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► LE (dernier) BILLET de Ludwig : Au revoir Lien Social


Cher Lien Social, au revoir. Cela fait maintenant un an que tu es en soins palliatifs, et malgré les tentatives de te sauver, il faut se résoudre à ce que tu nous quittes.

Et pourtant, je ne m’y fais pas, non. 35 ans, c’est trop jeune.

Mais je veux ici te je remercier, ainsi que toute l’équipe au grand complet. Tu m’auras accompagné depuis plus de 20 ans, et j’aurais lu dans tes pages les plus grands, les références du travail social, les anonymes collègues, car par et pour les travailleurs sociaux.

Je t’ai vu sur le bureau de mon père en noir et blanc. C’est pour te dire l’attachement que j’ai toujours eu à toi et au travail social en général. Tu fais partie de moi, tu as construit mon identité professionnelle et tu m’as reconnu. Je te dois beaucoup.

Les noms résonnent. Liebig, Bargane, Fustier, Capul, Lemay, Gaberan, Trémintin, Jonis, Gori, Chauvière, Planté, Cartry, Jiho, Martinet, j’en passe et en oubli, désolé. C’est une histoire, et l’histoire, est d’une importance capitale. En tout cas, pour moi comme pour tant d’autres, cette histoire fait partie de la mienne.

J’en aurais fait partie un peu. Par mes écrits, par mes fonctions. Merci pour la confiance qui m‘aura été accordée. Merci à André, pour avoir créé ce journal et sa confiance. Merci à Jacques, de m’avoir convoqué à l’écriture et pour son soutien. Merci à l’équipe de m’avoir accueillie. Merci pour les rencontres !

Alors voilà, tu t’éteins. C’est un paradoxe, mais je suis plein d’optimisme. Parce que je vois autour de moi des travailleurs sociaux qui créent, qui innovent, qui réfléchissent, qui pensent le travail social d’aujourd’hui et de demain. C’est ce que tu m’as apporté dans tes pages, et c’est ce qui nous manquera, pour ne pas se faire avaler par le grand capital.

J’ai envie de dire que la fin est parfois le commencement d’autres choses. Qu’après le deuil revient la vie, comme un phœnix renait de ses cendres. Il ne tient qu’à nous de construire le travail social de demain, de le réinventer sans perdre ses racines.

Cher Lien Social, il faut que je te quitte maintenant. J’aurais encore tant de choses à te dire. Et je sais aussi que tu me répondrais, comme E.T à la fin du film, « je suis toujours là ».