N° 1273 | du 12 mai 2020

Faits de société

Le 12 mai 2020

Adolescents • L’identité de genre en question

Thème : Sexualité

Les adolescents se questionnent plus ouvertement aujourd’hui sur leur orientation sexuelle et parfois sur leur identité de genre. Pour quelles raisons ?

Fille ou garçon ? Qui suis-je réellement ? Vers qui je me sens attiré(e) ? La transidentité, tout comme l’homosexualité, sont devenus des sujets beaucoup moins tabous de nos jours. On en parle dans les médias, des acteurs transgenres apparaissent dans des films ou des séries télé comme dans « Plus belle la vie » récemment. Aussi, les associations LGBT (1) sont de plus en plus sollicitées. « Nous recevons un nombre croissant d’adolescents autour de 14/15 ans qui se questionnent sur leur identité de genre. Je pense que ces questions, comme celle de l’homosexualité, ont toujours existé mais on peut les aborder plus librement aujourd’hui, ce qui fait que les ados osent davantage se révéler », affirme Antony Debard, porte-parole de l’association Contact Ile-de-France. Au-delà de la plus grande visibilité dans les médias, les messages politiques de ces dernières années ont aussi contribué à cette ouverture. « La loi sur le mariage pour tous a été un message fort pour dire que l’homosexualité avait la même valeur que l’hétérosexualité. Ensuite une loi de 2016 a simplifié le changement d’état civil pour les personnes transgenre. Désormais, le changement de prénom peut se faire par simple déclaration à la Mairie et non plus au Tribunal. Pour le changement de sexe sur la carte d’identité, il faut encore passer par le judiciaire mais les personnes trans ne sont plus obligées d’avoir subi une opération et d’être stériles pour y prétendre », explique Antony Debard. Toutes ces avancées ont permis aux personnes LGBT de se sentir plus légitimes.

Cependant, le coming-out dans l’entourage familial ou amical reste bien souvent une pierre d’achoppement. « Beaucoup de jeunes se posent encore la question de la normalité. La transidentité, comme l’homosexualité, a longtemps été considérée comme un trouble psychiatrique. Les ados nous parlent de leur peur de ne pas être normaux, d’appartenir à une minorité, d’être rejetés. Ensuite, il y a tout le questionnement autour de ce corps qui ne leur convient pas. Comment s’en accommoder : prendre des hormones, se faire opérer ou seulement se travestir ?  » Souvent, la première démarche des personnes transgenres consiste à opter pour un prénom de l’autre sexe. Un nouveau prénom qu’ils ont parfois du mal à imposer au sein de leur famille. « Pour les parents de trans que nous rencontrons cela constitue toujours un très long chemin d’appeler son enfant par un autre prénom que celui choisi à sa naissance. Or pour les trans qui ont cheminé et se sont acceptés dans cette nouvelle identité, c’est une urgence de se faire appeler par ce nouveau prénom  », souligne Antony Debard. Au-delà des gays, lesbiennes, bi et transsexuels, on voit également apparaître d’autres orientations sexuelles peu connues du grand public. Certaines associations ont rallongé leur sigle qui devient LGBTQI + pour y intégrer aussi les queers (qui ne se sentent appartenir à aucun genre en particulier), les intersexes (nés avec des caractéristiques sexuelles des deux sexes), les personnes asexuelles (sans recherche d’activité sexuelle) ou d’autres orientations encore… l
https://www.asso-contact.org/
(1) Lesbienne, gay, bisexuel/bi, transgenre/trans.