N° 893-894 | du 17 juillet 2008 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 17 juillet 2008

Les différents types de structures de l’IAE

Camille Dorival, journaliste à Alternatives Economiques

Plus de 5 500 structures de l’IAE sont recensées en 2006 (derniers chiffres connus). Elles sont toutes conventionnées par les services de l’Etat et ne peuvent embaucher que des personnes ayant reçu un agrément de l’ANPE. Elles bénéficient de financements publics destinés à compenser le surcoût de l’encadrement des salariés en insertion ainsi que leur moindre productivité. Plusieurs types de structures sont néanmoins à distinguer :

- 3360 ateliers et chantiers d’insertion (ACI) portés par des associations, des collectivités locales, des centres d’action sociale, etc. Ils constituent souvent une première étape dans les parcours d’insertion, embauchant des personnes en très grande difficulté sur le marché du travail : plus de 46 000 personnes sont ainsi passées par un atelier ou un chantier d’insertion en 2006. Ces structures, qui peuvent être organisées de façon ponctuelle ou permanente, sont pour l’instant éligibles aux contrats aidés du secteur non marchand (mais ne devraient plus l’être après la réforme de l’IAE annoncée pour 2009). Elles reçoivent en outre un financement à l’accompagnement de 15 000 euros maximum par chantier d’insertion.

- 828 associations intermédiaires (AI) qui mettent des salariés en insertion (165 300 en 2006) à disposition de particuliers, d’entreprises, d’associations ou de collectivités locales, souvent sur des activités de services à domicile, de nettoyage, de manutention. L’accompagnement et la formation du salarié sont assurés par les AI. Chacune d’entre elles reçoit à ce titre une aide à l’accompagnement de 30 000 euros maximum.

- 868 entreprises d’insertion (EI) qui ont embauché 18 600 salariés en 2006. Ayant un statut d’entreprise commerciale (société anonyme ou SARL) ou d’association, les EI s’inscrivent dans le champ concurrentiel : leurs ressources proviennent donc en grande partie de leur activité marchande. Toutefois, elles reçoivent un financement public de 9680 euros par poste d’insertion en équivalent temps plein (ETP) et par an.

- 216 entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) qui ont également un statut d’entreprise commerciale ou d’association. Elles proposent des emplois intérimaires à des personnes en fin de parcours d’insertion : elles ont ainsi mis 23 400 salariés à disposition d’entreprises clientes en 2006. Elles bénéficient d’une aide à l’accompagnement de 51 000 euros par an pour l’encadrement de 12 salariés en insertion (en ETP).

- 100 groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq) : constitués sous forme d’associations, ces groupements d’employeurs sont souvent composés de chefs de petites et moyennes entreprises rencontrant des difficultés à recruter. Ils proposent des parcours d’insertion et de qualification au sein des entreprises adhérentes du Geiq. Ils reçoivent une aide à l’accompagnement de 686 euros par contrat de professionnalisation signé avec une personne de moins de 26 ans ou de plus de 44 ans.

- 130 régies de quartier, associations qui développent des services de proximité dans les quartiers en difficulté. Une régie de quartier peut demander à être conventionnée comme structure de l’IAE et intervenir en tant qu’ACI, AI ou EI


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