N° 1234 | Le 4 septembre 2018 | Jacques Trémintin | Critiques de livres (accès libre)

Mon incroyable vie d’instit

Florence Saint Hilaire


éd. Balland, 2017, (176 p. – 15 €)

Thème : Education

Haut cadre dans un grand groupe pharmaceutique, l’auteure décide, la trentaine révolue, de devenir institutrice. Très vite, elle se spécialise dans la grande difficulté scolaire. Suivant son militaire de mari, la voilà égrenant d’improbables expériences, au gré des différentes mutations de son conjoint.

Son passage par l’IUFM n’est guère heureux, se terminant par une évaluation finale assurée par un inspecteur titubant, connu pour ses problèmes d’alcool. Sa première affectation dans les Hauts de l’île de la Réunion aurait pu être paradisiaque, si elle n’avait pas signalé la maltraitance familiale subie par un élève. Acte qui allait lui procurer de nombreux ennuis des années durant, la famille ayant déposé plainte contre elle. Son deuxième poste l’envoie comme enseignante détachée dans un ITEP à Toulouse, lui faisant découvrir les charmes du trouble du comportement. « Ici, tu craques ou tu tiens » l’avaient prévenu les éducateurs spécialisés. Elle a tenu, mais pose néanmoins sa demande de mutation. Elle obtient un poste en SEGPA proche de l’usine AZF. Elle fait sa rentrée le 8 septembre 2001. Le 21, l’usine explose. Après un break dans des écoles de campagne, elle replonge en zone d’éducation prioritaire. Florence Saint Hilaire nous livre ici un témoignage humaniste et candide d’une enseignante confrontée aux risques d’un métier qui procure à la fois joies et déboires, espoirs et désillusions.


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