Numéro de la quinzaine | N° 1184 | du 28 avril 2016

  • Dossier
    Hopitaux psychiatriques sous l’Occupation • De l’oubli à la mémoire

  • Décryptage
    Un travail social désincarné ?

  • Critiques de livre
    Pratiques artistiques et thérapie par l’art


Décryptage, Formations et transmissions, critiques de livres…

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L'Actualité de Lien Social RSS

Christophe Sirugue au secours de la Loi Travail

3 mai 2016

D’après Christophe Sirugue, il manquerait quarante voix (Le Parisien) pour que la loi Travail passe à l’Assemblée sans recours à l’article 49.3 - qui permet au gouvernement de « forcer le passage » législatif. Voilà qui paraît bien peu... Depuis aujourd’hui, le député socialiste doit assumer la mission ingrate de convaincre ses pairs des atouts de la loi El Khomri, qui cristallise les tensions depuis plus de deux mois.

Le 18 avril, c’est également ce parlementaire de gauche qui remettait à Manuel Valls un rapport sur la « réforme des dispositifs de soutien aux revenus d’activités modestes ». Retour sur quelques éléments de réponse proposés pour améliorer l’accès des personnes aux minima sociaux.
En premier lieu, l’ouverture du RSA à partir de 18 ans (au lieu de 25 ans aujourd’hui) pour soutenir les jeunes dans leur recherche d’emploi ou de formation. Ensuite, faciliter l’accès des personnes à leurs droits ; en effet on compte toujours 30% de non recours aux minimas sociaux dans la population. Enfin, un montant fixe des allocations sur une période de trois mois rendrait plus prévisible le budget des ménages.
Au-delà de ces pistes, ce qui intéressera surtout les travailleurs sociaux c’est la préconisation de revoir la politique d’accompagnement des allocataires et de fixer des obligations de financements aux départements.
Mais ce ne sont pour l’heure que des propositions...


Nuit debout : les travailleurs sociaux aussi !

27 avril 2016

Une nouvelle commission « Action Travail Social » a été créée aujourd’hui par le mouvement Nuit Debout, Place de la République à Paris.
Au cœur des discussions, les bouleversements constatés par les travailleurs sociaux dans leurs pratiques professionnelles, auxquelles de nouvelles normes sont imposées. La marchandisation du travail inquiète et « le désengagement des pouvoirs publics au profit des logiques d’économie de marché » mobilise les professionnels de l’action sociale.
Parmi les points évoqués au cours de cette première réunion de la commission : « le remaniement de la Convention Collective 66, la refonte des métiers et des diplômes du social, les Investissements à Impacts Sociaux, le déconventionnement des équipes de prévention spécialisée » et bien-sûr, la loi El Khomri. Autant de sujets régulièrement décryptés dans les colonnes de Lien Social.

Une nouvelle réunion de la commission « Action Travail Social » est d’ores et déjà fixée pour le vendredi 29 avril, pardon, le 60 mars…


Nuits et jours debout

27 avril 2016

IL Y A UN MYSTÈRE FRANÇAIS encore plus grand que celui de la graisse de canard qui ne donne pas de cholestérol ou de Drucker qui présente en 2016 une émission le dimanche, c’est le regard que les Français portent sur leur jeunesse. Une étude parue dans le Figaro nous informe qu’une grande majorité des Français aurait une mauvaise opinion des jeunes. Qu’ils considèrent comme velléitaires, fainéants, toujours sur leurs téléphones portables, incapables de se prendre en charge, parasitant les parents, j’en passe et des meilleures.

Plus étrange encore, ces Français sont les seuls dans le monde occidental à porter un tel jugement sur leur jeunesse ; pourtant on constate que grosso modo, les jeunes ont à peu près les mêmes comportements de New York à Londres en passant par la place de la République à Paris. À ce propos d’ailleurs, le mépris de certains politiques pour les « Nuit debout » est surprenant.

Car, somme toute, les jeunes réunis à travers la France, plutôt issus des classes moyennes et bourgeoises, recréent des agoras de discussions démocratiques tels qu’en rêvent tous les dirigeants du monde. On se rassemble, on discute, on invente, on rêve et l’on cherche le moyen de se faire entendre. Sommes-nous si fiers de nous, adultes, responsables, politiques, intervenants sociaux que nous puissions nous passer des idées de la jeunesse ? Qu’avons-nous à leur offrir de si merveilleux qu’ils soient satisfaits ?

Je rappelle à ces vieux barbons sûrs d’eux, que toutes les dernières inventions utiles de type « Blablacar, Uber et autres applications de smartphones » ont germé dans la tête de jeunes post-adolescents, conscients de leur époque. Je rappelle aussi que, quoi que l’on fasse ou dise, ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui imposeront leurs modes de pensée, leur mode d’agir et que l’un dans l’autre, la génération au pouvoir s’adaptera en grognant comme elle l’a toujours fait. Oui, les jeunes sont dans la rue ! Mais où peuvent-ils être ? À l’Assemblée nationale ? Oui les jeunes gueulent et manifestent pour se faire entendre ! Mais qui les représente ? Quel responsable politique parle au nom de la jeunesse ?

Ce mouvement, comme tous les mouvements de jeunesse actuels, est international, il dépasse les frontières et les clivages politiques. On comprend qu’il y ait de la résistance ! Mais les digues cèderont, c’est une question de temps.

Etienne Liebig

Nota - Article publié dans Lien Social n°1184
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Investissement social • L’ONES tire la sonnette d’alarme

25 avril 2016

Des « dérives graves », c’est ce que l’Organisation nationale des éducateurs spécialisés pressent devant l’arrivée des Social impact bond, contrat à impact social, en France (voir LS n° 1183 et 1184). Ces contrats d’un nouveau genre ouvrent aux investisseurs privés le financement d’actions sociales avec retour sur investissement si le projet est concluant. « Certaines grosses associations sont parties prenantes car elles jouissent d’une place prépondérante due à l’importance des fonds publics qui leur sont attribués. En coulisses, elles se croient suffisamment puissantes pour au mieux s’opposer au pire, résister aux obligations de résultats et prérogatives des investisseurs et des banques. Elles pensent malgré tout maintenir une certaine maitrise du jeu » avance l’ONES qui estime qu’elles se méprennent et risquent de se « mettre sous tutelle » face à l’inévitable pression et ingérence des investisseurs.
Les travailleurs sociaux, prédit l’ONES, entreront alors dans « une logique de rentabilité » et non plus de temps long et de prise en compte des personnes dans leur globalité.


Polyhandicap : un Livre Blanc et un Pacte

14 avril 2016

« Polyhandicap et Citoyenneté – Un défi pour tous ». L’Union Nationale des Associations de Parents d’Enfants Inadaptés (UNAPEI) publie sous ce titre un Livre Blanc dans le but de susciter la réflexion sur la prise en charge des personnes polyhandicapées « niées dans leurs droits et leur citoyenneté ». Pour l’UNAPEI, ce qui constitue le « socle de notre République : liberté, égalité, fraternité » leur reste difficilement accessible et représente même des droits fondamentaux bafoués.

L’ouvrage pointe les manquements observés à l’encontre du droit des personnes polyhandicapées et soumet des solutions à mettre en œuvre par les pouvoirs publics, les associations ou les personnels des structures médico-sociales.
Au-delà de la réflexion qui doit être menée, l’UNAPEI souhaite obtenir d’eux des engagements concrets : elle propose donc l’organisation, dans chaque région, de rencontres et conférences-débats à l’issue desquelles pourra être signé un « Pacte Polyhandicap ». Lequel se construit autour de cinq axes : un accompagnement précoce et continu, des dispositifs globaux de prise en charge, une offre de soins suffisante, des formations pour les professionnels et une gestion adaptée des établissements.
La première rencontre aura lieu en Région Centre, le 23 Avril à Orléans sur le thème « Polyhandicap et citoyenneté : utopie ou réalité ? »

Grâce à l’influence de médecins et psychiatres, la France a progressivement reconnu le polyhandicap dans les années 1960. « Le polyhandicap se caractérise par la présence de déficiences associées et recouvre des situations très variées. Il s’agit d’un handicap grave à expression multiple, associant déficience motrice et déficience mentale sévère ou profonde entraînant une restriction extrême de l’autonomie et des possibilités de perception, d’expression et de relation. » (unapei.org)
Mais ce n’est qu’en 1989 que l’acception officielle du terme a fait l’objet d’un décret et a ouvert la voie à des dispositions spécifiques. Aujourd’hui, à travers ce Livre Blanc, l’UNAPEI pose la question de la place que la société est prête à laisser à ces personnes dans la création d’un autre vivre ensemble, ainsi que celle des droits et de la reconnaissance qu’elle voudra bien leur accorder.

Réalisé en collaboration avec le Comité d’études, d’éducation et de soins auprès des personnes polyhandicapées (Cesap), le Groupe Polyhandicap France (GPF) et le Comité de liaison et d’action des parents d’enfants et adultes atteints de Handicap Associés (CLAPEAHA), le Livre Blanc est téléchargeable gratuitement sur le site de l’UNAPEI.



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