Numéro de la quinzaine | N° 1186 | du 26 mai 2016

  • Dossier
    Conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation • Le social aux oubliettes

  • Décryptage
    Bouquet de luttes

  • Critiques de livre
    L’empowerment, une pratique émancipatrice ?


Décryptage, Formations et transmissions, critiques de livres…

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Mad Pride versus Fada Pride

25 mai 2016

Fous et alors ? Pour changer le regard des malades sur eux-mêmes et celui des autres sur la maladie psychique, la Mad Pride défile une fois par an dans Paris depuis 2014. Le 11 juin, elle sèmera ses grains de folie entre l’hôpital psychiatrique Saint-Antoine et la place de la République. Partant d’un lieu symbolique d’enfermement pour aller vers un lieu symbolique de démocratie, cette marche vise à revendiquer la pleine citoyenneté des personnes en difficulté psychique et promouvoir leur inclusion sur le plan économique, social, environnemental et culturel.

Le Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie ne se reconnaît pas dans la légèreté de cet événement. « Nous déplorons que les organisateurs de cette mascarade parisienne, aient mis un étouffoir sur les protestations et les revendications des personnes aux prises avec les institutions psychiatriques, en ne gardant de tout cela qu’une vague revendication pour une dignité des personnes atteintes de pathologie mentale. » Majoritairement composée de patients ou ex-patients de la psychiatrie, l’association appelle donc au boycott de la Mad Pride.

Ces militants des droits fondamentaux des personnes psychiatrisées se reconnaissent davantage dans le manifeste de la Fada Pride. Organisée le 4 juin à Marseille, elle se veut également festive, mais se réunit autour de la dénonciation des maltraitances dans les lieux de soins, de la privation de liberté, du gavage médicamenteux… La marche sudiste revendique donc : l’abandon d’une culture de la contrainte, la création de lieux d’apaisement de crise encadrés, l’application de la CMU par tous les médecins, le droit de discuter des traitements, l’accès à un chez soi et à des revenus suffisants…

Le 5 juin 2016 à Marseille et le 11 juin à Paris


Handicap sensoriel : Colin-Maillard pour tous !

19 mai 2016

Trois duos, trois défis : à gauche, une personne déficiente visuelle, à droite une personne qui ne l’est pas. Et toutes deux, les yeux bandés. Il s’agit, dans un temps donné, de taper une phrase sur le clavier d’un ordinateur, de rassembler la somme de 17 € 88 le plus vite possible, ou encore de séparer trois jaunes d’œuf de leurs blancs sans les casser. Autrement dit, quel serait notre quotidien si nous perdions la vue ? Et qui sont les vainqueurs — haut la main — de ce genre de challenge ? Pour relever le défi, c’est ici !
Avant tout empreinte d’un esprit de lutte en faveur des personnes déficientes visuelles, cette initiative non moins ludique est celle de l’association Valentin Haüy, reconnue d’utilité publique depuis 1891.
Nul doute qu’elle saura inspirer les travailleurs sociaux qui partagent le quotidien des personnes aveugles et malvoyantes.

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Autisme et culture, dans un futur proche

12 mai 2016

J-5... Le Festival du Futur Composé fête sa 9ème édition cette année à Paris. Manifestation culturelle atypique, elle associe des artistes professionnels à de jeunes adultes vivant avec des troubles autistiques. Résultat : des productions remarquables, opéra-ballet, concerts et expositions se succèdent du 17 Mai au 30 Juin dans des salles parisiennes renommées. Une trentaine d’institutions spécialisées participent à l’événement, auquel les équipes éducatives et environ deux cents jeunes se sont préparés des mois durant.

Ce Festival, qui se déroule (seulement !) tous les deux ans, est organisé et produit par l’association du Futur composé. Créée en 2000, elle souhaite ainsi favoriser l’accès des personnes autistes aux pratiques culturelles et les rendre actrices du champ culturel. Par son action quotidienne, l’association entend bien changer le regard du grand public sur le handicap et inscrire ses jeunes talents, plus que dans le spectacle, dans une communauté autre. Futur composé, ou comment, en lui ouvrant leurs portes, les lieux culturels ouvrent l’esprit de leurs spectateurs...

Toute la programmation à découvrir ici.

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La rue, trop féminine…

9 mai 2016

Dans un bilan qui recense les demandes faites au 115 pendant l’hiver 2015-2016, la Fédération Nationale des Associations d’accueil et de Réinsertion Sociale (Fnars) dénonce la situation alarmante des femmes contraintes à vivre dans la rue et en appelle aux pouvoirs publics.
En effet, la Fnars souligne une augmentation significative du nombre de femmes isolées ayant recours au numéro d’urgence. Une hausse de 13% dans les 45 départements étudiés (et de 10% pour Paris) par rapport à l’hiver dernier, une majorité d’entre elles ayant entre 18 et 24 ans. Ce constat inquiétant montre non seulement l’incapacité à répondre à la demande d’hébergement de ce public fragile mais également une montée de la vulnérabilité sociale des femmes seules.

De manière plus générale, le bilan fait état de 65 000 personnes ayant appelé le 115 dans les 45 départements en question (hors Paris), soit 440 000 demandes d’informations ou d’hébergement. Sur ce nombre d’appelants, 57% restent sans solutions d’hébergement, quant aux autres, ils se voient proposer une solution précaire d’une nuit en structure hivernale.
La Fnars relève également une augmentation des demandes de prestations (maraudes, aide alimentaire, santé, etc.) qui témoigne d’une précarisation importante des personnes à la rue et note une diminution globale des nuitées d’hôtel au profit de créations de places d’hébergements. Enfin, déplorant que l’hôtel demeure « une variable d’ajustement à la fermeture des places hivernales », la Fnars réaffirme la nécessité de trouver des solutions pérennes et adaptées aux personnes vivant dans la rue plutôt qu’une précarisation des réponses apportées qui restent « inutiles et coûteuses ».

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Christophe Sirugue au secours de la Loi Travail

3 mai 2016

D’après Christophe Sirugue, il manquerait quarante voix (Le Parisien) pour que la loi Travail passe à l’Assemblée sans recours à l’article 49.3 - qui permet au gouvernement de « forcer le passage » législatif. Voilà qui paraît bien peu... Depuis aujourd’hui, le député socialiste doit assumer la mission ingrate de convaincre ses pairs des atouts de la loi El Khomri, qui cristallise les tensions depuis plus de deux mois.

Le 18 avril, c’est également ce parlementaire de gauche qui remettait à Manuel Valls un rapport sur la « réforme des dispositifs de soutien aux revenus d’activités modestes ». Retour sur quelques éléments de réponse proposés pour améliorer l’accès des personnes aux minima sociaux.
En premier lieu, l’ouverture du RSA à partir de 18 ans (au lieu de 25 ans aujourd’hui) pour soutenir les jeunes dans leur recherche d’emploi ou de formation. Ensuite, faciliter l’accès des personnes à leurs droits ; en effet on compte toujours 30% de non recours aux minimas sociaux dans la population. Enfin, un montant fixe des allocations sur une période de trois mois rendrait plus prévisible le budget des ménages.
Au-delà de ces pistes, ce qui intéressera surtout les travailleurs sociaux c’est la préconisation de revoir la politique d’accompagnement des allocataires et de fixer des obligations de financements aux départements.
Mais ce ne sont pour l’heure que des propositions...



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