Numéro de la quinzaine | N° 1168 | du 3 septembre 2015

  • Dossier
    Prévention de la radicalisation • Quelle place pour le travailleur social ?

  • Décryptage
    Pour une Maison des réfugiés

  • Critiques de livre
    Faits religieux et laïcité : le travail social à l’épreuve • Repères pour une pratique professionnelle


Décryptage, Formations et transmissions, critiques de livres…

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Logement • Coupes sombres

20 août 2015

Une « baisse drastique » du budget du ministère du logement dans le projet de loi de finances pour 2016 inquiète vivement les associations membres du collectif des associations unies. Elles le font savoir dans une lettre ouverte au ministre des Finances, le 28 août dernier. Le collectif demande à être reçu avant le passage de la loi, fin septembre.

Pour une Maison des Réfugiés à Paris

20 août 2015

9 juillet : dans une lettre ouverte à Anne Hidalgo, Maire de Paris, 222 artistes, cinéastes, musiciens, chercheurs réclamaient un lieu d’accueil pour les quelque 600 réfugiés survivant, expulsion après expulsion, dans les rues de Paris. Était revendiquée la création d’une « Maison des Migrants » qui formerait le chaînon manquant entre l’arrivée en France et le placement en centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA). Constitué des migrants (et de leurs soutiens) réfugiés sous le métro aérien à La Chapelle, puis à la Halle Pajol, puis au jardin d’Éole, puis sous la Cité de la Mode et dans d’autres lieux parisiens, le collectif La Chapelle en lutte a pris une place prépondérante dans ce mouvement (avec quelques militants de la Cimade, du Gisti, de Médecins du monde). Celui-ci porte inlassablement sa demande d’ouverture en urgence d’un lieu collectif, sans résultat. Le groupe (composé de nombreux Soudanais et Syriens, et des soutiens) décide alors, fin juillet, d’occuper le lycée Guillaume Budé, rue Jean Quarré, dans le 19ème arrondissement. Lutte et survie : « Refugees are survivors » ou « refugees struggle » peut-on lire aujourd’hui sur la façade ou les murs.

« Nous souhaitons transformer ce lycée en centre d’accueil temporaire. Les travaux devraient être réalisés en quelques semaines », a promis Bruno Julliard, premier adjoint à la Maire de Paris (… qui avait déjà annoncé en juin dernier la création de centres de transit). Ainsi, un nouveau centre d’accueil – pas forcément réservé aux seuls migrants –, d’une capacité d’environ cent cinquante personnes, pourrait-il voir le jour, jusqu’en 2020, date où le lycée doit se métamorphoser en médiathèque. Mais La Chapelle en lutte reste méfiante. Et constate l’absence d’aide en nourriture de la mairie, s’interroge sur les moyens engagés pour la répression, et craint une « concurrence des indigents, qui n’ont pas les mêmes besoins » (nous dit Valérie Osouf, du collectif). À suivre, forcément.
Lire aussi le Décryptage dans Lien Social n° 1168 (3 septembre)

Travail social - Des évolutions sociétales majeures

9 juillet 2015

Le Conseil régional du travail social (CRTS) de Bretagne a mené une enquête régionale (questionnaire en direction des professionnels du secteur social et médico-social, entretiens, auditions, organisation d’un forum), dont les enseignements sont particulièrement riches. Il apparaît dans l’écrit que trois évolutions sociétales majeures peuvent être mises en exergue : d’une part, la problématique qui a le plus marqué l’exercice du métier des intervenants sociaux pendant les cinq dernières années est l’augmentation des cas de souffrance psychique (70% des répondants) ; d’autre part, la notion de complexité des situations a largement été mise en avant (59%) ; enfin, les « fortes répercussions de l’augmentation du chômage et de la pauvreté » sont soulignées (42%).
Parmi les évolutions législatives et institutionnelles qui ont le plus impacté l’exercice de leur métier, les intervenants sociaux nomment, pour une large majorité, les restrictions budgétaires et l’augmentation du nombre de dispositifs règlementaires (et, plus loin, les obligations évaluatives). La technicisation de l’accompagnement et une certaine « crise du management » sont également pointées.
Concernant l’amont, les professionnels estiment que les formations sociales ne préparent pas suffisamment aux problématiques de santé, à l’évaluation des actions, aux méthodologies de la recherche-action ou encore au développement d’expérimentations. Une plus grande implication des terrains dans le processus de formation, de même que le développement de la recherche, sont souhaités.
Le CRTS conclut son enquête par quelques recommandations, dont la promotion d’une approche territorialisée, la lutte contre les cloisonnements, l’adaptation aux outils numériques, l’expérimentation, ou encore le renforcement d’un socle commun des différentes formations.

Les CRA, de pire en pire

2 juillet 2015

En 2014, près de 50 000 personnes ont été privées de liberté dans les centres et locaux de rétention administrative, soit une hausse de 9% par rapport à 2013. Dans un rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative remis fin juin, cinq associations – Service social familial migrants (Assfam), Forum Réfugiés, France Terre d’asile, la Cimade et l’Ordre de Malte – dressent un bilan, encore une fois accablant. L’enfermement est qualifié d’« abusif » et la rétention est considérée comme « détournée ». En métropole, 55% des personnes sont éloignées de force vers un pays européen. Parmi elles, 28% sont des ressortissants communautaires, essentiellement des Roumains, qui bénéficient pourtant du principe de libre circulation dans les conditions prévues par le droit. En 2014, les ressortissants albanais ont représenté la première nationalité éloignée, suivie de près par les Érythréens, les Soudanais, les Syriens et les Afghans – , pourtant souvent inexpulsables en principe.
Par ailleurs, malgré de récentes condamnations par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), le taux d’enfermement des enfants a grimpé de 16% en métropole et de… 59% à Mayotte. Enfin, le taux moyen passé en centre de rétention est passé d’environ dix jours les années précédentes à 12,3 jours en 2014, certaines préfectures allant jusqu’à plus de 17 jours. Le projet de loi annoncé par le ministère de l’Intérieur, déplorent les associations, ne prévoit aucunement « de revenir sur les dispositions les plus contestées de la réforme de 2011, pourtant décriées à l’époque par l’actuelle majorité ». Celles-ci se verraient plutôt renforcées, allant dans un sens toujours plus restrictif. « Ce sont de véritables politiques alternatives qui doivent être inventées pour organiser humainement ces migrations européennes et ultra-marines », concluent les cinq signataires.
Voir aussi Lien Social n° 1167 (9 – 22 juillet)


Forte mobilisation des travailleurs sociaux

26 juin 2015

Mille cinq cent personnes, selon les organisateurs, sont descendues dans la rue ce jeudi 25 juin, à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FA-FP, FO, FSU, et Solidaires), pour défendre le travail social face à la refonte annoncée de leur métier. Ce jour là, deux réunions d’importance pour l’avenir du travail social se tenaient à Paris. Les deux plus gros syndicats patronaux, la Fegapei et le Synéas votaient leur fusion. Ils annoncent vouloir, dans la foulée, réformer la convention collective 66, avec, pour les manifestants, la perspective d’une dénonciation de ce texte fondamental. Le même jour, la commission du ministère des Affaires sociales se réunissait pour donner son avis sur la refonte des formations et diplômes du niveau V, avec la perspective de regrouper sous un même diplôme les aides médico-psychologiques, les assistants de vie sociale, les auxiliaires de vies sociale. En perspective, se profile la refonte des métiers des professionnels de niveau III, appelés à devenir des « coordinateur de projet » comme le dénonce une lettre ouverte pour défendre les métiers sociaux signée par des formateurs, des chercheurs, des enseignants universitaires. Des reformes qui, selon les signataires de la lettre, sont « de purs produits du managérialisme ambiant ». Or, « le travail social, la santé ne sont pas des marchandises » pouvait-on lire sur un ballon. Beaucoup disent craindre les conséquences de la politique d’austérité qui s’affirme. Mais au delà, les slogans reflétaient la crainte d’une perte du sens des métiers : « Oui à la spécificité de nos métiers ! », « Non au travail social libéral à but lucratif ! », « Non, au technicien du social interchangeable », « On ne gère pas l’autre, on l’accompagne ».


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