N° 833 | du 22 mars 2007 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 22 mars 2007

La gestion participative du pôle solidarité

Propos recueillis par Jacques Trémintin

Entretien avec Didier Lepers, directeur du pôle solidarité

Qu’est-ce qui a pu pousser votre institution à s’intéresser au sort de ses agents ?

Le travail social a changé. Autrefois, l’essentiel était d’ordre pédagogique : comment accompagner les populations vers une amélioration de leur situation ? Aujourd’hui, la question est plutôt : comment les aider à survivre ? Nos institutions doivent suivre cette évolution, les pratiques des professionnels aussi. Il est nécessaire de redonner du sens et de l’impulsion à l’action sociale, mais aussi de répondre à la souffrance induite chez les travailleurs sociaux. Ne pas le faire, ce serait prendre le risque de les voir se positionner en miroir à l’égard des usagers et de provoquer un phénomène boule de neige dans le mécanisme de la plainte. Quand on veut que le public soit bien traité, on fait en sorte que les agents chargés de le recevoir se sentent bien. Le SDAPP permet de sérier les problèmes en distinguant ce qui relève de la fatigue professionnelle de ce qui correspond plus aux dysfonctionnements institutionnels. Mais, il ne fait que prolonger tout ce qui avait déjà été fait, au préalable.

Pourquoi y arrivez-vous quand tant d’autres semblent même ignorer cette problématique ?

Je ne sais pas tout ce que peuvent faire les autres, ce que je peux vous dire, c’est que l’action que nous avons engagée n’a, pour nous, rien d’extraordinaire. J’aurais plutôt tendance à penser que c’est naturel. Sa réalisation est pour beaucoup liée, je crois, à une longue tradition de dialogue social dans notre département marqué par une forte représentation syndicale des travailleurs sociaux. Mais, il y a aussi une véritable volonté de l’administration d’attitude de bientraitance à l’égard de ses personnels. Et puis, c’est une question de choix et de priorité. Mais je peux vous assurer qu’au final, tout le monde s’y retrouve.

Pourtant, un certain stress lié à la territorialisation que vous avez entreprise semble perdurer ?

L’assemblée départementale a décidé de diviser le département en neuf territoires autonomes hiérarchiquement du siège. Théoriquement il aurait fallu un temps très court entre la conceptualisation de cette réorganisation et sa réalisation. Cela n’a malheureusement pas été possible. Nous sommes soumis aux procédures de réaffectation dans le cadre des mutations de postes. Ainsi, pour attribuer les neuf places d’agents d’accueil créées, nous avons dû traiter quatre-vingt-six candidatures ! Si la territorialisation est officielle depuis janvier 2005, les cadres locaux viennent tout récemment de prendre leur poste. Les difficultés auxquelles nous avons dû faire face pour la mise en œuvre de ce projet ont créé un sentiment de lassitude. Mais au final, cette territorialisation participe de la lutte contre l’usure professionnelle. En créant neuf directions proches du terrain, on favorise l’écoute et on donne plus de souplesse et de moyens pour trouver des solutions.


Dans le même numéro

Dossiers

Le SDAPP vu par des professionnels

Nous avons rencontré un groupe de professionnels avec lesquels nous avons pu dialoguer librement, hors de la présence des conseillères du SDAPP. Il s’agit d’un petit échantillon qui n’a aucune valeur représentative mais qui a néanmoins des choses à dire. Sur le vif

Lire la suite…

Prévenir l’épuisement professionnel

Quand Annie Fruchart est nommée à la tête du SDAPP, elle sait que tout est à créer. Pas de quoi effrayer cette assistante sociale de formation qui a derrière elle quinze ans de pratique de terrain et dix ans d’expérience de chef de service. Juste un défi passionnant à relever. Ce qu’elle fait avec dynamisme et efficacité. Elle nous explique la genèse de ce travail

Lire la suite…

Un dispositif à l’écoute des travailleurs sociaux

Alors qu’existe toute une panoplie d’outils pour répondre à la détresse des usagers, il est plus rare que la souffrance des professionnels soit prise en compte. Pourtant accueillir toute la misère du monde peut être source de douleur, d’usure et de découragement. Pour que les travailleurs sociaux puissent parler librement de leurs difficultés comme de leurs pratiques, le conseil général du Pas-de-Calais a créé le Service départemental d’accompagnement professionnel personnalisé. Mode d’emploi

Lire la suite…