N° 1033 | du 6 octobre 2011

Faits de société

Le 6 octobre 2011

Le travail social bouge encore

Joël Plantet

Les travailleurs sociaux ne veulent plus être invisibles au service des invisibles de notre société. Décrété mois du travail social, octobre se veut celui de la mobilisation, de la réflexion, de l’interpellation.

« Travail social, si on en parlait… » À l’initiative du Mouvement pour une parole politique des professionnels du champ social (MP4), un collectif d’associations (ONES, CNAEMO, FNEJE, CNLAPS, MP4, 7, 8, 9 Radio sociale) a décrété octobre mois du travail social, sous forme de mobilisation nationale. Divers collectifs, syndicats, associations, professionnels et citoyens sont invités à créer l’événement. Un certain nombre sont déjà balisés.

Ainsi, la semaine du 3 au 9 octobre verra-t-elle deux points d’orgue : le Cnlaps organisera les 6 et 7 octobre, à Saint-Étienne, une grande rencontre sur le thème Éduquer, c’est aussi prévenir la délinquance… Le collectif de travailleurs sociaux et médico-sociaux du Limousin, RipOstes, alertera les citoyens par une distribution de tracts aux carrefours de Limoges contre « les dérives du tout-sécuritaire, de l’ultra libéralisme et de la charité qui touchent le secteur ».

La semaine suivante (10 au 16 octobre) développera quatre axes de réflexion. La fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants sera à l’initiative d’une rencontre, du 12 au 14 octobre à Tours, sur la qualité du travail éducatif. Le même collectif RipOstes organisera le 13 octobre une soupe populaire à Limoges pour alerter sur la fin du social « professionnel ». À l’initiative de plusieurs syndicats du 93, une journée intitulée Fichiers administratifs, évaluations quantitatives et travail social, histoire d’une incompatibilité se déroulera le 14 octobre. On y entendra des assistants de service social parler du système intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), des données recueillies sur les usagers, de l’évaluation… Enfin, le démantèlement des services publics fera l’objet de deux séances de théâtre forum, à Montreuil (93) le week-end du 15 et 16 octobre, par la compagnie NAJE (Nous n’abandonnerons jamais l’espoir).

La troisième semaine d’octobre sera elle aussi active : un collectif de travailleurs sociaux de Rhône-Alpes fédéré sous l’appellation Travail social en crise organisera à Saint-Étienne une rencontre sur le thème Pédagogie et travail social. La question de l’évaluation dans le champ social fera par ailleurs l’objet d’une émission de 7, 8, 9 Radio sociale, Le trottoir d’à côté, enregistrée à l’ETSUP de Paris. Le collectif RipOstes formera un cortège, le 22 à Limoges, pour annoncer l’enterrement du travail social. Enfin, l’Appel des appels (ADA) sera à l’initiative d’une journée de débats intitulée Amour du métier : comment redonner de la valeur aux luttes sociales et culturelles ? dans le 93, avec quelques personnalités (Castel, de Gaulejac…) et bon nombre d’associations (dont MP4, RESF ou Pas de bébés à la consigne).

Dernière semaine (24 au 31 octobre) : le décidément très actif collectif RipOstes gérera un espace de libre expression pour l’avenir, le 29 octobre à Limoges. Un nouveau collectif réunionnais, Valorisation des actions citoyennes pour oser avancer (VACOA) lancera une revue du champ social, avec paroles d’usagers et de professionnels. D’autres initiatives sont en préparation et le site Octobre du travail social aide à la coordination.

Dans la pré-campagne présidentielle qui s’annonce, la parole des travailleurs sociaux doit se faire entendre. En décembre, une rencontre à Paris formalisera la plateforme de propositions à destination des candidats à la course à l’Élysée.