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On enferme bien les enfants

« Moi président » avait promis de mettre fin à la rétention des enfants. Au vu du rapport annuel des cinq associations intervenant dans les centres de rétention administrative, c’est encore raté. En 2015, la France a enfermé 105 enfants contre 45 en 2014 en métropole. À Mayotte, 4 378 enfants sont passés par la rétention ! Comble du cynisme, beaucoup sont rattachés arbitrairement à des adultes qui ne sont pas leurs parents. Condamnée par le Conseil d’État, la préfecture ne change rien à sa méthode d’expulsion expéditive et illégale.

Autre tendance : les centres de rétention deviennent des outils facilitant la dispersion de camps ou squats. Ainsi en novembre, 1 100 réfugiés expulsés de la « jungle » de Calais y ont été enfermés un peu partout en France. Provenant en grande majorité de pays en guerre, 95 % d’entre eux ont été relâchés après quelques jours.

Ces prisons administratives servent également à réguler l’immigration européenne, comme celle des Albanais qui passent par la France pour se rendre en Angleterre. « Il serait plus pertinent de trouver des accords de libre circulation, de même qu’à Mayotte, il faudrait trouver un mode de coopération avec les Comores » explique David Rohi, responsable de la commission éloignement de la Cimade.

Cette année encore, la Cimade réclame la fermeture des centres de rétention. « La solution qui consiste à fermer les frontières en dressant des murs illusoires démontre son inefficacité. Notre priorité est de trouver des politiques alternatives à ces procédures traumatisantes. » La loi du 7 mars 2016 qui entrera en vigueur en novembre irait plutôt dans la direction inverse. Elle réintroduit l’intervention d’un juge des libertés au bout de 48 heures et non plus de 5 jours, mais elle entérine la possibilité d’enfermer les enfants pour faciliter l’expulsion de la famille et réduit les délais de procédures et de recours.

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