N° 954 | du 17 décembre 2009

Faits de société

Le 17 décembre 2009

L’avenir incertain du travail social

Joël Plantet

Le conseil supérieur du travail social a achevé sa sixième mandature avec quelques productions à l’appui. Mais les pouvoirs publics, qui ont changé quelques règles, ne semblent pas pressés de voir démarrer la prochaine…

Le 30 novembre, le conseil supérieur du travail social (CSTS) exposait à Paris le rapport d’activité d’une sixième mandature (décembre 2007-juin 2009) exercée sous la présidence de Valérie Létard, alors secrétaire d’État chargée de la Solidarité. Tranchant avec une précédente mandature caractérisée « par l’accroissement de son rôle de veille et d’expertise sur les grands dossiers sociaux » – selon les propos de sa vice-présidente, Brigitte Bouquet –, celle qui vient de s’écouler a été marquée par un délai plus bref, imposé par le décret du 8 juin 2006 aux commissions et conseils consultatifs dépendant de l’État pour vérifier leur pertinence avant de les reconduire pour une durée de cinq ans. Autres particularités de la période : l’élaboration d’une brochure sur le travail social pour la campagne de promotion des métiers du social, et la participation du CSTS au Grenelle de l’insertion.

Malgré un réajustement du conseil pour permettre leur participation, l’absence des élus des collectivités territoriales a été déplorée. Néanmoins, la mandature a abordé des questions d’actualité, comme celle, problématique, des stages, ou des services sociaux d’intérêt général (SSIG).

En plus de vingt ans d’existence, les travaux du CSTS, dont une partie est publiée à l’école des hautes études de santé publique (EHESP), font référence. Deux rapports sont en vue : l’un, sur l’intervention sociale d’intérêt collectif (ISIC) (LS n°953) – qui a initié une expérimentation au sujet des violences faites aux femmes – est prévu pour le 1er février. L’autre, intitulé Le travail social aujourd’hui et demain, tente de « retrouver les fondamentaux de l’action sociale, réinvestir les valeurs humanistes et les intuitions qui ont présidé à la naissance du travail social au siècle dernier et continuent de légitimer son développement. » La question sociale y est définie par la pauvreté et l’exclusion, le logement, l’affaiblissement des institutions famille/école et la fragilité sociale.

Le travail social doit s’engager dans le développement durable

Devenir travailleur social, une brochure destinée à un large public, valorise en vingt pages les « artisans et ingénieurs du social », identifiant en un périmètre précis quatorze diplômes pour quatorze métiers. La prise de position est claire : contre la marchandisation (« mise en concurrence, services à la personne, exploitation de données, marchés de formation ») et le repli (« soi, le clan, le quartier, la compassion, l’immédiat »). Le travail social doit s’engager dans le développement durable, considéré comme « une opportunité de renouvellement ».

Deux avis ont été votés pendant ces dix-huit mois : le premier, en juin 2008, sur l’intervention des travailleurs sociaux auprès des étrangers ; le second, un an plus tard, sur l’informatisation de l’action sociale, rappelait que « le travail social ne peut s’inscrire dans une logique de réponses formatées ». Depuis, la commission Éthique et déontologie se penche sur l’élaboration d’une charte de déontologie et participe à un groupe de travail de l’agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) sur l’éthique. Pour l’avenir, un site Internet est envisagé… qui suppose des moyens supplémentaires.

D’autres demandes seront examinées lors de la septième mandature (la confidentialité devrait être une « question forte »), dont on ne connaît pas encore la date de démarrage (en janvier, comme le souhaite le CSTS, ou plus vraisemblablement après les élections régionales ?). En espérant que cette question ne soit pas phagocytée par les États généraux de l’enfance annoncés par le gouvernement.