N° 929 | du 14 mai 2009 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 14 mai 2009

Témoignages de deux stagiaires

Propos recueillis par Mariette Kammerer

Angela Geremia, conseillère en économie sociale et familiale à la résidence sociale de Stains

« Nous accueillons régulièrement à la résidence sociale des personnes en souffrance psychique, avec des troubles du comportement parfois très impressionnants. Je recherchais des apports théoriques pour être plus à l’aise avec ce type de public. Cette formation m’a confortée dans ma pratique, ça permet de réconcilier l’action sociale et la psychiatrie. On nous a fait comprendre que la psychiatrie n’est qu’une partie de la réponse. Contrairement à de nombreux collègues, je ne me sens pas seule face aux usagers et j’ai de bonnes relations avec le CMP. Par exemple je les ai contactés au sujet d’une de nos locataires suivie en psychiatrie, qui était en pleine crise de délire dans mon bureau. Ils m’ont rassuré sur le fait qu’elle ne passerait pas à l’acte et m’ont indiqué une conduite à tenir. Ensuite nous avons organisé une réunion avec le CMP, la dame et moi-même, qui a eu sur elle un effet bénéfique et j’ai pu enfin avancer sur son projet de relogement. »

Véronique Lesvignes, assistante sociale spécialisée dans l’accompagnement lié au logement

« La question de la santé mentale est récurrente dans ma pratique quotidienne puisque j’accompagne des personnes en situation d’endettement locatif qui souffrent de dépression ou d’addictions diverses : alcool, médicaments, jeux d’argent. Et je me sens souvent démunie pour leur venir en aide. Avoir des notions de psychiatrie permet de détecter une pathologie, de se faire confirmer le diagnostic par un médecin et d’adapter sa pratique. Par exemple, je me suis épuisée dans l’accompagnement d’une personne car je ne savais pas qu’elle souffrait d’une psychose maniaco-dépressive, et tout ce que je mettais en place avec elle ne marchait pas plus dans sa phase maniaque que dans sa phase dépressive. L’apport théorique de cette formation permet non pas de se substituer au psychiatre, mais d’avoir un langage commun avec lui. La formation nous a aussi montré les limites de la psychiatrie, qui permet seulement de contenir la maladie. »


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