■ ACTU - Alpes-Maritimes • Un Esat au secours des sinistrés

Dans la Vallée de la Roya dévastée par les intempéries, un Esat nourrit un village et réconforte ses habitants.

Depuis que la tempête s’est abattue sur la Vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, le village de Saint-Dalmas de Tende, 300 habitants, se retrouve coupé du monde. Les 76 travailleurs de l’Etablissement et service d’aide par le travail (Esat) le Prieuré, hôtel-restaurant de standing installé dans un ancien monastère, sont sur le pont pour nourrir la population.

Habituellement, ils travaillent à l’hôtel, au restaurant, à la blanchisserie, aux espaces verts et au potager. Mais depuis la tempête, « L’Esat est devenu le lieu de ravitaillement et de réconfort pour les habitants, ils peuvent venir y chercher la nourriture livrée par hélicoptère mais beaucoup préfèrent manger sur place et 100 repas quotidiens sont cuisinés par nos usagers et salariés », rapporte le directeur, Olivier Baillot. L’hôtel accueille aussi des sinistrés. « C’est un lieu d’écoute et d’expression après ce que les habitants ont traversé, certains ont perdu leur maison, d’autres des parents, le cimetière a été détruit ».

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La chapelle du Prieuré où est installé l’Esat sert de salle de restaurant.

Après la catastrophe, les travailleurs de l’Esat n’ont pas souhaité rentrer dans leurs familles : « Ils ont préféré rester ici pour aider, à déblayer les rues, à tout nettoyer. Il faut dire que la période de confinement avait consolidé les liens », ajoute Olivier Baillot. Au milieu des bénévoles, des pompiers, des voisins, les usagers de l’Esat participent activement à la dynamique de solidarité : « Ils ont toute leur place, handicapés ou pas il n’y a plus de différence, là on peut vraiment parler d’inclusion ». Désormais, l’Esat est au centre de la vie collective du village.

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Les travailleurs de l’Est aident à déblayer dans le village

Cette idée d’inclusion est présente depuis la création du Prieuré, dont les travailleurs ont acquis une grande autonomie. « A tel point que deux d’entre eux ont voulu travailler en milieu ordinaire, explique le directeur, mais ils ont vite déchanté : L’un d’eux n’a pas trouvé d’emploi, et l’autre, malgré un CAP cuisine obtenu au Greta, a été cantonné à la plonge, si bien qu’il a démissionné pour revenir à l’Esat ». Pour leur offrir une porte de sortie, Olivier Baillot a décidé de créer un restaurant Esat hors-mur, qui a ouvert en août dans le village de Castillon, avec le concours du maire du village. « Ce restaurant fonctionne sans chef d’équipe, c’est-à-dire sans encadrement éducatif, ce sont les deux cuisiniers qui l’ont voulu, et ça marche du tonnerre, ça redonne des perspectives d’évolution à nos autres travailleurs ».