N° 947 | du 29 octobre 2009 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 29 octobre 2009

Sophie Pelois, assistante sociale aux urgences pédiatriques

Nathalie Bougeard

Aux urgences pédiatriques depuis 2002, Sophie Pelois travaille tout à fait différemment que Françoise Glâtre. «  C’est essentiellement parce que je n’ai pas le même public  », annonce-t-elle. De fait, de nombreuses familles qui font appel à ses compétences n’ont jamais vu une assistante sociale de leur vie. « C’est la maladie, l’accident, qui provoque la rencontre  », continue-t-elle. Car après l’annonce d’un diagnostic difficile, il faut aider les parents à s’organiser du mieux possible : par exemple, dans le cas d’une pathologie hépatique avec surveillance à domicile, il faut mettre en place la prise en charge scolaire, solliciter parfois une disponibilité parentale, prévoir des tiers extérieurs pour les frères et sœurs lors des séjours de contrôle à Paris, etc. « Même si la famille nous a sollicités, toutes mes propositions ont au préalable été réfléchies avec l’équipe de soins », précise Sophie Pelois.

Autre règle d’or de cette professionnelle : toujours voir l’enfant avant de rencontrer ses parents, même les bébés. Pour l’observation bien sûr mais aussi parce que selon elle, « j’ai vu votre enfant » est une bonne entrée en matière ». Peut-être la seule possible…

Chaque année, Sophie Pelois traite quelque deux cent vingt situations, soit une toute petite partie des admissions. « C’est très diversifié. Sur une même journée, je peux m’occuper de l’accueil d’une famille migrante, être confrontée à une situation d’enfant en danger ou organiser un séjour dans un autre établissement », souligne-t-elle.

Car évidemment, comme pour ses autres collègues, c’est le temps médical qui définit son temps d’intervention. « Après, on ne revoit plus les gens », rappelle-t-elle.

Une situation parfois difficile, notamment auprès des familles qui rencontrent des difficultés relationnelles et/ou éducatives avec leur enfant. « L’entrée reste le médical. Mais si une famille nous fait part de difficultés, on s’en occupe », défend Sophie Pelois. Concrètement, l’idée est que le temps d’hospitalisation serve à autre chose qu’au soin médical : amorcer un début de dialogue avec la famille, prévoir un passage de relais pour une continuité de soin, réassurer les parents à propos de leurs compétences ou encore envisager, une aide éducative. « Ce temps soignant n’est pas souvent en concordance avec les temps d’intervention des services extérieurs », regrette-t-elle.

Ainsi, obtenir un rendez-vous dans un CDAS (centre d’action sociale) nécessite environ trois semaines. Même chose pour l’aide éducative qui avant d’être attribuée nécessite la réunion d’une commission. « Ces délais existent et nous devons faire avec. Mais c’est un exercice difficile : que faire ? Que dire quand un ado est sortant et ne veut pas retourner à l’école ? Quand il s’alcoolise ? » Alors Sophie Pelois assure en quelque sorte le service après-vente : « J’essaie de temporiser en recevant le jeune et sa famille, en les aidant à trouver des personnes ressources parmi leurs proches. »


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