N° 945 | du 15 octobre 2009 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 15 octobre 2009

Brève histoire de l’aidant informel

Bruno Crozat

D’après l’intervention de Marie-Eve Joël, économiste de la santé, pendant le colloque « Négocier sa vie », le 19 mai 2009, à Lyon. Marie-Eve Joël est aussi professeure à l’Université de Paris Dauphine, et directrice du laboratoire d’économie et de gestion des organisations de santé.

De l’ignorance, à l’approche laborieuse

Avant les années 80, l’aidant informel faisait généralement partie du cercle familial et ne faisait pas parler de lui. L’Etat intervenait en cas de défaillance des proches, dans une logique de subsidiarité. Au fur et à mesure de l’évolution de la société et du vieillissement de la population, l’aidant informel est devenu visible. Il s’est frayé un chemin sur le devant de la scène. Les pouvoirs publics craignant la désertion de l’aide des proches et du cercle familial, l’aidant est devenu un objet d’étude.

Un aidant souffrant et fragile

Il a fallu vingt ans pour élaborer une image de l’aidant. Elle s’est construite sur l’archétype de la femme, souvent la fille se sacrifiant pour veiller sur la vieillesse de ses parents et subissant cette situation d’aide contrainte. Un aidant qui gère les incapacités de ses proches et du reste de sa famille ; un aidant qui travaille beaucoup et dont l’action est peu valorisée ; un aidant assez souvent dépressif. Les politiques de santé publique se sont interrogées sur cette population informelle, fragile et non rémunérée : comment alléger sa charge ? Apporter du répit à l’aidant ? Lui donner les moyens de vivre ?

De l’aide aux aidants

Après 2000, des initiatives pour apporter un répit à ces aidants informels ont vu le jour : des lieux de vie collectif ou l’aidant et l’aidé ont pu prendre des vacances ensemble, des aides plus directes d’information, de formation, de réseaux, de soutien, de conseils. Des mesures incitatives pour reconnaître le travail de l’aidant et lui donner un statut en finançant ses cotisations retraites. Beaucoup de propositions, mais en pratique peu de choses.


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