N° 1251 | du 14 mai 2019

Faits de société

Le 14 mai 2019 | Armandine Penna

Travail social • Déployer sa toile

Thème : Travail social

Le Haut comité du travail social (HCTS), encore jeune, est méconnu des travailleurs sociaux. Pour favoriser son ancrage territorial ainsi que la circulation des informations et réflexions, des comités locaux du travail social et du développement social sont actuellement en construction.

Sur près de 2 300 personnes interrogées dans toute la France – plus de la moitié étant des travailleurs sociaux – 70% n’avaient jamais entendu parler du « Plan d’action en faveur du travail social et du développement social », adopté par le gouvernement en 2015 à la suite des États généraux du travail social. Méconnaissance qui monte à 80% parmi les seuls travailleurs sociaux. Ces résultats étonnants proviennent d’une enquête réalisée par le Haut comité du travail social (HCTS). Pour cette instance consultative rattachée au ministère des Affaires sociales et créée en 2016 pour aider la mise en œuvre de ce plan, il était urgent d’agir. « L’idée est d’avoir sur les territoires des instances consacrées à la question du travail social et de sa gouvernance, relais du HCTS sans en être de simples déclinaisons mécaniques », explique Marie-Paule Cols, assistante sociale de formation, vice-présidente du HCTS chargée du groupe de travail « ancrage territorial ».

Pour y arriver, ce groupe de travail – sans budget dédié – a souhaité s’appuyer sur les initiatives locales de « comité locaux du travail social et du développement social » dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt. Quatorze candidatures ont été retenues dont quatre projets plus spécifiquement accompagnés par l’Agence nationale des solidarités actives (ANSA). Seules obligations de ces différents projets : intégrer le conseil départemental, chef de file de l’action sociale, ainsi que des représentants des travailleurs sociaux et des personnes accompagnées. « Ces comités doivent être des lieux où l’on peut réfléchir à plusieurs aux enjeux actuels du travail social, de façon décloisonnée et transversale aux différents métiers et politiques du social », précise Marie-Paule Cols. Il ne s’agit pas de travailler sur les dispositifs eux-mêmes mais bien sur leur impact sur le travail des intervenants sociaux ; de voir comment ceux-ci peuvent se positionner pour faire valoir leur expertise.

Le HCTS s’est donné une année de préfiguration, jalonnée de quatre séminaires collectifs. La remontée des expériences doit aboutir en juin 2019 à la publication d’un rapport. Et d’un guide pratique pour que tous les territoires puissent emboîter le pas. Après un début de premier mandat concentré sur la première définition législative du travail social (entrée dans le code de l’action sociale et des familles par le décret du 6 mai 2017), l’espoir du HCTS est de monter en puissance. L’enjeu est de renforcer sa capacité de transmission : que ses publications soient davantage ressources pour les territoires et inversement. Mais comme s’interrogeait avec pertinence un cadre du conseil départemental d’Indre-et-Loire participant à un comité local pilote et ne demandant qu’à y croire : « Pour qu’il ne devienne pas une nouvelle instance de réflexion descendante de nous les cadres locaux en direction des professionnels de terrain, comment rendre la démarche vraiment participative ? »