N° 945 | du 15 octobre 2009 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 15 octobre 2009

« L’autonomie renforce la citoyenneté »

Propos recueillis par Bruno Crozat

Entretien avec Jean-Pierre Ringler, président de la coordination Handicap et Autonomie.

Comment est née votre coordination ?

En 2002, les seuls moyens dont disposaient les personnes en situation de handicap pour vivre à domicile étaient l’AAH (l’allocation adulte handicapé) et l’ACTP (l’allocation compensatrice tierce personne). Ces deux allocations ne suffisaient pas pour vivre à domicile. Il fallait sacrifier le travail du conjoint qui restait à la maison et faisait office d’auxiliaire de vie, ou repartir en institution. Nous avons fait des grèves de la faim, comme celle de Marcel Nuss en 2002. La coordination est née de cette lutte.

Qu’avez-vous obtenu ?

La promesse de forfaits grande dépendance : 6 000 à 7 000 euros par mois pour une auxiliaire de vie à temps plein. Mais ces forfaits n’ont concerné en fait que quelques dizaines de personnes. Nous avons aussi obtenu la possibilité d’embaucher des auxiliaires 24 heures sur 24, ce qui n’était pas inscrit dans les décrets d’application de la loi de 2005. En octobre 2006 nous avons également acquis la possibilité pour l’aidant familial d’être salarié et pas seulement dédommagé à trois euros de l’heure. C’est essentiel qu’un parent d’enfant handicapé qui sacrifie sa carrière professionnelle puisse prétendre à un salaire et une retraite.

Aujourd’hui l’action est-elle toujours aussi revendicative ?

Handicap et Autonomie a d’abord été une coordination pour manifester et revendiquer le droit à l’autonomie des personnes handicapées. C’est aujourd’hui une association dont j’ai repris la présidence en essayant d’insuffler un nouvel élan. Nous voulons sensibiliser les personnes handicapées vivant dans les institutions à la vie autonome à domicile. Trop de personnes ne savent pas quels sont leurs droits. C’est un travail d’information et de sensibilisation.


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