite suivre une formation, nous allons raconter son histoire et activer la communauté pour qu’il réalise son rêve. » De l’argent, un hébergement, une aide au transport… chacun à son niveau pourra apporter un soutien au projet.
« Nous souhaitons développer des partenariats avec les travailleurs sociaux, eux s’occuperont de l’accompagnement, nous du montage financier ». Sans A, mais plein d’idées et de volonté.

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23 juin 2016

Cap sur la présidentielle

Comme souvent, c’est l’Association des paralysés de France qui dégaine la première. En lançant sa plateforme #2017agirensemble.fr, l’APF entre donc dans la course à l’élection présidentielle, à l’heure où les camps politiques majoritaires s’échauffent pour la désignation de leur candidat. Ouverte à tous, cette plateforme ambitionne de « co-construire les propositions » que l’association adressera aux partis, face à « l’urgence sociale » et une politique publique qui monte « les populations les unes contre les autres ». Accessibilité, citoyenneté, emploi, éducation, sexualité : chacun est invité à s’exprimer sur une dizaine de thématiques, liées au quotidien des personnes en situation de handicap. Après inscription sur la plateforme, il sera ensuite possible de voter les propositions. Une synthèse est prévue pour le premier trimestre 2017 et sera soumise aux candidats.