N° 896 | du 11 septembre 2008 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 11 septembre 2008

L’aventure plutôt que les discours

Marjolaine Dihl

Thèmes : Animation, Jeunesse

Lancer des projets de longue haleine malgré sa mission d’accueil d’urgence, voilà le pari que l’association Delta Suda relevé. Cet été, les enfants qu’elle héberge sont partis arpenter les Alpes durant cinq semaines. Cette expérience, parfois éprouvante, les interroge. Souvent à l’origine d’une métamorphose. De leur côté, les éducateurs, qui sont essentiellement dans la parole, trouve là une manière plus directe d’agir.

Course de fond ou épreuve de relais ? En traversant les Alpes durant plus d’un mois en juillet et août 2008, les foyers Delta Sud ont sans doute goûté aux deux disciplines. La structure d’accueil d’urgence a ainsi réalisé un projet au long cours, à savoir une marche sur près de trois cents kilomètres en compagnie de cinq vagues d’enfants de huit ans et plus, venues de ses cinq foyers situés dans les Bouches-du-Rhône [1]. À raison d’une semaine par groupe, les grimpeurs ont relié Saint-Martin-en-Vercors à Névache dans le Briançonnais, en passant par le Dévoluy et le massif des Ecrins. Avec l’aide de cinq ânes bâtés pour porter l’équipement de camping, les randonneurs en herbe ont pu atteindre 3200 mètres d’altitude ! Chaque foyer n’ayant parcouru qu’une partie de l’itinéraire, seuls quelques uns ont atteint cette altitude. Ils peuvent cependant tous se targuer d’une réussite collective.

Les raisons du succès ? La volonté d’abord. Suite à l’initiative imaginée par l’un de ses éducateurs, Delta Sud a acquis une certaine expérience en matière de randonnée alpine. Ainsi a-t-elle déjà organisé, à trois reprises, un trek d’une semaine durant l’hiver dans les hauts plateaux du Vercors avec cinq jeunes, deux éducateurs et un guide. La première fois que l’association s’est risquée à ce genre de séjour, c’était en février 2006. Elle a ensuite réédité le projet les deux années suivantes. Convaincue de l’intérêt d’une telle expérience, l’équipe de Delta Sud poursuit donc de nouveaux projets. Et ce, malgré sa vocation à accueillir en urgence des enfants et des adolescents de la naissance à dix-huit ans, seuls ou en fratrie.

Les ordonnances de placement provisoire (OPP) constituent le quotidien de cette structure. Pour autant, elle n’en relève pas moins le défi d’initier des projets à long terme. « En moyenne, nous accueillons les enfants quatre à cinq mois », détaille le directeur adjoint, José Escudero. Pas question de réduire ses projets à un tel calendrier, d’autant que la marche de cet été aura demandé presque un an de concertation. Sa méthode ? « On fait quelques ajustements de dernière minute et on anticipe les mouvements des enfants », note le responsable. Pour le reste, le séjour semble planifié dans tous ses détails.

Depuis novembre dernier, au rythme d’une réunion tous les deux mois, les organisateurs ont passé en revue chaque aspect du séjour. Quant au plan matériel, les coordinateurs du projet ont visité chaque foyer pour répondre aux questions posées tant par les éducateurs accompagnateurs que par les enfants. Ils ont notamment listé, en détail, le trousseau à emporter dans les sac à dos. En outre, l’association a dû investir dans un équipement adapté au bivouac en montagne, et notamment dans les chaussures de marche.

Autre sujet de réflexion : l’aspect pratique. « Un éducateur référent suit tout le séjour, précise José Escudero. Avant le départ, il a fait le tour des foyers pour expliquer aux enfants comment cela se passerait. » Reste enfin le plan théorique. Sur quelles valeurs communes s’accorde-t-on ? Partant de cette interrogation, la direction a ainsi déterminé des règles à appliquer durant toute la randonnée : le téléphone portable était proscrit (quand bien même le réseau aurait fonctionné), la musique également… Afin de financer son projet, Delta Sud a certes utilisé ses fonds propres, mais elle a également fait appel à des soutiens extérieurs. Elle a d’ailleurs bénéficié d’une subvention exceptionnelle accordée par le président du conseil général. En outre, quelques mécènes ont aussi répondu présents, en l’occurrence la Fondation Véolia et le Lyons club.

Exploits multiples • « Il ne s’agit pas de séjour de rupture mais de distanciation », insiste Richard Le Tellier, directeur de la structure. Hors de question, en effet, de reproduire une situation que les enfants placés en foyer subissent déjà. L’expérience a pris tout son sens à travers le comportement des adolescents ayant participé aux séjours précédents. En témoigne l’exemple de cet adolescent. « Il relevait d’un ITEP. Il avait beaucoup de mal à faire face aux frustrations et le manifestait par la violence, commente Richard Le Tellier. Au bout de deux jours dans le Vercors, il ne jetait plus ses affaires. » Rattrapé par la force de la nature, le jeune n’avait guère d’alternative…

Reste qu’à son retour en foyer, une métamorphose s’était amorcée. «  Il avait encore des crises, reconnaît le directeur. Mais elles étaient moins nombreuses. On sentait qu’il tentait de maîtriser ses pulsions. » De quoi relever le défi qui sous-tend ce genre de périple : travailler sur la notion de manque. « En montant dans les Alpes, on organise la perte, analyse l’éducateur Norbert German. On part en TGV. Arrivé à Valence, on change pour un train beaucoup moins rapide et moins confortable. On prend ensuite une estafette pour finir à pied… » Sur place : pas de télévision ou de jeux vidéo. Une toilette rudimentaire sans eau chaude. En bref, pas de relation avec le monde moderne.

Chaque groupe de marcheurs n’a cependant pas vécu isolé des autres. Une forme de relais se déroulait à la fin de chaque semaine. « Ils se retrouvent le samedi soir et passent la veillée ensemble. Le dimanche matin, un groupe rentre au foyer pendant que le nouveau poursuit la randonnée là où l’autre l’avait laissée », explique Richard Le Tellier. C’est alors un moment de complicité où les enfants peuvent s’échanger quelques conseils. Ce qui inscrit le projet dans une continuité. Par le biais d’un cahier de bord, un caméscope, un blog à remplir et de l’aquarelle (pour réaliser un tableau par jour de marche), ils se transmettent le relais. Au final, ils pourront se targuer d’avoir ensemble accompli un exploit : la traversée des Alpes. L’occasion de réaliser l’importance de la solidarité. « Le groupe passe avant l’individu, commente José Escudero. La fugue est impossible. » Sans les autres, la prouesse aurait été irréalisable. Reste à mesurer le chemin intérieur que chacun a parcouru tout au long de la marche…

Une graine semée

Reportage au foyer de Gardanne dans kes Bouches-du-Rhône

Même si les éducateurs ne peuvent pas observer longtemps les transformations opérées par l’aventure - les jeunes ne restant pas longtemps dans ce foyer d’accueil d’urgence - ils savent que cette expérience les suivra toute leur vie.

Encore deux jours ! À l’avant-veille de leur départ pour les Alpes, les enfants du foyer de Gardanne (Bouches-du-Rhône) sont en effervescence. Les plus petits semblent ignorer ce qui se prépare. Les grands, âgés de huit à quatorze ans et demi, ont en revanche une idée du périple qu’ils s’apprêtent à vivre. Dans le salon, Ornella, Jade, Pilar, Espérance et Adel discutent de l’événement. Les questions - réponses fusent. « Ça va être dur ! Vous voulez notre mort ? », interroge Ornella, le ton acerbe, en direction des éducateurs. « On va faire combien de kilomètres par jour ? », s’inquiète Jade à son tour. « Dix kilomètres par jour », réplique Pilar. Mine de rien, l’adolescente tombe dans le juste, vu qu’en six jours de marche, ils auront soixante kilomètres à abattre. « Ils partiront samedi matin aux aurores, explique M. Gajan, chef de service. Ils retrouveront les jeunes du foyer de Saint-Martin-de-Crau. »

Dans les têtes, l’itinéraire paraît encore confus. « On est obligé de venir ? » demande encore Jade. Sur ce point, les enfants n’auront pas leur mot à dire. Tous devront tenter de participer. Aussi réticents soient-ils. L’enjeu en vaut la chandelle, d’autant que selon Norbert German « un seul enfant [du foyer de Martigues] a ouvertement refusé de marcher. Au bout de 300 mètres, il s’est arrêté. » Pour lui, le séjour s’est donc achevé en compagnie des plus jeunes, au camp de base.

Les autres ont poursuivi leur « parcours initiatique », comme le qualifie José Escudero, directeur adjoint de Delta Sud. L’expression reflète, en effet, une réalité. L’aventure apparaît en soi comme un défi. Sur le plan physique, chacun craint ses limites. Si Espérance « adore marcher », les autres a contrario redoutent l’effort. Certains tentent de se rassurer. « Ce sera comme lorsqu’on est monté à la Sainte-Victoire, glisse Jade. On s’arrêtait toutes les deux heures… » Pour sa part, Espérance est effrayée par l’idée de dormir sous une tente, a fortiori s’il venait à pleuvoir.

Autres frustrations en perspective : l’absence de musique, hormis celle de la faune et de la flore. « On n’a pas le droit de porter de MP3 », se plaint Ornella. Pendant toutes ces litanies, Adel garde le silence. Il vient d’arriver au foyer. Il devra vite trouver ses repères car un nouvel environnement les attend. Une fois sur place, ce sera finalement Pilar qui peinera à trouver ses marques. Ainsi, après ses deux chutes bénignes, les responsables décident de la renvoyer au camp de base pour terminer son séjour. L’itinéraire se poursuivra sans elle. À savoir quatre à cinq heures de marche, chaque jour, « sans parler », s’étonne l’éducatrice Erica Bruniquel.

Retour au foyer • Une semaine plus tard. Le minibus ramène les jeunes alpinistes à Gardanne. Autour d’un repas frugal, chacun raconte ce qu’il a retenu. Les péripéties et les craintes en tous genres laissent peu à peu place à l’émerveillement. « Les paysages étaient magnifiques », témoigne Espérance. Et Adel d’acquiescer. Des images plein la tête, le groupe retient aussi l’effort fourni et l’épuisement ressenti en fin de journée. «  On était si fatigué que tout le monde dormait avant qu’il ne fasse nuit », confie Erica Bruniquel, qui voulait « tenter l’expérience pour voir [ses] propres réactions. » Sans détour, son collègue Thierry Fromentin commente le parcours : « C’était un peu marche ou crève ». Pour cause : Norbert German ne pouponne pas les enfants. Il souhaite « leur permettre de repousser leurs limites ».

D’autant que le parcours se voulait abordable pour les randonneurs en herbe, en raison de la présence des ânes. Popeye, Barnabé, Pompon et les autres ont ainsi donné la cadence. Tout comme le guide. « Kader ne traîne pas. Il pousse si c’est nécessaire, souligne Erica Bruniquel. Cela fait réfléchir sur nos pratiques… En foyer, on est plus dans la parole. »
Au bout du parcours, le contrat est rempli. Sourire aux lèvres, les enfants se félicitent. «  Je ne pensais pas que j’en étais capable », avoue Ornella. Quelques déceptions apparaissent toutefois. « Je pensais qu’il y aurait plus de solidarité », se désole Erica.

Quatre semaines après cette aventure, la vie a repris son cours à Delta Sud. « Je remarque quelque chose de différent dans mon contact avec les enfants, observe Thierry Fromentin. Une plus grande proximité. » Mais le rythme du foyer d’urgence est inexorable. « La plupart des enfants qui ont marché dans les Alpes sont partis. » D’autres prendront leur place. « Une graine est semée, juge simplement Norbert German, coordonnateur du projet. Cette expérience, les enfants l’ont vécue. Elle leur appartient. Elle les suivra toute leur vie ».

« Là-bas, les enfants ont de quoi tester leur toute-puissance »

Entretien

Norbert German est moniteur-éducateur à Delta Sud depuis huit ans.
Coordonnateur du projet de traversée des Alpes, ainsi que de treks dans le Vercors durant l’hiver, il en est également l’initiateur. Il en révèle les grandes lignes à Lien Social.

Comment l’idée d’organiser un trek pour des enfants de huit ans et plus a-t-elle émergé ?

Lorsque je travaillais avec les personnes handicapées, on avait monté un camp roulotte durant quatre semaines. Il s’agissait d’un camp itinérant où l’on partait à l’aventure. L’idée étant de vivre l’instant présent. Aussi quand je suis arrivé à Delta, j’ai souhaité revivre ce genre d’aventure avec les enfants. Parce qu’il me semble intéressant de vivre, par ce biais-là, des aspects essentiels de l’humanité. En effet, je trouve vraiment différent, pour un éducateur, de recevoir les enfants dans son bureau et de partir en galère avec eux.

C’est sans doute très polémique… Très souvent, l’adulte est en position haute par rapport à l’enfant. Il l’aide. Or, dans ce genre d’aventure, il y a un rapprochement qui se crée. Tout l’intérêt de cette démarche est là. Humainement, l’enfant va voir de quelle pâte vous êtes fait. Cela sera utile par la suite pour pouvoir l’aider. Quand on galère, on galère comme lui ! Dans le Vercors, en hiver, on a froid comme lui ! Quelque chose de l’humanité se dit alors. Et c’est bien différent de ce qu’on entend en entretien ! Je crois plus à l’expérience commune vécue qu’aux discours. Pour aider les enfants, j’agis. Sans pour autant tomber dans un activisme forcené.

D’autres raisons vous ont-elles poussé à imaginer ce type d’aventure ?

Je suis diplômé depuis 1989. Après une vingtaine d’années de métier, on ressent souvent une forme d’usure. Comment faire pour la combattre ? Avec la création ! C’est un sacré moteur ! Lorsqu’on se trouve en plus dans une association preneuse de tels projets, on pousse ses murs professionnels. On bénéficie alors d’espaces de liberté.

Votre traversée des Alpes trouve ses racines dans un autre projet, à savoir un périple hivernal dans les hauts plateaux du Vercors. Pourriez-vous en expliquer la teneur ?

Tout a commencé il y a quatre ans dans la Drôme. Nous avions fait un périple en étoile durant l’été. Le guide m’a alors parlé de ce que l’on pouvait vivre dans le Vercors et m’a renvoyé vers Kader Kouïdri, un accompagnateur en moyenne montagne. Cet homme, qui a travaillé pour des centres éducatifs renforcés et des centres éducatifs fermés, a une expérience humaine et technique. Ainsi, depuis trois ans, nous guide-t-il pendant une semaine dans le Vercors. On part avec cinq jeunes (à partir de treize ans) et deux éducateurs pour traverser en raquette les hauts plateaux sur soixante-dix kilomètres, en totale autonomie. Cela demande un engagement physique très important.

On dépose le projet en septembre – octobre. On commence à le travailler avec les enfants à partir de décembre. On envoie des invitations dans les foyers pour savoir qui a envie d’aventure. On leur présente alors le projet sans détour. L’aventure présente plusieurs idées intéressantes. D’une part, on a souvent affaire à des gamins qui sont dans la toute-puissance. Là-bas, ils ont de quoi la tester cette toute-puissance ! À un moment donné, c’est la nature qui prend le dessus. Chacun doit trouver les ressources pour passer cette épreuve. D’autre part, elle ne se franchit pas seul. L’équipe est de ce fait très importante. Voilà pourquoi on leur fait tirer les pulkas [sortes de traîneaux, ndlr] à tour de rôle.

Enfin, il faut savoir prendre soin de soi. Sans cela, on ne peut pas traverser le Vercors. On voit certains enfants qui ne se préoccupent pas de leur matériel. Or perdre une guêtre, par exemple, devient très dangereux à cause du froid. Certains gamins se mettent à pleurer de douleur. Ils font des expériences très importantes. Nous, nous leur expliquons notre manière de faire. Ensuite c’est à eux de voir. Soit ils font comme nous, soit ils agissent différemment. On pare bien sûr à toutes les situations dangereuses. Ainsi, si le jeune a froid, interviendra-t-on. Mais jamais avant cela.

En quoi la marche dans le Vercors se démarque-t-elle de la traversée des Alpes ?

Dans le Vercors, le projet dure une semaine. Il se tient depuis trois ans au mois de février. Chaque jour, on parcourt environ dix kilomètres en douze heures en raison de la neige. La semaine se déroule toujours selon le même schéma. Le premier jour, les enfants découvre l’effort physique, le fait de porter une charge dans un milieu hostile. Le deuxième jour, il y a une espèce d’écroulement physique. Le troisième, le moral fléchit. Le quatrième, les enfants semblent se reconstituer. Sur les trois derniers jours, ils sont finalement capables de marcher pendant plusieurs heures sans râler. Je ne saurais pas l’expliquer. C’est le miracle de ce projet : c’est à chaque fois le même schéma ! Pour la traversée de cet été, les conditions sont moins rudes. L’effort physique est moins important, les mécanismes sont sans doute plus longs… Mais des petites graines commencent à germer. Il faut que les éducateurs s’en saisissent !

Quels sont les apports des deux projets ?

Ce type de périple impose des efforts physiques. Toutefois le plus violent pour les enfants n’est pas physique. Cela se passe dans la tête. Marcher est une manière d’aller vers soi-même. Les gamins se retrouvent seuls face à toutes ces pensées difficiles à gérer concernant leur propre histoire. Cela cause des comportements agressifs. À partir du moment où ils se mettent à accepter d’être traversés par des idées, pas toujours agréables, et à s’ouvrir à ce qui les entoure, ils augmentent leur capacité à résister. Les enfants sont alors apaisés. On sent des résultats à leur retour en foyer. Je ne suis pas psychologisant. Je le constate seulement. Bien sûr, ce n’est pas magique. Comme la marche dure une semaine, l’effet ne durera pas cinquante ans ! C’est cependant une piste. L’enfant entend plusieurs messages. D’une part, il est capable de changement. D’autre part, il a réussi quelque chose. Par ailleurs, ce genre de projet nous renseigne beaucoup sur les enfants. Ce qui est très utile vu que nous avons une mission d’observation et d’orientation.

Quels avantages les éducateurs en retirent-ils ?

L’intérêt pour une association est de durer dans le temps, ne pas se contenter d’un coup. En rééditant le projet, on profite des fruits des années précédentes. Cela demande des efforts supplémentaires aux équipes. Il faut donc du temps pour que les uns et les autres se l’accaparent. Ainsi, en réalisant un périple sur cinq semaines avec cinq foyers, a-t-on touché tout le monde. Maintenant, il y a dans chaque foyer au moins deux éducateurs qui ont goûté ce genre d’aventure. Ils ne sont plus étrangers au projet. Ils en connaissent l’intérêt pour les enfants et l’impact que cela engendre dans leur travail d’éducateur. À l’heure actuelle, les éducateurs sont de plus en plus dans la parole. Or les enfants, pris en charge dans le secteur social, sont très formatés. Ils ont vu des psy, des orthophonistes, etc. Ils savent exactement ce que les éducateurs attendent d’eux. Grâce à la marche, les éducateurs comprennent qu’ils ont un outil simple à disposition, qui ne demande pas beaucoup de moyens. Finalement, le plus difficile dans ce type de projet est de trouver des éducateurs qui tiennent la route !

Propos recueillis par M.D.


[1Le siège de l’association des foyers Delta Sud , situé à Aix-en-Provence. Tél : 04 42 26 90 68 • Chaque foyer est parti au complet. Aussi les enfants de moins de 8 ans sont’ils restés sur un camp de base pendant que leurs aînés randonnaient